La musique, souvent reflet des époques et des sociétés, devient un puissant témoignage des réalités vécues par les peuples. Mwezi WaQ., artiste ancré dans cette tradition, offre à travers ses compositions une parole brute et poétique, puisant dans les racines de son pays et de sa langue pour dénoncer les injustices et célébrer l'espoir. Cet article propose une exploration de son œuvre, en particulier à travers l'analyse de quelques titres emblématiques, afin de comprendre les enjeux sociaux et culturels qu'elle soulève.

Mwezi WaQ. : Une Voix Engagée

Mwezi WaQ. ancre sa musique dans une époque où l’on nie, sans complexe et de façon régressive, les lignes de souffrance du plus grand nombre. Les réprouvés, les oubliés, les sacrifiés. Ceux qu’on assimile de façon un peu méprisante aux petites gens - une majorité - afin de mieux les enfoncer dans des tragédies sociales. Issu d’un pays où la musique a longtemps été le lieu de mémoire du peuple, Mwezi WaQ. a choisi de reprendre une tradition de parole brute, initiée par les Anciens. Ceux d’hier et d’aujourd’hui. Une parole tout en rythme, ancrée dans le quotidien et dans la langue du peuple, sous ses dehors rustiques et rêches. Une parole poétique, qui se gorge de shinduwantsi, à l’image d’un verbe fracturé par la contrainte ou l’exil.

Shinduwantsi - ce mot - ramène, littéralement, à l’idée comorienne de fouiller la terre pour en tirer le suc de la vie dans une joute de mots et de sons. Une manière d’incarner le poème dans sa complexité, en amplifiant son rapport au réel. Mwezi WaQ. se réclame d’un monde, où l’humanité est d’abord synonyme de partage et d’espérance. On n’y naît pas humain, on le devient, à force de contribuer au destin commun. Une nécessité face à l’adversité d’une époque, où le sourd et le muet deviennent des éléments de parade au grand jour. Mwezi WaQ. se vit comme une quête de sens dans un verre à moitié rempli de vérités arides. Un grand-père sur une terre de lune murmurait un jour cette parole à sa fille cadette : « toujours se voir dans le regard de l’oubli, pour ne point se noyer dans l’océan des horreurs tues ». Une façon pour Mwezi WaQ. de penser la musique et son « pourquoi ».

Né d’un premier album, intitulé Chants de lune et d’espérance (Buda Musique, 2012), Mwezi WaQ. le combo compte six interprètes - guitares, violoncelle, percussions, chœurs et chant - au service d’un répertoire, emprunté à l’imaginaire d’un archipel au destin fracassé. Ces chansons surgissent de ces îles de lune, communément appelées « Comores », un nom qui remue sa queue au cimetière des vivants. Cinq des titres, bien qu’ici revisités, proviennent d’un fond d’histoire commune, tissé par des artistes comoriens acculés, durant les années 1970-2000. Ils incarnent un combat contre l’anéantissement. Il est des endroits, en effet, où seuls les chants parviennent à mimer la douleur de l’intime et des familles. C’est de là que nous vient cette musique, en tous cas. Deux titres sont repris du premier album de Mwezi WaQ. sorti en 2012. Sept autres chansons - des inédits - rendent compte d’une époque plus actuelle, dans un pays où le consumérisme et la loi des séries font croire à la fable de l’homme apprivoisé. In fine, elles disent toutes que la cruche, à l’eau, toujours, s’en va, mais qu’au final, elle se brise, par mégarde, inadvertance ou par oubli. « Méfions-nous de l’homme assoiffé, qui reste aux abois, même dans les pays encore sous tutelle », s’exclame le fou de la place Badja. Cette musique se veut à l’écoute des voix les plus ignorées de l’arrière-pays. Elle aspire à réconcilier les êtres et à assécher les peurs, au-delà des frontières et des discours. Elle raconte aussi le fardeau de la colonialité sur un archipel, en apparence, oublié du monde.

