Le Code de la route accorde une place importante aux piétons, considérés comme des usagers vulnérables en raison de l'absence de carrosserie protectrice. Cette vulnérabilité implique des droits et des devoirs spécifiques, tant pour les piétons eux-mêmes que pour les autres usagers de la route, notamment les conducteurs. Cet article détaille la réglementation applicable aux piétons, en particulier ceux conduisant une poussette, afin de favoriser une cohabitation harmonieuse et sécurisée sur la voie publique.
Définition du piéton selon le Code de la route
Le Code de la route définit le piéton comme toute personne circulant à pied sur la chaussée, le trottoir ou l'accotement. Cette définition englobe également les personnes en fauteuil roulant, celles utilisant un skateboard et les personnes tenant à la main un vélo ou tout autre deux-roues. Il est important de noter que la personne qui conduit une poussette est considérée comme piéton d'après l'article R412-34 du Code de la route.
Droits et devoirs des piétons
Bien que protégés par le Code de la route, les piétons sont tenus de respecter certaines règles. En présence de trottoirs ou d'accotements, ils doivent obligatoirement les emprunter. Cette obligation ne s'applique pas dans les zones spécifiques telles que les aires piétonnes et les zones de rencontre. Lorsqu'il n'est pas possible d'utiliser les trottoirs ou les accotements, les piétons sont autorisés à circuler sur la chaussée.
Pour traverser la chaussée en toute sécurité, les piétons doivent utiliser les passages piétons prévus à leur intention, à condition qu'il en existe un à moins de 50 mètres. En présence d'un feu de signalisation pour piéton, ils sont autorisés à traverser lorsque le feu est vert. En revanche, lors de la traversée d'une voie ferrée, le feu rouge pour piéton signale un arrêt absolu.
Sauf mention contraire, les enfants de moins de huit ans ont le droit de circuler à vélo sur le trottoir.
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Priorité et protection des piétons
Le Code de la route accorde une priorité aux piétons sur la chaussée. Dès qu'un piéton est engagé sur la chaussée, qu'il soit sur un passage piéton ou non, il est prioritaire par rapport aux véhicules qui y circulent. Ne pas respecter cette obligation constitue un refus de priorité, sévèrement puni par le Code de la route depuis 2018.
Lors du dépassement ou du croisement d'un piéton, une distance latérale de sécurité doit être respectée : 1 mètre en ville et 1,5 mètre hors agglomération.
Le trottoir : un espace dédié aux usagers vulnérables
Le trottoir est une voie publique partagée par les usagers vulnérables, incluant les piétons et ceux qui leur sont assimilés. Le Code de la route est chargé de la sécurité routière de tous et protège ces usagers.
Usage du trottoir
Le trottoir est réservé aux piétons. Les cyclistes et les conducteurs d'engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) y sont autorisés, à condition de mettre pied à terre.
Dans les zones de rencontre, les automobilistes peuvent circuler à proximité des piétons et des cyclistes.
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Infractions liées au trottoir
Le trottoir se distingue de l'accotement par une surélévation de 14 cm le protégeant des véhicules. Il est considéré comme un espace aménagé et réservé, et est donc protégé par des règles spécifiques du Code de la route.
La vitesse sur les trottoirs est limitée à 6 km/h pour les véhicules autorisés. La circulation des motos, tricycles, scooters et vélos y est strictement interdite. Les engins de déplacement personnel (trottinettes et skateboards) sont considérés comme des piétons s'ils n'ont pas de moteur. Motorisés, ils peuvent rouler sur le trottoir (à 6 km/h maximum) si la mairie l'autorise, ou sinon sur les pistes cyclables.
Le stationnement sur le trottoir est interdit à tous les usagers, car il représente un espace réservé aux usagers vulnérables.
Sanctions
Le non-respect de ces règles est classé en contravention de classe 4, correspondant à une amende de 135 €, sans retrait de points.
Risques et prévention des accidents impliquant des piétons
En 2022, 15 % des accidents de la route concernaient un ou plusieurs piétons. En tant qu'usagers vulnérables, les piétons sont particulièrement exposés aux risques de collision avec des usagers motorisés. En 2022, près de 488 piétons ont été tués et plus de 1990 ont été blessés suite à des chocs avec d'autres usagers de la route. 62% des piétons tués l'ont été suite à des collisions en agglomération.
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Les seniors, et plus particulièrement les personnes âgées de 75 ans et plus, sont les piétons les plus touchés par l'accidentalité routière, représentant 33 % des piétons tués chaque année. Cela est dû aux avancées de l'âge, qui réduisent les réflexes et les capacités auditives, et diminuent l'acuité visuelle.
Les mois les plus meurtriers pour les piétons sont novembre, décembre, janvier et février, en raison de la dégradation des conditions de visibilité et de la nuit qui arrive plus rapidement. Il est donc conseillé aux piétons de porter des dispositifs réfléchissants pour être plus visibles.
Comportements à risque des piétons
Les piétons ont parfois des comportements à risque qu'il faut pouvoir anticiper pour réagir de manière adaptée. En leur présence, il est conseillé de ralentir, ou même de stopper son véhicule au moindre risque.
Il est important de rappeler que lorsqu'un passage piéton est à moins de 50 mètres, le piéton doit l'emprunter afin de traverser la route. La sanction reste identique lorsqu'un piéton commet une infraction et passe lorsque le feu rouge passe au vert ou en dehors du passage clouté et tout autre zones piétonnes.
Indemnisation en cas d'accident
La loi du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, prévoit que le piéton sera indemnisé automatiquement du dommage corporel subi lors d'un accident, même s'il est responsable. Cette indemnisation est irrévocable, sauf si le piéton a provoqué intentionnellement l'accident ou en cas de faute inexcusable, notamment s'il est sous l'emprise de l'alcool (sauf pour les moins de 16 ans, les plus de 70 ans et les handicapés à 80 % ou plus).
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