L'interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, est une décision personnelle et complexe. Bien que l'IVG soit un droit reconnu en France, elle reste un sujet tabou, souvent entouré de stigmatisation et de désinformation. Cet article vise à démystifier l'IVG chirurgicale, en explorant les raisons qui peuvent conduire à son échec, en partageant des témoignages poignants, et en offrant des informations claires sur les procédures et le soutien disponibles.
Qu'est-ce que l'IVG?
L’interruption volontaire de grossesse (IVG) ou avortement désigne le fait de mettre fin à une grossesse non désirée grâce à une procédure médicale. Il s’agit d’une interruption médicale de la grossesse.
IVG médicamenteuse
Cette méthode consiste à prendre deux médicaments sous forme de comprimés. Le premier servant à interrompre la grossesse et le second à provoquer l’expulsion de l'œuf ou de l’embryon en générant des contractions de l’utérus. L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée sous la supervision d’un médecin généraliste, d’un gynécologue ou d’une sage-femme. Elle peut aussi être réalisée dans un centre de planification ( planning familial). L’IVG médicamenteuse est possible jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée. Cette méthode comporte un risque d’échec (dans ce cas il faut recourir à l’IVG chirurgicale). L’IVG médicamenteuse est efficace dans 95% des cas.
IVG chirurgicale
Il s’agit d’une petite intervention chirurgicale qui se déroule à l’hôpital ou dans un centre spécialisé. Elle peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale en fonction de votre état de santé et de votre souhait. En passant par le vagin, le médecin va dilater le col de l’utérus puis venir aspirer l'embryon grâce à un tube. L’IVG chirurgicale consiste à dilater le col de l’utérus (avec la prise d’une antiprogestérone 48 heures avant l’intervention) et à évacuer son contenu par aspiration. Cet acte chirurgical se pratique sous anesthésie générale ou locale. L’IVG chirurgicale peut être réalisée jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée.
L'IVG chirurgicale: Quand et Comment?
L'IVG chirurgicale est une intervention médicale qui consiste à interrompre une grossesse en aspirant le contenu de l'utérus. Elle est généralement pratiquée jusqu'à 14 semaines d'aménorrhée (absence de règles). La procédure implique la dilatation du col de l'utérus, suivie de l'insertion d'un tube fin relié à un dispositif d'aspiration. L'intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et l'avis du médecin.
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Taux de réussite de l'IVG
L’IVG médicamenteuse est efficace dans 95% des cas. Si le traitement a été correctement effectué il y a donc peu de risque d’échec.
Les raisons d'un échec de l'IVG chirurgicale
Bien que l'IVG chirurgicale soit généralement une procédure sûre et efficace, des échecs peuvent survenir dans de rares cas. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à un échec, notamment:
- Grossesse ectopique: Si la grossesse est située en dehors de l'utérus (par exemple, dans une trompe de Fallope), l'aspiration ne pourra pas l'interrompre.
- Malformations utérines: Des anomalies de la forme ou de la structure de l'utérus peuvent rendre l'aspiration difficile ou incomplète.
- Erreur de terme: Une estimation incorrecte de l'âge gestationnel peut conduire à une procédure inappropriée ou incomplète.
- Résistance à l'aspiration: Dans de rares cas, le tissu gestationnel peut être particulièrement résistant à l'aspiration, nécessitant une intervention supplémentaire.
- Erreur médicale: Bien que rare, une erreur de la part du chirurgien peut entraîner un échec de l'IVG.
Témoignages d'échecs d'IVG chirurgicale
Les témoignages suivants illustrent la diversité des expériences vécues par les femmes confrontées à un échec d'IVG chirurgicale:
- Bonjour à toutes, j'ai subi il y a 2 semaines une ivg médicamenteuse qui à échouée ( 2pour100 d'échec…).Aujourd'hui je suis enceinte de 10 semaines et j'ai rendez vous pour procéder à une aspiration.je voudrais savoir si vous aviez des exemples d'ivg ratée, ou si ça a marché pour tout le monde.L'embryon reste-t-il viable si echec ? est-ce douloureux?