Analyse de Quelques Titres Clés

L'œuvre de Mwezi WaQ. est un voyage à travers l'histoire et les réalités contemporaines des Comores. Chaque chanson est une fenêtre ouverte sur un aspect particulier de la vie de l'archipel, qu'il s'agisse des traditions ancestrales, des luttes sociales ou des défis de la modernité.

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1. Mwana-djinn : L'Enfant-Djinn et l'Héritage

L’enfant-djinn promène sa queue, le long des océans. Il passe par des endroits improbables, attrape ce qu’il peut au passage, soulève ce qui dort sous la pierre, sans complexe. « Je suis l’Enfant-djinn, dit-il, je refuse de céder mon âme à l’inconnu ». On pense aux pères, aux mères, aux familles, à leurs prières. Il aimerait tant leur revenir, porter leur fardeau, leur apporter la paix. Il aime à errer dans le monde, emporté par l’amour et la vie, comme qui n’a point de Dieu. Mais n’oublions jamais qu’une promesse revient toujours à son point de départ. La course de l’enfance archipélique n’a certes pas de limite, mais elle ne cède pas au vent. La légende prétend que les enfants-djinns naissent, lorsqu’on invoque l’invisible pour offrir ce qui n’est pas à la mère : un enfant, qui, trop souvent, porte les maux des siens dans sa chair, partout où il se rend.

Ce titre évoque la figure de l'enfant-djinn, un être mythique qui erre à travers le monde, porteur des souffrances de sa famille. La chanson explore les thèmes de l'identité, de l'héritage et de la quête de sens. L'enfant-djinn refuse de céder son âme à l'inconnu, affirmant ainsi sa volonté de rester fidèle à ses racines et de porter le fardeau de son peuple.

2. Ya ngaya : Berceuse et Espoir pour l'Avenir

Une berceuse sortie du patrimoine. Jouée par Souleymane Mze Cheikh, reprise par Olivier Ngog. Histoire d’une graine. « Ma prière est pour cette graine » dit la voix. A l’instar de celle qui donne des dattiers. Car la bonne graine est celle qui pousse, se répand et profite à tous. Qui donne un enfant, insiste la voix, qui file la métaphore, devrait s’en occuper, comme pour une graine, dont on espère les bienfaits. « Grandit enfant grandit/ que Dieu te préserve » chantent les mères à leur enfant. Car qui espère le mieux pour son enfant, veille à ce qu’il ait les moyens de s’épanouir. Comme cette graine qui essaime…

"Ya ngaya" est une berceuse traditionnelle, un chant d'espoir pour l'avenir. La chanson compare l'enfant à une graine précieuse, qui doit être cultivée et protégée pour qu'elle puisse s'épanouir et porter ses fruits. Elle souligne l'importance de prendre soin des enfants, de leur offrir les moyens de grandir et de s'épanouir, afin qu'ils puissent à leur tour contribuer au bien-être de la société.

3. Ankipwa : Désillusion et Appel à la Rébellion

Ils nous ont soufflé dans le cœur, en nous soulevant. Ont fermé les yeux, en nous bousculant. Qui « ils », qui « nous » ? Ceux du pouvoir, et nous, le peuple qui parle. On ne connaît aucun regret au savant, qui nous a oubliés sur la table. Dans l’obscurité et le vent. Et lorsque la mer s’agite, les djinns - rapport au feu, au danger - tiennent l’espérance pour une chose éteinte. On nous a promis l’incroyable. Le fundi nous a fait vivre des amours de nuit. Les Anciens à sa suite nous ont appris l’arrogance, courant après une fortune de versets, la bêtise en bandoulière. Nos princes pensent que nous n’avons plus d’âme. Le temps est peut-être venu d’invoquer Tumpa, le terrible.

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Ce titre exprime la désillusion face aux promesses non tenues et à l'arrogance du pouvoir. La chanson dénonce l'oubli du peuple par les élites et appelle à la rébellion contre l'injustice. Elle évoque la figure de Tumpa, un esclave affranchi qui s'est rebellé contre le pouvoir sultanesque, comme un symbole de résistance et d'espoir.

