L'un des principaux atouts de la crèche réside dans sa capacité à offrir un environnement ludique et stimulant pour les jeunes enfants. Le jeu est une activité centrale dans la vie d'un enfant, et il est essentiel de comprendre pourquoi les enfants jouent, quels sont leurs objectifs lorsqu'ils jouent et quelles activités ludiques peuvent être proposées pour favoriser un jeu de qualité.
Il est important de corriger une idée reçue : les enfants ne jouent pas pour apprendre, mais ils apprennent parce qu'ils jouent. Le plaisir du jeu est le moteur de tous les apprentissages chez les tout-petits. Leur jeu est une forme d'exploration du monde physique, de ses caractéristiques et des relations entre les différents éléments qui le composent, qu'il s'agisse d'objets ou d'êtres vivants, y compris les humains. Jouer a donc une valeur d'apprentissage unique et incontournable en petite enfance.
Cependant, il serait erroné de penser que nous devons forcer les jeunes enfants à jouer. Leurs jeux, ceux qu'ils créent eux-mêmes, sont les seuls qui correspondent réellement à ce qu'ils sont en mesure d'apprendre et à ce qu'ils sont en train d'apprendre. Nous devons donc adopter la pédagogie du jardinier, plus que celle du menuisier, lorsqu'il s'agit de jeunes enfants. C'est ce que les professionnels font à la crèche. Ils créent un environnement qui doit permettre à chaque enfant de s'épanouir, dans une bonne terre, avec des tuteurs souples et un arrosage quotidien. C'est dans cette terre, dans cet environnement, que les enfants trouvent de quoi créer leurs jeux. Il n'y a donc pas de plans établis, de productions ou d'objectifs attendus, comme savoir coller des gommettes dans un cercle à deux ans ou savoir chanter une chanson en langue étrangère. Il n'y a pas de petits coups de rabots bien placés comme des cours d'anglais ou de yoga au cours desquels l'adulte demande aux enfants un comportement ou une action spécifique correspondant à ses propres attentes. Mais il y a des univers ludiques avec des activités de motricité, d'expression, de manipulation, de construction ou d'imitation qui permettent aux enfants de jouer, tout simplement. Et à travers leurs jeux, ils vont faire leurs apprentissages, ceux qui sont en rapport avec leur développement et leurs capacités. Ceux dont nous savons qu'ils vont venir, mais pas vraiment à quel moment, comme la plante qui pousse plus ou moins vite, à son rythme.
Les Apprentissages par le Jeu
Les enfants vont apprendre à mouvoir leur corps dans l'espace et à le maîtriser pour se déplacer en étant de plus en plus habiles et stables, en coordonnant leurs membres avec leurs sens. Ils vont apprendre à repérer les corrélations entre leurs actions et les réactions des différents objets et matières qu'ils auront la joie d'explorer. Ils vont apprendre les règles des relations sociales en confrontant leurs désirs à ceux des autres et en recherchant comment établir des interactions avec des êtres aussi complexes que les humains. Ils vont même apprendre à ajuster leurs comportements sociaux aux autres sans se laisser uniquement guider par leurs différents états émotionnels.
Ainsi, à la crèche, les parents ne doivent pas s'attendre à ce que leur enfant suive une formation plus ou moins accélérée en pâte à sel ou en crayonnage, pas plus qu'en anglais ou en yoga. Mais ils peuvent être assurés qu'il va jouer et qu'il va apprendre, grâce aux professionnels, ces jardiniers de la petite enfance qui vont lui créer, à lui et aux autres enfants, un jardin riche dans lequel bien grandir.
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Exemples d'Activités Ludiques en Crèche
Voici quelques exemples d'activités ludiques qui sont proposées aux enfants à la crèche pour favoriser leur développement et leurs apprentissages :
- Objets multimodaux : Plus un objet est multimodal, c'est-à-dire qu'il fait appel à plusieurs modalités sensorielles (l'ouïe, l'odorat et le toucher par exemple), plus le bébé s'y intéresse. Il le manipule, le porte à la bouche et en découvre ainsi l'ensemble de ses caractéristiques physiques et de ses possibilités.
- Parcours de motricité : Ces parcours permettent aux enfants de se mouvoir sur des terrains à obstacles en lien avec les différentes manières de se déplacer et de comprendre comment placer son corps pour avancer, sauter, courir, pédaler, grimper, etc.
