L'amniocentèse est une procédure médicale qui suscite de nombreuses interrogations chez les femmes enceintes. Cet article vise à fournir une information complète et structurée sur l'amniocentèse, ses indications, son déroulement, ses risques, ainsi que les alternatives existantes.
Introduction à l'Amniocentèse
L'amniocentèse est un prélèvement de liquide amniotique dans lequel flotte le bébé, qui peut être réalisé à partir de 16 SA et jusqu’à 34 SA. Le liquide amniotique est un liquide biologique stérile, clair et aqueux dans lequel baigne l’embryon, puis le fœtus, tout au long de la grossesse. Il est essentiel au développement du fœtus, lui permettant de bouger librement, de maintenir une température constante et de protéger le cordon ombilical. Le liquide amniotique est fabriqué dans les premiers temps par les membranes du sac amniotique. À partir du deuxième trimestre, c’est le fœtus lui-même qui le produit, lorsque les reins deviennent fonctionnels.
Qu'est-ce que l'Amniocentèse ?
L’amniocentèse consiste à prélever 20 ml de liquide amniotique. Une amniocentèse désigne l’acte médical de prélever un échantillon du liquide amniotique. Il s’agit du liquide au sein duquel le fœtus baigne durant tout le long de la grossesse, au sein de l’utérus. Le prélèvement est réalisé à l’aide d’une aiguille fine, reliée à une seringue pour aspirer le liquide. Le prélèvement se fait au travers la paroi abdominale maternelle. Cet examen est effectué par un médecin sous contrôle échographique pour positionner correctement l’aiguille. L’amniocentèse peut être réalisée à n’importe quel moment de la grossesse. Mais dans la majorité des cas, elle est programmée entre 15 et 17 semaines d’aménorrhée.
Un peu d’histoire
C’est en 1950 qu’apparaît l’amniocentèse avec l’analyse d’échantillons de liquide amniotique par Douglas Bevis. Ce dernier recherchait les risques de maladie hémolytique des fœtus.
Indications de l'Amniocentèse
L’amniocentèse permet de :
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- Réaliser un caryotype, c’est-à-dire une représentation photographique des chromosomes du fœtus, pour rechercher d’éventuelles anomalies chromosomiques comme la trisomie 21. Cet examen permet de réaliser un caryotype (visualisation des chromosomes fœtaux) afin de détecter une anomalie chromosomique, telle que la trisomie 21 (présence de 3 chromosome 21 au lieu de 2 habituellement) et les autres trisomies.
- Rechercher des anomalies des gènes comme la mucoviscidose.
- Rechercher une infection virale dangereuse pour le développement du fœtus comme la toxoplasmose ou le cytomégalovirus.
- Identifier d’éventuelles anomalies biochimiques.
L’amniocentèse n’est pas systématiquement pratiquée durant la grossesse. Seules 11 % des femmes enceintes ont recours à une amniocentèse. Les médecins ne la conseillent que dans certains cas précis :
- Après 35 ans, c’est-à-dire dans le cadre d’une grossesse dite gériatrique, puisque les risques de malformation à la naissance sont plus élevés. (Pas systématiquement)
- Si les tests sanguins et l’échographie du premier trimestre indiquent une éventuelle anomalie chromosomique.
- Si les parents présentent une anomalie chromosomique.
- Si le bébé présente des anomalies lors de l’échographie du 2ème trimestre.
Les anomalies génétiques ou chromosomiques peuvent entraîner un handicap sévère pour le futur bébé. L’amniocentèse permet donc de confirmer un potentiel diagnostic afin d’orienter les parents et de leur donner les clefs pour décider des suites de la grossesse.
Déroulement de l'Amniocentèse
Il est réalisé sans anesthésie, après désinfection de la peau et mise en place d’un drap stérile. Il dure moins de 3 minutes. L’amniocentèse se déroule en plusieurs temps :
- En premier lieu, la patiente est placée en position couchée ou semi-assise sur la table d’examen. Le médecin vient nettoyer la région abdominale.
- Ensuite, à l’aide d’une échographie, le médecin vient repérer la position du fœtus et de la poche du liquide pour trouver l’endroit approprié pour insérer l’aiguille.