4. Komoro : Un Hymne à l'Identité et à la Résistance

L’hymne de toute une génération, composé par Ali Affandi. On nous dit qu’il n’est pas d’issue, chante-t-il. On a pourtant vu l’Amérique et la Russie tomber sous le feu. On prétend que se soumettre est la seule vérité, parce que le seigneur blanc est plus savant. Mystère ! Ô miracle ! C’est bien la première fois que la mémoire a un visage et une couleur. Ne te fais pas petit ! chante-t-il encore. Ose leur dire : « Que le colon s’en aille ». Au pays, il dit : « Ô Comores/ notre soif, notre faim/ Embrasse ce monde/ Il nous appartient/ Même s’il est couru d’épines ».

"Komoro" est un hymne à l'identité comorienne et à la résistance contre l'oppression. La chanson rappelle l'histoire coloniale et appelle à ne pas se soumettre à l'autorité du colonisateur. Elle célèbre la beauté et la richesse du pays, malgré les difficultés et les souffrances.

5. Kondro : Prière pour une Terre Déchirée

Prière pour une terre défaite où l’humanité se mue en fauve. De la guerre des soroda ne découle que brisure et amertume. Les mères, oublieuses, ont choisi l’intranquillité à jamais, foutant le feu au destin commun, au nom du mythe et des vieilles querelles. La parentèle se noie, pendant que l’on remercie l’ogre de l’Europe. On passe et on repasse comme de pauvres hères, dixit le poème, pendant que l’étranger se gausse de notre mémoire. Ô Dieu…

Ce titre est une prière pour une terre déchirée par les conflits et la violence. La chanson dénonce la guerre fratricide et l'oubli des valeurs humaines. Elle exprime la douleur et la tristesse face à la destruction du pays et à la perte de l'identité collective.

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6. Maji ya limbi mtsanga : Réécriture d'un Morceau Mythique

Des histoires de Mshambulu, de pouvoir sans fin, de chaînes et de pitbulls. Ils disent qu’ils sont venus, qu’ils ont vécu et vaincu. Ils disent aussi qu’ils ont mangé les cerveaux et la dignité. Il était une fois la colonie… Une réécriture d’un des morceaux mythiques - Maji ya limbi mtsanga - du père du folkomorocean, Abou Chihabi. « A force d’être méprisé, l’eau finit (littéralement) par tendre le sable », s’exclame-t-il, en parlant du peuple.

"Maji ya limbi mtsanga" est une réécriture d'un morceau mythique du folkomorocean, qui raconte l'histoire de la colonisation et de l'oppression du peuple comorien. La chanson dénonce l'exploitation des ressources du pays et la destruction de la culture locale. Elle exprime la colère et la frustration face à l'injustice et à la perte de dignité.

7. Mavuzi ya landa : Critique du Pouvoir Tyrannique

Poils-de-porc-épic est un roi. Les cœurs se flétrissent sous son règne. Car le tyran ne souffre pas la critique. Il ne plaisante jamais avec sa proie, aime à faire le beau devant les taiseux. Il aime à faire valdinguer le pays, en suspendant les âmes de ses sujets. Il est le premier à prendre la parole sur la place publique, alors qu’il ne figure qu’un orphelin sans calot. Il ne parle et n’en a que pour sa famille. Poils-de-porc-épic, lorsqu’il veut attendrir son monde, se met en cravate. Il a la langue brillante des élites, alors qu’il passe son temps à rétrécir celle du peuple, qui sue à sa suite.

Ce titre est une critique acerbe du pouvoir tyrannique et de la corruption. La chanson dénonce l'abus de pouvoir, la suppression de la liberté d'expression et l'exploitation du peuple par les élites. Elle utilise une métaphore animale pour dépeindre le tyran comme un être cruel et impitoyable.