- Manipulation de matières : Le propre des matières est de se transformer sous l'action humaine. De ce fait cela intéresse particulièrement le bébé qui n'a de cesse que de chercher à comprendre la notion d'action/réaction du monde dans lequel il vit.
- Jeux symboliques ou d'imitation : Ces jeux permettent aux enfants de revivre avec des poupées ce qui se passe dans leur vie et avec leur propre corps. Ils peuvent conduire des petites voitures comme celle de leurs parents, jouer avec des animaux symbolisant ceux qu'ils rencontrent ou encore jouer à faire une piqûre comme chez le docteur ou à soigner, laver, faire à manger. Ils permettent aux bébés d'apprendre comment fonctionne cette vie de tous les jours en leur offrant la possibilité de la rejouer à leur guise.
- Assemblage et construction : Assembler des objets entre eux permet de fabriquer des outils, ce que les êtres humains font depuis le début de leur évolution. Le bébé humain est « programmé » en ce sens. Il assemble, construit, déconstruit, recommence encore et toujours, sans forcément avoir de but, mais pour comprendre que les objets entre eux forment de nouvelles structures différentes ou identiques. Ainsi il tri, apparie, rassemble, transporte ailleurs, et recommence.
- Activités de langage et de communication : Le bébé communique dès la naissance, et sans doute avant aussi. Il entre très vite en interaction par le regard, puis les mimiques, les gestes, les pleurs et les cris. Il s'exprime, parfois même bien davantage que ce que nous souhaitons. Baigné dans le langage parlé que nous utilisons pour communiquer avec lui, il va petit à petit sélectionner les sons qui reviennent le plus souvent, les apparier aux autres sons pour former des mots, puis des phrases. Il apprend et comprend le langage parlé bien avant de parler lui-même. C'est pourquoi les univers ludiques qui offrent des possibilités de jeux où l'enfant écoute, s'exprime, regarde, mime, bouge et utilise des objets de communication divers et variés sont indispensables. Ce sont bien évidement les livres, mais aussi les chansons, les danses, les marionnettes, les spectacles, la musique, etc.
Voilà l'ensemble des types d'activités ludiques qui seront proposées aux enfants à la crèche, de cette manière et pour faire ces apprentissages décrits.
Pédagogie Interactive : Une Approche Essentielle
La pédagogie interactive est une approche pédagogique qui a pris vie en Italie dans les années 60. Elle met l'accent sur l'efficacité en pédagogie et sur ce qu'il faut faire pour l'atteindre, une approche souvent nommée : « pédagogie active », « participative », ou « coopérative », dont les remarquables résultats sont reconnus depuis des décennies.
Dans le territoire de Granville Terre et mer, la pédagogie interactive est mise en place dans de nombreuses structures d'accueil d'enfants. Tous les jours à la crèche, et tous les jeudis matin, les assistantes maternelles du Relais parents assistantes maternelles (RPAM) et l'équipe du multi-accueil mettent en place des ateliers partagés dans le but d'une pédagogie interactive.
Lorsque le tout-petit est confronté à une situation qu'il ne connaît pas, notamment, dans le domaine du jeu ou d'activités, l'adulte, qui l'accompagne dans son développement cognitif, peut agir de plusieurs manières. La plus courante est « je montre à l'enfant », une autre consiste à laisser l'enfant appréhender cette situation, il va lui-même faire les essais et trouver la solution et une troisième repose sur la présence d'un autre enfant, sensiblement du même âge. Dans les espaces d'accueil ainsi que chez les assistantes maternelles, la troisième méthode est privilégiée.
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Ici, aux Poulpiquets, ainsi que dans les autres structures d'accueil de Granville Terre et mer (GTM), les espaces sont organisés pour mettre en œuvre cette approche interactive. Il faut bien sûr un temps d'adaptation mais, très vite, l'adulte découvre que le tout-petit est capable de soutenir son attention. Par ailleurs, il apprend à ne pas faire à la place de l'enfant. Les adultes en savent tous les jours un peu plus sur les capacités de l'enfant grâce à une observation ciblée. Et, pour mieux encore appréhender sa démarche cognitive, des séquences vidéo sont analysées, tournées alors que le petit est en situation de découverte.
