La procréation médicalement assistée (PMA), incluant la fécondation in vitro (FIV), offre de l'espoir à de nombreux couples confrontés à des difficultés de conception. Cependant, des idées reçues persistent, notamment celle que la FIV protégerait des grossesses arrêtées. Cet article vise à démystifier cette idée, à explorer les causes potentielles d'une grossesse arrêtée après une PMA, et à proposer des pistes pour optimiser ses chances de succès.

FIV et Grossesse Arrêtée : Mythe ou Réalité ?

Une grossesse arrêtée, ou fausse couche spontanée, survient dans environ 15 % des grossesses naturelles. Bien que la FIV soit encadrée médicalement, elle ne peut éliminer totalement ce risque. Il est naturel d'imaginer que la FIV, en étant encadrée médicalement, offre plus de garanties sur le déroulement de la grossesse, mais ce n'est pas toujours le cas.

Le Diagnostic Préimplantatoire (DPI) : Un Outil de Sélection Embryonnaire

Dans le cadre d'une FIV, certains examens complémentaires, comme le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI), peuvent aider à mieux comprendre et limiter les risques de grossesse arrêtée. En France, le DPI est proposé lorsqu'il existe un risque avéré de transmettre une maladie génétique grave, identifiée au préalable chez l'un des parents ou chez un de leurs ascendants directs. Cet examen permet de détecter d'éventuelles anomalies chromosomiques avant le transfert embryonnaire. Concernant le DPI à l’étranger, les critères d’accès sont parfois plus souples et peuvent permettre la sélection d’embryons chromosomiquement normaux en revanche lorsqu’il est réalisé à l’étranger, le DPI n’est généralement pas remboursé par la sécurité sociale en France.

Le DPI-A (diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies) est un examen qui permet de vérifier que les embryons ne sont pas porteurs d’anomalies chromosomiques ou métaboliques, avant leur implantation dans l’utérus de la femme. Car ces anomalies sont fréquentes. Elles sont présentes chez 40 % à 90 % des embryons, selon l’âge des patientes. Lorsque c’est le cas, ces embryons, dits « aneuploïdes », ne permettront pas la naissance d’un enfant en pleine santé. Les femmes en parcours de PMA étant souvent plus âgées, ces anomalies augmentent et, avec elles, les échecs de conception.

Autorisé dans la plupart des pays européens, ce test génétique permet d’écarter les embryons non viables, pour ne se focaliser que sur ceux ayant une réelle chance de donner une grossesse.

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Cependant, en France, la loi française autorise à titre exceptionnel la réalisation de ce DPI-A lorsqu’une pathologie génétique a été clairement identifiée dans la famille. Cependant, la majorité des aneuploïdies surviennent chez des femmes qui n’ont pas ces risques familiaux et qui pourtant subissent échecs répétés et fausses couches après une AMP. Comment dès lors expliquer que cette même loi interdise le DPI-A dans ces situations ?

Fragilité d'une Grossesse Issue de FIV : Idées Reçues

Une fois la grossesse confirmée après une FIV (généralement après la première échographie vers 6-7 SA), le suivi est identique à celui d'une grossesse spontanée, sauf en cas de facteurs de risque spécifiques. Cependant, les grossesses issues de FIV font souvent l'objet d'une vigilance accrue, pour des raisons à la fois médicales et émotionnelles : les parcours sont souvent longs et éprouvants, et la peur de « perdre » ce qui a été difficile à obtenir est fréquente.

Si le profil médical des personnes ayant recours à la FIV (âge plus avancé, pathologies associées …) peut augmenter le risque de grossesse arrêtée, il est important de se rappeler que la FIV n’est pas un facteur de risque et qu’une majorité des femmes qui traversent cette épreuve réussissent à avoir une grossesse menée à terme par la suite.

Causes d'une Grossesse Arrêtée Après une FIV

La grossesse arrêtée après une FIV peut survenir pour des raisons similaires à celles observées dans une grossesse naturelle. La grossesse arrêtée est un phénomène complexe, souvent multifactoriel.

  • Anomalies chromosomiques de l'embryon: C'est la cause la plus fréquente des grossesses arrêtées, qu'elles soient issues de FIV ou non.
  • Âge de la femme: Le risque augmente significativement après 35-38 ans en raison de la diminution de la qualité ovocytaire.
  • Qualité des ovocytes ou des spermatozoïdes: Une qualité diminuée peut impacter le développement embryonnaire.
  • Problèmes utérins ou hormonaux: Des anomalies utérines ou des déséquilibres hormonaux peuvent compromettre l'implantation et le maintien de la grossesse.
  • Troubles de coagulation ou maladies auto-immunes: Ces conditions peuvent interférer avec la vascularisation du placenta et le développement embryonnaire.
  • Mode de vie: Le tabac, l'alcool et un stress intense peuvent augmenter le risque de fausse couche.

