Le placenta est un organe fascinant et essentiel qui se développe pendant la grossesse. Il sert de lien vital entre la mère et le fœtus, assurant l'apport des nutriments et de l'oxygène nécessaires au développement du bébé. Sa position et son fonctionnement sont surveillés de près tout au long de la grossesse. Cet article vise à explorer en détail le placenta, en particulier les notions de placenta antéro-fundique, les différentes positions possibles, les anomalies potentielles, et les implications pour la mère et le bébé.
Le Rôle Crucial du Placenta
Le placenta est une sorte de plateforme d’échange entre la mère et le bébé par le cordon ombilical. Dès la 5e semaine de grossesse, il devient l’unique moyen d’échange entre la mère et le futur enfant. Avoir un placenta en bonne santé permet au fœtus de se développer correctement. Le placenta est implanté dans la muqueuse de l’utérus d’un côté et relié au fœtus par le cordon ombilical de l’autre, gorgé de sang et de tissus, il constitue l’unique moyen d’échange materno-fœtal.
Le placenta remplit diverses fonctions essentielles, notamment :
- L'apport de nutriments et d'oxygène : Tout au long de la grossesse, c'est le placenta - via le cordon ombilical - qui permet au fœtus de bien respirer et de se nourrir correctement. Le fœtus se nourrit ainsi via l'alimentation de sa mère, de la même façon qu’il respire grâce à l'air inspiré par cette dernière.
- La protection du fœtus : Le placenta permet de filtrer certaines substances mauvaises pour le fœtus, et de le protéger de certaines bactéries, parasites, maladies ou substances. Certaines, pas toutes. Le virus du sida ou l’hépatite B, par exemple, parviennent à franchir la barrière du placenta.
- L'indication d'anomalies : Le placenta a le même patrimoine génétique que le bébé, il permet de savoir s’il y a des anomalies chromosomiques ou génétiques. Pour ce faire, il faut avoir recours, autour des deux mois de grossesse, à une biopsie du trophoblaste.
La Position du Placenta : Antérieur, Postérieur et Fundique
La position du placenta dans l’utérus est visible à l’échographie. Lors des échographies de grossesse, le médecin surveille l’évolution et développement du fœtus mais il est également très attentif à la position du placenta. On parle de placenta antérieur ou postérieur en fonction de la position à laquelle se situe le placenta (s'il est à l'arrière ou à l'avant de l'utérus). Lorsque le placenta est situé au fond de l'utérus, on parle de placenta fundique.
- Placenta Antérieur : Si votre médecin vous parle de placenta antérieur, « cela signifie que celui-ci est placé à l'arrière de votre utérus ». Avoir un placenta antérieur ne signifie pas nécessairement qu'il y a un problème. Si votre gynécologue vous annonce que vous avez un placenta antérieur, c’est que celui-ci est devant. A moins d’une insertion basse, rien ne vous prédispose à un accouchement par césarienne.
- Placenta Postérieur : On parle de placenta postérieur lorsque l'utérus se situe entre les os du bassin de la mère. Si votre gynécologue vous a dit que vous avez un placenta postérieur, ou si vous l'avez lu dans un rapport médical sans qu'il y ait eu de commentaire de sa part, vous pouvez être tranquille. Avoir un placenta postérieur ne signifie pas nécessairement qu'il y a un problème.
- Placenta Fundique : Lors de votre rendez-vous avec votre gynécologue, vous avez entendu votre médecin parler de « placenta fundique ». Rassurez-vous, comme l'explique le Dr Tournaire, « le terme de placenta fundique signifie juste que le placenta est situé au fond de l'utérus, exactement là où il devrait être ». Le terme fundique est relatif au fond de l’utérus. Un placenta fundique est donc un placenta situé au fond de l’utérus, ce qui est considéré comme la position idéale. En général, il doit être implanté au fond, c’est-à-dire dans la partie supérieure. C’est ce qu’on appelle un placenta fundique. Il va se décoller après la naissance et n’entrave pas le passage du bébé au moment de l’accouchement.
Placenta Antéro-Fundique : Une Combinaison de Positions
Le terme "antéro-fundique" n'est pas un terme médical standard couramment utilisé pour décrire la position du placenta. Cependant, en décomposant les termes, on peut supposer qu'il décrit un placenta qui est situé à la fois sur la paroi antérieure (avant) de l'utérus et dans la région fundique (supérieure).