- Le médecin va ensuite perforer légèrement la paroi abdominale pour atteindre l’utérus, puis le liquide amniotique, avec une très fine aiguille. L’opération est généralement peu douloureuse, mais elle peut être désagréable. Environ 20 ml doivent être prélevés.
- Une fois l’amniocentèse terminée, la patiente est surveillée pour prévenir d’éventuelles complications comme des saignements ou des contractions.
- Enfin, le liquide amniotique est analysé en laboratoire pour détecter d’éventuelles anomalies génétiques ou chromosomiques.
La durée de la procédure d'amniocentèse est généralement d'environ 20 à 30 minutes, mais cela peut varier en fonction de divers facteurs tels que la compétence du praticien et la complexité de la procédure. La plupart des amniocentèses sont réalisées dans des hôpitaux ou des cliniques spécialisées en obstétrique.
Le Jour de l'amniocentèse
Il n'est pas nécessaire d'être à jeun pour le prélèvement. Il est important que vous apportiez votre carte de groupe sanguin. Vous pourrez rentrer chez vous rapidement après la ponction de liquide amniotique. Il est souhaitable de rester au repos le jour même de l'examen, mais il n'est pas nécessaire de rester alitée. Un repos de 24 heure supplémentaire peut être proposé en cas d'activité professionnelle physique.
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Dans les heures ou jours qui suivent le prélèvement, il est nécessaire de consulter d'urgence en cas de pertes de sang ou de liquide, d'apparition d'une fièvre, de douleurs ou de contractions utérines persistantes malgré la prise d'antispasmodiques. Les résultats du caryotype seront communiqués par le laboratoire à votre médecin (en 1 à 3 semaines environ), qui vous les communiquera directement.
Risques et Précautions liés à l'Amniocentèse
La réalisation de l'amniocentèse, même conduite dans des conditions de compétence et de sécurité maximales, comporte un risque de fausse couche ou accouchement prématuré autour de 0,5 % (soit 1 amniocentèse sur 200). Ce risque de fausse couche ou accouchement prématuré est maximum dans les 8 à 10 jours suivant l'amniocentèse.
Les arrêts de grossesse après amniocentèse surviennent dans 3 circonstances principales :
- La perte de liquide amniotique après amniocentèse : Elle survient le plus souvent dans les 48 heures suivant l'amniocentèse, parfois immédiatement après. Son bon pronostic est lié à la réapparition rapide d'une quantité de liquide amniotique normale autour du foetus et à l'absence de nouvel épisode de perte de liquide amniotique. Dans le cas contraire avant 22 semaines d'aménorrhées, les risques d'interruption spontanée de la grossesse, d'infection materno-foetale et d'hypoplasie pulmonaire sont importants et peuvent conduire à l'acceptation d'une demande d'interruption médicale de grossesse. (IMG).
- L'infection ovulaire : Elle est de fait très rare si les conditions d'aseptie ont été respectées et qu'aucune anse digestive maternelle n' a été traversée lors du prélèvement. Dans tous les cas, l'apparition d'une fièvre, contractions utérines et pertes sales après une amniocentèse doit faire évoquer et parfois provoquer l'expulsion foetale en urgence pour éviter de mettre en danger de façon sérieuse la santé de la maman (septicémie, état de choc).
- L'arrêt de grossesse sans signe associé : Rares mais envisageables, ces arrêts de grossesses sont le plus souvent sans cause réelle retrouvée.
Bien que ce prélèvement soit peu risqué pour la santé de la patiente et du fœtus, il existe quelques risques post-opératoires :
- Le risque principal est une rupture prématurée de la poche des eaux, pouvant se compliquer d’une fausse couche (jusqu’à 24 SA), ou d’un accouchement prématuré (après 24-25 SA). Cette complication rare (risque théorique inférieur à 0.5%) peut survenir dans les deux semaines qui suivent le prélèvement.
- Le risque de fausse couche : c’est le risque le plus sérieux de l’amniocentèse, mais il est relativement faible. On estime le risque de fausse couche provoqué par l’amniocentèse entre 0,5 et 1 %.