8. Ndjadjitswa : Appel à l'Action et à la Vérité

Ecrit par Boul des îles, l’homme qui fit la fierté de la scène folk à Moroni dans les années 1980. Le texte sonne comme un rappel. Cessons d’écarter l’inéluctable et agissons. Nous savons là où se niche l’obsession : « Je ne regrette pas mes paroles. Ne crains pas de me dire ce qui traîne au fond de ton cœur ». Contre l’attente, une vérité : « Ne restons pas là, prostrés, à espérer, pendant que le temps s’éparpille ». Les regrets ramènent à ce à quoi on n’a pas songé. À ce qui nous a perdu. L’amour, lui, s’en vient sans frapper. Nul n’en connaît l’origine exacte. Mais il ne disparaît jamais sans raison. Boul suggère de s’envoler comme les étoiles. En écho, d’autres paroles s’invitent dans le titre : « Une histoire de promesses et de folies/ Que l’on raconte à tous les gosses ».

"Ndjadjitswa" est un appel à l'action et à la vérité. La chanson encourage à ne pas rester passif face à l'injustice et à l'oppression, mais à agir pour changer les choses. Elle souligne l'importance de dire la vérité, de ne pas avoir peur d'exprimer ses opinions et de se battre pour ses convictions.

9. Si wadje : Le Pouvoir et la Perte de Dignité

« Nous ne sommes rien » répète le citoyen. Le pouvoir le fait danser, en lui tapant dessus. Il fait parler les osselets pour se maintenir en place, après lui avoir pris sa dignité. Il oublie que le Seigneur a offert une conscience à toutes et à tous. Il s’accroche à une complainte de zile zidu, pour satisfaire à sa passion des choses occultes. Joue des graines du large et d’une table d’astrologie, comme pour une litanie satanique. On l’a vu descendre dans la mer de Mdjumbi, à l’instar des maîtres du himbuki, en jurant qu’il enterrerait le peuple, telle une tornade. « Ceux qui dominent par la force disent par pudeur que nous sommes leurs loosers, mais Dieu seul sait ce qui est caché » se dit le poète, comme pour conjurer.

Ce titre dénonce l'abus de pouvoir et la perte de dignité du citoyen. La chanson critique le pouvoir qui manipule et opprime le peuple, en utilisant la force et la superstition. Elle exprime l'espoir que la vérité finira par triompher et que la justice sera rendue.

10. Undroni Blues : Repli Communautaire et Histoire d'une Ville

Le grand succès de Mwezi WaQ. à ses débuts. Dame Lune et Mister Soleil, qui se querellent à cause d’une terre où ils vivent bien tous deux. Une affaire de repli communautaire. Des « de souche » contre des « pièces rapportées » dans une ville. Undroni - la ville dont on parle ici -, aujourd’hui appelée Moroni, est la capitale comorienne. Son histoire remonterait, semble-t-il, au Dimani. Les vestiges de Mazwini sont encore là pour le signifier. Les djinns y ont veillé sur le saha de l’errance. Une vieille histoire qui date du temps de Mwazema la douce…

"Undroni Blues" aborde le thème du repli communautaire et des tensions entre les habitants d'une ville. La chanson raconte l'histoire d'Undroni (aujourd'hui Moroni), la capitale comorienne, et de ses habitants, divisés par des querelles intestines. Elle évoque l'importance de l'histoire et des traditions dans la construction de l'identité collective.

11. Sariko : Immigration et Peur de l'Autre

L’immigration fait peur. Les Comoriens, comme d’autres communautés, partent s’installer en France. Mais Sariko, petit personnage français au murmure agité, voudrait qu’ils s’en retournent d’où ils viennent. Car son pays, dit-il, en a marre de porter leurs maux. On lui rappelle alors le temps des possessions, des guerres occidentales, des mensonges du général De Gaulle, des coups tordus de Denard, des présidents assassinés. On lui dit que l’histoire est seule juge. « Qu’ils ferment leurs portes/ mettent le cadenas/ nous continuerons à y venir », chante le poème. Il dit aussi : « Nous sommes là/ parce qu’ils sont venus/ nous ont retournés les cerveaux/ ont fait suer nos âmes ».

Ce titre aborde le thème de l'immigration et de la peur de l'autre. La chanson dénonce le racisme et la xénophobie, en rappelant l'histoire coloniale et les responsabilités de l'Occident dans les problèmes des pays du Sud. Elle affirme le droit des Comoriens à immigrer en France, en soulignant les liens historiques et les injustices passées.

