Chaque individu est unique, et cette unicité se manifeste également au niveau de la composition sanguine. La compatibilité des groupes sanguins entre la mère et le bébé est une question importante pendant la grossesse. Cet article vise à éclaircir les aspects essentiels de cette compatibilité, en particulier l'incompatibilité Rhésus, ses implications et les mesures de prévention disponibles.

Les bases des groupes sanguins

Plusieurs systèmes permettent d’identifier les cellules sanguines, notamment les systèmes ABO et Rhésus. Ces systèmes permettent de définir la compatibilité ou l’incompatibilité sanguine entre un donneur et un receveur. Le groupe sanguin est déterminé par la présence ou l'absence de certains antigènes à la surface des globules rouges. Les principaux groupes sanguins sont A, B, AB et O, et chacun est associé à un facteur Rhésus, positif (+) ou négatif (-). Ainsi, une personne peut être A+, A-, B+, B-, AB+, AB-, O+ ou O-.

Le groupe sanguin est hérité des deux parents, de la même manière que d'autres caractéristiques physiques. Le groupe sanguin dépend de l’expression d’un gène ABO situé sur le chromosome 9 : A, B, AB ou O. Chaque parent transmet l’un de ses deux allèles à son enfant. Les gènes A et B sont dominants, tandis que le gène O est récessif. Cela signifie qu'une personne avec un génotype AO sera du groupe sanguin A, car le gène A s'exprime toujours.

Incompatibilité Rhésus : Qu'est-ce que c'est ?

Une incompatibilité Rhésus peut exister si la mère est de Rhésus négatif et qu'elle porte un enfant de Rhésus positif. Au quotidien, cela ne pose aucun problème dans le couple, mais un risque d’incompatibilité fœto-maternelle peut survenir lors d'une grossesse. En effet, il existe une chance sur deux que l'enfant hérite du Rhésus positif de son père. L'incompatibilité fœto-maternelle se caractérise par le fait que les globules rouges (Rhésus positif) du fœtus peuvent passer dans l’organisme de la maman. Ce dernier va réagir en fabriquant des anticorps (ou agglutinines) anti-Rhésus.

Normalement, les circulations sanguines de la mère et de son fœtus sont complètement séparées. Toutefois, dans certaines circonstances, un peu de sang du bébé peut passer dans la circulation maternelle. Cela peut se produire lors d'une amniocentèse, une fausse-couche, un décollement du placenta, une grossesse extra-utérine, un choc sur le ventre ou, plus fréquemment, lors de l'accouchement et de la délivrance.

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Heureusement, le risque d'une incompatibilité fœto-maternelle est quasi nul lors d’une première grossesse. En effet, c’est généralement au moment de l’accouchement et de la délivrance que les globules rouges du fœtus sont en contact avec le sang de la mère. Les anticorps développés par la maman ne sont donc plus dangereux pour le nouveau-né. Toutefois, ils peuvent l’être pour les grossesses suivantes, lorsque les enfants sont Rhésus positif, si les agglutinines restent dans le sang de la femme.

Risques et conséquences de l'incompatibilité Rhésus

Lors d’une autre grossesse, ces anticorps pourront attaquer et détruire les globules rouges du bébé si ce dernier est rhésus positif. Dans le pire des cas, rarissime aujourd’hui, le fœtus peut être atteint d’une forte anémie. Le traitement peut consister à remplacer le sang du fœtus. Une transfusion in utero est alors réalisée. Cette intervention corrige l'anémie sur une dizaine de jours et doit être renouvelée jusqu'à la naissance.

Après la naissance, la destruction des globules rouges se poursuit et libère la bilirubine, pigment jaune qui provoque chez l'enfant une jaunisse ou ictère. Dans les formes graves, la bilirubine est produite en grande quantité et va rapidement s'accumuler ; elle peut alors devenir toxique pour le cerveau du bébé, en l'absence de traitement.

Prévention et prise en charge

La prévention est telle que les situations graves sont quasiment inexistantes. Lorsqu’il est établi qu'on est Rhésus négatif et que notre compagnon est Rhésus positif, la surveillance de la grossesse est accrue. Chaque mois, une recherche et un dosage des agglutinines sont réalisés. En outre, une vaccination anti-Rhésus est pratiquée à 28 semaines chez toutes les femmes Rhésus négatif qui sont avec un homme Rhésus positif.

