L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision importante, et la gestion de la contraception après une IVG est cruciale pour éviter une nouvelle grossesse non planifiée. La reprise de la fertilité est immédiate après une IVG, ce qui rend la contraception un sujet central. Il est donc essentiel de choisir la méthode contraceptive la plus adaptée à votre situation et à votre mode de vie. Cet article explore les aspects importants de la contraception après une IVG, les risques de grossesse sous contraception, et les options disponibles.
Reprise de la Fertilité et Importance de la Contraception Post-IVG
Après une IVG, la fertilité revient très rapidement, souvent avant même le retour des règles. Des études montrent que 83 % des femmes ovulent dès le premier mois après l'intervention. Cela signifie qu'une nouvelle grossesse est possible très rapidement. Il est donc impératif d'adopter une contraception efficace immédiatement après une IVG si une nouvelle grossesse n'est pas souhaitée.
Plusieurs situations peuvent se présenter :
- Si vous n'aviez pas de contraceptif avant l'IVG, il est important de prendre le temps de réfléchir et de discuter avec un professionnel de santé pour trouver le contraceptif le mieux adapté à votre mode de vie et à votre état de santé.
- Si la grossesse non prévue est liée à un échec de votre contraception, il est possible que le contraceptif choisi ne soit plus adapté.
- Si vous souhaitez poursuivre la méthode contraceptive que vous aviez choisie avant l'IVG, il est crucial de comprendre, avec l'aide d'un professionnel de santé, la raison pour laquelle cette méthode a échoué.
Comment Choisir Votre Contraception Après une IVG ?
Le meilleur contraceptif est celui qui est le mieux adapté à votre situation et qui, par conséquent, s’avérera le plus efficace. Pour vous aider à faire votre choix, vous pouvez réaliser le questionnaire « Contraception : laquelle est faite pour moi? » avant d’en discuter avec votre professionnel de santé qui saura vous conseiller.
La contraception évite les grossesses non programmées et est réversible, à l'exception de la stérilisation à visée contraceptive. Plusieurs options sont disponibles, chacune avec ses avantages et ses inconvénients.
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Options Contraceptives Disponibles
- Dispositif Intra-Utérin (DIU) ou Stérilet : Le DIU est un petit dispositif placé à l’intérieur de l’utérus. Il en existe deux sortes : au cuivre et à la progestérone, dans des tailles adaptées aux femmes ayant eu des enfants et à celles qui n’en ont pas eu. La pose du stérilet et le stérilet sont remboursés. Le DIU peut être mis en place immédiatement pendant un avortement chirurgical à la fin de l’intervention, ou aux règles suivantes. Il peut aussi être posé après une IVG médicamenteuse après vérification de la vacuité utérine ou si le taux de BHCG est très faible et, en cas de doute, aux règles suivantes.
- Implant Progestatif : L’implant progestatif délivre de très faibles doses d’hormone progestérone. L’efficacité dure 3 ans ou 2 ans en fonction du poids. Un implant contraceptif peut être retiré à la demande de la patiente ou parce que les effets secondaires, toujours possibles, sont mal tolérés.
- Anneau Vaginal : L’anneau vaginal est une contraception de type contraception oestroprogestative (pilule). Elle est prescrite par un médecin ou une sage-femme. Ces méthodes sont peu utilisées, et demandent un apprentissage, leur efficacité est médiocre, leur coût élevé, bien que réutilisable, et peu remboursé (3,14 euros).
- Pilule Contraceptive (Combinée ou Progestative) : La pilule combinée ou progestative peut être prise le jour même ou le lendemain de l’IVG.
- Patch Transdermique : Le patch peut être débuté le jour de l’IVG.
- Préservatifs (Externes ou Internes) : Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
Il est à noter que seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
Quand Débuter la Contraception Après une IVG ?
La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG.
- Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse.
- Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :
- le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ;
- le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.
Grossesse Sous Contraception : Est-ce Possible ?
Il est possible qu’une grossesse survienne alors que vous utilisez un moyen de contraception. En 2007, parmi les femmes ayant eu recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG), deux sur trois mentionnaient l’utilisation d’au moins une méthode de contraception au moment où leur grossesse a commencé. Cependant, ces grossesses sont, dans la majorité des cas, liées à une mauvaise utilisation du contraceptif, qui diminue son efficacité. Lorsqu’un problème d’utilisation survient fréquemment, c’est que le contraceptif n’est pas ou plus adapté.
Facteurs Augmentant le Risque de Grossesse Sous Contraception
- Mauvaise Utilisation du Contraceptif : Oubli de pilule, expulsion de l'anneau vaginal, ou préservatif qui craque sont des exemples de mauvaise utilisation qui peuvent diminuer l'efficacité du contraceptif.
- Contraceptif Non Adapté : Un contraceptif qui n’est pas ou plus adapté à votre mode de vie peut augmenter le risque de grossesse non prévue.
- Interactions Médicamenteuses : Certains médicaments peuvent interférer avec l'efficacité de la pilule contraceptive.
- Vomissements ou Diarrhées : En cas de vomissements dans les 3-4 heures après la prise de pilule et/ou de fortes diarrhées dans les 10 heures, il faut prendre un comprimé identique à celui pris précédemment.
Que Faire en Cas de Grossesse Sous Contraception ?
Si vous tombez enceinte sous contraception, vous devez consulter rapidement un professionnel de santé pour vous assurer qu’il ne s’agit pas d’une grossesse extra-utérine. Il est également important de discuter des options qui s'offrent à vous et de prendre une décision éclairée.
Conséquences Psychologiques et Examens Médicaux Après une IVG
Après l’IVG, les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.
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Parmi les idées reçues qui circulent autour de l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.
Fertilité Après une IVG : Mythes et Réalités
Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc). Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d’une IVG n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané ou d’une grossesse menée à terme. D’après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.
Suivi Médical et Soins Personnels Après une IVG
Il est normal de subir les désagréments suivants pendant les premiers jours ou les premières semaines qui suivent une IVG médicamenteuse, chirurgicale ou instrumentale :
- Saignements, contractions, douleurs abdominales ou lombaires
- Désagréments hormonaux
- Diarrhées ou nausées causées par les antibiotiques (uniquement en cas d’IVG chirurgicale par aspiration ou d’avortement instrumental)
- Tension mammaire et/ou engorgement (lait)
Si vous souffrez d’un ou de plusieurs effets secondaires énumérés ci-dessous, il faut toujours nous en informer ou consulter votre médecin traitant :
- Fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée)
- Saignements abondants et douleurs
Pendant les jours qui suivent l’intervention, vous pouvez souffrir de maux de dos, de contractions et de saignements, comparables à ceux d’une menstruation normale. Souvent, les saignements les plus importants n’apparaissent que 4 à 7 jours après l’intervention et peuvent durer plus longtemps qu’une menstruation. Les saignements se terminent souvent par un écoulement brunâtre. Ils peuvent également être constitués de caillots. Les saignements peuvent disparaître un certain temps, puis reprendre, cela varie d’une femme à l’autre. Contre la douleur, vous pouvez prendre de l’ibuprofène, ou Aleve, éventuellement en association avec du paracétamol. Ne prenez pas d’aspirine. Lisez toujours attentivement les notices des antalgiques et respectez les quantités prescrites.
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Les symptômes de la grossesse disparaissent généralement en l’espace de quelques jours à deux semaines. Les hormones de la grossesse sont présentes dans votre organisme pour un certain temps encore, si bien que les tests de grossesse peuvent rester positifs jusqu’à trois ou quatre semaines après l’avortement.
En général, les menstruations reprennent 4 à 6 semaines après l’intervention. Au début, elles peuvent être moins régulières qu’en temps normal. Sous pilule contraceptive, les règles reviennent généralement dès la fin de la première plaquette. Les premières règles sont souvent très différentes des menstruations habituelles. Elles sont soit beaucoup plus abondantes ou plus longues, soit beaucoup moins importantes et plus courtes.
Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).
Soutien Émotionnel et Psychologique
L’aspect émotionnel et psychologique joue un rôle majeur. Il est normal de ressentir un large éventail d’émotions après une IVG : soulagement, tristesse, colère, ou même rien de particulier. Ne restez surtout pas seule avec vos questions ou vos émotions, le soutien est vital. Pensez aux groupes de parole ou aux forums en ligne sécurisés. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.
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