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Si un médecin utilisait ce terme, il pourrait indiquer que le placenta est principalement positionné dans la partie supérieure de l'utérus (fundus) mais s'étend également vers la paroi antérieure. Cette position est généralement considérée comme normale et ne devrait pas causer de complications.
Anomalies Placentaires : Quand s'Inquiéter ?
Un placenta mal formé ou mal positionné caractérise une anomalie placentaire. Quand parle-t-on d’anomalie placentaire ? S’agit-il d’une question de forme, de taille, de place dans l’utérus ? Et quelles sont les répercussions possibles pour le bébé, voire même, pour la maman ? Lorsque le placenta ne se développe pas correctement on parle alors d’anomalie placentaire.
Voici quelques anomalies placentaires courantes :
- Placenta Praevia : Normalement, le placenta s’insère dans la partie haute de l’utérus. Mais parfois, il s’insère trop bas dans l’utérus, il peut être au bord du col de l’utérus (placenta marginal) ou couvrir partiellement ou totalement le col utérin (placenta recouvrant). Cette anomalie d’insertion visible lors de l’échographie du premier trimestre est parfois accompagnée de saignements à ne pas négliger. Le placenta praevia désigne une mauvaise position du placenta dans l'utérus. Bien que courant en début de grossesse, ce trouble peut s'avérer très dangereux pour la femme et son futur bébé dès le troisième trimestre de grossesse. Les placentas en position basse sont les plus problématiques en vue de l'accouchement. Ce type de placenta nécessite un suivi spécifique. Les placentas à insertion basse peuvent obstruer le col de l'utérus et empêcher la sortie du bébé lors de l'accouchement, s'ils l'obstruent complètement, comme dans le cas d'un placenta prévia totale. Le placenta praevia est une anomalie de la grossesse qui concerne 1 accouchement sur 250. Il est lié à un mauvais positionnement du placenta et se manifeste par des saignements, souvent bénins, qui surviennent à partir du 2ème trimestre de la grossesse.
- Placenta Accreta : Normalement, le placenta s’insère au niveau de la muqueuse utérine. Ce mécanisme, qui arrive très tôt au cours de la grossesse, peut se dérouler de façon anormale. C’est le cas lorsque l’adhésion d’une partie ou de la totalité du placenta s’étend plus profondément qu’elle ne devrait dans l’utérus. On parle alors de placenta accreta. Cette implantation heureusement rare (1/2 500 à 1/1 000 grossesses) peut se compliquer d’hémorragie au moment de la délivrance. On parle de placenta accreta lorsque le placenta n’est pas séparable de l’utérus. On parle de placenta accreta lorsque le placenta est légèrement inséré jusque dans le myomètre, de placenta increta lorsqu’il est complètement inséré dans ce muscle, ou encore de placenta percreta lorsqu’il atteint les organes voisins, notamment la vessie. Ce type de placenta engendrera surtout des difficultés au moment de l’accouchement, puisqu’il ne se détachera pas, ou pas complètement, au moment de la délivrance. Il s’agit là d’une anomalie d’insertion du placenta.
- Décollement Placentaire (Hématome Rétroplacentaire) : Quand tout se déroule normalement, le placenta se sépare de l’utérus au moment de la délivrance. Lorsque le phénomène a lieu avant l’accouchement, il se crée un hématome (poche de sang) entre la paroi utérine et le placenta qui provoque une interruption des échanges materno-fœtaux. Quand le décollement concerne tout le placenta, on parle d’hématome rétro-placentaire. Cette complication, peu fréquente heureusement, peut avoir des conséquences graves sur la maman et le bébé. Les premiers signes sont généralement caractéristiques : saignements et douleur abdominale brusque, très vite suivis d’une souffrance fœtale. Une fois le diagnostic posé, pas de temps à perdre ! L’hématome rétro placentaire (ou HRP de grossesse) est une complication grave de la grossesse. Il nécessite une prise en charge rapide.
- Infection Placentaire : Des germes maternels peuvent atteindre le placenta de différentes manières, par voie sanguine, par le col ou à partir de l’utérus lui-même. Les microbes peuvent coloniser la masse du placenta ou siéger au niveau des membranes amniotiques. L’échographie montre parfois l’infection placentaire, mais ce n’est pas toujours évident.
