Les troubles du sommeil chez l'enfant, en particulier chez ceux de 2 ans, sont une source de préoccupation fréquente pour les parents. Bien comprendre les causes et les solutions possibles est essentiel pour améliorer la qualité de vie de l'enfant et de toute la famille. Cet article vise à explorer les différentes facettes de cette problématique, en s'appuyant sur des données médicales et des conseils pratiques.

Le sommeil normal chez l'enfant

Il est important de comprendre ce qui constitue un sommeil normal chez l'enfant pour identifier d'éventuels troubles. Chez l'adulte, le sommeil se caractérise par une alternance de cycles d'environ 90 minutes comprenant du sommeil lent et du sommeil paradoxal. Le sommeil lent, notamment le sommeil lent profond, prédomine en début de nuit, tandis que le sommeil paradoxal augmente progressivement. Chez l'enfant, les besoins en sommeil varient considérablement selon l’âge. À 1 mois, certains dorment neuf heures, d’autres jusqu’à dix-neuf heures, et les deux peuvent très bien se porter. Cependant, les recommandations sont les suivantes : à partir de 6 mois, quatorze à seize heures de sommeil par jour ; à 1 an, entre treize et quinze heures ; vers 3 ans, entre douze et treize heures ; et autour de onze heures à 6 ans.

Qu'est-ce qu'un trouble du sommeil chez l'enfant ?

L'évocation de l’insomnie du jeune enfant repose sur la plainte des parents d’une insuffisance de sommeil. Elle correspond à un trouble de l’installation ou du maintien du sommeil nocturne. Il se traduit par des difficultés d’endormissement avec opposition au coucher ou pleurs, des éveils nocturnes (souvent multiples) ou, plus rarement, par une nuit écourtée. À partir de 6 mois, on peut évoquer un trouble du sommeil, s’il survient au moins deux nuits par semaine. Il peut s’agir de difficultés d’endormissement, de réveils nocturnes fréquents ou d’un réveil très matinal. Parfois, plusieurs de ces problèmes coexistent. Chez l’enfant, l’insomnie se manifeste souvent à travers la plainte des parents.

Difficultés d'endormissement et éveils nocturnes

Chez l’enfant de moins de 3 ans, le trouble le plus fréquent est un conditionnement anormal à l’endormissement. L’enfant ne s’est jamais endormi seul ou ne sait plus s’endormir seul. Il est incapable de s’endormir sans biberon, sans être bercé, sans être promené en voiture ou couché contre ses parents, sans leur présence jusqu’à l’endormissement. Le sommeil avant minuit est souvent très stable, des éveils multiples surviennent entre minuit et 5 h.

Troubles de l’installation du rythme jour/nuit

La peur qu’un enfant n’ait pas assez dormi, les conseils souvent donnés de ne jamais réveiller un enfant qui dort font que, très souvent, les difficultés d’endormissement ou les éveils nocturnes se compliquent d’un trouble de l’installation du rythme circadien de vingt-quatre heures. Il s’agit le plus souvent d’un retard de phase favorisé par une opposition au coucher avec coucher et lever tardifs.

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Insomnies symptomatiques

Elles sont à envisager devant des éveils nocturnes longs (supérieurs à 15 minutes) associés ou non à un temps de sommeil sur les vingt-quatre heures très diminué (de plus de 2 heures par rapport à la moyenne pour l’âge), des éveils apparaissant dès la première partie de la nuit, un sommeil agité entre les éveils, une fatigue diurne, des siestes inopinées, une hyperactivité pathologique, des troubles du comportement, un ronflement, des troubles alimentaires, et des régurgitations anormales. une affection neurologique ou mentale avec ou sans déficits sensoriels (cécité en particulier) et/ou épilepsie. une affection médicale : les diabètes insulinodépendants et insipides (en raison de la pollakiurie), l’asthme, l’eczéma sont fréquemment associés à une insomnie. Chez les jeunes enfants, il faut systématiquement éliminer une otite chronique, un reflux gastro-œsophagien, une intolérance aux protéines du lait de vache.

Causes des troubles du sommeil chez l'enfant

Les troubles du sommeil chez les enfants peuvent être causés par divers facteurs : des conditions de sommeil non optimales (bruits, lumière, chaleur …), des allergies, de l’asthme, des reflux gastro-œsophagiens, de l’anxiété, du stress, des troubles émotionnels, un surpoids, des antécédents familiaux de troubles du sommeil, etc. On distingue trois grandes causes : psychologique, organique et comportementale.