- Risque d’infection : Après toute opération médicale, il existe un risque d’infection.
- Saignements par voie vaginale : ils sont extrêmement rares.
- Contractions utérines, douleurs abdominales, fuites de liquide amniotique.
Interprétation des Résultats de l'Amniocentèse
Les résultats complets de l'amniocentèse peuvent prendre généralement de 2 à 3 semaines à être disponibles, ce qui peut être très long à supporter pour les futurs parents. Il est donc naturel de ressentir de l’anxiété et du stress durant cette période. Cependant, pour la recherche d’anomalies chromosomiques, les données sur la trisomie 21, 18 et 13 sont généralement disponibles en 3 jours.
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Résultats normaux
Si les résultats montrent des chromosomes normaux, cela signifie que le fœtus ne présente pas de trisomie 21 (syndrome de Down), de trisomie 18 (syndrome d'Edwards), de trisomie 13 (syndrome de Patau), ni d'autres anomalies chromosomiques détectables par l'amniocentèse.
Résultats anormaux
Si le caryotype présente des anomalies, les résultats peuvent détecter :
- Trisomie 21 (syndrome de Down) : Présence d'une copie supplémentaire du chromosome 21.
- Trisomie 18 (syndrome d'Edwards) : Présence d'une copie supplémentaire du chromosome 18.
- Trisomie 13 (syndrome de Patau) : Présence d'une copie supplémentaire du chromosome 13.
D'autres anomalies chromosomiques ou génétiques peuvent également être détectées, selon ce que le médecin cherche spécifiquement.
Résultats inconclusifs
Dans certains cas, les résultats peuvent être incertains, ce qui signifie que le laboratoire n'a pas pu conclure avec certitude si le fœtus présente une anomalie chromosomique. Dans ce cas, des tests supplémentaires peuvent être nécessaires.
Options Suite aux Résultats Anormaux
En cas de résultats anormaux, l’incompréhension, la colère et la tristesse peut saisir les futurs parents. Il est important de s’entourer pour comprendre et mieux vivre la situation. En premier lieu, vous pouvez parler à un conseiller en génétique ou à un médecin pour aider à comprendre les résultats, et pour obtenir un soutien émotionnel. De même, un médecin pourra vous aiguiller sur les procédures à suivre et les options de suivi. Il est également important de pouvoir parler à des professionnels de la santé mentale. L’hôpital ou la clinique pourra d’ailleurs vous conseiller un psychologue ou un psychiatre. Il est essentiel de pouvoir obtenir un soutien émotionnel auprès de vos proches, ou auprès de parents qui ont subi la même chose.
Ressources disponibles pour les parents
Il existe des ressources pour les parents et futurs parents qui font face à des anomalies génétiques ou chromosomiques de leur bébé :
- L’association française pour la Recherche sur la Trisomie 21, l’AFRT.
- L’Union Nationale des Associations de parents et d’amis de personnes handicapés mentales, l’UNAPEI.
- Trisomie 21 France.
Alternatives à l'Amniocentèse
Il existe d’autres alternatives, moins invasives, pour réaliser le dépistage prénatal d’éventuelles anomalies.
Le dépistage prénatal non invasif (DPNI)
Le DPNI est une méthode de dépistage qui analyse l'ADN fœtal circulant dans le sang maternel. Il consiste donc en une prise de sang.
- Avantages:
- Non invasif : pas de risque de fausse couche ou de complications pour le fœtus.
- Pas de risque d'infection.
- Peut-être réalisé dès la 10ᵉ semaine de grossesse.
- Inconvénients:
- Moins précis que l'amniocentèse pour certaines anomalies génétiques.
- Coût plus élevé que les tests de dépistage classiques.
- Précision:
- Très précis pour détecter les trisomies 21, 18 et 13.
- Moins précis pour d'autres anomalies génétiques moins courantes.
Depuis mai 2017, un dépistage prénatal non invasif (DPNI) est disponible pour dépister la trisomie 21. Il permet d’éviter beaucoup d’amniocentèses et donc de réduire les risques de fausse-couche. Le DPNI est un prélèvement sanguin chez la femme enceinte permettant l’analyse de l’ADN fœtal qui circule dans le sang de la mère. L’analyse de cet ADN permet d’évaluer le risque de trisomie 21.
