Le placenta est un organe essentiel au développement fœtal pendant la grossesse. Il assure les échanges entre la mère et le bébé, notamment en termes de nutriments et d'oxygène. Normalement, le placenta se présente sous la forme d'un disque unique. Cependant, il peut parfois présenter des anomalies, comme un cotylédon aberrant.
Le placenta : un organe clé de la grossesse
Le placenta est une structure complexe qui se forme pendant la grossesse et permet les échanges entre la mère et le fœtus. Il est relié au fœtus par le cordon ombilical, qui assure le transport des nutriments et de l'oxygène. Le placenta est également responsable de la production d'hormones essentielles au maintien de la grossesse.
Rôle et Fonction du Placenta
Le placenta joue un rôle essentiel dans le développement du fœtus. Il sert de plateforme d'échange entre la mère et le bébé par le cordon ombilical. Un placenta en bonne santé est vital pour un développement fœtal adéquat.
Anomalies Placentaires : Généralités
Les anomalies placentaires peuvent varier en type et en gravité, affectant la santé de la mère et du fœtus. Les causes et les symptômes varient selon le type d'anomalie.
Qu'est-ce qu'un cotylédon aberrant ?
Un cotylédon aberrant est un petit lobe placentaire qui se trouve à distance de la masse principale du placenta. Au lieu de ne former qu’une seule grosse masse, il est divisé en deux parties reliées par le cordon (placenta bi-partita).
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Diagnostic et Aspect
En fin de grossesse, le placenta se présente normalement sous l’aspect d’un disque de 20 cm de diamètre et de 35 mm d’épaisseur. De temps en temps, son aspect est différent. D’autres fois, c’est un petit lobe placentaire qui se trouve à distance de la masse principale (cotylédon aberrant).
Causes possibles d'un cotylédon aberrant
Les causes exactes de la formation d'un cotylédon aberrant ne sont pas toujours connues. Cependant, certains facteurs peuvent augmenter le risque de développer cette anomalie placentaire. Parmi ces facteurs, on retrouve :
- Les grossesses multiples
- Un placenta bas inséré
- Un placenta bi partita
Conséquences potentielles d'un cotylédon aberrant
Dans la plupart des cas, un cotylédon aberrant ne cause pas de problèmes majeurs pendant la grossesse. Cependant, dans certains cas, il peut entraîner des complications, notamment :
- Hémorragie de Benckiser : L’hémorragie de Benckiser est une pathologie rare associée à un taux de mortalité néonatale compris entre 75 et 100 %. Elle est consécutive à la rupture d’un ou plusieurs vaisseaux ombilicaux praevia d’insertion vélamenteuse. Les facteurs de risque d’insertion vélamenteuse (1/100 grossesses) et de vaisseaux praevia (1/2 500 à 1/5 000 grossesses) sont les grossesses multiples, l’existence d’un placenta bas inséré, bi partita ou présentant un cotyledon aberrant.
- Rétention placentaire : Les structures fœtales (ou annexes) et maternelles (la muqueuse de l’utérus) sont étroitement imbriquées, mais uniquement au niveau de 60 à 120 cotylédons. Ces « points d’attaches » peuvent facilement entrainer une déchirure au niveau du placenta. Un morceau de placenta va alors rester dans la cavité utérine et provoquer des infections. On considère qu’il y a une rétention placentaire (ou non-délivrance) quand le placenta n’est pas sorti dans les 12 heures post-partum. On parle de non-délivrance ou de rétention placentaire lorsque la délivre n’est pas expulsée au bout de 24 heures après vêlage. Le placenta est « fixé » à la matrice par des sortes de boutons appelés cotylédons.
- Infections : Des germes maternels peuvent atteindre le placenta de différentes manières, par voie sanguine, par le col ou à partir de l’utérus lui-même. Les microbes peuvent coloniser la masse du placenta ou siéger au niveau des membranes amniotiques.
Prise en charge et traitement
La prise en charge d'un cotylédon aberrant dépend de la présence ou non de complications. Dans la plupart des cas, aucune intervention n'est nécessaire pendant la grossesse. Cependant, une surveillance accrue peut être recommandée pour détecter rapidement d'éventuelles complications.
Surveillance pendant la grossesse
Si un cotylédon aberrant est détecté lors d'une échographie, le médecin peut recommander des échographies de suivi régulières pour surveiller la croissance du fœtus et la position du placenta.
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Gestion de la rétention placentaire
En cas de rétention placentaire après l'accouchement, différentes options thérapeutiques peuvent être envisagées. La délivrance manuelle est controversée car le risque d’introduire des microbes dans la matrice, et donc d’aggraver la situation, n’est pas négligeable. Le mieux est de convenir avec votre vétérinaire d’un protocole d’actions et d’en évaluer les résultats.
Prévention de la rétention placentaire
La prévention de la rétention placentaire passe par une bonne préparation à la mise-bas. Lors du tarissement, attention à la ration qui doit être équilibrée afin d’éviter les excès. Certains aliments, comme l’ensilage d’herbe et les légumineuses (trèfle violet et luzerne principalement) le dernier mois de gestation semble également être des aliments prédisposants.
Importance de l'alimentation
Pourquoi insiste-t-on depuis plusieurs années sur l’importance de distribuer une ration particulière aux vaches taries ? Parce que les enjeux du post-partum sont déterminants sur la santé et les performances de la vache. On cherchera donc à couvrir les besoins de la vache en fin de gestation pour éviter les variations de poids, maximiser la capacité d’ingestion, booster l’immunité de la vache et du veau par une augmentation des apports en oligo-éléments et vitamines, prévenir les hypocalcémies. Face à un problème de non-délivrances, c’est le premier point à vérifier et, si la ration des taries n’est pas adaptée, chercher à la corriger. L’objectif est de jouer sur les apports minéraux pour mobiliser le calcium osseux et augmenter son absorption intestinale.
Surveillance du pH urinaire
Il arrive cependant que la ration semble calée sur le papier, mais que le problème persiste. C’est en mesurant les pH urinaires des vaches en fin de tarissement que l’on peut vérifier si les conditions requises sont obtenues ou pas. En effet, ces rations dites baca négative acidifient le sang de la vache et donc ses urines. Un pH supérieur à 7,5 sur plusieurs taries signifie que l’objectif n’est pas atteint, bien souvent parce que les teneurs en potassium des fourrages sont trop importantes.
Bilan énergétique et apports en oligo-éléments et vitamines
Par ailleurs, il importe de vérifier le bilan énergétique en fin de tarissement. On peut l’apprécier par l’évolution de l’état des vaches taries ou, plus précisément, par des analyses de sang (dosages des corps cétoniques, des acides gras non estérifiés). Quant à la partie oligo-éléments et vitamines, même approche que pour les minéraux, il faut couvrir les besoins dans un premier temps. Pour la prévention des non-délivrances, on va s’intéresser au sélénium, au zinc, au cuivre, à l’iode, aux vitamines A, C et E, au bétacarotène.
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