Causes psychologiques

Les causes psychologiques (stress, angoisse) sont rares avant 6 ans, mais peuvent apparaître vers 3-4 ans avec l’entrée à l’école. Un événement stressant ou une anxiété de séparation peuvent perturber le sommeil de l'enfant. Il s’agit d’une nouvelle étape vers plus d’autonomie par le langage, la propreté, etc. ; celle-ci s’accompagne d’une petite anxiété de séparation car il faut grandir.

Causes organiques

Environ 20 à 30 % des troubles sont liés à des causes organiques, comme des douleurs récurrentes, des otites à répétition ou des reflux. Les affections médicales telles que les diabètes insulinodépendants et insipides, l’asthme, et l’eczéma sont fréquemment associées à une insomnie. Chez les jeunes enfants, il faut systématiquement éliminer une otite chronique, un reflux gastro-œsophagien, une intolérance aux protéines du lait de vache.

Causes comportementales

La majorité (70 à 80 %) sont comportementales : des troubles liés aux habitudes de sommeil. Par exemple, un enfant habitué à s’endormir dans les bras aura du mal à s’endormir seul par la suite. Cela peut créer un cercle vicieux. Les mauvaises habitudes de sommeil, comme l'heure du coucher irrégulière, l'utilisation d'écrans avant le coucher ou un environnement de sommeil inapproprié, peuvent également contribuer aux troubles du sommeil.

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Impact des troubles du sommeil sur l'enfant

Les troubles du sommeil chez les enfants peuvent entraîner des conséquences profondes et variées sur leur santé et leur développement global. Un mauvais sommeil peut avoir un impact sur le développement cognitif de l’enfant. Le manque de sommeil a des répercussions sur la mémoire, les capacités d’apprentissage, l’humeur. Il y a aussi un lien avec la santé globale : un enfant qui dort mal est plus vulnérable aux maladies, présente un risque accru d’obésité - multiplié par quatre selon certaines études -, des performances cognitives diminuées, et une tendance à l’hyperactivité deux à trois fois plus fréquente.

Conséquences cognitives et scolaires

Le sommeil, en particulier le sommeil paradoxal, est essentiel pour la consolidation des souvenirs. Pendant cette phase, le cerveau organise et stocke les informations acquises pendant la journée. Les interruptions fréquentes du sommeil peuvent perturber ce processus, entraînant des difficultés à mémoriser et à rappeler des informations. Les enfants avec des troubles du sommeil sont plus susceptibles de présenter des difficultés scolaires. Les fonctions exécutives, telles que la planification, l’organisation, la prise de décision et la régulation émotionnelle, sont fortement influencées par la qualité du sommeil. Le sommeil est nécessaire pour le fonctionnement optimal du cortex préfrontal, une région du cerveau impliquée dans la prise de décision, la résolution de problèmes et le contrôle de l’attention. Il permet au cerveau de restaurer ses niveaux d’énergie et de se débarrasser des déchets métaboliques accumulés pendant l’éveil.

Impact émotionnel et comportemental

Le sommeil joue un rôle clé dans la régulation des émotions. Les enfants qui dorment suffisamment sont plus à même de gérer le stress, de réguler leurs humeurs et de faire face aux défis émotionnels. Le manque de sommeil peut exacerber les symptômes de l’anxiété et de la dépression chez les enfants. Les enfants qui ne dorment pas suffisamment peuvent devenir plus irritables et présenter des symptômes de dépression. Les enfants privés de sommeil peuvent rencontrer des difficultés à gérer leurs émotions, conduisant parfois à des réactions émotionnelles excessives et à une moindre tolérance au stress. Le sommeil aide à la gestion du stress en réduisant les niveaux de cortisol, l’hormone du stress. Les enfants avec une bonne hygiène de sommeil sont plus résilients face aux situations stressantes et ont une meilleure capacité à se calmer. Le manque de sommeil peut augmenter les comportements agressifs. Les enfants privés de sommeil peuvent montrer des signes d’hyperactivité et de comportement impulsif, souvent confondus avec les symptômes du TDAH. Les troubles du sommeil peuvent affecter les compétences sociales des enfants, les rendant plus susceptibles de s’isoler ou d’avoir des interactions sociales négatives.

Effets sur la santé physique

Le sommeil profond (stade N3 du sommeil non-REM) est particulièrement important pour la libération de l’hormone de croissance. Cette hormone sert à la croissance des os et des tissus, ainsi que pour la réparation cellulaire. Le sommeil aide à renforcer le système immunitaire en permettant au corps de produire des cytokines, qui sont des protéines combattant les infections, les inflammations et le stress. Le sommeil régule les hormones impliquées dans la faim et la satiété, comme la leptine et la ghréline. Un sommeil insuffisant peut déséquilibrer ces hormones, augmentant le risque d’obésité chez les enfants.