Échographie de Haute Résolution
L'échographie de haute résolution peut détecter certaines anomalies structurales chez le fœtus.
- Avantages:
- Non invasif et sans risque pour le fœtus.
- Peut être réalisé à différents stades de la grossesse.
- Inconvénients:
- Moins précis pour détecter les anomalies chromosomiques que l'amniocentèse ou le DPNI.
- Certaines anomalies ne sont pas visibles à l'échographie.
- Précision:
- Bonne précision pour détecter certaines anomalies structurelles majeures seulement.
Facteurs de Décision
Plusieurs paramètres entrent en compte dans le choix de ces différents types de diagnostic :
- Risque personnel : le risque individuel d’anomalies peut influencer le choix des tests. Cela peut comprendre les antécédents familiaux ou personnels.
- L’âge de la mère : après 35 ans, le risque de complication chromosomique est plus élevé. L’amniocentèse est donc recommandée.
- Préférences personnelles : vous pouvez faire part de vos préférences personnelles au médecin.
Importance du conseil génétique
Il est important de consulter un conseiller génétique afin de comprendre les risques, les avantages et les inconvénients de chaque option de dépistage pour réaliser une décision éclairée.
Considérations Éthiques et Émotionnelles
Les résultats de l’amniocentèse peuvent provoquer beaucoup d’émotions négatives pour les parents. Que ce soit du stress, de l’anxiété, ou un état dépressif, les parents sont dans un état émotionnel vulnérable. Il est donc conseiller de consulter un psychologue pour surmonter cette épreuve. On peut également mettre en place des stratégies de gestion du stress en introduisant des séances de sport, de méditation ou encore de sophrologie. Il est également important de bien s’entourer. Vous pouvez demander de l’aide auprès d’associations, entrer dans des groupes de paroles ou des groupes de soutien.
Le diagnostic prénatal peut poser des dilemmes éthiques. En effet, les futurs parents doivent prendre des décisions éclairées, à savoir garder, ou non, leur futur enfant. Les handicaps provoqués par certaines anomalies génétiques ou chromosomiques peuvent être très invalidants pour le futur bébé. Ils peuvent donc mener au choix d’IMG, c’est-à-dire l’interruption médicale de grossesse. Comme son nom l’inique, il s’agit d’une interruption de grossesse pratiquée pour des raisons médicales concernant le fœtus. Les parents peuvent également choisir de garder leur enfant qui sera donc handicapé. Faire ce choix décisif pour les parents et pour le fœtus est extrêmement important pour la suite. Il est donc indispensable d’être conseillé par un généticien et de prendre le temps de faire mûrir la décision afin de ne pas éprouver de remord ou de regret.
Liquide Amniotique dans les Poumons du Nouveau-Né : Est-ce Grave ?
Dans notre ventre, notre futur bébé grandit entouré de liquide amniotique, essentiel à son développement. Mais ce liquide biologique peut-il se retrouver dans son organisme et dans ses poumons ? Et quels en seraient les risques ?
Le liquide amniotique : un environnement vital
Le liquide amniotique est un liquide biologique stérile, clair et aqueux dans lequel baigne l’embryon, puis le fœtus, tout au long de la grossesse. « Le liquide amniotique est fabriqué dans les premiers temps par les membranes du sac amniotique. À partir du deuxième trimestre, c’est le fœtus lui-même qui le produit, lorsque les reins deviennent fonctionnels.
Ingestion et inhalation de liquide amniotique par le fœtus : un processus normal
Quand le bébé ouvre la bouche, le liquide amniotique peut alors entrer et s’infiltrer dans les poumons… et être résorbé progressivement. Là encore, rien d’anormal. Le fœtus reçoit bien tous les nutriments nécessaires via le cordon ombilical. Mais s’il avale du liquide amniotique, c’est aussi qu’il s’entraîne à déglutir et… à respirer ! Le fait d’avaler simplement du liquide amniotique ne pose donc aucun problème au fœtus.
