Les angiospermes, présents sur Terre depuis la fin du Jurassique, comprennent entre 200 000 et 250 000 espèces. Malgré une organisation constante des gamétophytes et des phénomènes de fécondation, les angiospermes présentent une grande variété biologique, tant au niveau de leur appareil végétatif que de leur appareil reproducteur. Cet article explore en détail l'anatomie de la fleur, en mettant en lumière ses différentes parties et leurs fonctions.
I. Structure Générale de la Fleur
Une fleur est issue du développement d’un bourgeon floral terminal ou latéral. Elle est portée par une tige, le pédoncule, insérée à l’aisselle d’une feuille, la bractée. L’ensemble est relié à un rameau. Les caractères morphologiques, le nombre et les relations entre les pièces florales peuvent varier d’une espèce à l’autre. Une fleur complète comprend généralement quatre verticilles de pièces florales, comme on peut l'observer chez le bouton d'or (Renonculacées).
1. Le Périanthe
Le périanthe est l'ensemble des pièces florales stériles protégeant les organes reproducteurs. Il est composé du calice et de la corolle.
- Le calice est l'ensemble des sépales.
- La corolle est l'ensemble des pétales.
Il arrive que le calice et la corolle soient difficiles à différencier. Dans ce cas, on parle de tépales à la place des pétales et des sépales, et le périanthe est nommé périgone. On rencontre par exemple des fleurs sans pétales, dites « apétales ».
2. L'Androcée
L’androcée est l'appareil reproducteur mâle de la fleur. Il est formé par les étamines. Chaque étamine est constituée d’un filet à l’extrémité duquel se trouve l’anthère contenant les grains de pollen.
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3. Le Gynécée
Le gynécée est l'appareil reproducteur femelle de la fleur. Il est formé de carpelles renfermant un ou plusieurs ovules. Les carpelles peuvent être libres ou soudés (partiellement ou entièrement), formant ainsi le pistil. Le nombre de carpelles est variable d’une espèce à l’autre. Les carpelles peuvent aussi se souder entre eux et former un ovaire unique (ovaire syncarpé).
4. Fleurs Hermaphrodites
Certaines fleurs sont hermaphrodites lorsqu’elles contiennent à la fois des étamines et des carpelles.
II. Inflorescences
Les angiospermes peuvent présenter une fleur unique, comme la tulipe, ou plusieurs fleurs. Ces dernières sont parfois dispersées et solitaires, mais plus généralement regroupées en ensembles nommés inflorescences. Il existe deux types principaux d'inflorescences :
1. Inflorescences Indéfinies
L’axe principal ne porte généralement pas de fleur. Les fleurs sont disposées selon un certain ordre sur cet axe principal qui finit par un bourgeon terminal.
2. Inflorescences Définies
Dans ce cas, l’axe principal est terminé par une fleur qui est la première à se différencier. Des axes secondaires peuvent se développer à l’aisselle de bractées, se comportant alors comme l’axe principal.
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III. Insertion des Pièces Florales
La position du gynécée par rapport aux autres verticilles floraux permet de distinguer différents types de fleurs :
1. Fleurs Hypogynes
Le gynécée est inséré au-dessus des autres verticilles (ovaire supère).
2. Fleurs Périgynes
Chez de nombreuses Rosacées, sépales, pétales et étamines sont soudés en un prolongement du réceptacle appelé hypanthium.
3. Fleurs Épigynes
Périanthe et androcée sont insérés au-dessus du gynécée (ovaire infère).
IV. Symétrie Florale
La symétrie florale est une caractéristique importante pour la classification des fleurs :
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1. Fleurs Actinomorphes
Les fleurs « en étoile », présentant un axe central de symétrie, donc à symétrie radiale, sont les fleurs actinomorphes.
2. Fleurs Zygomorphes
Les fleurs à symétrie bilatérale sont les fleurs zygomorphes. Si la symétrie est bilatérale (fleur zygomorphe), les pièces florales des différents verticilles sont placées sur des ellipses.
V. Formule Florale
La formule florale est une représentation symbolique de la structure d'une fleur. Les lettres donnent la nature des pièces florales :
- S pour sépales
- P pour pétales
- E pour étamines
- C pour carpelle
- T pour tépales
Les chiffres présentent le nombre de pièces florales. Par exemple, la tulipe, actinomorphe, présente 6 tépales, 6 étamines et 3 carpelles soudés avec un ovaire supère. Sa formule florale pourrait être représentée ainsi : T6 E6 C(3). (2C) : 2 carpelles soudés. Chez les monocotylédones, le nombre de pièces florales est souvent un multiple de 3.
VI. Diagramme Floral
Le diagramme floral est une représentation schématique de la disposition des pièces florales. Si la symétrie est axiale (fleur actinomorphe), les différents verticilles sont représentés par des cercles. Étamines : elles sont représentées au niveau des anthères par un « B ». L’appartenance à un même verticille peut être matérialisée par des pointillés. Le gynécée peut présenter différents aspects, comme 6 carpelles ouverts soudés en un ovaire uniloculaire à nombreux ovules à placentation centrale.