Concevoir un Projet Pédagogique Interactif en Crèche
Concevoir un projet pédagogique en crèche s'avère crucial pour le développement et l'apprentissage des jeunes enfants. Un projet pédagogique bien structuré joue un rôle crucial dans le développement cognitif, émotionnel et social de l'enfant. En proposant des activités régulières et un programme éducatif adapté à leur âge, les enfants bénéficient d'une croissance harmonieuse. Les activités axées sur la résolution de problèmes et le jeu symbolique stimulent le développement cognitif, tandis que l'intégration d'activités favorisant l'expression des émotions et la gestion des relations interpersonnelles contribue à leur épanouissement émotionnel.
Un projet pédagogique réussi met l'accent sur l'importance de créer un lien fort entre la crèche et la famille. En impliquant les parents dans le processus éducatif et en offrant un soutien à la parentalité, les crèches favorisent une approche cohérente du développement de l'enfant.
La mise en place d'un projet pédagogique structuré assure la création d'un environnement à la fois riche en stimuli et sécurisant pour les enfants. En respectant les normes d'hygiène et de sécurité et en proposant des espaces adaptés aux besoins des différents âges, les crèches offrent un cadre idéal pour l'épanouissement des tout-petits.
Un projet pédagogique en crèche réussi commence par une définition claire des objectifs éducatifs. Ces objectifs doivent refléter les valeurs éducatives de la structure et être compréhensibles pour tous les acteurs impliqués. L'adaptation aux caractéristiques uniques de chaque enfant est cruciale. Cela inclut la prise en compte de leurs besoins, de leur rythme de développement et de leur environnement social. L'implication des parents et des professionnels est essentielle pour le succès d'un projet pédagogique en crèche. Les parents doivent être informés et impliqués dans le processus éducatif, ce qui renforce le partenariat entre la famille et la crèche.
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Activités Pédagogiques Innovantes
Dans le cadre d'un projet pédagogique en crèche, l'intégration d'activités pédagogiques innovantes joue un rôle essentiel dans l'épanouissement et l'apprentissage des enfants. Ces activités sont conçues pour stimuler la curiosité, développer les compétences cognitives et favoriser l'interaction sociale.
- Livres numériques et applications interactives: L'utilisation de médias numériques, y compris les livres numériques et les applications éducatives, encourage les enfants à lire et à apprendre de manière interactive.
- Itinérance ludique (Free-flow play): Cette approche permet aux enfants de circuler librement dans la crèche et d'explorer différents univers ludiques créés par les éducateurs.
- Activités musicales ludiques: La musique joue un rôle important dans le développement sensoriel et émotionnel des enfants.
Ces exemples d'activités pédagogiques innovantes illustrent comment un projet pédagogique en crèche peut être enrichi pour répondre aux besoins et stimuler le développement des enfants.
L'Itinérance Ludique : Une Approche Pédagogique Novatrice
Permettre aux enfants de s’épanouir en leur offrant des univers ludiques différents, voilà le fondement de l’itinérance ludique. Cette pédagogie mise en place par Laurence Rameau, une ex-directrice de crèche est le fruit de plusieurs années de recherche.
L’itinérance ludique est une pédagogie mise en place par Laurence Rameau, issue des enseignements de tous les grands pédagogues et des neurosciences. L’idée n’est pas de renier le travail de ses prédécesseurs mais d’aller encore au-delà. « On essaye de mettre en place une pédagogie nouvelle qui corresponde vraiment aux tout-petits » explique Laurence Rameau. En effet, les anciens pédagogues ont plutôt travaillé sur les plus grands. Le but de l’itinérance ludique est donc de trouver une pédagogie valable pour tous les enfants de la crèche.
L’itinérance ludique s’articule autour de trois grands principes : la libre circulation des enfants dans la crèche, la création d’univers ludiques, le fait que l’enfant soit auteur de son jeu.