Le syndrome d’inhalation méconiale : une complication potentielle
« Le syndrome d’inhalation méconiale se produit quand un fœtus, qui est proche du terme, ou à terme, voire même post-terme (c’est le cas le plus fréquent), défèque dans le ventre de sa maman et qu’il inhale ses selles. » Ce liquide, qu’on appelle méconium, constitue en réalité les premières selles du bébé, toutes collantes et noires (ce sont les mêmes que l’on retrouve quand on change son nouveau-né les deux premiers jours après sa naissance). Or, juste avant l’accouchement ou au cours du travail, en fonction de la quantité de liquide inhalé, le méconium peut empêcher les voies respiratoires de l’enfant de fonctionner correctement, voire les entraver.
À la naissance, ce sont des bébés qui sont très gênés ou qui ne s’adaptent pas (alors que la majorité s’adapte bien, rappelons-le). Ils peuvent présenter une détresse respiratoire et doivent parfois être intubés pour dégager les voies respiratoires. Si celui-ci est teinté, cela peut être le signe que l’enfant est en train de faire caca. Si le liquide est « purée de pois », opaque et vert, en revanche, l’équipe sait qu’elle doit préparer l’endoscope, et de quoi intuber le bébé. « On part, a priori, sur une détresse respiratoire néonatale. Face au syndrome d’inhalation méconiale, les recommandations ont changé. « Avant, ces bébés étaient aspirés directement à la vulve de la maman. Si le nouveau-né a une ventilation spontanée efficace, une auscultation pulmonaire normale, un bon tonus musculaire et une fréquence cardiaque supérieure à 100/min, il est préconisé de le laisser auprès de sa mère. Si le nouveau-né présente une hypotonie et des efforts respiratoires inefficaces, l’équipe médicale procède tout d’abord à l’examen dit de “phase A” (position de la tête neutre, liberté des voies aériennes supérieures) similaire à celui opéré chez le nouveau-né naissant dans un liquide clair.
Un bébé qui naît avec un syndrome d’inhalation méconiale peut s’en sortir : « Cela va dépendre de la quantité de méconium inhalée.
Manque ou excès de liquide amniotique : des risques pour le nouveau-né
Ainsi, si la poche des eaux est rompue prématurément, une partie de ce liquide n’existe plus et manque au bébé. Le liquide amniotique n’est pas reconstitué, c’est ce qu’on appelle un oligoamnios, où un manque de liquide amniotique est observé. Lorsqu’une femme enceinte perd du liquide amniotique, elle se rend généralement compte elle-même de cette « fuite ». Un seul mot d’ordre dans ce cas-là : se rendre aux urgences de la maternité la plus proche. « La future maman sera alors soumise à un test, appelé prom-test. Si le test est positif, la future mère est hospitalisée et un protocole est mis en place : la mère reçoit des antibiotiques pour diminuer le risque infectieux, et parfois même, un médicament pour stopper les contractions si elles sont présentes, selon le terme de la grossesse, et retarder l’accouchement. « Enfin, la mère reçoit deux injections de corticoïdes en intramusculaire à 24 heures d’intervalle, qui permettent de rendre plus matures les poumons du bébé. La prise en charge du nourrisson ayant été affecté par un manque de liquide amniotique dépend de sa prématurité. « Quand une mère rompt très précocement sa poche, on sait que potentiellement, la prise en charge sur le plan respiratoire peut être compliquée. Quoi qu’il en soit, les équipes médicales néonatales prennent en charge les petits patients prématurés dès que cela est possible. Dans notre service, on les prend en charge à partir de 24 semaines d’aménorrhée, soit 22 semaines de grossesse, et 500 g en poids, même s’il nous arrive d’avoir des bébés encore plus petits, de 450 g, si le terme est plus important », précise le Dr Kubat.
Un excès de liquide amniotique peut aussi se produire lors d’une grossesse. Cette accumulation, appelée polyhydramnios ou hydramnios, se rencontre dans certains cas précis : une anomalie congénitale ou une anémie chez le fœtus. Toutefois, quand la quantité de liquide amniotique est trop importante, les médecins retirent rarement le liquide en excès.
