L'histoire de l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) en France est longue et complexe, marquée par des luttes acharnées pour les droits des femmes. Si des avancées considérables ont été réalisées, elles sont relativement récentes dans l'histoire. L'annulation de l'arrêt Roe v. Wade par la Cour Suprême américaine en 2022, qui a rendu aux États la possibilité de légiférer sur l'avortement, souligne l'importance de comprendre le contexte historique et les enjeux liés à ce droit fondamental.
Les Origines Anciennes de l'Avortement
L'existence de l'avortement remonte à l'Antiquité. Les femmes utilisaient des moyens contraceptifs rudimentaires, basés sur les connaissances et les possibilités de l'époque. Lorsque la grossesse était déjà en cours, différentes potions à base de plantes étaient utilisées, notamment des feuilles de saule, du fenouil, du persil et des graines de fougères. Parallèlement, la magie était également pratiquée. Le Moyen Âge a également marqué l'histoire de l'IVG.
La Criminalisation de l'Avortement : Du Code Napoléon à Vichy
Si l'avortement est interdit et criminalisé au moins depuis l'édit de 1556, l'interdiction applicable en 1975 découle de l'article 317 du code pénal. Cet article punissait de prison et d'amende le fait de subir, de pratiquer ou d'aider à un avortement. Les membres du corps médical pouvaient également être frappés d'une interdiction d'exercer.
Cet article trouve son origine dans le code Napoléon de 1810, qui considérait l'avortement comme un crime jugé par une cour d'assises et puni d'une peine de réclusion. Les médecins pratiquant un avortement étaient passibles des travaux forcés.
La répression de l'avortement s'est intensifiée dans le contexte de la politique nataliste qui a suivi la Première Guerre mondiale. La loi du 1er août 1920 interdisait la simple incitation à l'avortement et la propagande anticonceptionnelle, punissant non seulement l'acte lui-même, mais aussi le discours incitant les femmes à interrompre leur grossesse. Si ce discours aboutissait à un avortement, celui-ci était considéré comme un crime, et les dispositions de l'article 317 du code pénal s'appliquaient.
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Cependant, les jurys d'assises étant jugés trop indulgents, la loi du 21 mars 1923 a requalifié l'avortement en délit, relevant des tribunaux correctionnels. En confiant la compétence aux juges professionnels, le législateur espérait rendre les peines plus applicables.
Sous le régime de Vichy, la répression a atteint son paroxysme avec la loi du 15 février 1942, qui considérait l'avortement comme un crime d'État passible de la peine de mort. Marie-Louise Giraud fut guillotinée le 30 juillet 1942 pour avoir pratiqué 27 avortements, et Désiré Pioge fut exécuté le 22 octobre 1943 pour avoir aidé 3 femmes à avorter. La loi de 1942 fut finalement abrogée à la Libération.
L'Évolution des Droits dans les Années 1970 et la Loi Veil
C'est surtout dans les années 1970 que la situation a commencé à évoluer de manière significative. La loi Veil, adoptée en 1975, a dépénalisé l'avortement en France. Initialement mise en place pour une durée de cinq ans, cette loi a été reconduite définitivement en 1979.
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