Les terreurs nocturnes chez les bébés et les jeunes enfants sont un phénomène assez courant et très perturbant pour les parents. Vous êtes réveillés en pleine nuit par les pleurs, les cris, les hurlements de votre enfant ? Lorsque vous arrivez dans la chambre, il peut sembler réveillé car ses yeux sont ouverts, il parle, est peut-être assis dans son lit, mais surtout il semble terrifié. Votre enfant fait un épisode de terreur nocturne. Mais qu'est-ce qu'une terreur nocturne exactement ? Quelles en sont les causes, les symptômes et comment les gérer ? Cet article vise à répondre à ces questions et à vous fournir des informations complètes et fiables sur ce trouble du sommeil.

Qu'est-ce qu'une terreur nocturne ?

Une terreur nocturne, appelée également éveil confusionnel, est un trouble du sommeil normal qui apparaît autour de 18 mois environ et jusqu’à 4 voire 5 ans. Les terreurs nocturnes sont des épisodes de peur intense et d’agitation qui se produisent pendant la phase de sommeil profond. En tant que parasomnie complexe, elles se manifestent par des épisodes de sommeil agité et perturbé, principalement pendant le sommeil profond. Les terreurs nocturnes, aussi connues sous le terme médical de « pavor nocturnus », sont des épisodes de sommeil agité caractérisés par des comportements inconscients et souvent spectaculaires.

Différence entre terreur nocturne et cauchemar

Il est essentiel de distinguer les terreurs nocturnes des cauchemars. Souvent, l’épisode se produit en début de nuit, une ou deux heures après l’endormissement, lorsque l’enfant est dans une phase de sommeil lent profond. Un épisode dure en moyenne entre 1 et 10 minutes. À la fin, l’enfant se rendort, et ne se souviendra pas de l’épisode le lendemain. A la différence du cauchemar, qui apparaît en phase de sommeil paradoxal et souvent en fin de nuit. Lors de la terreur nocturne, l’enfant semble réveillé mais ne l’est pas. A la fin de l’épisode, il va continuer sa nuit sans s’être rendu compte de votre présence.

Les cauchemars sont des rêves désagréables ou effrayants qui peuvent survenir à n’importe quel moment de la nuit. Les enfants qui font des cauchemars peuvent se réveiller en sueur et effrayés, et ils se rappellent souvent le contenu du cauchemar. En revanche, les terreurs nocturnes se produisent pendant le sommeil lent profond, en début de nuit, et se caractérisent par des cris, des mouvements brusques, et une absence de souvenir de l’épisode. Alors que lors d’un cauchemar, l’enfant se réveille en pleurant et se souvient de son rêve effrayant.

Symptômes des terreurs nocturnes

Les symptômes des terreurs nocturnes peuvent être divisés en deux phases : la phase de crise et la phase d’après-crise.

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Phase de crise

Pendant une terreur nocturne, l’enfant semble être réveillé, mais il ne l’est pas réellement. Il peut même se lever et se déplacer dans la pièce sans être conscient de ce qu’il fait. Les symptômes incluent :

  • Redressement soudain sur le lit.
  • Cris violents, sueurs, tremblements.
  • Yeux ouverts, regard fixe, propos incohérents.
  • Absence de réceptivité, parfois accompagnée d’agressivité.
  • Durée : de quelques instants à une trentaine de minutes.

Phase d’après-crise

À la fin de l’épisode, l’enfant se rendort naturellement sans se souvenir de l’incident le lendemain matin. L’épisode est oublié le lendemain matin, l’enfant ne garde aucun souvenir. Les symptômes incluent :

  • Retour au sommeil classique, souvent sans difficulté.
  • Amnésie complète de l’épisode au réveil.

Les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre, mais l’état de terreur et la confusion sont des marqueurs constants de ce trouble.

Causes des terreurs nocturnes

Les causes des terreurs nocturnes sont multiples et souvent interconnectées. Elles peuvent être déclenchées par divers facteurs tant environnementaux que physiologiques.