- Placenta Bipartita (Bilobé) : De temps en temps, son aspect est différent. Au lieu de ne former qu’une seule grosse masse, il est divisé en deux parties reliées par le cordon (placenta bi-partita). On parle de placenta bilobé, ou bipartita, lorsqu’il est constitué de deux lobes au lieu d’un seul. Un placenta peut également être trilobé, soit constitué de trois lobes, ou multilobé s’il est composé de plus de trois lobes.
- Calcification Placentaire : « Au cours de la grossesse il arrive qu'il y ait calcification d'une partie du placenta » explique le Dr Tounaire. « Néanmoins, cette calcification n'est pas forcément grave. Elle l'est uniquement si la partie calcifiée est importante et qu'elle empêche le lien entre la mère et l'enfant » continue notre expert. Le placenta se calcifie naturellement au fur et à mesure qu’il mûrit. Il atteint généralement un état de calcification avancée en toute fin de grossesse. Il arrive cependant que la calcification ait lieu trop tôt, vers 34 semaines d’aménorrhée (7 mois et demi) par exemple. Le risque diffère selon l’état de calcification du placenta et la partie impactée par cette calcification.
Diagnostic et Surveillance
Lors de votre grossesse, vous serez amenée à passer trois échographies obligatoires ainsi que de nombreux examens. Cet ensemble de tests assure que votre placenta est bien situé et accroché sur la paroi utérine. Ils ont également pour vocation de vérifier que vous n'êtes pas sujette à un décollement du placenta ou ne présentez pas un placenta préavia.
Lors des échographies de grossesse, le gynécologue-obstétricien ou la sage-femme emploient parfois des termes étranges, sinon inquiétants, pour évoquer la position du placenta. Placenta fundique, placenta calcifié, placenta épaissi ou encore placenta antérieur… Lors de vos rendez-vous médicaux, vous risquez d'être submergée d'un grand nombre de termes pas toujours rassurants. Rassurez-vous, ces derniers ne sont pas systématiquement synonymes de dangers.
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Au premier trimestre on parle de trophoblaste à prédominance antérieure ou postérieure. Puis on parle de placenta postérieur ou antérieur, latéral droit ou gauche, ou fundique. On étudie la masse placentaire par des coupes sagittales et transversales sériées afin d’en explorer toute la superficie. L’exploration placentaire peut se faire par voie abdominale ou endovaginale. Cette dernière permet une excellente visualisation du placenta et de ses rapports avec le col utérin.
Prise en Charge et Traitement
Les causes des anomalies dépendent du type d'anomalies placentaires de la femme enceinte. Tout comme pour les causes, les symptômes dépendent du type d'anomalies placentaires. La prise en charge diffère selon la situation.
Par exemple, dans le cas d'un placenta praevia, avant la 36ème semaine de grossesse (38ème semaine d’aménorrhée ou SA) et si les saignements sont peu abondants, la future mère est généralement hospitalisée pour surveillance et doit réduire son activité physique jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de symptômes. Si les saignements s’arrêtent et qu’il n’y a pas de contractions, l’accouchement peut être déclenché vers la 36ème ou la 37ème semaine de grossesse. Un placenta bas inséré ou un placenta praevia peuvent remonter spontanément jusqu’à la 32ème semaine de grossesse (34 SA). Cela n’est pas systématique.
Dans le cas d'un décollement placentaire, une intervention rapide est nécessaire pour assurer la sécurité de la mère et du bébé.
Curiosités autour du Placenta
Une fois votre bébé né, le placenta est expulsé dans la foulée par l'organisme sous l'action de contractions. C'est ce que l'on appelle la délivrance. Si la totalité du placenta n'est pas expulsée par le corps, on pratique alors une révision utérine.
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Manger son placenta, est une pratique qui se répand de plus en plus, notamment aux Etats-Unis. Ses nutriments seraient bénéfiques pour la maman à plusieurs niveaux, puisqu'ils l'aideraient à se remettre plus vite de l'accouchement, et auraient des vertus pour l'allaitement. Néanmoins, la placentophagie divise énormément, et les lois divergent selon les pays. Dans les pays anglo-saxons, certaines mamans n'hésitent pas à récupérer et manger leur placenta après l'accouchement pour bénéficier de ses bienfaits énergétiques. Lasagnes, pâté, cocktail, spaghettis bolo….
Dernièrement une nouvelle tendance défrayait la chronique : les mamans qui mangeaient leur placenta. Aujourd'hui cela va bien plus loin. Réalisation de jouets, art, ou même jardinage… Recycler son placenta ? C'est possible !
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