L'adolescence, période de transition complexe, est marquée par des changements physiques, émotionnels et sociaux significatifs. Comprendre les nuances de cette étape de la vie, notamment en ce qui concerne la puberté, les relations amoureuses et les questions de fécondité, est essentiel pour accompagner au mieux les jeunes. Cet article se propose d'explorer ces différents aspects, en tenant compte des réalités et des défis auxquels sont confrontés les adolescents.

La Puberté: Un Passage Obligé

La puberté est une période de transformations physiques et hormonales qui marque le passage de l'enfance à l'âge adulte. Chez les filles, elle se manifeste généralement plus tôt que chez les garçons.

Chez les filles

L'étape la plus marquante de la puberté chez les filles est souvent l'apparition des premières règles, généralement autour de 13 ans.

Chez les garçons

Selon une enquête de 1994, les garçons entrent en puberté vers l'âge de 15 ans. Plusieurs signes permettent de mesurer cette entrée dans la puberté : les changements du corps, comme le fait de grandir beaucoup en peu de temps, l’allongement de la taille du pénis, le développement de la pilosité ou la mue de la voix, et la maturité sexuelle, par exemple le fait de se masturber. La mue de la voix, chez huit garçons sur dix, arrive entre 13 et 17 ans. Quand arrive leur 15e anniversaire, 56 % des garçons ont déjà mué, selon l’enquête ACSJ (Analyse du comportement sexuel des jeunes) de 1994. Le pic de croissance (défini par une croissance de 10 centimètres en une année) arrive à peu près au même moment. D’après cette enquête, neuf garçons sur dix se masturbent pour la première fois entre 9 et 17 ans, près de la moitié à 13 ou 14 ans.

Il est important de noter que ces âges sont des moyennes et que chaque individu se développe à son propre rythme.

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Les Premières Amours et la Vie de Couple à l'Adolescence

L'adolescence est une période émotionnellement intense, souvent marquée par les premières amours. Ces relations peuvent être une source de joie et d'apprentissage, mais aussi de défis et de souffrances.

L'importance des relations amoureuses

Être en couple pendant l’adolescence implique généralement d’avoir une relation romantique et intime avec son partenaire. « Être en couple, ça veut souvent dire apprendre à connaître les personnes de l’autre sexe, comment elles réagissent, à être plus à l’aise avec une fille ou un garçon. » Sortir ensemble, se montrer du respect : les partenaires se font confiance, acceptent les limites de chacun et se traitent avec respect. « Attention aux phrases comme : « Si tu m’aimes, prouve-le moi ». Je conseille toujours de répondre : « si tu m’aimes, prouve-le moi et attends que je sois prêt.e. Chaque personne a plus ou moins sa définition d’« être en couple », en fonction de ses propres valeurs, ses expériences et préférences. Catherine Solano suggère d’ailleurs de demander à son ou sa partenaire ce que ça veut dire pour lui ou elle « être en couple » : « Dire que l’on veut une relation exclusive, fidèle, c’est important parce que tout le monde n’a pas le même point de vue là-dessus. Pour certains, même s’ils sont en couple, c’est normal en soirée d’être avec quelqu’un d’autre. Pour d’autres, c’est une exclusivité très stricte », explique la sexologue. Par ailleurs, être en couple, c’est aussi avoir des projets communs. Les raisons de se mettre en couple quand on est adolescent sont les mêmes que pour des adultes. « À mon sens, l’être humain est fait pour être en couple. On fait des enfants à deux. Il y a une force très puissante qui nous pousse vers l’autre », suggère la sexologue. Par ailleurs, à l’adolescence, le jeune a tendance à s’éloigner un peu de ses parents, à être moins tactile, moins proche physiquement. « L’ado a besoin de mettre une distance avec ses parents. Les câlins avec papa et maman, il n’en veut plus. Alors, il ressent un manque de contact physique.