  • Stress et anxiété : Les événements stressants comme un déménagement, une rupture ou même l’entrée à la garderie peuvent précipiter des épisodes de terreurs nocturnes. Le stress, l’anxiété peut déclencher des épisodes.
  • Fatigue et manque de sommeil : Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité peut provoquer des terreurs nocturnes. Lorsqu’un enfant est fatigué, il peut y avoir une modification de la phase de sommeil profond dans la durée ou dans l’intensité. C’est dans cette phase que vont se manifester les terreurs nocturnes. La fatigue peut favoriser les terreurs nocturnes.
  • Changements de routine ou d’habitudes de sommeil : Toute perturbation de la routine de sommeil peut être un facteur déclenchant.
  • Consommation de substances psychoactives ou certains médicaments : Les substances affectant le système nerveux central peuvent contribuer à l’apparition de ces épisodes.
  • Maladie ou fièvre : Les états fébriles peuvent augmenter les risques de terreur nocturne.
  • Hérédité : Certains bébés et enfants sont prédisposés aux terreurs nocturnes. Il y a un caractère héréditaire à prendre en compte. Une composante génétique semble être impliquée, avec une transmission possible de parents à enfants.
  • Autres troubles du sommeil : Le somnambulisme et l’éveil confusionnel sont parfois associés aux terreurs nocturnes.

Causes spécifiques chez les enfants

Chez les enfants, les terreurs nocturnes peuvent être déclenchées par divers facteurs tels que la fièvre, un environnement stressant, des changements d’habitude, un rythme de sommeil irrégulier, le reflux gastro-œsophagien (RGO), et le syndrome des jambes sans repos.

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Causes spécifiques chez les adultes

Chez les adultes, les terreurs nocturnes sont rares et touchent moins de 2% de la population. Les causes incluent le stress intense et prolongé, ainsi qu’un manque de sommeil.

Terreurs nocturnes en fonction de l’âge

Les terreurs nocturnes peuvent affecter différentes tranches d’âge, chacune présentant des caractéristiques spécifiques.

Terreurs nocturnes du bébé

Chez les bébés, les terreurs nocturnes sont rares mais peuvent survenir. Elles se manifestent généralement par des pleurs et des cris inconsolables pendant le sommeil. La régularité des siestes et la stabilité de la routine de coucher peuvent aider à minimiser ces épisodes.

Terreurs nocturnes de l’enfant

Les terreurs nocturnes sont plus fréquentes chez les enfants âgés de 3 à 8 ans, touchant principalement les garçons. Les facteurs de risque incluent la fièvre, un environnement stressant, et des changements de routine. Les parents doivent rester calmes et éviter de réveiller l’enfant durant l’épisode. La réassurance et une routine de coucher stable sont des mesures efficaces pour atténuer ces crises.

Terreurs nocturnes de l’adolescent

Bien que moins courantes, les terreurs nocturnes peuvent persister chez les adolescents. Le stress scolaire et social, ainsi que les perturbations du cycle de sommeil, peuvent être des déclencheurs. La gestion du stress par des activités de relaxation comme la méditation ou le yoga peut être bénéfique.

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Terreurs nocturnes chez l’adulte

Chez les adultes, les terreurs nocturnes sont rares, touchant moins de 2% de la population. Les causes incluent le stress intense et prolongé, ainsi qu’un manque de sommeil. Adopter un mode de vie plus calme et régulier peut également aider à réduire ces épisodes.

Que faire en cas de terreur nocturne ?

Que faire en cas de terreur nocturne ? Contrairement aux angoisses nocturnes, les terreurs nocturnes ne nécessitent généralement pas une interaction prolongée. L’enfant ne reconnaît pas les parents et tout réveil pourrait empirer l’épisode. Il est important de comprendre que les terreurs nocturnes ne sont pas dangereuses pour les enfants et qu’ils ne souffrent généralement pas de conséquences à long terme.

Pendant une crise

  • Restez calme : Il est important de ne pas réagir excessivement aux cris ou aux pleurs de l’enfant pendant une crise de terreur nocturne. Ces épisodes peuvent être difficiles à vivre, car l’enfant montre un visage apeuré, pleure, crie. On peut se sentir impuissant face à cette situation. Ce ne sont que quelques minutes mais cela peut sembler une éternité.
  • Ne pas tenter de réveiller la personne. L’envie de réveiller l’enfant pour le sortir de l’épisode de terreur nocturne peut être tentant, mais c’est fortement déconseillé. Il ne faut surtout pas réveiller l’enfant lors d’une terreur nocturne, car ça risque de le perturber et il mettra alors plus de temps à se rendormir.
  • Garder le calme et attendre la fin de l’épisode.
  • Éviter de toucher ou de bouger la personne pour ne pas aggraver l’épisode. Vous pouvez accompagner l’enfant sans ne le toucher ni le tenir, être à ses côtés pour éviter qu’il ne se blesse jusqu’à ce qu’il s’apaise et se rendorme.
  • Rester à proximité et parler doucement pour rassurer le patient. Essayez de parler à l’enfant d’une voix douce et apaisante pour le calmer. Utilisez des mots simples et rassurants pour le rassurer et lui faire comprendre que tout va bien. Lui parler doucement pour l’apaiser est utile, mais il ne faut pas essayer de toucher l’enfant s’il ne se laisse pas faire.
  • Ne pas évoquer l’épisode le lendemain pour éviter de créer de l’angoisse. Le lendemain, mieux vaut ne pas lui parler de cet épisode nocturne au risque de l’inquiéter.