- ivg ratée bonjour, je suis sage-femme et il m'est arrivé de faire naître un bébé…qui avait "survécu" à l'ivg médicamenteuse. Il était en parfaite santé, sans anomalie, en bref un très beau bébé. Il faut que vous en parliez avec votre gynéco pour qu'il vous dise exactement les risques de malformation (s'ils existent).
- Alors alors moi pour mon cas j'ai eu directement recours à une ivg par aspiration et la seule chose qui s'est passé c'est qu'il restait de depots de placenta et j'ai dû avoir recours à une ivg medicamenteuse pour pouvoir enlever ce sui restait. Ce n'est pas vraiment la même chose que toi, mais moi déjà ça à été trés douloureux suite à ça.
- Recherche aussi témoignage boujour, j'ai lu ton annonce qui me touche particulièrement car il semble que je suis dans le meme cas que toi! il y a une semaine j'ai fais l'IVG médicamenteuse! au RDV de controle, le médecin m'a annoncé que l'oeuf n'était plus alimenté, ce qui est bien, mais que l'éjection ne s'était pas faite! alors il m'a prescrit à nouveau les médicaments qui dilate le col de l'utérus, afin que l'oeuf parte, mais trois jours apres ,il n'y a pas de chagements. Le médecin m'a dit que je devrais peut etre avoir recour à l'aspiration de l'oeuf, mais je ne sais pas du tout en quoi ça consiste, si c'est une opération, si c'est douloureux, s'il y a des risques, quelle est la différence avec le curetage…alors si quelqu'un à des infos, ça me pourrait me rassurer!
Ces témoignages soulignent l'importance d'un suivi médical attentif après une IVG, ainsi que la nécessité d'un soutien psychologique pour faire face aux émotions complexes qui peuvent émerger.
Que faire en cas d'échec?
Si une IVG chirurgicale échoue, plusieurs options sont possibles:
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- Nouvelle aspiration: Une deuxième aspiration peut être réalisée pour retirer le tissu gestationnel restant.
- Curetage: Un curetage consiste à gratter la paroi utérine pour enlever le tissu restant.
- Poursuite de la grossesse: Si la femme le souhaite, elle peut choisir de poursuivre la grossesse. Il est important de noter que dans de rares cas, l'IVG peut entraîner des malformations congénitales.
Il est essentiel de discuter de ces options avec un médecin afin de prendre la décision la plus appropriée en fonction de la situation individuelle.
Les aspects psychologiques de l'IVG et de son échec
L'IVG est une expérience émotionnellement chargée, et son échec peut amplifier ces émotions. Les femmes peuvent ressentir de la culpabilité, de la tristesse, de la colère, de l'anxiété ou un sentiment de perte. Il est crucial de reconnaître et de valider ces émotions, et de rechercher un soutien psychologique si nécessaire.
Voici quelques témoignages qui mettent en lumière la dimension psychologique de l'IVG:
- Bonjourj'ai subi une ivg par aspiration et je ne veux pas te mentir en te disant que tout va bien et que c'est facile. Physiquement, tu n'as pas trop de sensations mais c'est dure psychologiquement. Pour ma part, je n'ai pas eu de complications suite à mon IVG mais malgré le temps, je n'oublie pas. Ca fait partie de moi. Ce mois ci, il aurait du avoir 14 mois mais quand je regarde les choses, pour lui, je ne regrette pas. Nous venons de nous séparez avec mon mari et les choses ont changé. Il y a des choix a faire dans une vie qui sont parfois douloureux mais qui sont les meilleurs.