- La libre circulation des enfants dans la crèche: Exit les sections ! Il faut désormais voir la crèche comme une unité pédagogique. En fonction de l’architecture et des contraintes de la crèche, les équipes vont faire en sorte que les enfants circulent comme ils le veulent à l’intérieur de cette unité. Ils ne sont plus enfermés dans un seul et même espace. « On supprime les barrières qui donne des airs de prison aux crèches. On laisse les portes ouvertes et on leur permet d’aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté », détaille Laurence Rameau. Les groupes d’âge n’existent plus : « on travaille plutôt de manière vertical. Nous sommes partis du constat que les enfants ont leur repères : l’endroit où ils mangent, où ils dorment. Cela suffit. Et quand ils se promènent, ils vont rencontrer des enfants qui n’ont pas le même âge qu’eux, qui ont un stade de développement différent », poursuit-elle. Et c’est là tout l’intérêt ! L’important est de laisser la possibilité aux enfants de faire des allers et retours dans les différents espaces proposés. « Cela correspond beaucoup plus à ce que les enfants sont à cet âge là. Cela leur permet de construire leurs pensées plus longuement. Ils vont ainsi rester bien plus que 10 minutes sur un jeu ! Ils peuvent en effet rester des heures sur une activité qui leur plait comme la patouille, les cartons… » fait-elle remarquer.
- La création d’univers ludiques: L’idée n’est plus de parler d’ateliers ou même d’activités. Dans l’itinérance ludique on parle « d’univers ludiques » valables pour des enfants de tous les âges. « On met alors en place un univers ludique autour du carton et un autre autour du ménage par exemple », explique l’ex directrice de crèche. « Puis on va collecter des objets ludiques : des cartons avec trous, sans trous, avec rabat ou pas pour le premier, des seaux, des chiffons, des brosses, pour le deuxième… » poursuit-elle. Et la seule question que les professionnels ont à se poser à ce moment là est : qu’est-ce qu’ils vont faire avec tout ça ? Chaque jour, vous allez être étonnés de voir comment les enfants vont s’approprier ces univers et ces objets. Ils sont en effet à l’âge de la découverte des objets et n’ont pas de représentation du monde. Avec les gommettes par exemple, ce qui les intéresse n’est pas de les coller dans un sapin mais plutôt de voir si elles peuvent se déchirer, coller sur la table, sur leurs mains…etc.
- L’enfant : auteur de son jeu: Grâce aux différents objets ludiques fournis, l’enfant n’est pas seulement acteur de son jeu, il en est l’auteur. Il décide de ce qu’il va faire. Certains vont explorer la texture du carton, d’autres vont faire l’expérience du contenu et contenant en entrant dedans et en en sortant ; d’autres encore vont en faire une voiture ou une maison. Idem pour l’univers ménage ! Certains vont manipuler les chiffonnettes, d’autres vont les mettre dans un sceau, d’autres encore vont faire semblant de faire du ménage. « De cette manière, on répond aux attentes de toutes les tranches d’âge », assure Laurence Rameau.
Itinérance Ludique vs Jeu Libre
L’évocation du terme "jeu libre" fait gentiment sourire Laurence Rameau : « le jeu ne peut pas être autrement que libre, sinon ce n’est plus du jeu ». Là où sa pédagogie rejoint celle du « jeu libre », c’est le fait que l’enfant joue sans avoir de règles imposées. Mais elle se différencie sur bien d’autres points.
Souvent, dans les crèches, la journée alterne entre « jeu libre » et « jeu dirigé ». « Il y a une alternance du laisser- faire avec le faire faire. Dans l’itinérance ludique, nous ne sommes pas dans cela. Nous sommes toujours dans le « permettre de faire » explique Laurence Rameau. Mais permettre, ce n’est pas « tout laisser faire », précise -t-elle.
Autre point non négligeable : la sur-stimulation présente dans le jeu libre. Maria Montessori recommande différents coins : coins poupées, gommettes, dinettes, jeux de construction… « Mais ce qu’avance cette grande pédagogue est plutôt valable pour les enfants à partir de 4 ans. Avant cet âge, les petits ont envie de tout et ne peuvent pas choisir », fait remarquer Laurence Rameau. « Dans l’itinérance ludique, on range et on organise l’environnement pour que le jeu ne soit pas sur-stimulant, pour leur permette de se concentrer et de faire des apprentissages en rapport avec leurs recherches de bébé ».
Enfin, la place des professionnels n’est pas du tout la même pendant le jeu libre ou l’itinérance ludique. « Quand vous avez 10 coins thématiques vous n’avez pas 10 adultes pour les accompagner. Ils font de la surveillance » pointe l’ancienne directrice de crèche. Dans l’itinérance ludique, les enfants sont donc accompagnés par les professionnels et pas sur-stimulés.