Les défis potentiels

Il n’existe pas réellement d’âge idéal pour se mettre en couple. Certains vont avoir un partenaire très tôt, d’autres plus tard. Être en couple à 12 ou 13 ans peut être une belle première expérience dont l’adolescent se souviendra toute sa vie. Mais ça peut aussi entraîner de la souffrance et laisser des cicatrices plus vives. « À 12 ans, on est à peine passé par la puberté, surtout pour un garçon. Je pense que ça pose de gros problèmes émotionnels, car le cerveau n’est pas du tout mature. Je constate avec mes patients le développement de troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie…) ou de dépressions, à l’adolescence, à la suite de déceptions amoureuses. C’est difficile à gérer à cet âge-là », prévient la sexologue. La relation est vécue de manière intense et la rupture peut être encore plus difficile à vivre. Être en couple très jeune peut aussi poser des difficultés sur le plan de la sexualité. C’est difficile de prendre des responsabilités qui ne sont pas de son âge. « Il y a des jeunes de 13-14 ans qui ont des relations sexuelles et qui peuvent mettre en route des grossesses. À cet âge-là, quel que soit le choix qu’on fasse, ce n’est pas facile. Même chose pour les infections sexuellement transmissibles. Faire durer un couple demande beaucoup de générosité et de communication. Pour parvenir à faire durer cette histoire d’amour, il est important d’être capable de prendre sa place et de dire ce que l’on souhaite et ce que l’on ne souhaite pas. Par amour ou par peur de contrarier son ou sa partenaire, l’ado peut avoir tendance à être trop gentil et dire « oui » à tout, jusqu’à ce qu’il réalise qu’il ne voulait pas fonctionner de telle manière. Et la relation prend fin. L’autre point important, c’est de faire des projets communs. Il y a des couples qui se forment à 15 ans, qui se marient plus tard et qui ont des enfants.

Le rôle des parents

En tant que parent, face à la relation amoureuse de ses enfants, mieux vaut rester neutre ! « Ça ne sert à rien de décourager son ado, de minimiser, de ridiculiser ou de critiquer la relation. La spécialiste déconseille également d’encourager la relation en proposant ou en acceptant que l’amoureux.se dorme à la maison, surtout avant 15 ans. « Ce n’est pas aux parents d’organiser la vie sexuelle de leur ado. Avoir des rapports sexuels, c’est un acte adulte et il faut le leur dire. Quand commence une vie sexuelle, il faut être en capacité d’être responsable en couple, d’aller consulter au planning familial, de s’organiser, de se procurer des préservatifs, de prendre une décision en cas de grossesse. Si l’ado a le droit à une vie privée et à un jardin secret, il importe qu’il soit bien informé en amont et que le parent ait pu discuter avec lui de ce qu’est un couple, une relation sexuelle, le consentement… Des livres adaptés à son âge peuvent s’avérer utiles pour faciliter le dialogue. Par timidité ou pudeur, il préférera peut-être se renseigner par ce biais ou en surfant sur un site dédié et sérieux, comme commentonsaime.fr, onsexprime.fr ou questionsexualite.fr par exemple. L’adolescent, même s’il est en couple, doit savoir qu’il peut compter sur ses parents pour l’aider. « Beaucoup de parents disent : « si tu as un problème, tu peux m’en parler ». C’est bien, mais ça ne suffit pas, car l’ado peut penser que son problème spécifique est trop spécial ou tabou pour en parler. Mieux vaut être précis : « Si toi, ou une de tes copines, étiez enceinte, tu peux m’en parler. Si tu veux faire un test de grossesse, tu peux m’en parler. Si tu as peur d’une IST, tu peux m’en parler. Si tu as des douleurs ou des boutons dans la zone génitale, tu peux m’en parler ». La médecin relève, en outre que « 50 % des IVG sont liées à des échecs de contraception. Une grossesse non désirée peut par exemple survenir chez une jeune fille, donc très fertile, même sous pilule ou qui utilise des préservatifs avec son copain ». On peut également transmettre à notre enfant les coordonnées du planning familial, lui donner un test de grossesse ou une petite réserve d’argent à utiliser en cas de besoin.

Fécondité et Adolescence: Une Question Délicate

La question de la fécondité à l'adolescence est un sujet sensible qui nécessite une approche responsable et informée.

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La réalité de la fécondité adolescente

Les jeunes filles sont particulièrement fertiles dès le début de leurs cycles menstruels. Une grossesse non désirée peut par exemple survenir chez une jeune fille, donc très fertile, même sous pilule ou qui utilise des préservatifs avec son copain.