12. Mkolo : La Dépossession d'un Archipel

Titre emprunté au premier album de Mwezi WaQ. Une histoire d’un temps qui passe. Il était une fois le colon : « Vous avez décrété que cette terre n’appartenait à personne. Vous avez abusé de notre bonté, en vous appropriant ce qui avait sens à nos yeux. Vous vous en êtes pris au prince et au citoyen de ce pays ». La dépossession d’un archipel, résumée en un court poème.

"Mkolo" est une chanson qui dénonce la dépossession de l'archipel des Comores par le colonisateur. La chanson exprime la douleur et la colère face à la perte de la terre, de la culture et de l'identité. Elle rappelle l'importance de se souvenir du passé pour construire un avenir meilleur.

13. Ngayo ha ngayo : Chronique des Temps de Reddition

« Pas à pas, nous allons vers Maore/ Un, deux, trois et quatre/ Le shungu est brisé, disent les Anciens/ Un, deux, trois et puis non ». Une chronique des temps de reddition. Le shungu charrie de la nausée. Il n’est plus de paix possible sur ces îles. Ne reste plus que les conflits et les ailes de poulet au menu. Le « pimpon » de la gendarmerie française fait sa loi, désormais. La sécession et l’errance n’entraînent que « deuil ». Le pays marche au pas de celui qui traîne son goitre. Les handicaps et les coups tordus sont la sève qui sauve. Résistants et rebelles ne sont plus que paillassons ! Discours après discours, l’habitant de cet espace archipélique devient inexistant. Sauf sur Maore, île transformée - étrangement - en terre promise. Tous ceux qui l’abordent disent d’une seule et même voix : « mpaka tsho ». Le poète mime l’épuisement à l’arrivée : « Ya haya tsiwo/ ya hayi/ Ya haya tsiwo/ ya hayi ».

"Ngayo ha ngayo" est une chronique des temps de reddition et de désespoir. La chanson évoque la situation politique et sociale des Comores, marquée par la sécession de Mayotte et la domination française. Elle exprime la douleur et la frustration face à la perte de l'unité nationale et à la soumission à l'autorité étrangère.

14. Hale : Conte et Histoire de la Colonisation

Venez écouter le conte. Il était une fois des hommes sur cette île. Ils vivaient ensemble, avaient des enfants, des petits-enfants. Il y avait là un ministre, un sultan. Ils vivaient en paix. Leur islam était rempli d’humanité. Un jour, une chaloupe est arrivée sur le rivage. Remplie d’hommes et de babioles. On fit la fête. Le sultan se lia d’amitié avec les nouveaux venus. « J’ai entendu dire que le conte n’est ni mensonge, ni vérité. Mais l’histoire doit se poursuivre » dit le conteur. Passe les années. Les amis reçurent un bout de terre. Mais un jour ils firent irruption chez le sultan, avec des livres pleins de secrets, que les enfants se devaient d’apprendre pour sonder l’avenir. Les hommes coururent pour y apprendre des vérités. Ils les ont tellement apprises par cœur que c’est resté en eux. « Je dis bien par cœur, et non au fond du cœur » dit-il encore. Puis, ils ont commencé à se terrer dans le silence, à effacer leur mémoire, jusqu’à en perdre leur humanité. Une reprise d’une histoire condensée de la conquête à Maore, écrite par Baco, l’un des artistes les plus.

"Hale" est un conte qui raconte l'histoire de la colonisation de Mayotte. La chanson dénonce la manipulation et la tromperie utilisées par le colonisateur pour s'emparer de la terre et soumettre le peuple. Elle exprime la tristesse face à la perte de l'identité et de l'humanité.

La Comptine Colonie de Vacances : Un Chant d'Enfance et de Mémoire

Au-delà de l'œuvre engagée de Mwezi WaQ., il est intéressant de souligner le rôle des comptines dans la construction de la mémoire collective et de l'identité culturelle, en particulier dans le contexte des colonies de vacances.