Mettre en Place l'Itinérance Ludique
Mettre en place l’itinérance ludique nécessite de gros changements de points de vue. « Il faut déjà se dire qu’on travaille en équipe, pas chacun dans son coin, section par section », conseille Laurence Rameau. « Il faut ensuite modifier son point de vue par rapport à sa position de professionnel vis à vis de l’enfant, » poursuit-elle. Et c’est peut être le point le plus difficile. « Vous n’êtes pas là pour dire à l’enfant comment il faut faire mais pour mettre en place l’environnement qui va lui permettre de faire », nuance la spécialiste. Il faut sortir du schéma qui consiste à penser qu’on est un bon professionnel parce qu’on montre une production de l’enfant aux parents. « Il faut comprendre que vous n’êtes pas forcément un guide pour l’enfant mais celui qui le voit, le comprend, suis son état émotionnel, l’ accompagne dans ses progrès. L’intérêt de votre travail est alors beaucoup plus grand » assure Laurence Rameau. De cette façon, vous entrez en effet dans la pédagogie de l’étonnement ! Vous ne vous attendez rien et vous allez chaque jour être étonné de la manière dont les enfants vont s’approprier les objets ludiques. « Et c’est ça que vous allez restituer aux parents le soir » s’enthousiasme Laurence Rameau !
Pour mettre en place les univers ludiques, vous allez discuter en équipe de ce que vous souhaitez faire et des limites de chaque univers pour en définir les règles. L’enfant pourra prendre un objet et l’amener dans un autre univers ludique par exemple. En revanche, s’il s’agit de peinture, ce ne sera peut être pas le cas. A vous donc de définir tout cela en amont.
Pour trouver le bon nombre d’univers c’est simple : il y en autant qu’il y a de professionnels (moins un). Vous êtes 4, il y aura alors 3 univers ludiques en même temps pour laisser la 4ème personne en charge de tout le reste : les changes, les couchers, levers…Etc.
Après avoir décidé des différents thèmes, Laurence Rameau vous donne une astuce : introduire de la nouveauté. Vous laissez les univers toute la matinée et vous ajoutez au milieu de celle-ci un élément nouveau : crayons, foulards, boites… « Les enfants sont attirés par la nouveauté mais ont un grand besoin régularité. En introduisant de nouveaux objets, leur attractivité est relancée sans les perturber. Des chemins de pensées différents se mettent alors en place ce qui permet un développement cognitif important, » témoigne Laurence Rameau.
Un point reste essentiel : l’enfant va et vient autant de fois qu’il le souhaite dans les différents univers. Votre rôle dans tout ça ? Vous avez un rôle de « phare » pour l’enfant. Vous allez éclairer le jeu de l’enfant. Vous allez être une valeur ajoutée affective car vous allez lui dire que vous êtes content de le voir arriver dans votre univers, vous allez l’accueillir, le solliciter… Vous allez aussi avoir une valeur ajoutée sur le plan cognitif. Vous allez en effet mettre des mots sur ce qu’il fait : « tu le mets dans une grosse boite, une plus petite, c’est lourd, c’est léger… ». Enfin vous allez avoir une valeur ajoutée émotionnelle en venant lui demander s’il est content, pourquoi il est agacé, s’il est fâché… Vous effectuez alors un formidable travail d’accompagnement de l’enfant à différents niveaux.
« L’itinérance ludique est une pédagogie extraordinaire qui permet à la fois aux enfants de se sentir bien et aux professionnels d’avoir envie de venir travailler chaque jour grâce à l’étonnement qu’ils vont vivre au quotidien et à leurs grands rôles d’accompagnants », conclut-elle.
Compétences Essentielles pour les Professionnels de la Petite Enfance
Travailler dans le domaine de la petite enfance nécessite une palette de compétences qui ne s'acquiert qu'avec une formation adéquate. Cette formation permet non seulement d'assurer un environnement sûr et éducatif pour les enfants mais aussi de répondre aux défis constants posés par les nouvelles approches pédagogiques.
La capacité à communiquer de manière claire et efficace avec les enfants, les parents et les collègues est fondamentale. L'évolution constante des méthodes pédagogiques requiert une adaptation permanente de la part des professionnels. La familiarisation avec des approches telles que la pédagogie de projet ou l'approche Montessori permet de garantir une offre de service de qualité. La formation professionnelle est essentielle pour maintenir la qualité de l'accueil en crèche, en permettant aux équipes de se mettre à jour et de répondre aux besoins des enfants.
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