- Un conseil j'ai subit une IVG par aspoiration au moi de mars et, psychologiquement je ne men suis toujours pas remise.pour loperation j'ai preferée etre anesthesiée totalement car je naurait pas supporter de vir les meddecin menlever ce a quoi je tenais. ma mere ma conduite a lopital puis elle est reparti. j'ai été seule toute la journé soauf a midi ou mon ami et l'assistante sociale qui m'avait suivi sont venu me rendre visite.je me suis senti mal toute la matinée qui a suivi l'intervention puis suite a la visite de mon ami je me suis sentie mieux.en realité je n'avais pas réalisé que je n'était plus enceinte. Mais les moments les plus durs ne sont pas les qq jours qui suivent mais les semaines et les mois qui suivent. en effet une fois qu'on se rend vraiment compte que le bb ou lenbryons ont disparus et que l'on a de nouvo des saignement, on se rend a levidence et c'est a ce moment la qu'il faut etre acompagné! Courage.
- Les avortements ont détruit ma vie. Si jamais vous me lisez et que vous êtes enceinte et que dans votre cœur, vous voulez le garder… Je vous supplie de le faire. N’écoutez que vous-même, personne d’autre. Ceux et celles qui m’ont conseillé de ne pas le garder, de bien y penser, le font bien souvent selon leur propre réalité et non la vôtre. Et vous savez, aujourd’hui, il n’y a plus personne. Rien que la dure réalité. Lorsque j’étais enceinte, j’avais peur de décevoir des gens en gardant ces enfants. Mais pire encore, je me suis déçue moi-même. Dans l’angoisse qui m’envahissait, j’ai oublié qui j’étais, mes forces, ma foi et surtout… L’amour que j’ai des enfants. (…) Ce n’est que la peur qui parle, et pas vous. Mon premier enfant, je ne l’ai pas gardé, de peur qu’il n’ait pas de père, et pourtant finalement l’enfant que j’ai gardé, lui, n’a pas de père ! Voilà une histoire bien triste. Je regrette tellement mon cheminement de vie et je ne le souhaite à personne.
Contraception et sexualité après une IVG
Après une IVG, il est important de discuter des options de contraception avec un professionnel de santé. Les professionnels de santé conseillent de ne pas avoir de rapports sexuels post-IVG jusqu'à l'arrêt des saignements (pouvant aller d'une semaine à 15 jours). Ceci pour éviter des risques d'infections gynécologiques. Si vous avez des complications post-IVG (échec, curetage, infections vaginales, lésions), ce sont des contre-indication pour la reprise d'une activité sexuelle.
Quand peut-on faire l'amour après une interruption de grossesse ? Après un avortement, le col de l'utérus peut rester ouvert jusqu'à 15 jours dans le cas d'une IVG chirurgicale ou d'un curetage. Il est très important de ne pas vous forcer à avoir des rapports sexuels. Faites l’amour seulement si vous en avez envie et pas uniquement pour faire plaisir à votre partenaire ou par sentiment d’obligation. Même si vous êtes à l'initiative du rapport sexuel, vous avez tout à fait le droit de l’interrompre si vous n’en avez plus envie. N’hésitez pas à lui confier vos appréhensions et à formuler ce dont vous avez envie et au contraire ce que vous ne voulez pas. Après une IVG surtout lorsqu’elle est chirurgicale, il arrive que le vagin et l’utérus soient sensibles ce qui peut occasionner des douleurs à la pénétration. En plus des saignements provoqués par l'avortement qui peuvent aussi gêner certaines femmes. C’est pourquoi il est préférable de vous tourner vers les rapports non pénétratifs. Caresses, sexe oral, utilisation de sextoys… Il existe une multitude de manières de vous faire plaisir. Le meilleur moyen de se réapproprier son corps, c’est de l’explorer soi-même. Avec les doigts ou un sextoy, redécouvrez votre plaisir au rythme qui vous convient.
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Il est important de se rappeler que la contraception idéale et sans échec n’existe pas. L’IVG est pourtant souvent la conséquence d’un échec de contraception et pas la conséquence d’une inconscience de la dame qui y recourt.
L'IVG en chiffres
L’IVG en France en 2018 (Source : drees.solidarites-sante.gouv.fr):
- 224 300 interruptions volontaires de grossesse
- 25% des IVG sont réalisées hors d’une structure hospitalière
- 69% des IVG pratiquées sont médicamenteuses
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