Cette vaccination consiste à injecter, à la mère, des immunoglobulines Anti-D. Le principe est d’éliminer le plus tôt possible les globules rouges de l’enfant passés chez la mère à l’aide d’anticorps Anti-D « prêt à agir » contenus dans ces immunoglobulines. Après un événement qui a pu favoriser le passage des globules rouges RhD positifs du bébé dans la circulation de la mère (liste ci-après). L’injection des anticorps Anti-D doit se faire dans un délai bref (72 h). C’est le moment où se produit souvent un important passage de globules rouges de l’enfant dans la circulation maternelle. L’injection d’une nouvelle dose d’anticorps Anti-D sera faite dans les 72 h.

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Ces immunoglobulines sont des anticorps anti-D extraits du plasma de donneurs RhD négatif, immunisés contre le groupe Rhésus D. Ces plasmas sont « négatifs » pour les virus des hépatites B et C, et le virus VIH.

Depuis peu, on a la possibilité de déterminer le rhésus fœtal en début de grossesse par une" simple" prise de sang maternelle. Tout au long de la grossesse, de petites quantités d'ADN du fœtus passent dans la circulation sanguine de la mère. Lorsqu'une femme est rhésus négatif, il lui manque une partie du gène rhésus (séquences d'ADN délétées). Sur un prélèvement sanguin, il est possible de rechercher spécifiquement ces séquences. Pour qu'elle soit parfaitement fiable, il est préférable de réaliser la prise de sang à partir de 11 à 12 semaines d'aménorrhée, afin que suffisamment d'ADN fœtal soit déjà passé dans la circulation sanguine maternelle.

En cas d'incompatibilité avérée, on vérifiera par prise de sang que la réaction maternelle contre les globules du bébé n'a pas débuté malgré les précautions. 72 h après l'accouchement, une injection d'anticorps est effectuée permettant ainsi de neutraliser les globules rouges rhésus positifs du fœtus/bébé, avant que la mère ne développe des anticorps.

Autres types d'incompatibilités sanguines

Il existe d'autres immunisations, dues à d'autres molécules sanguines. Elles sont plus rares et en général moins graves. Les iso-immunisations liées au groupe A, B et O ne donnent jamais de problèmes pendant la grossesse ; elles sont uniquement responsables de jaunisses légères après la naissance, qui si besoin cèdent rapidement à quelques séances de photothérapie.

Lorsque le bébé et la mère n’ont pas le même groupe sanguin (par exemple, une mère du groupe O et un bébé du groupe A, B ou AB), un problème d’incompatibilité sanguine peut apparaître.

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Détermination du groupe sanguin de l'enfant

Il n'est pas toujours possible de connaître à l'avance le groupe sanguin de son enfant. Si le père est du groupe AB et que la mère est du groupe O, l'enfant peut être du groupe A ou B. Le Rh dépend également de l’hérédité.

Le groupe sanguin peut être déterminé dès la naissance (prélèvement au niveau du crâne ou du talon). Toutefois l'examen n'est pas systématiquement pratiqué. Le cas échéant, toute personne voulant connaître son groupe sanguin peut demander la réalisation d'une prise de sang sur prescription médicale.

Groupes sanguins et paternité

Le groupe sanguin peut faire office dans le cadre d'une exclusion de paternité. En effet, lorsqu'un antigène est présent chez un enfant, il doit être présent soit chez sa mère, soit chez son père. Cependant, il n’existe que 4 groupes sanguins différents, le test n’est pas suffisamment précis pour confirmer la paternité d’une personne en particulier. Par exemple, les tableaux de possibilités de groupes sanguins confirment seulement que votre groupe sanguin est compatible avec celui de vos deux parents. Vous pourriez malgré tout être l’enfant biologique d’un autre homme que votre père présumé, s’ils portaient tous les deux le même groupe sanguin. Le test ADN reste à ce jour l’unique méthode pour confirmer une identité et une relation de filiation avec une précision de 99,99%.

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