Il arrive que durant l’accouchement, le bébé puisse avaler ou inhaler le liquide amniotique. Ce que les mères doivent savoir, est que le fœtus baigne dans ce liquide qu’il ingère très souvent dans la bouche et les narines sans aucun danger quelconque étant donné que dans le ventre, il n’y a que son cœur qui bat. Ses poumons aplatis ne fonctionnent pas encore. C’est à la naissance que ce même liquide peut, selon notre pédiatre, devenir dangereux pour le nouveau-né qui dès qu’il émet son premier cri, ses poumons s’ouvrent automatiquement et le reste du liquide dans sa bouche ou dans ses narines peut passer dans ses poumons et dans son estomac. Si le cas n’est pas sévère, explique Dr Cécile, l’usage d’une poire suffit pour évacuer ce liquide. Mais lorsque le cas est sévère, on utilise la sonde d’inhalation pour chasser le liquide amniotique du poumon.
A la naissance, lorsque l’enfant entre en souffrance, les bactéries ou les virus se trouvant dans le canal génital de la mère peuvent s’infiltrer dans ses poumons et dans son sang. Le bébé peut tomber malade durant la naissance ou pendant les journées qui suivent la naissance.
Amnio-infusion et syndrome d'inhalation méconiale
L'amnio-infusion ne permet pas de réduire le risque de syndrome d'inhalation méconiale (SAM), montre un large essai randomisé international mené sur des femmes en travail qui présentaient un liquide amniotique épais, opaque et teinté de méconium. Les résultats sont présentés dans la dernière édition du New England Journal of Medicine.
Cette étude signée Fraser et collaborateurs a impliqué 56 centres dans 13 pays dont le Canada et la France. Au total, 1998 parturientes en travail qui présentaient ces symptômes sont entrées dans l'étude et ont été traitées par amnio-infusion ou ont reçu les soins habituels. Les résultats montrent que les risques de décès périnatal et/ou de syndrome d'inhalation méconiale n'étaient pas différents dans les deux groupes de traitements (risque relatif = 1,26; IC95%= 0,82-1,95). Il en était de même pour le risque de césarienne.
Biopsie de Trophoblaste (Choriocentèse)
En cas de nécessité de diagnostic précoce, il existe un examen visant les mêmes objectifs et permettant un diagnostic plus précoce que l’amniocentèse. L'examen consiste à prélever un très petit fragment du placenta (villosités). Il est réalisé entre 11 et 14 semaines d’aménorrhée, en cas de risque d’anomalie chez l’enfant (ex. Le prélèvement est réalisé à l’aide d’une aiguille très fine reliée à une seringue. Cette aiguille est introduite à travers la paroi abdominale maternelle, entièrement sous contrôle échographique, pour atteindre le placenta.
C’est un micro prélèvement de placenta à l’aiguille fine, à travers la paroi abdominale maternelle, réalisable de 11 SA et 14 SA. Cette ponction est guidée par échographie, ce qui permet de choisir l’endroit le plus favorable au prélèvement. Le geste est réalisé après désinfection de la peau et mise en place d’un drap stérile, et sous anesthésie locale. Le risque principal est celui d’une fausse couche, pouvant survenir dans les deux semaines qui suivent le prélèvement. Il peut arriver, par ailleurs, qu’on ne puisse pas faire le prélèvement du fait de difficultés techniques (notamment position du placenta). Il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Après le prélèvement, nous vous proposons classiquement de rester au repos pendant 2 heures dans l’établissement. Si nécessaire, des antalgiques pourront vous être dispensés. Il est préférable de se reposer le jour du prélèvement. Un arrêt de travail vous sera fait si nécessaire. Les premiers résultats « rapides » (FISH) sur les chromosomes 13, 18, 21 et les chromosomes sexuels, sont généralement disponibles en 48 à 72 heures (parfois un peu plus en cas de difficultés techniques du laboratoire). Ces examens sont fiables à plus de 99%. Il peut arriver, dans de rares cas, qu’on ne puisse pas obtenir de résultat, par difficulté technique liée au laboratoire ou en raison d’une trop faible quantité de cellules disponibles.
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