L'allaitement maternel est une période spéciale et importante pour la mère et l'enfant. Cependant, la question de la contraception se pose rapidement après l'accouchement. L'allaitement protège-t-il naturellement contre une nouvelle grossesse ? Quelles sont les options contraceptives compatibles avec l'allaitement ? Cet article vous apporte des réponses claires et complètes pour vous aider à faire des choix éclairés.

Allaitement et contraception : démêler le vrai du faux

Allaitement et aménorrhée : la méthode MAMA

L'allaitement maternel peut retarder le retour de couches et bloquer l'ovulation, c'est le principe de la "méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée" (MAMA). Toutefois, cette méthode n'est fiable que sous certaines conditions très strictes :

  • Absence de retour de couches.
  • Allaitement exclusif : pas de compléments au biberon.
  • Allaitement à la demande, minimum 6 tétées par jour, y compris la nuit.
  • Intervalles maximum de 4 heures entre les tétées le jour et de 6 heures la nuit.
  • Bébé non diversifié.

Si toutes ces conditions sont réunies, la MAMA est efficace à 98 %, voire 99 % si les tétées sont très fréquentes. Cependant, cette méthode reste aléatoire car il est impossible de prévoir la date de l'ovulation.

La pilule contraceptive et l'allaitement : compatibilité et précautions

Les contraceptifs hormonaux, comme la pilule ou les implants, libèrent des hormones qui peuvent passer en petite quantité dans le lait maternel. Le principal risque est une diminution de la lactation. Votre sage-femme pourra vous prescrire une pilule micro-dosée spécifique, compatible avec l'allaitement. Les pilules avec progestatifs microdosées (ou pilule microprogestative) sont compatibles avec l'allaitement, à commencer 21 jours après le post-partum et à prendre sans interruption entre deux plaquettes. Les œstroprogestatifs contraceptifs sont plutôt déconseillés en cas d'allaitement, car elles inhibent la lactation.

Stérilet et post-partum : pas besoin d'attendre le retour de couches

Après un accouchement par voie basse, la pose d'un stérilet est possible dès 4 semaines après l'accouchement. Vous pouvez donc profiter de votre visite post-natale (6 à 8 semaines après l'accouchement) pour en discuter avec votre professionnel de santé. Vous avez le choix entre un DIU au cuivre (sans hormones) et un stérilet hormonal. Il existe désormais 2 stérilets hormonaux avec des doses différentes. Pour les femmes allaitantes, l'avantage de l'implant est qu’il sera en place et efficace quel que soit le moment où le bébé sera sevré. Tout comme l’implant, l’un des avantages du DIU pour les femmes allaitantes est qu’il sera en place et efficace quel que soit le moment où le bébé sera sevré.

Lire aussi: Tout savoir sur la pilule du lendemain

Préservatifs : une option sûre et sans risque

Le préservatif (masculin ou féminin) est une méthode de contraception barrière totalement compatible avec l'allaitement.

La pilule du lendemain : une solution d'urgence compatible avec l'allaitement ?

En cas de rapport sexuel à risque, la prise d'une contraception d'urgence, communément appelée "pilule du lendemain", peut être envisagée pendant l'allaitement. Cependant, il est essentiel de connaître les différents types de pilules du lendemain et leurs implications pour l'allaitement.

Comment fonctionne la pilule du lendemain ?

La contraception d’urgence hormonale, ou pilule du lendemain, est un simple comprimé à avaler, qui permet d’éviter une grossesse non désirée en retardant, ou en bloquant l’ovulation. La pilule du lendemain n’est pas un abortif, elle n'interrompt pas la grossesse. En effet, à partir du moment où il y a une implantation de l'œuf embryonnaire dans l’utérus, la pilule du lendemain n’agit plus.

Les différents types de pilules du lendemain

Il existe deux principaux types de pilules du lendemain :

  • Pilules à base de lévonorgestrel (Norlevo, Lévonorgestrel Biogaran) : Elles doivent être prises dans les 72 heures (3 jours) suivant le rapport sexuel à risque, idéalement dans les 12 heures pour une efficacité maximale.
  • Pilules à base d'ulipristal acétate (EllaOne) : Elles peuvent être prises jusqu'à 120 heures (5 jours) après le rapport sexuel.

La pilule Norvelo bloque l’évolution du follicule ovarien (la petite poche dans laquelle se trouve l’ovule), retardant ainsi l’ovulation. Toutefois ce fonctionnement est efficace si le follicule ne dépasse pas 14mm.

Lire aussi: Pilule et ovulation : le guide

Pilule du lendemain et allaitement : les recommandations

  • Pilules à base de lévonorgestrel : Vous pouvez allaiter AVANT la prise du comprimé. Il est conseillé d’éviter l’allaitement pendant les 8 heures après la prise du comprimé.
  • Pilules à base d'ulipristal acétate : L’allaitement n’est pas recommandé pendant une semaine après la prise. L’ulipristal acétate passe dans le lait maternel et un risque pour le bébé est possible.