Une Tradition Bien Ancrée

La comptine colonie de vacances existe depuis que les colonies existent, c’est-à-dire depuis la fin du XIXe siècle en France. Dès le début, les chants et les comptines faisaient partie intégrante du programme. Ces airs simples, souvent chantés en groupe, ont immédiatement trouvé leur place dans le quotidien des jeunes vacanciers.

Un Outil Pédagogique et une Source de Joie

Pourquoi ? Parce qu’ils rassemblent. Ils brisent la glace entre pitchouns venus d’horizons différents, installent des rituels, encouragent la participation et l’expression de soi. La comptine devient alors un outil pédagogique autant qu’une source de joie.

À Chaque Moment sa Comptine

Le matin, c’est souvent une comptine énergique qui lance la journée, dans un cercle d’enfants encore endormis. Lors des trajets en bus, les enfants crient presque les paroles. Pendant les jeux, les comptines accompagnent les règles ou servent de signaux. Et le soir, au bord du feu ou dans la salle commune, la comptine colonie de vacances prend une dimension plus douce, parfois même émotive.

Ces chansons ont un rôle très spécifique selon le moment de la journée ou l’activité. Certaines servent à annoncer un repas, d’autres à rythmer une file d’attente, à animer un jeu, à calmer les esprits avant le coucher. C’est un langage propre aux colons.

Une Mémoire Collective Chantée

On pourrait croire que ces comptines sont éphémères, qu’elles ne durent qu’un été. Pourtant, elles s’ancrent profondément dans la mémoire. De nombreux adultes, aujourd’hui, peuvent encore réciter par cœur une comptine colonie de vacances apprise plus jeune. Ces chansons deviennent des souvenirs éternels, capables de ramener des sensations précises des bons moments passés en colonie de vacances.

Le point fort de la comptine se trouve dans sa simplicité. Ce sont souvent des paroles drôles, absurdes, avec des refrains répétitifs. Et pourtant, elles restent en tête pendant des années. Certaines comptines sont transmises depuis plus de 40 ans, parfois légèrement modifiées, enrichies de vers inventés par les enfants eux-mêmes.

Les Animateurs : Chefs d'Orchestre de l'Ambiance

Impossible de parler de la comptine colonie de vacances sans évoquer les animateurs. Ce sont eux qui initient, répètent, relancent, modifient. Ils ont souvent leur propre répertoire, appris lors de leurs propres séjours ou formations. Un bon animateur sait qu’une bonne comptine peut dénouer un conflit, transformer l’ennui en rire, ou relancer l’attention d’un groupe fatigué.

Certains en font un art. Des tournois de comptines improvisées peuvent apparaître entre équipes, chaque groupe tentant de chanter plus fort, plus vite ou plus drôle que les autres. Ce mélange musical devient alors un jeu à part entière.

Comptine d'Hier et d'Aujourd'hui

Bien sûr, comme tout langage vivant, la comptine évolue. Les classiques comme « Il était un petit navire » ou « Pirouette Cacahuète » restent incontournables, mais les générations récentes y ont ajouté des références modernes : super-héros, jeux vidéo, réseaux sociaux. À l’oral, ça s’adapte, mais le but reste le même : réunir.

Aujourd’hui, avec les téléphones portables et les enceintes Bluetooth, certaines colos enregistrent même leurs propres versions des comptines, les diffusent en fin de séjour, les partagent sur YouTube ou envoient les playlists aux parents. Ce qui était autrefois éphémère devient sauvegardé. La comptine colonie de vacances prend donc une autre dimension : celle du souvenir digital.

Une Poésie Simple mais Joyeuse

Derrière les rires et les refrains, la comptine révèle aussi une forme de poésie populaire. Les jeux de mots, les rimes bancales, les blagues maladroites font partie de sa richesse. Elle offre un espace d’expression où l’absurde est roi, où les enfants se moquent des adultes, où les animaux parlent, où les objets chantent…!

Dans chaque comptine, il y a une petite leçon de vie, souvent cachée derrière l’humour : la solidarité, l’autonomie, l’écoute de l’autre. Grâce aux comptines en colo, on apprend aussi à créer ensemble.

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