La capacité de concevoir est limitée à quelques jours pendant chaque cycle menstruel, une période appelée "fenêtre de fertilité". Cette fenêtre comprend les jours précédant et incluant le jour de l'ovulation, moment où un ovule est libéré par l'ovaire. Cependant, il arrive que, lors de certains cycles, l'ovule ne soit pas libéré, un phénomène appelé anovulation. L'anovulation est fréquente chez les jeunes filles qui viennent d'avoir leurs premières règles et chez les femmes proches de la ménopause. Cet article explore les causes de l'anovulation, les symptômes associés et les solutions possibles.

Qu'est-ce que l'anovulation ?

L'ovulation est le processus par lequel l'un des ovaires libère un ovule. La période la plus fertile se situe dans les jours précédant et incluant le jour de l'ovulation. L'anovulation se produit lorsque les ovaires ne libèrent pas d'ovule pendant un cycle menstruel. Il est possible d'avoir un cycle anovulatoire sans le savoir, car les règles peuvent survenir comme d'habitude. L'anovulation peut passer inaperçue, à moins que les règles ne s'arrêtent complètement. L'utilisation de tests d'ovulation peut révéler l'absence de pic de LH (hormone lutéinisante), indiquant ainsi l'absence d'ovulation.

L'anovulation est plus fréquente chez les jeunes filles qui ont récemment commencé à avoir leurs règles et chez les femmes proches de la ménopause. Il est important de noter qu'il est possible d'avoir des cycles anovulatoires même en étant fertile.

Causes potentielles de l'anovulation

De nombreuses raisons peuvent expliquer l'anovulation. Voici quelques causes potentielles :

  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Il s'agit d'une condition caractérisée par un déséquilibre hormonal qui entraîne la formation de petits kystes ou de follicules ovariens sous-développés dans les ovaires. Le SOPK peut également provoquer des règles irrégulières, une pilosité excessive, une peau grasse, une prise de poids, une dépression et l'infertilité. Certaines femmes peuvent être atteintes du SOPK sans présenter tous ces symptômes et ne le découvrent que lorsqu'elles essaient de concevoir. Les tests d'ovulation ou les moniteurs de fertilité peuvent donner des résultats erronés chez les femmes atteintes du SOPK en raison de taux élevés de LH tout au long du cycle.

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  • Poids insuffisant ou excès de poids : Un poids insuffisant ou un excès de poids peut perturber l'ovulation.

  • Exercice physique excessif : Une pratique intense et prolongée d'une activité physique, comme la course de fond, peut entraîner l'arrêt de l'ovulation.

  • Stress et anxiété : Le stress et l'anxiété peuvent perturber l'équilibre hormonal et inhiber l'ovulation. Lorsque le stress est trop important, la sécrétion de cortisol augmente et prend le dessus sur les autres hormones.

  • Traitements médicamenteux : Certains médicaments, y compris les contraceptifs hormonaux, peuvent affecter l'ovulation.

  • Troubles hormonaux : Des troubles hormonaux, tels que l'hyperprolactinémie (taux élevé de prolactine), peuvent perturber l'ovulation. Des problèmes de thyroïde (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie) peuvent également affecter la régularité du cycle.

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  • Insuffisance ovarienne prématurée : Le vieillissement des ovaires (période habituelle de pré-ménopause ou ménopause précoce) peut entraîner une anovulation.

  • Troubles des centres nerveux : Des troubles des centres nerveux qui contrôlent le cycle ovarien, y compris un choc psychologique, peuvent être à l'origine de l'anovulation.

  • Kystes ovariens : Les kystes de l'ovaire, en particulier les kystes dérivés de l'endométriose, peuvent perturber l'ovulation.

Symptômes de l'anovulation

L'anovulation elle-même ne cause pas de symptômes spécifiques. De nombreuses femmes peuvent avoir un cycle anovulatoire sans même s'en rendre compte. Cependant, certains signes peuvent indiquer un problème d'ovulation :

  • Absence de pic de LH : Un test d'ovulation détecte le pic de l'hormone lutéinisante (LH), qui se produit 12 à 24 heures avant l'ovulation. L'absence de ce pic peut indiquer une anovulation.

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  • Règles irrégulières : Un cycle menstruel régulier survient généralement tous les 24 à 32 jours. L'absence de règles (aménorrhée), ou des cycles très longs (plus de 40 jours) ou très courts (moins de 20 jours), peuvent signaler une anovulation.

  • Absence de modification de la température corporelle basale : La température du corps au repos augmente légèrement après l'ovulation. L'absence de cette augmentation peut indiquer l'absence d'ovulation.

