Le placenta praevia est une anomalie de la grossesse caractérisée par une insertion basse du placenta, recouvrant partiellement ou totalement le col de l'utérus. Cet article vise à fournir une information complète et structurée sur le placenta praevia marginal, ses causes, son diagnostic, ses conséquences et sa prise en charge, afin d'aider les femmes enceintes et leurs familles à mieux comprendre et gérer cette condition.
Qu'est-ce que le Placenta Praevia ?
On qualifie de « praevia » un placenta inséré trop bas et recouvrant partiellement ou totalement le col de l’utérus. Le placenta est l’organe clé qui fait le lien entre la mère et le bébé durant la grossesse, en filtrant le sang maternel apporté au fœtus. Normalement, le placenta se fixe dans la partie supérieure de l'utérus. Cependant, dans certains cas, il s'implante dans la partie inférieure, près du col de l'utérus. Lorsque le placenta obstrue le col de l'utérus, on parle de placenta praevia ou placenta recouvrant.
Les Différents Types de Placenta Praevia
Il existe plusieurs formes anatomiques de placenta praevia, classées selon le degré d'obstruction du col de l'utérus :
- Placenta praevia latéral : Le placenta est situé à proximité du col, sans l'obstruer.
- Placenta praevia marginal : Le placenta obstrue partiellement le col de l'utérus.
- Placenta praevia recouvrant partiel : Le placenta recouvre partiellement l'orifice interne du col.
- Placenta praevia recouvrant total : Le placenta recouvre complètement l'orifice interne du col.
Dans le cas d’un placenta prævia marginal, il obstrue en partie le col.
Prévalence et Facteurs de Risque
Le placenta praevia est une anomalie relativement rare, affectant environ 1 accouchement sur 250. Cependant, certains facteurs peuvent augmenter le risque de développer cette condition.
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Facteurs de Risque Connus
Plusieurs facteurs expliquent que certaines femmes ont plus de risques d’avoir un placenta prævia que les autres. Parmi les causes pouvant expliquer cette configuration, on trouve notamment la forme de l’utérus, la présence d’éventuels fibromes empêchant une implantation plus haute du placenta, ou encore le tabagisme. L’âge est également un facteur de risque : les femmes de plus de 35 ans sont plus concernées que les autres. Par ailleurs, comme dans le cas d’un placenta accreta (implantation profonde du placenta dans le muscle utérin) durant une précédente grossesse, le fait d’avoir subi un curetage, une césarienne ou un autre type de chirurgie utérine engendrant une cicatrice peut conduire à une insertion placentaire basse.
D'autres facteurs de risque incluent :
- La multiparité (le fait d'avoir déjà eu plusieurs grossesses).
- Un âge maternel élevé.
- Le tabagisme.
- Un utérus cicatriciel, après une césarienne ou une intervention chirurgicale.
- Des anomalies utérines.
- L’endométriose.
- Anomalies de la muqueuse utérine, comme des fibromes.
Diagnostic du Placenta Praevia
Le placenta praevia est généralement diagnostiqué lors des échographies de contrôle réalisées pendant la grossesse, notamment celle du 2e trimestre. Lors de cet examen, un contrôle systématique de l’emplacement du placenta est réalisé. Par la suite, une échographie endovaginale permet de savoir plus précisément si le placenta obture ou pas le col. Elle permet de déterminer la distance entre le bord inférieur du placenta et l'orifice du col, ainsi que la forme anatomique du placenta praevia.
Signes Cliniques et Symptômes
Le placenta praevia ne présente pas nécessairement de symptômes - cela dépend de sa gravité. En effet, après 20 semaines d’aménorrhée, des métrorragies (saignements vaginaux) indolores de sang rouge vif peuvent survenir pour cette pathologie. Les hémorragies provenant d'un décollement des villosités les plus basses sont entièrement extériorisées, avec une participation de sang foetal de l'ordre de 4 % à 10 %. La suspicion clinique de placenta praevia repose sur l'association d'une hémorragie indolore, de sang rouge, coagulable et souvent récidivante, d'un utérus relâché et d'une présentation foetale pathologique. Il est important de consulter rapidement, car des saignements vaginaux ne sont jamais anodins pendant une grossesse et peuvent conduire à un choc hémorragique dans les cas les plus graves. Chez certaines patientes, des contractions peuvent accompagner ces saignements.
Il est important de noter que la recherche du matelas placentaire par le toucher vaginal est formellement contre-indiquée et doit être remplacée par une échographie par voie endovaginale.
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Évolution et Complications Possibles
L'évolution du placenta praevia est marquée par des récidives hémorragiques, une rupture prématurée des membranes et un accouchement prématuré. Il existe des formes asymptomatiques et des formes compliquées, notamment par un hématome rétroplacentaire, une insertion accreta ou des vaisseaux ombilicaux praevia.
Risques Maternels et Fœtaux
Le placenta prævia peut entraîner des nombreuses complications à la fois pour le fœtus et la future maman.
Pour la mère :
- Hémorragie (peut être due à la rupture ou au décollement du placenta durant la grossesse, au moment de l’accouchement par voie basse, ou encore en post-partum).
- Infection.
- Formation de caillots de sang.
- Nécessité de transfusion sanguine.
- Anémie.
- Endométrite.
- Thrombose.
- Dans le cas où la mère a déjà eu un accouchement par césarienne, un placenta prævia favorise le risque de placenta accreta.
Pour le bébé :
- Prématurité.
- Mauvaise circulation du sang et donc une moins bonne oxygénation du bébé pendant la grossesse, causant ainsi une souffrance fœtale.
- Détresses respiratoires.
- Retards de croissance intra-utérins.
- Malformations.
- À long terme, les morts subites du nourrisson sont plus fréquentes et les séquelles neurologiques touchent environ 3 % des enfants.
Prise en Charge et Traitement
Il n’existe aucune méthode permettant de faire remonter un placenta bas. La prise en charge du placenta praevia dépend de la gravité de la condition, de l'âge gestationnel et de la présence de saignements.
Mesures Conservatrices
Après l'hémorragie initiale, un traitement conservateur par le repos, la tocolyse, la corticothérapie prénatale et d'éventuelles transfusions sanguines permet le plus souvent une naissance vers la 36e semaine d'aménorrhée.
- Repos : Une période de repos est donc vivement conseillée pour la future maman, ainsi qu’un arrêt des rapports sexuels et des activités physiques intenses. « Cette anomalie conduit souvent à prescrire un arrêt de travail très précoce et un repos strict, afin d’éviter toute contraction », indique le soignant.
- Hospitalisation : Avant la 36ème semaine de grossesse (38ème semaine d’aménorrhée ou SA) et si les saignements sont peu abondants, la future mère est généralement hospitalisée pour surveillance et doit réduire son activité physique jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de symptômes.
- Corticothérapie prénatale : Pour accélérer la maturation pulmonaire du fœtus en cas de risque de naissance prématurée.
- Tocolyse : Médicaments pour inhiber les contractions utérines.
Accouchement
Le choix du mode d'accouchement découle de l'échographie vaginale réalisée à ce stade, à la fin de la « migration » placentaire. Aussi, si le placenta est situé à 3 ou 4 centimètres du col, un accouchement par voie basse est tout à fait envisageable. La césarienne est recommandée dans les variétés recouvrantes, marginales et latérales à moins de 2 cm de l'orifice interne du col utérin et en cas de présentation pathologique quelle que soit la variété anatomique.
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- Accouchement par voie basse : L’accouchement peut en partie être naturel si le placenta est proche du col, mais qu’il ne le recouvre pas. Le travail commence. Si un saignement survient, la maman est emmenée au bloc opératoire.
- Césarienne : Dans le cas d’un placenta prævia marginal, il obstrue en partie le col ; voire totalement en cas de placenta prævia recouvrant. Son origine peut être liée à différents facteurs de risque. La césarienne est la seule option possible. Celle-ci surviendra au plus tard à la fin de votre 37e semaine d’aménorrhée.
Conseils et Recommandations
- Suivi médical régulier : Un suivi gynécologique régulier est la meilleure prévention possible. Reste informée à propos de ton état de grossesse (sage-femme, gynécologue, doula) en suivant les rendez-vous fixés. Pose toutes les questions qui te viennent à l’esprit : tu seras pleinement rassurée !
- Repos et réduction de l'activité physique : Une période de repos est donc vivement conseillée pour la future maman, ainsi qu’un arrêt des rapports sexuels et des activités physiques intenses.
- Gestion du stress et de l'anxiété : Il est compréhensible que l’idée d’un placenta mal présenté puisse être stressante. Mais, comme je l’ai mentionné plus haut, la position du placenta à mi-grossesse n’est pas définitive. Maintenir une approche positive t’aidera à gérer l’anxiété : Visualise ton placenta qui « remonte » pendant une séance « détente » (relaxation, méditation, massage, etc.) Cela indique à ton corps ce qu’il convient de faire. Et c’est puissant ! À faire autant de fois que tu le souhaites !
- Communication avec l'équipe médicale : Bavarde avec d’autres femmes qui ont déjà vécu cette expérience. Dans mon programme « Objectif naissance », nous abordons régulièrement le sujet du placenta bas lorsque les futures mamans passent leur seconde échographie.
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