L'évolution du cyclisme, de l'époque de Louison Bobet à nos jours, est marquée par une quête constante de performance, où la surveillance du poids et l'optimisation de la puissance sont devenues primordiales. Cet article explore la notion d'athlète dans le cyclisme moderne, en s'appuyant sur l'exemple de Romain Bardet et d'autres coureurs, et en analysant l'impact de l'hyper-mesure et des nouvelles technologies sur la performance.

L'évolution du cyclisme : De Bobet à Pogacar

Le cyclisme a considérablement évolué depuis les années 1950. L'auteur se souvient de son admiration pour Louison Bobet et de l'importance médiatique de ses victoires. Aujourd'hui, des coureurs comme Tadej Pogacar dominent le cyclisme professionnel, suscitant des interrogations sur les limites de la performance humaine.

En septembre 2020, malgré la pandémie, le Tour de France a eu lieu et s'est terminé par la victoire de Tadej Pogacar, un jeune homme de 22 ans. Nicolas Roche, expert en "vélovirtuel", expliquait à la télévision que, pendant le Tour, il ne perdait pas de poids. L'auteur, se remémore les récits de coureurs surveillant leurs selles et pesant leur nourriture. La question se pose alors : le cyclisme est-il devenu une science du gramme près ?

L'athlète cycliste : Entre morphologie et performance

Le mot « athlète » renvoie à la stature et à la morphologie, des éléments souvent déterminants dans le choix d'une pratique sportive. En cyclisme, la morphologie des coureurs est variée, allant des grimpeurs aux sprinteurs. Le Tour de France, « la plus grande course du monde », influence toute la saison et pousse les coureurs à se programmer uniquement pour cette épreuve.

En 2017, « The Times » publiait une photo de Chris Froome nu sur son vélo, illustrant la minceur et les « gros muscles » parfois jugés « ridicules » par le coureur lui-même. Cette image soulève la question de la définition de l'athlète cycliste et de l'importance du physique dans cette discipline.

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Le poids : Un facteur clé

Le poids est un facteur essentiel dans le cyclisme. Il doit être mis en relation avec l'alimentation, le volume d'entraînement et le taux de masse grasse. Le poids idéal du cycliste est souvent envisagé sous l'angle de la surcharge, résultant d'un compromis entre un minimum de tissu graisseux et un taux de force physique optimal. La baisse du taux de graisse corporelle est difficile à maintenir et peut fragiliser l'organisme.

Taille et gabarit : Des évolutions notables

La taille moyenne des individus a augmenté au cours des deux derniers siècles. Parallèlement, le nombre de personnes en surcharge pondérale a également progressé. Dans le cyclisme professionnel, on observe une augmentation du nombre de coureurs de grande taille, contrairement aux années 1960 où ils étaient des exceptions. L'approche mesurée du gabarit passe par le rapport de la taille et du poids, un équilibre parfois perceptible à l'œil nu.

L'hyper-mesure : Une révolution technologique

Depuis les années 1980, le cyclisme est entré dans l'ère de l'« hyper-mesure » grâce à l'invention des capteurs et de la transmission sans fil. La vitesse, la distance, le temps, la fréquence cardiaque et la puissance sont désormais mesurés avec précision. En 1986, Uli Schoberer invente le capteur de puissance pour les cyclistes, le S.R.M. (Schoberer Rad Messtechnik).

La puissance maximale aérobie (PMA)

La puissance maximale aérobie (PMA) est au cycliste ce que la vitesse maximale aérobie (VMA) est au coureur à pied. Elle représente la « cylindrée » du coureur. Des chiffres exceptionnels ont été relevés chez certains coureurs, comme Joachim Rodriguez lors de la montée du mirador de Ezaro.

L'altitude : Un atout pour la performance

Depuis les Jeux Olympiques de Mexico en 1968, les bénéfices de l'altitude réelle (stages en montagne) ou simulée (tente et masque hypoxiques) sont explorés. Les coureurs élites comme Romain Bardet et Warren Barguil effectuent des stages en altitude plusieurs fois par an. L'hypoxie, c'est-à-dire un air appauvri en oxygène, permet au corps de s'adapter et de produire plus de globules rouges.

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Le braquet : Un choix stratégique

Le braquet, combinaison plateau et pignons, est un élément essentiel dans la pratique du cyclisme. Emmener un gros braquet signifie rouler avec un grand plateau et un petit pignon, ce qui demande une tension musculaire importante. Le choix du braquet dépend des qualités du coureur et du terrain.

Performances et interrogations

Les performances de certains coureurs, comme Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, suscitent des interrogations. Les puissances qu'ils développent dépasseraient celles des coureurs dopés de l'histoire du cyclisme. Lors de la 7ème étape du Dauphiné Libéré 2025, ils ont laissé sur place des coureurs performants, concédant près de 4 minutes dans une seule ascension.

Comparaison des puissances

Les calculs de puissances montrent des différences significatives entre les coureurs. Par exemple, lors de l'ascension finale de Valmeinier, le groupe de Paul Seixas a développé environ 394 watts, tandis que Tadej Pogacar a développé 450 watts sur une portion de 12,1 km. Ces chiffres soulèvent des questions sur les limites de la performance humaine et sur l'éventuelle utilisation de substances améliorant les performances.

L'évolution du niveau en cyclisme

Romain Bardet témoignait que depuis 2021, son niveau de puissance est identique, mais que cela ne lui permet plus de prétendre jouer le classement général d'un grand tour. Les stages en altitude et l'utilisation de chambres hypoxiques sont devenus des pratiques courantes pour booster la puissance aérobie. Cependant, les puissances atteintes par Pogacar et Vingegaard dépassent celles des coureurs ayant eu recours à l'EPO.

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