  • Absence de modifications des pertes vaginales : Juste avant l'ovulation, les pertes vaginales deviennent plus transparentes, plus liquides et plus élastiques. Après l'ovulation, la glaire cervicale devient plus épaisse, plus trouble et moins abondante. L'absence de ces modifications peut suggérer une anovulation.

  • Saignements intermenstruels : Il arrive que le corps essaie d'ovuler, en vain, et que l’organisme finisse par évacuer l’endomètre qui s’est formé durant le cycle, même si ce dernier était anovulatoire. Mais on parle alors plutôt de saignements intermenstruels que de réelles règles.

  • Cycle menstruel absent ou irrégulier : Le symptôme principal de l'anovulation est un cycle menstruel absent ou irrégulier. Il est également possible d’expérimenter un saignement utérin abondant, souvent confondu avec un spotting ovulatoire normal.

  • Absence de symptômes typiques de la phase ovulatoire : Gonflement abdominal, changements d’humeur, forte tension mammaire.

Diagnostic de l'anovulation

Le diagnostic des troubles de l'ovulation est basé sur un interrogatoire et un examen clinique. Le médecin peut demander à la patiente de noter sur un calendrier menstruel le jour du début du flux. Des analyses de sang peuvent être effectuées pour surveiller les hormones pendant tous les moments du cycle et comprendre les niveaux de progestérone et son augmentation après l’ovulation. Une échographie des ovaires peut être réalisée pour regarder le nombre et la taille des follicules.

Traitements de l'anovulation

Le traitement de l'anovulation dépend de la cause sous-jacente. Si une cause spécifique est identifiée, elle doit être traitée en premier lieu. Voici quelques traitements possibles :

  • Changement de style de vie : Dans de nombreux cas, l'anovulation peut être corrigée en adoptant de nouvelles habitudes de vie, en accordant une attention particulière à l'alimentation et en réduisant le stress.

  • Traitements médicamenteux : Des médicaments peuvent être prescrits pour induire l'ovulation. Les traitements peuvent être identiques à ceux de la PMA (procréation médicalement assistée), soient des inducteurs de l'ovulation. Le citrate de clomifène par comprimé ou de gonadotrophines (injections de FSH, de LH ou de GnRH) peuvent être utilisés. Une nouvelle approche consiste en la prise de létrozole, médicament qui diminue le taux d’œstrogènes en inhibant une enzyme (l’aromatase) impliquée dans la synthèse d’œstrogènes, ce qui augmente la sécrétion de FSH, stimulant ainsi le développement des follicules ovariens.

  • Pompe à GnRH : En cas d’anorexie mentale, on préférera aux inducteurs de l’ovulation la pose d’une pompe à GnRH, par voie sous-cutanée, pour induire une ovulation.

  • Chirurgie : Si un kyste endométriosique est en cause, l’ablation du kyste peut aboutir à la reprise de l’ovulation.

  • Prise en charge des troubles sous-jacents : Si l'anovulation résulte d'une anorexie mentale, la prise en charge de ce trouble du comportement alimentaire pourra aider le corps à ovuler de nouveau régulièrement. Si un trouble de la thyroïde (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie) est identifié via les analyses de sang, un traitement de cette pathologie peut aider à régulariser le cycle.

  • Plantes médicinales : Alchémille, achillée millefeuille, gattilier sont des plantes connues et recommandées pour réguler les niveaux des hormones du cycle féminin, notamment la progestérone.

Anovulation et fertilité

Les troubles de l'ovulation, tels que l'anovulation chronique ou le fait d'ovuler peu fréquemment, touchent un couple sur quatre souffrant d'infertilité. L'anovulation est la principale cause d'infertilité chez les femmes. Cependant, il est important de noter que même si l’on souffre d’une absence d’ovulation, on peut tout de même procréer, même si cela peut bien sûr être plus compliqué.

Ovaires paresseux

Le terme « ovaires paresseux » n’est pas un terme standard en médecine. Un ovaire est dit paresseux ou fatigué lorsqu’il ne produit pas les ovules qu’il devrait produire. Les symptômes du syndrome des ovaires paresseux peuvent inclure l'irrégularité des cycles menstruels, des altérations de la glaire cervicale, un syndrome prémenstruel plus intense et plus long que d’habitude. Les causes des ovaires paresseux peuvent être variées, notamment le stress prolongé et chronique. Le traitement est lié à la cause, qu’il s’agisse d’une anovulation ou d’une ovulation de mauvaise qualité.

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