La reproduction chez la truie est un processus complexe qui nécessite une attention particulière pour assurer le bien-être de la mère et la santé des porcelets. Un élément clé de ce processus est le placenta, un organe vital qui assure la nutrition et l'oxygénation des fœtus pendant la gestation. Cet article se penche sur le placenta de la truie, en décrivant ses caractéristiques, son développement et son rôle essentiel dans la réussite de la reproduction porcine.
Types de Placentas
Les placentas peuvent être classés selon la façon dont les villosités sont réparties sur le chorion fœtal. Lorsque les villosités sont uniformément dispersées, comme chez la jument et la truie, le placenta est dit diffus.
Le Placenta Zonaire
Le placenta zonaire prend la forme d'une bande de tissu complète ou incomplète entourant le fœtus en développement. Ce type de placenta se trouve chez les carnivores comme les chiens, les chats, les phoques, les omnivores comme les ours et les herbivores comme les éléphants.
Un placenta zonaire, également connu sous le nom de placenta en forme d'anneau ou de placenta annulaire, est une variation extrêmement rare de la morphologie placentaire où le placenta peut apparaître comme un anneau annulaire. Il peut s'agir d'un anneau complet de tissu placentaire, mais le plus souvent, l'atrophie tissulaire d'une partie de l'anneau peut entraîner un placenta en forme de fer à cheval.
Développement Placentaire et Croissance Fœtale
En production porcine, la sélection de truies hyperprolifiques a conduit à une augmentation de l'incidence de porcelets hypotrophes dans les portées. Les mécanismes précis conduisant à ce retard de croissance intra-utérin (RCIU) sont peu connus. Une étude a été menée pour étudier le développement et la fonction placentaire chez des paires de porcelets RCIU et normaux issus de la même portée en début (45 jours), milieu (71 jours) et fin de gestation (112 jours).
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Les porcelets RCIU étaient plus légers de 25%, 33% et 41% par rapport aux témoins à 45, 71 et 112 jours de gestation, respectivement. En termes d'expression de gènes, seule l'expression d'IGF2 était significativement augmentée dans les placentas des fœtus RCIU à 71 jours de gestation. IGF2 étant un élément important dans le contrôle de la croissance fœtale et de la fonction placentaire, l'augmentation de son expression à mi-gestation dans les placentas des fœtus RCIU pourrait être un mécanisme compensatoire précoce pour permettre de maintenir la croissance fœtale.
Importance du Calcium et du Phosphore
L'alimentation minérale adéquate doit permettre de couvrir les besoins en calcium et phosphore tout au long de la vie de l'animal. Après un bref rappel de quelques connaissances de bases sur l’utilisation du calcium et son rôle chez la truie, un modèle de prédiction du besoin en calcium est présenté et utilisé pour évaluer l’évolution des besoins selon le potentiel de performance des truies.
Chez le Porc, 99 % du calcium et 75 % du phosphore de l'organisme sont stockés dans l'os. Le calcium ionisé est la forme physiologiquement active du calcium. De nombreux mécanismes sont impliqués dans la régulation de la teneur plasmatique en calcium. Ils reposent sur l'activation ou non du transport actif impliqué dans l'absorption intestinale, sur l'excrétion rénale et sur l'équilibre entre accrétion et résorption osseuse.
Le calcium peut activer ou stabiliser de nombreuses enzymes, directement ou après formation d'un complexe avec des protéines ou avec des acides organiques ou inorganiques. Au niveau des muscles striés, le calcium contribue à la levée de l'inhibition de la liaison actine-myosine, ce qui entraîne la contraction. Au niveau du muscle lisse de l’utérus, le complexe que forment le calcium et la calmoduline phosphoryle la myosine, qui peut alors interagir avec l'actine pour provoquer la contraction.
Le calcium est absorbé par diffusion passive et par transport actif à travers la muqueuse intestinale. L'équilibre entre les apports en calcium et en phosphore est déterminant pour leur absorption respective, un excès de l'un pouvant diminuer l'absorption de l'autre.
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L'Importance de la Mise-Bas et des Soins Post-Partum
La mise-bas est un moment d'épuisement pour la truie. Surtout s'il s'agit d'une mise-bas faible ou difficile, il peut être nécessaire de recourir à des traitements qui rétablissent rapidement un métabolisme régulier. Pendant la mise-bas l'appareil cardio-respiratoire, le système endocrinien et la musculature de l'appareil reproducteur ont fourni un grand effort, tandis que d'autres, comme l'appareil digestif, ont été au "repos".
Pour le bien-être et la santé de la truie et de ses porcelets, il est utile à la fin de la mise-bas, de nettoyer à sec la case en éliminant les restes de la mise-bas : placenta, mort-nés ou momifiés, les litières sales avec des excréments et fluides fœtaux.
La phase de délivrance comprend l’expulsion du placenta et d’autres tissus fœtaux. Tout au long de la mise-bas, il est important de surveiller attentivement la truie et les porcelets pour détecter tout signe de détresse ou de complications. L’alimentation et les soins de la truie pendant la gestation et après la mise-bas sont également importants pour assurer la santé de la truie et des porcelets.
Dans certaines élevages, où on pratique le sevrage précoce (moins de 18 jours après la naissance), il peut être utile d'administrer des prostaglandines; normalement en une seule application entre 24 et 48 heures après la mise-bas. Elles agissent au niveau de l'utérus en accélérant l'involution de la muqueuse et par conséquent en restituant plus rapidement sa condition normale, c'est-à-dire en faisant qu’il soit mieux préparé pour la prochaine gestation.
On observe que des truies peuvent avoir leurs premières chaleurs vers l’âge de 5 mois. Mais généralement, on part du principe que la maturité sexuelle est atteinte vers 6 mois. Aussi, si vous ne souhaitez pas que les cochons se reproduisent, il faut séparer les mâles des femelles assez tôt, ou stériliser les mâles ou les femelles. C’est important pour éviter les accouplements consanguins.
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Environ 48 heures avant la mise-bas, les truies construisent un nid, également appelé “chaudron”. C’est la seule espèce ongulée qui construit un nid. Si la truie n’a pas de paille ou d’herbe à disposition, elle va tout de même faire semblant de construire son nid. Quelques jours avant la mise bas, mamelles et vulve gonflent. Le bouchon muqueux se liquéfie et sort du vagin. Les premières douleurs se produisent de 3 à 6 heures avant la mise bas. La truie s’agite de plus en plus. La présence du premier porcelet dans les voies génitales fait démarrer la mise bas proprement dite : cela va durer entre 2 et 6 heures. Les truies dont c’est la première fois auront souvent besoin d’un peu plus de temps. Il est nécessaire de surveiller les truies pour pouvoir intervenir en cas de complications. Les porcelets se présentent à intervalles de 5 à 30 minutes. Une fois que la portée entière est née, on s’assure que les petits viennent à la tétée sans trop tarder. Le placenta doit être expulsé 1 heure après la naissance du dernier porcelet. 1 à 2 jours après, le canal de mise bas continue à se vider d’une sécrétion aqueuse et glaireuse de couleur blanchâtre, inodore.
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