Efficacité et accessibilité de la pilule du lendemain

L'efficacité de la pilule du lendemain au lévonorgestrel est dégressive : de 58% à 95%. Plus vous la prenez tôt plus elle sera efficace. 95% d'efficacité dans les 12h suivant le rapport sexuel non protégé et 58% seulement si vous la prenez jusqu'à 72h de délai après le rapport sexuel. L'efficacité de la pilule du surlendemain à l'ulipristal est également dégressive : de 73% à 85%. Elle varie entre 73% et 85% sur les 5 jours après le rapport.

La pilule du lendemain a l’avantage d’être facile à prendre (un seul comprimé) et facile d’accès, car elle est en vente libre en pharmacie. Vous pouvez obtenir la pilule du lendemain en pharmacie, sans ordonnance. Mais cela est aussi valable dans une infirmerie scolaire de lycée ou collège, sans accord parental et anonymement.

La pilule du lendemain (Norlevo et Lévonorgestrel Biogaran) coûte entre 3€ et 10 € en fonction des marques. La pilule du surlendemain à l'ulipristal (EllaOne) coûte 25€. Elle est gratuite pour les mineures. Si vous êtes majeure, elle est remboursée à 65% par la Sécurité Sociale depuis 2010 sur présentation d'une ordonnance, comme la pilule du lendemain. Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d'urgence hormonale est gratuite (prise en charge à 100 % sans avance de frais) pour toutes les femmes en âge de procréer, quel que soit le médicament demandé (lévonorgestrel ou ulipristal).

Précautions et alternatives

Il est déconseillé de prendre la pilule du lendemain de manière trop fréquente. Selon le Dr Joigneau Prieto, gynécologue et obstétricienne, l'intervalle conseillé entre 2 prises de la pilule du lendemain dans le même cycle soit au minimum de 5 / 7 jours. Deuxièmement, si vous avez pris la Norlevo par exemple, il faudra reprendre la même pilule. Idem pour EllaOne.

Attention, elle peut réduire l'action de votre pilule contraceptive oestroprogestative puisqu'elle agit sur les récepteurs de la progestérone. Protégez-vous avec un préservatif si vous la prenez et ce, jusqu'à vos prochaines règles.

Lire aussi: Pilule d'urgence et interruption de grossesse : Mythes et réalités

La contraception hormonale d’urgence ne peut être utilisée souvent, car elle perturbe le cycle féminin. Destinée à un usage exceptionnel, elle ne constitue pas une méthode de contraception régulière.

En effet, ce mode de contraception longue durée peut aussi être utilisé comme contraceptif d’urgence. C’est d’ailleurs une méthode très fiable, plus efficace que la pilule du lendemain ou du surlendemain. Toutefois, le DIU au cuivre doit être posé par un professionnel de la santé, ce qui le rend plus difficile à mettre en œuvre pour une utilisation en urgence. Il doit en effet être posé dans un délai de 5 jours après un rapport non ou mal protégé.

Reprendre une contraception après l'accouchement : les options

Devez-vous prévoir un moyen de contraception avant votre « retour de couches » ? Oui ! Le « retour de couches », c’est la réapparition des règles après l’accouchement. Il survient en général six à huit semaines après la naissance du bébé. L’ovulation qui le précède et qui permet une nouvelle grossesse ne peut pas être précisément déterminée, mais peut arriver dès le 21e jour après l’accouchement. C’est la raison pour laquelle il est recommandé d’avoir recours à une méthode de contraception fiable avant la reprise des rapports sexuels, et même avant le « retour de couches ».

Avant la reprise d’un contraceptif après votre accouchement, adressez-vous à votre professionnel de santé qui vous aidera à trouver la méthode contraceptive la mieux adaptée pour vous.

Voici les différentes méthodes contraceptives qui peuvent être utilisées, que vous allaitiez ou non :

  • Le préservatif interne (« féminin ») et le préservatif externe (« masculin »).
  • La pilule microprogestative, à partir de trois semaines après l’accouchement et en accord avec votre professionnel de santé.
  • La pose d’un implant, dès trois semaines après l’accouchement et en accord avec votre professionnel de santé.
  • La pose d’un dispositif intra-utérin (DIU). Vous pouvez le choisir au cuivre ou hormonal, et il peut être posé quatre semaines après un accouchement (sauf si vous avez accouché par césarienne, le délai sera alors plus long). La pose peut avoir lieu à l’occasion de la visite postnatale, qui a lieu entre six et huit semaines après l’accouchement.

tags: #pilule #du #lendemain #et #allaitement #risques

Articles populaires: