La péridurale est une procédure anesthésique couramment utilisée pour atténuer la douleur pendant l'accouchement ou lors d'interventions chirurgicales spécifiques. Bien que globalement bien tolérée, elle peut parfois entraîner des douleurs dorsales post-procédure. Cet article vise à fournir une explication claire des causes potentielles de cette douleur, sa durée typique, ainsi que des stratégies efficaces pour soulager ces symptômes et favoriser un rétablissement en douceur.
La Péridurale: Fonctionnement et Utilisation
La péridurale consiste en l'injection d'anesthésiques dans l'espace épidural de la colonne vertébrale, bloquant ainsi la transmission des signaux de douleur. Elle est aujourd'hui la plus répandue des techniques de réduction de la douleur pendant l'accouchement. L’analgésie péridurale consiste à injecter un anesthésique local (éventuellement associé à un dérivé de la morphine) directement au contact des membranes qui entourent la moelle épinière, dans la partie la plus basse de la colonne vertébrale. Cette injection se fait au moyen d’un tube de très petit diamètre, un cathéter, implanté entre deux vertèbres.
La péridurale permet d’accoucher sans douleur tout en conservant les sensations de la naissance de bébé. Le temps où les femmes devaient accoucher dans la souffrance est bien loin. Plus de la moitié des femmes y ont recours. La péridurale est une question de choix personnel. Encore faut-il que l’établissement choisi soit en mesure de l’effectuer chaque jour et à toute heure. Renseignez-vous avant l’admission.
Causes Possibles de la Douleur Post-Péridurale
La douleur ressentie après une péridurale peut être attribuée à plusieurs facteurs. L'un des plus courants est le traumatisme au site d'injection. L'utilisation de l'aiguille ou du cathéter peut provoquer une sensibilité ou une ecchymose locale, causant une douleur temporaire. Une autre cause possible est l'irradiation nerveuse. Dans certains cas, l'injection peut avoir un impact transitoire sur un nerf, entraînant une douleur qui peut irradier vers les jambes.
- Traumatisme au site d'injection: L'insertion de l'aiguille ou du cathéter peut causer une sensibilité locale ou des ecchymoses, entraînant une douleur temporaire.
- Irradiation nerveuse: L'injection peut temporairement affecter un nerf, causant une douleur irradiant vers les jambes.
Douleur Temporaire vs. Douleur Chronique
Il est crucial de distinguer entre la douleur temporaire et la douleur chronique. La douleur post-péridurale est souvent temporaire, durant généralement quelques jours. Cependant, certaines personnes peuvent s'inquiéter de la possibilité de douleurs chroniques. Les études médicales indiquent que la péridurale n'augmente pas le risque de douleurs dorsales chroniques.
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Autres Effets Secondaires Potentiels
Outre la douleur au site d'injection, d'autres effets secondaires peuvent survenir après une péridurale. Parmi les plus fréquents, on trouve les maux de tête post-ponction, qui touchent environ 1 à 2 % des patients. D'autres effets secondaires incluent une légère chute de tension artérielle, des démangeaisons, une faiblesse musculaire temporaire, des difficultés à uriner, ainsi que des symptômes de fièvre ou de frissons. Bien que rares, certaines complications graves peuvent survenir, telles que des infections ou des saignements au site d'injection.
Gestion de la Douleur Post-Péridurale
Après une péridurale, la gestion de la douleur peut être facilitée par quelques méthodes simples mais efficaces. L'application de compresses chaudes ou froides sur la zone affectée peut aider à réduire l'inflammation et à soulager la douleur locale. La reprise progressive de l'activité physique est également cruciale. Des mouvements doux et contrôlés, tels que la marche ou des exercices d'étirement, peuvent favoriser la circulation sanguine et accélérer le processus de guérison.
- Compresses chaudes ou froides: Appliquer sur la zone affectée pour réduire l'inflammation et soulager la douleur.
- Reprise progressive de l'activité physique: Mouvements doux et contrôlés, comme la marche et les étirements, pour favoriser la circulation sanguine et la guérison.
Prévention des Douleurs Dorsales
Pour prévenir les douleurs dorsales après une péridurale, l'ergonomie joue un rôle clé. Utiliser des aides ergonomiques, comme des coussins de soutien lombaire, peut améliorer le confort postural et réduire la tension sur le dos. En complément, des exercices doux et adaptés, comme le yoga ou le Pilates, peuvent renforcer le dos et améliorer la flexibilité. L'utilisation de coussins de soutien lombaire et l'adoption de bonnes pratiques posturales peuvent considérablement améliorer le confort et prévenir les douleurs dorsales.
Quand Consulter un Médecin?
Bien que la douleur après une péridurale soit généralement temporaire et disparaisse en quelques jours, certains signes nécessitent une attention médicale. Des signes tels qu'une fièvre persistante, une faiblesse sévère des jambes, ou des douleurs intenses peuvent indiquer une complication grave.
La Péridurale Déambulatoire: Une Alternative
Alternative à la péridurale classique, la péridurale déambulatoire permet de rester mobile pendant son accouchement. Mobilité, bain durant le travail, massages : les futures mamans aspirent aujourd’hui à un accouchement plus physiologique et recourent fréquemment à des méthodes non médicamenteuses pour soulager les douleurs de l’accouchement. Si la péridurale reste le « gold standard » dans la prise en charge de la douleur des contractions, l’ensemble des méthodes utilisées permet néanmoins d’obtenir une bonne satisfaction des femmes, puisque selon l’enquête nationale périnatale de 2021, menée notamment par Santé publique France, elles sont plus de 90 % à être « satisfaites », voire « très satisfaites » des techniques pour soulager la douleur.
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En salle de naissance, une fois la péridurale posée, en général, la femme ne peut plus se déplacer, car la force musculaire de ses jambes peut être diminuée et elle risque de tomber. Cette technique d’anesthésie repose sur le même principe qu’une péridurale classique, à la différence que, dans la péridurale déambulatoire, la concentration de produits anesthésiants est moins élevée. L’objectif est de bloquer la transmission des sensations douloureuses au niveau des nerfs provenant de l’utérus en injectant à proximité des racines nerveuses un produit anesthésique local associé à un dérivé de morphine, sans pour autant gêner la mobilité.
« On va installer un cathéter, c’est-à-dire un petit tuyau très fin dans l’espace péridural entre deux vertèbres afin de pouvoir ensuite injecter une combinaison d’analgésiques locaux et de morphiniques, rappelle la Pr Marie-Pierre Bonnet, médecin anesthésiste-réanimateur. Comme son nom l’indique, la péridurale déambulatoire permet de ne pas rester allongée sur son lit et de marcher. « Je compare souvent l’accouchement à un vol long-courrier, confie la spécialiste. Il ne faut pas avoir en tête qu’on va se lever et se déplacer pendant des heures. D’ailleurs, seules 14 % des patientes ayant eu une péridurale déambulatoire ont marché plus de deux heures. En revanche, comme pendant un voyage en avion, il est agréable de pouvoir se lever, de se dégourdir les jambes, de changer de position et de se rasseoir ou de se rallonger.
La péridurale déambulatoire reposant exactement sur le même principe qu’une péridurale classique, la douleur commence généralement à décroître cinq minutes après l’injection d’une première dose de solution combinant anesthésiques locaux et morphiniques. Tout comme la péridurale classique, l’effet de la péridurale déambulatoire dure aussi longtemps que le cathéter reste en place et qu’on injecte des produits anesthésiants. « On essaie de plus en plus d’instaurer un mode autocontrôlé afin que la patiente déclenche elle-même l’injection de bolus supplémentaires de produits analgésiques en fonction de son ressenti », précise la spécialiste.
Si la plupart des futures mamans souhaitent être soulagées des douleurs des contractions sans pour autant perdre leur mobilité, toutes n’auront malheureusement pas la possibilité de bénéficier de la péridurale déambulatoire. La péridurale déambulatoire n’est accessible que sous certaines conditions. De manière globale, la diminution des doses de produits dans l’analgésie péridurale a permis de réduire les effets secondaires du type faiblesse musculaire (bloc-moteur) ou hypotension artérielle.
« On pensait que la verticalisation et le fait que les parturientes puissent marcher auraient des répercussions positives sur le déroulement du travail, mais on constate qu’il n’y a quasiment aucun bénéfice démontré, confie la médecin anesthésiste. Les travaux scientifiques ne montrent pas de différence en matière de durée du travail, d’extraction instrumentale, de recours aux ocytociques et de naissance par césarienne. Si la péridurale déambulatoire est encore peu proposée aujourd’hui dans les maternités, c’est qu’elle nécessite la mise en place d’un protocole particulier et une certaine disponibilité des sages-femmes et de l’équipe anesthésiste.
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« Il faut s’assurer qu’il n’y a pas de faiblesse musculaire ni d’hypotension, détaille la Pr Marie-Pierre Bonnet. Une fois la péridurale mise en place, outre les vérifications habituelles, on demande aux patientes de se lever en notre présence, de s’asseoir et de se mettre en position accroupie afin de confirmer l’absence de faiblesse musculaire. On prend leur tension à chaque étape. Les futures mamans doivent également être équipées d’un matériel sans fil adapté (monitoring) afin de pouvoir surveiller le rythme cardiaque de leur bébé et être accompagnées pour minimiser les risques de chute.
Alternatives à la Péridurale
Il existe d’autres moyens de lutter contre la douleur pendant l’accouchement. Certaines reposent sur les techniques de relaxation et de respiration profonde, d’autres sur les principes de l’acupuncture. Quand la péridurale (ou la rachianesthésie) est contre-indiquée, il est possible de pratiquer une anesthésie générale, mais cette solution reste exceptionnelle. L’utilisation de médicaments contre la douleur injectés dans le sang reste également exceptionnelle, du fait des risques sur la mère et sur le fœtus (dépression respiratoire, baisse de la pression sanguine, diminution des contractions, etc.).
Lorsque l’accouchement peut se faire par voie basse, mais qu’il existe une contre-indication à la péridurale (par exemple : patiente sous anti coagulants, HELLP syndrome, etc.), il est tout de même possible de soulager les patientes en leur administrant des antalgiques par voie veineuse sur un mode autocontrôlé. « On utilise un morphinique de courte durée d’action et dès qu’elles sentent la contraction venir, elles vont appuyer sur le bouton et cela va déclencher l’administration du produit, comme un petit bolus, explique le médecin anesthésiste-réanimateur. On ne propose pas cette solution à tout le monde, car c’est beaucoup moins efficace - cela ne permet de diminuer la douleur des contractions que de 50 % - et surtout ce sont des médicaments qui ont des effets secondaires potentiellement dangereux en cas de surdosage (dépression respiratoire).
Préparation à la Péridurale
Que vous bénéficiez d’une péridurale classique, déambulatoire ou que vous optiez pour un accouchement physiologique, sachez qu’une bonne préparation prénatale est requise pour gérer les douleurs des différents stades du travail et ce, quelles que soient leur intensité. En suivant des cours de préparation à la naissance, vous apprendrez les bonnes techniques de respiration pour oxygéner votre corps durant les contractions. La pose de la péridurale est une étape souvent aussi attendue que méconnue. En cours de grossesse, vous recevez les informations médicales sur la péridurale lors de la consultation d’anesthésie. Le médecin anesthésiste est disponible pour répondre à toutes vos questions.
Contre-indications à la péridurale
Les contre-indications à la péridurale sont des situations où le risque de la péridurale est supérieur au bénéfice qu’elle pourrait apporter. La prise de médicaments tel que l’aspirine, les anti-vitamine K ou tout autre médicament fluidifiant le sang doit être signalée à votre médecin. Le risque est le même que celui des maladies de la coagulation. Les médicaments estimés sans risque pour vous et votre bébé font l’objet de bases de données connues des médecins en maternité. Le saignement important et les infections bactériennes sévères sont des situations à risque d’hypotension artérielle. Le risque est que la péridurale majore l’hypotension.
Certaines affections de la peau empêchent de trouver l’espace suffisant pour poser la péridurale, surtout en cas de surinfection des lésions. Le risque est de contaminer le système nerveux lorsque l’on traverse la peau jusqu’à l’espace péridural. Les allergies aux anesthésiques locaux sont rares. Le risque est la survenue d’une manifestation allergique grave allant de la chute de tension aux difficultés respiratoires. Les allergies aux médicaments sont toujours possibles. Ces maladies cardiaques sont pour la plupart connues des patientes, et celles-ci sont suivies par un spécialiste. Ces situations sont rarissimes.
Elles sont pour la plupart, la conséquence de désordres de la coagulation certains pouvant survenir brutalement. Ces situations font partie des indications à la césarienne sous anesthésie générale. Le risque est de devoir recourir à une anesthésie générale dans une situation d’instabilité due à l’hémorragie. Rarement, lorsque la tolérance fœtale ne permet plus d’attendre, l’obstétricien doit pouvoir réaliser une césarienne en extrême urgence pour extraire l’enfant afin que le pédiatre lui procure les soins nécessaires.
Effets Indésirables et Complications
Les effets indésirables sont des conséquences sans gravité de la péridurale. Ils sont transitoires et disparaissent en général complètement en quelques jours. Ils sont une complication assez fréquente des péridurales. Ils peuvent survenir si, lors de la pose, une brèche est réalisée dans plan postérieur de l’espace péridural. L’importance de la céphalée est fonction de la taille de la brèche et du matériel en cause. Ces maux de tête sont modérés à intenses, pouvant vous gêner dans les heures suivant l’accouchement. Le traitement peut être médicamenteux dans un premier temps. En cas d’échec, un colmatage de cette brèche peut être réalisé par l’équipe d’anesthésie.
Cette technique particulière est appelée blood-patch. Elle associe une prise de sang et une nouvelle ponction dans l’espace péridural afin d’y injecter de quoi obstruer la brèche responsable de vos douleurs. Ce « blood patch » se réalise au bloc opératoire et a un taux de succès proche de 2 sur 3.
Les neuropathies sont des atteintes des nerfs responsables de différentes manifestations allant des paresthésies (« fourmis ») à la perte de force dans un territoire des jambes ou des cuisses. La lésion peut être secondaire à des techniques au cours du geste ou être complètement indépendante de la péridurale. En effet, ces complications nerveuses peuvent être dues à des phénomènes de compression lors du passage du bébé ou lors de la position prolongée des jambes dans les étriers lors d’un accouchement difficile. Ces complications sont dites effets indésirables car elles disparaissent généralement dans les 6 mois.
Les douleurs lombaires sont courantes après la grossesse. Une très faible proportion est secondaire à la pose de péridurale. Certaines complications rarissimes mais graves de la péridurale (hématomes, abcès) se manifestent entre autre par une douleur lombaire, mais cette douleur n’est alors pas le seul symptôme. Ceux-ci sont fréquents lors de césariennes sous péridurale. La plupart sont dues à une chute de tension secondaire à l’anesthésie et aux manœuvres nécessaires à l’extraction du bébé. La majeure partie du temps ils sont transitoires et cèdent rapidement après l’accouchement. Parfois, les nausées sont dues à la morphine, mais son utilisation reste exceptionnelle de manière prolongée après une césarienne.
Les accidents sont les plus rares. Les crises convulsives au cours de la grossesse sont un motif de prise en charge en urgence car elles peuvent être le symptôme d’une pathologie sous-jacente grave, et peuvent nuire à votre bébé. Lorsqu’elles surviennent après une pose d’une péridurale, les crises convulsives peuvent être la manifestation d’une toxicité des anesthésiques locaux. Oui, il existe un risque minime mais non nul d’arrêt cardiaque dans les suites d’une péridurale. Ceci reste exceptionnel mais possible. Les seuls cas décrit ne sont pas des femmes enceintes mais des sujets opéré sous péridurale pour des interventions lourdes.
La paralysie complète secondaire à une lésion de la moelle épinière lors d’une péridurale est rarissime. Les cas historiques étaient dus à la réalisation de péridurales chez des sujets ayant des troubles de la coagulation non connus. Depuis, un dépistage systématique est de rigueur avant toute anesthésie centrale. Ce dépistage justifie la réalisation d’une prise de sang et d’une consultation permettant, entre autre, la recherche d’éléments évocateurs. De nos jours la fréquence de survenue de phénomènes compressifs (hématomes et abcès) est extrêmement faible.
Leur survenue peut nécessiter une anesthésie générale le temps que l’effet de l’anesthésique s’estompe. Ces blocs étendus sont la conséquence d’une diffusion des produits de l’anesthésie dans un espace « virtuel » proche du site d’injection classique. La diffusion dans cet espace est rare : seulement 2 cas sur 10 000 péridurales.
Idées reçues sur la péridurale
Il est fréquent de penser que tout problème de lombalgie ou de sciatalgie après un accouchement est dû à la péridurale. Or, dans la plupart des cas cela provient du travail obstétrical et de l’accouchement par la pression continue du foetus dans le bassin et/ou d’une mauvaise position du dos ou des jambes pendant le travail. Il peut arriver qu’apparaisse une difficulté à bouger les jambes. Les anesthésiques locaux sont injectés dans un espace anatomique ne communiquant pas avec le fœtus.
‘‘ La péridurale pour l’accouchement et c’est le mal de dos assuré pendant des années ? Les douleurs lombaires sont fréquentes pendant et après la grossesse. ‘‘ Je suis migraineuse de nature alors la migraine après la péridurale c’est pour moi ? Si vous êtes migraineuse vous pouvez au décours de l’accouchement déclencher une crise de migraine qui ne sera pas liée à votre péridurale. ‘‘ J’ai un tatouage en bas du dos alors j’oublie la péridurale ? Un tatouage n’est pas une contre-indication à l’analgésie péridurale. ‘‘ Je suis épileptique, je risque des convulsions si j’ai une péridurale ? Les crises d’épilepsie surviennent fréquemment lors de moments de stress et de dépenses énergétiques ou lorsque l’on interrompt le traitement. Lors d’un accouchement, l’analgésie péridurale limite le stress et la dépense énergétique. Elle est donc recommandée aux patientes épileptiques.
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