Répercussions sur les parents

Elles sont majeures. Le manque de sommeil parental peut mener à de l’épuisement, à des tensions conjugales, voire à des situations de maltraitance. Certaines études, notamment au Québec, montrent que jusqu’à un tiers des divorces pourraient être liés aux pleurs nocturnes des nourrissons. Le lien entre insomnie infantile, burn-out parental et dépression est bien établi. Et, point important : un trouble du sommeil chez l’enfant, s’il n’est pas pris en charge, tend à persister, à évoluer. Il peut même favoriser, plus tard, des troubles du sommeil chez l’adulte.

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Solutions et traitements

Face aux troubles du sommeil chez l'enfant de 2 ans, plusieurs approches peuvent être envisagées. Il est essentiel de consulter un professionnel de santé pour obtenir un diagnostic précis et des conseils adaptés à la situation spécifique de l'enfant. Dès qu’il y a une plainte - quelle qu’elle soit - il ne faut pas attendre pour consulter. Il ne s’agit pas de comparer sa situation avec celle des autres parents. Dès lors qu’on se sent en difficulté face au sommeil de son enfant, il faut agir.

Améliorer l'hygiène du sommeil

Un rythme régulier, de jour comme de nuit, est particulièrement important dans la prise en charge des troubles du sommeil chez le nourrisson comme chez l’enfant. Un endroit confortable, des objets familiers et votre présence rassurante l’aideront à dormir paisiblement.

Établir une routine du coucher

La routine doit se faire dans sa chambre et avec une durée de 10 à 15 minutes environ pour le soir, un peu plus court pour la journée lors de sa sieste. Mettre en place un rituel du coucher régulier et apaisant peut aider l'enfant à se préparer au sommeil. Cela peut inclure un bain tiède, une histoire, une berceuse ou un câlin.

Créer un environnement de sommeil propice

Assurez-vous que la chambre de l'enfant est sombre, calme et à une température confortable. Évitez les écrans (télévision, tablette, téléphone) au moins une heure avant le coucher, car la lumière bleue qu'ils émettent peut perturber la production de mélatonine, l'hormone du sommeil. Il faut éviter d’utiliser les écrans au moins deux heures avant d’aller dormir.

Favoriser un rythme de sommeil régulier

Essayez de coucher et de réveiller l'enfant à des heures régulières, même le week-end, pour aider à réguler son horloge biologique. C’est ce qu’on appelle la chronothérapie. Cela permet déjà de stabiliser le rythme. Il fautuniformiser au maximum son rythme et ses horaires de sommeil, en limitant, au moins pour cette période sensible, les exceptions.

Adapter l'alimentation

Évitez les repas lourds proches de l’heure du coucher car ils peuvent nuire au sommeil.

Techniques comportementales

Habituer l'enfant à s'endormir dans son lit. Si l'opposition au coucher est trop forte, repérer l'heure habituelle d'endormissement et faire coïncider l'heure du coucher avec celle-ci.

Apprentissage de l'autonomie dans le sommeil

L’autonomie en matière de sommeil est un apprentissage essentiel pour nos bébés, comme la marche ou la parole : en grandissant, notre enfant acquiert la capacité à s’endormir et se rendormir seul. Pour certains, cet apprentissage est plus difficile, et c’est à nous parents de trouver le bon tempo pour défaire les conditionnements (ou « béquilles ») à l’endormissement qui peuvent enrayer cette délicate mécanique. Un câlin, un biberon, le sein, les bras : petit à petit, on apprend à son tout-petit à se séparer de nous, à se sentir rassuré dans son propre lit, en créant notamment des rituels qui favorisent ce moment de lâcher-prise qu’il faut pour s’endormir.

La méthode du "laisser pleurer"

Cette méthode consiste à laisser l'enfant pleurer pendant une période déterminée avant d'intervenir pour le rassurer. L'objectif est de lui apprendre à s'endormir seul. Cependant, cette méthode est controversée et doit être utilisée avec prudence, en tenant compte de la sensibilité de l'enfant et des valeurs des parents.

La méthode du "présence progressive"

Cette méthode consiste à rester présent dans la chambre de l'enfant jusqu'à ce qu'il s'endorme, puis à réduire progressivement sa présence au fil des nuits. L'objectif est de rassurer l'enfant tout en lui apprenant à s'endormir seul.

