L'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes a suscité de vives réactions en France, donnant lieu à des manifestations importantes. Le 6 octobre, une manifestation a rassemblé des milliers d'opposants à cette réforme, marquant un moment clé dans le débat bioéthique. Cet article se penche sur les événements de cette journée, les chiffres de participation, les arguments avancés et les perspectives d'avenir.
Mobilisation et participation
Le 6 octobre, les opposants à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes ont défilé dans les rues de Paris, de la place Edmond Rostand à celle du 18 juin 1940, près de la gare Montparnasse, pour demander le retrait du texte. Les chiffres de participation ont été sujets à controverse. Les organisateurs ont annoncé 600 000 manifestants. Le cabinet d'études Occurence a avancé le chiffre de 74 500 manifestants. La préfecture a comptabilisé 42 000 militants. À titre de comparaison, 100 000 manifestants avaient défilé en France lors de la première action contre le mariage pour tous en novembre 2012.
Acteurs et slogans
Plusieurs élus LR et RN étaient présents dans le cortège, dont Guillaume Larrivé, député LR de l'Yonne, et Julien Aubert, député du Vaucluse, tous deux candidats à la tête du parti. Du côté du Rassemblement national, les eurodéputés Nicolas Bay et Gilbert Collard ont également milité.
Les slogans étaient centrés sur la défense de la paternité et de la famille traditionnelle : "Liberté, égalité, paternité", "Un vrai daron pas des échantillons", "Il est où ton papa ?", "La médecine ? C'est fait pour soigner !", "Maman tu es unique, papa tu es fantastique".
Arguments des opposants
Les opposants à la PMA pour toutes mettent en avant plusieurs arguments. Ils estiment que cette mesure prive les enfants d'un père et conduit à la création d'une "filiation d'intention qui ne correspond à rien". Ils s'inquiètent également des "dérives" potentielles de la loi bioéthique, telles que les embryons transgéniques ou chimères et la recherche sur l'embryon autorisée jusqu'à 21 jours. Certains craignent une "commercialisation du vivant".
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Aline, jeune médecin, a manifesté avec une pancarte : « Employer la médecine et l'argent public pour lutter contre l'infertilité, oui. Les utiliser pour priver certains enfants de leur père, non. » Le Dr Étienne Gaisne, chirurgien à Nantes, a déclaré : « J'ai fait 17 ans d'études pour soigner et prévenir des maladies. Pas pour répondre aux désirs non médicaux. »
Contexte et enjeux
La manifestation du 6 octobre s'inscrit dans un contexte de débat national sur la loi bioéthique, qui prévoit notamment l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Cette mesure est une promesse de campagne d’Emmanuel Macron et une mesure phare de la loi bioéthique adoptée en première lecture le 27 septembre par l’Assemblée nationale.
Le projet de loi bioéthique divise les cadres des Républicains. Des élus, à l'image de l'ancienne tête de liste aux élections européennes de 2019 François-Xavier Bellamy, ou le député Julien Aubert s’engagent pleinement dans la lutte contre le texte et ont prévu de manifester. Julien Aubert député LR du Vaucluse estime que le #PJLBioéthique conduira à la Gpa.
Une majorité de Français soutient l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux lesbiennes. Selon le dernier sondage de l’institut Ifop en septembre, une très large majorité de Français soutient l’ouverture de la PMA aux femmes seules (68 %) et aux lesbiennes (65 %), un « niveau record ».
Réactions et perspectives
La ministre de la santé et des solidarités, Agnès Buzyn, a déclaré qu’elle n’était pas « surprise » par l’ampleur de la mobilisation, mais n’envisage pas de retrait du projet de loi. « Le vote des députés est sans appel. La PMA pour toutes les femmes a été adoptée à une large majorité des voix. »
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Les associations et collectifs membres du mouvement Marchons enfants ont annoncé la possibilité de manifester à nouveau le 1er décembre, le 19 janvier, le 8 mars et le 14 juin si la PMA venait à être étendue à toutes les femmes.
Manifestation du 19 janvier
Une autre manifestation contre la PMA pour toutes a eu lieu le 19 janvier à Paris. D'après la préfecture de police, ils étaient quelque 41 000 à marcher dans la rue contre l'ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes. D'après un comptage du cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l'Agence France-Presse, ils étaient plutôt 26 000 à défiler ce dimanche.
Le rassemblement était organisé par le collectif "Marchons Enfants!" qui réunit 22 associations. Parmi elles, la Manif pour tous, dont la présidente Ludovine de la Rochère, demande "le retrait de ce projet de loi antiéthique (…) ce qui permettra de le récrire sur des bases de fraternité, solidarité, de respect de l'être humain".
Les manifestants refusent une "PMA sans père", mais dénoncent "l'ensemble des dérives" contenues dans la réforme, selon Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques. "Tout ce qui est proposé va amener une commercialisation du vivant", ajoute Patrice Obert, à la tête des Poissons roses, une formation politique de chrétiens de gauche.
En marge de ce cortège, un contre-rassemblement de plusieurs dizaines de personnes s'est tenu sur la place des Emeutes-de-Stonewall dans le 4e arrondissement, en soutien à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, en présence des Femen et de l'association Urgence Homophobie.
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