Comment Optimiser ses Chances de Succès en PMA ?

Bien que le risque zéro n'existe pas, certains gestes et accompagnements peuvent aider à créer un environnement favorable à l'implantation et au maintien de la grossesse :

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  • Un suivi médical personnalisé: Notamment après plusieurs échecs ou grossesses arrêtées.
  • Une bonne hygiène de vie: Incluant un sommeil suffisant, une alimentation équilibrée et l'arrêt du tabac.
  • Un accompagnement en soutien psychologique: Ou en médecines complémentaires (sophrologie, acupuncture…) pour gérer le stress et les émotions.
  • Des examens spécifiques: Pour explorer des causes rares de grossesses arrêtées à répétition.

Impact de la PMA sur la Vie Professionnelle et Personnelle

Le parcours de PMA est souvent long, chronophage et peut avoir un impact significatif sur la vie professionnelle et personnelle des femmes. Absences à répétition et peu programmables, fatigue physique et émotionnelle, stress, culpabilité… Ajoutez à cela une hiérarchie parfois peu empathique ou de longs trajets pour accéder aux centres de prise en charge. Le parcours d’AMP laisse peu de place à la vie professionnelle et personnelle, à tel point que certaines cessent de travailler. Comment et pourquoi s’impose cette décision ? Il se passe quoi, après ?

Alors même que des dispositions légales permettent des aménagements du travail dans le cadre d’un parcours d’AMP, de nombreuses femmes font un choix par défaut, celui de réduire leur temps de travail, de changer de profession voire de cesser temporairement leur activité professionnelle pour suivre leur parcours d’AMP.

S’ajoute à ces difficultés la nécessité d’exposer une réalité intime dans une sphère professionnelle, remarque la sociologue Irène-Lucile Hertzog. En effet, au bout d’un moment, le parcours d’AMP oblige souvent les femmes à déclarer à leur employeur le motif de leur absence. Elles doivent donc parler d’une part de leur projet de parentalité, qui est encore très stigmatisant dans le monde de l’entreprise aujourd’hui, et d’autre part, parler de leur infertilité ou raconter leurs échecs.

En 2016, le travail de lobbying de l’association de patients BAMP a abouti à l’adoption de dispositions légales relatives aux aménagements du travail dans le cadre d’un parcours d’AMP. Cependant, le recours à ces dispositifs, bien que connus par les patients en majorité, n’est pas appliqué dans un quart des cas, probablement pour tous les points soulevés plus haut.Pour Boutayna Soubai Burkel, formatrice en management et co-fondatrice de la société The Helpr, « ce n’est pas tant de choisir entre désir de maternité et vie professionnelle, mais plutôt choisir entre sa santé mentale et physique et sa carrière ».

Grossesse Biochimique

La grossesse biochimique est l’arrêt du développement embryonnaire très peu de temps après l’implantation. La grossesse biochimique passe souvent inaperçue si vous n’êtes pas en recherche de grossesse.

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  • Retard des règles : L’implantation de l’embryon puis l’arrêt du développement entrainera une prolongation du cycle de quelques jours.
  • Un taux d’hormone Bêta-HCG positif mais faible : Si vous faites un test de grossesse par prise de sang, et que le taux d’hormone Bêta-HCG est faible (<50 après un retard de règles de 5 jours), il peut alors s’agir d’une grossesse biochimique.

Autorisations d'Absence pour les Parcours de PMA

En 2016, suite à la mobilisation des bénévoles et des adhérents, les femmes et les hommes en parcours d’AMP ont le droit à des autorisations d’absence pour assister à leurs rendez-vous. Un parcours de procréation médicalement assistée (PMA) est associé à de nombreux examens et rendez-vous médicaux. Il est alors possible que le couple doive manquer plusieurs jours de travail pour y assister.

En tant que salariée, que ce soit dans la fonction publique ou le privé, la patiente peut bénéficier d’absences illimitées pour les actes médicaux liés au parcours d’AMP. « Ces absences sont considérées comme du temps de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés et pour l’ancienneté. Le ou la partenaire de la salariée a aussi le droit à des autorisations d’absence.

Questions Fréquentes

  • Peut-on savoir si une grossesse arrêtée est liée à un problème génétique ? Oui, dans certains cas, une analyse de l'embryon (ou des produits de grossesse arrêtée) peut aider à comprendre la cause. Le diagnostic préimplantatoire est également une option dans certaines indications.
  • Une grossesse arrêtée après FIV signifie-t-elle que ça ne marchera jamais ? Non. De nombreuses femmes réussissent à concevoir après une ou plusieurs grossesses arrêtées. Un bilan adapté et une prise en charge personnalisée permettent souvent de comprendre et d'agir.
  • Que faire après une grossesse arrêtée en FIV ? Il est essentiel de prendre le temps de se remettre physiquement et émotionnellement. Un accompagnement psychologique peut être bénéfique.

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