VII. Rôle des Insectes et Pollinisation
La pollinisation est le processus de transfert du pollen des étamines au pistil, permettant la fécondation et la production de graines. Le vent peut assurer cette fonction, mais l’opération relève alors du hasard. Pour les plantes qui produisent beaucoup de pollen, comme les graminées et les gymnospermes (principalement les conifères), cette méthode est efficace. Pour les autres, un élément extérieur est nécessaire pour amener les pollens vers l’ovule.
Les abeilles jouent un rôle crucial dans la pollinisation. Elles viennent chercher sur et dans les fleurs le nectar et le pollen pour leur propre consommation. Ce faisant, elles se couvrent de pollen, qu'elles déposent sur le pistil d'autres fleurs. Le pistil est souvent un peu gluant, ce qui retient le pollen. Le nectar est un liquide sucré, parfois sirupeux, sécrété par des glandes nectarifères présentes sur de nombreuses plantes. Les nectaires abritent ces glandes. Ils se trouvent dans les fleurs, à la base des organes floraux, sur les pétales, sépales, étamines, carpelles, ou à l’extérieur : sur les bractées, feuilles, pétioles, stipules, tiges. Il n’y a pas de différence prononcée entre ces nectaires floraux et extra-floraux.
Le nectar n’a pas tout à fait la même composition que la sève, dont il est issu, car il se déroule au niveau des tissus nectarifères des réactions biochimiques complexes. Le liquide est en majeure partie composé d’eau et de saccharose, mais il renferme d’autres sucres tels le glucose et le fructose (ou lévulose) et, à doses minimes, des principes qui contribuent à donner à un miel son parfum et sa saveur propres, sa « personnalité ». Le changement de la solution sucrée en miel commence déjà lors du voyage au cours duquel elle est accumulée dans le jabot de l’abeille. C’est dans son tube digestif que s’amorce la longue transformation : des ferments ou enzymes agissent sur le nectar. Le saccharose, sous l’action de l’invertase se transforme en glucose, fructose, maltose et autres sucres. Les modifications physico-chimiques se poursuivent dès l’arrivée à la ruche.
À son retour, la butineuse régurgite sa charge, la passe aux ouvrières, qui elles-mêmes la communiquent à d’autres et ainsi de suite. D’individu en individu, la teneur en eau s’abaisse en même temps que le liquide s’enrichit de sucs gastriques et de substances salivaires : invertase, diastase et gluco-oxydase. Là se tient le secret de fabrication. Simultanément, d’autres sucres sont synthétisés, qui n’existaient pas au départ. La goutte épaissie est déversée ensuite dans un alvéole. Le nectar, régurgité de nombreuses fois, est étalé sur les pièces buccales, afin que la surface d’échange avec l’air soit plus grande. Sa teneur en eau peut s’abaisser en moins d’une heure de près de 50 %, ce qui est considérable. Si nécessaire, des chaînes de ventilation s’organisent : l’air soufflé par les ailes des ventileuses accélère le processus. Lorsque cette teneur en eau tombera au-dessous de 20 %, le nectar sera devenu du miel « mûr». L’alvéole est obturée par un opercule de cire qui permet de le garder dans de bonnes conditions. Évaporation de l’excès d’eau et concentration en sucres sont donc les deux objectifs principaux.
VIII. Autres Aspects de la Fleur
1. Fleurs Doubles
La fleur double est celle dont quelqu’une des parties est multipliée au-delà de son nombre naturel, mais sans que cette multiplication nuise à la fécondation. Les fleurs se doublent rarement par le calice, presque jamais par les étamines. Leur multiplication la plus commune se fait par la corolle. Les exemples les plus fréquents sont dans les fleurs polypétales, comme les œillets, anémones, renoncules ; les fleurs monopétales doublent moins communément. Cependant on voit assez souvent des campanules, des primevères auricules, et surtout des jacinthes à fleur double. Ce mot de fleur double ne marque pas dans le nombre des pétales une simple duplication, mais une multiplication quelconque.
2. Fragrance et Nectar
La fragrance, l’offre en nectar et pollen sont des éléments clés pour attirer les pollinisateurs. Le nectar sucré est butiné par de nombreux insectes, notamment les abeilles, les papillons et les syrphes, mais aussi pour certaines espèces de chauves-souris ou d’oiseaux (colibris). La plante sécrète aussi des substances rendant ce nectar amer pour que chaque pollinisateur n’en consomme pas trop. Le parfum floral, l’amertume et le caractère sucré du nectar, par un dosage équilibré des substances attirantes et repoussantes, garantissent aux plantes une reproduction optimale. Le parfum floral, notamment pour les fleurs qui se font polliniser de nuit (chèvrefeuille), a un double rôle : attirer et guider les pollinisateurs qui sont récompensés par du nectar et du pollen.
3. Nyctinastie
Certaines fleurs se ferment le soir. Ce phénomène s’appelle la nyctinastie ; il est le résultat d’une réaction de la fleur à une stimulation (un stimulus ou des stimuli) extérieure. La température et la luminosité baissant à la tombée de la nuit, l’humidité augmente et certaines fleurs se referment. Ce mouvement est dû aux cellules de la base de la corolle.
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