Créer un système de motivation

L’idée de créer un système de motivation/récompense (une sorte de chantage bienveillant et vertueux…) ne va pas sans le discours qui l’accompagne : encourager plutôt que gronder, menacer ou crier. Marie nous a donc conseillé d’avoir une discussion avec notre fils avant de commencer, une façon de lui montrer que nous le prenons au sérieux, pour le prévenir des changements que nous souhaitions, avec le sourire mais avec fermeté. Pour motiver notre fils et l’encourager de façon concrète à l’issue de cette « conversation », nous avons suivi ces conseils et mis en place un tableau de gommettes. À chaque victoire, une gommette ! J’ai dessiné un parcours (façon jeu de l’oie) avec plusieurs cases pour coller des gommettes à chaque succès comme autant d’étapes avant une récompense… Au bout de 3 cases remplies, un bonbon ou cadeau surprise est dessiné, au bout de 10, on promet la méga surprise, etc. Je lui ai montré le parcours, nous avons acheté les gommettes ensemble. Le premier matin il n’a pas pu coller de gommette, je ne lui ai pas reproché mais j’avais un argument pour le motiver le soir suivant… Ça a tellement bien marché qu’on a adopté le tableau pour d’autres sujets, avec sa sœur par exemple pour limiter le doudou, une amie a même adapté la méthode pour rendre propre sa fille dix jours avant d’entrer à l’école, même succès !

Approches médicales

Dans certains cas, un traitement médical peut être envisagé, notamment si les troubles du sommeil sont liés à une cause organique ou psychologique sous-jacente.

Médicaments

Deux antihistaminiques (alimémazine et hydroxyzine), qui ont un effet sédatif, peuvent être utilisés dans le traitement des certaines insomnies de l’enfant (insomnies d'endormissement liées à des manifestations anxieuses au coucher). Le traitement doit être de courte durée (pas plus de 2 semaines). Une somnolence ou des difficultés de concentration peuvent être observés le lendemain matin suivant une prise. Des médicaments de phytothérapie, d’homéopathie, des oligoéléments et des sédatifs contenant du brome ont une indication dans les troubles légers du sommeil de l’enfant. L’âge d’utilisation varie en fonction de chaque médicament. Bien que disponibles sans ordonnance, ces médicaments ne devraient jamais être utilisés sans avis médical. La mélatonine est une hormone fabriquée par une région du cerveau (épiphyse ou glande pinéale) pendant la nuit. Elle est proposée dans le cadre particulier des troubles du sommeil chez les enfants atteints de syndrome de Smith-Magenis (une maladie rare) et/ou de troubles du spectre de l'autisme. Les répercussions de ces troubles du sommeil sont importantes sur la qualité de vie de ces enfants et de leur famille et les mesures d'hygiène du sommeil souvent ne suffisent pas.

Luminothérapie et chronothérapie

Chez les enfants de 10 à 15 ans, lors de syndrome de retard de phase de sommeil, deux techniques sont parfois proposées pour réadapter progressivement les horaires de coucher et de lever en permettant de retrouver un horaire conventionnel. La luminothérapie (ou photothérapie) consiste à exposer le jeune patient à une lumière blanche sécurisée de forte intensité fournie par une lampe spécifique. La durée du traitement n'est pas codifiée. Utilisée le matin, elle peut être efficace dans le traitement du syndrome de retard de phase. La chronothérapie est une technique comportementale qui peut également être utilisée, seule ou associée à la luminothérapie, comme traitement du syndrome de retard de phase de sommeil. Son principe est de réadapter progressivement les horaires de coucher et de lever en permettant de retrouver un horaire conventionnel. Une fois obtenu, le rythme défini doit être consolidé.

Quand s'inquiéter et consulter ?

Il est important de consulter un professionnel de santé si les troubles du sommeil persistent au-delà d'un mois, s'ils ont un impact significatif sur le fonctionnement quotidien de l'enfant ou s'ils sont associés à d'autres symptômes tels que des problèmes de comportement, des difficultés scolaires ou des problèmes de santé.

Vers qui se tourner ?

Vers qui, surtout, il ne faut surtout pas se tourner : les coachs du sommeil. Leur approche est coûteuse, avec des tarifs autour de 500 à 600 €, et leur formation est souvent insuffisante. Il est impossible d’agir sur le sommeil d’un enfant sans un bilan préalable pour identifier la cause du problème. Il est préférable de consulter des spécialistes médicaux du sommeil, comme ceux de SommeilEnfant.org, qui collaborent avec l’hôpital Femme et Enfant. En cas de doute, ils peuvent orienter directement des patients vers l’hôpital. Cependant, le temps d’attente pour un rendez-vous dans un centre de référence peut atteindre douze à dix-huit mois, ce qui peut être excessif si l’enfant ne nécessite pas un examen complet. C’est pourquoi ils ont développé une prise en charge à distance par téléconsultation. Sur Dormium.org, un premier rendez-vous gratuit est proposé avec des stagiaires en psychologie formés au sommeil. Ils peuvent orienter vers un psychologue ou un médecin si nécessaire. Si un bilan approfondi est requis, il sera effectué par un psychologue, et la prise en charge pourra suivre en libéral ou à l’hôpital.

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