Les risques et les responsabilités

Il est crucial d'informer les adolescents sur les risques associés aux grossesses précoces, tant sur le plan physique que psychologique et social. Il est également essentiel de les sensibiliser à l'importance de la contraception et de la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST). Quand commence une vie sexuelle, il faut être en capacité d’être responsable en couple, d’aller consulter au planning familial, de s’organiser, de se procurer des préservatifs, de prendre une décision en cas de grossesse.

L'importance du consentement

Le Consentement, publié aux éditions Grasset, est le récit glacial et autobiographique de la liaison d'un homme de 50 ans qui séduit une jeune fille de 14 ans. C'est un livre que l'on peut commencer par la fin, avec son post scriptum et l'avertissement au lecteur. Le Consentement est un récit autobiographique qui raconte la liaison longue d'une année entre G.M. et V.S. Des initiales qui cachent à peine Gabriel Matzneff, écrivain qui connut une certaine heure de gloire dans le passé, et une jeune fille de 14 ans, l'auteure Vanessa Springora. V. rencontre G. dans un dîner. Elle est venue avec sa mère ; lui n'aura d'yeux que pour elle. Elle a 14 ans et a cette phrase assassine : "Dès que j'ai mordu à l'hameçon, G. ne perd pas une minute. Il me guette dans la rue, quadrille mon quartier. ( ..) Nous échangeons quelques mots et je repars transie d'amour." Les scènes de leur sexualité sont des pages où l'emprise de l'homme est détaillée minutieusement, sa délicatesse est celle d'un chasseur. A 14 ans, V. est amoureuse. Mais elle sait que quelque chose ne tourne pas rond. Car la relation entre V. et G. n'est pas une histoire d'amour. "G. a fait profession de n'avoir de relations sexuelles qu'avec des filles vierges ou des garçons à peine pubères pour en retracer le récit dans ses livres", décrit l'auteure. Aux côtés de l'intime et de sa douloureuse liaison, Vanessa Springora revient sur l'époque du milieu des années 80, où l'interdiction des relations avec des mineurs était remise en cause. Le Consentement fait le procès de ce milieu, "cet environnement bohème d'artistes et d'intellos" où les écarts libertaires sont accueillis avec tolérance. La confusion entre mœurs libres et pédophilie avaient bon dos. Gabriel Matzneff. Qui est Gabriel Matzneff, homme derrière l'histoire ? Son portrait se trouve page 130 du Consentement. "Cet homme n'est pas animé que des meilleurs sentiments. Cet homme n'était pas bon. Il était ce qu'on apprend à redouter dès l'enfance: un ogre", écrit Vanessa Springora. Depuis les années 70, cet homme est dans l'actualité littéraire. Ecrivain dandy libertaire, il était dans le milieu de l'édition perçu comme un esprit libre et transgressif. Il n'a jamais fait mystère de son goût pour les très jeunes adolescents. Son œuvre littéraire est constituée en grande partie de son journal intime (12 tomes sur une cinquantaine d'années). En 1975, il publie un essai, Les Moins de seize ans, dans lequel il raconte son goût pour les "jeunes personnes", soit les mineurs des deux sexes. Il rajoute : "Et je crois que rien ne peut arriver de plus beau et de plus fécond à un adolescent ou une adolescente que de vivre un amour. Quelques années plus tard, sur le plateau d'Apostrophes, l'écrivain est interpellé par Denise Bombardier, chroniqueuse et romancière canadienne. Dans son pays, dit-elle, "une telle situation, se vanter dans ses livres des conquêtes de si jeunes filles seraient inenvisageable, les droits de l'enfant ont évolué chez nous." Nous sommes en 1990, et peu d'intellectuels ou journalistes français soutiennent Denise Bombardier. Pire, c'est elle qui est accusée de démolir un monument de la littérature. Aujourd'hui, on attend les réactions à la lecture du Consentement de Vanessa Springora. Après le témoignage de l'actrice Adèle Haenel qui a ébranlé le monde du cinéma, il est certain que ce récit pose question, comme l'écrit son auteure à la page 193 : "Tout autre individu qui publierait (..) la description de ses ébats avec un adolescent philippin ou se vanterait de sa collection de maîtresses de quatorze ans (…) serait immédiatement considéré comme un criminel. La littérature excuse-t-elle tout ?" Cette interrogation sera celle de la rentrée littéraire et le monde de l'édition devra bien y répondre.

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