Prévention et traitement

  • Créez un environnement sécurisant : Assurez-vous que la chambre de l’enfant soit sécurisante et confortable pour favoriser un sommeil paisible en début de nuit. De même qu’un environnement rassurant avec des objets familiers est indispensable pour que l’enfant puisse s’endormir paisiblement.
  • Routine de sommeil régulière : De manière générale, et comme pour l’ensemble des troubles du sommeil, il est recommandé d’adopter un rythme de vie et de sommeil régulier. Autrement dit, se coucher et se lever à heures constantes, même le week-end.
  • Évitez les activités stimulantes avant le coucher : Par ailleurs, mieux vaut éviter les activités sportives intenses le soir, ainsi que celles qui sollicitent beaucoup l’imagination et les repas trop copieux. Gardez les activités calmes avant le coucher. Cela peut aider à éviter des quantités excessives de cortisol dans le corps de votre enfant.
  • Reproposer des temps de sieste ou de repos aux enfants qui ne veulent plus faire la sieste. La fatigue peut favoriser les terreurs nocturnes.
  • Traitement et suivi médical : La plupart du temps, les terreurs nocturnes ne nécessitent pas de traitement médical. En cas de terreurs nocturnes, les seules mesures à prendre consistent à garantir la sécurité du petit patient.

Quand consulter un médecin ?

Une consultation avec un neurologue spécialiste du sommeil est souvent recommandée pour identifier et traiter toute maladie sous-jacente. Parlez de ce qui vous tracasse en téléconsultant dès aujourd’hui un psychologue.

Autres troubles du sommeil associés

Certaines maladies du sommeil se combinent parfois avec des parasomnies. Ceci arrive dans les cas où terreurs nocturnes ou somnambulisme sont anormalement fréquents.

Somnambulisme

Plus de 30% des enfants de moins de 5 ans souffrant de terreurs nocturnes vivent des épisodes de somnambulisme. Entre l’âge de 5 ans et de 12 ans, la probabilité de crises de somnambulisme descend à 15%. Le somnambulisme survient également dans cette tranche d’âge. Lorsqu’un somnambulisme est associé à la terreur nocturne, on parle de « somnanbulisme terreur ». La crise de panique est alors associée à un réflexe de fuite ou de lutte dans le cas où le patient serait retenu par un proche. Si les déambulations sont importantes, il convient de mettre en place l’ensemble des mesures destinées à protéger la personne contre toute possibilité de blessures (éviter les lits en hauteur, les coins de meubles agressifs en métal, fermer les fenêtres par des verrous haut placés, rideaux épais aux fenêtres, protection des escaliers par des barrières).

Énurésie

Lorsque votre enfant a des terreurs nocturnes il peut développer une énurésie. Ce trouble induit le fait d’uriner dans son lit sans pouvoir le contrôler.

Apnée obstructive du sommeil

Parfois la terreur nocturne peut révéler un syndrome d’apnée obstructive du sommeil. Si votre enfant a du mal à s’endormir, fait des cauchemars persistants, se réveille souvent la nuit, ronfle ou respire par la bouche, il pourrait avoir un trouble du sommeil.

Autres parasomnies

Les parasomnies sont des comportements anormaux survenant pendant le sommeil. Elles peuvent être moteurs (le sujet bouge), verbales (il parle) ou sensorielles et sont classées en fonction du moment de leur apparition au cours du cycle de sommeil.

  • Somniloquie : La somniloquie est le fait de parler pendant le sommeil. C’est très fréquent chez l’enfant. Ces paroles sont probablement le reflet de l’activité mentale.
  • Paralysie du sommeil : Elle se produit quand l’atonie due au sommeil paradoxal (abolition du tonus musculaire) persiste au moment d’un éveil. Ces paralysies s’accompagnent d’une angoisse importante.
  • Bruxisme : Le bruxisme est le fait de grincer des dents pendant le sommeil.
  • Rythmies : Les rythmies sont des mouvements de balancement de la tête et du corps, survenant au moment de l’endormissement. Parfois violentes, elles peuvent provoquer le déplacement du lit et s’accompagner de vocalisations.

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