Introduction

La montée des eaux, exacerbée par le changement climatique et les activités humaines, représente un défi majeur pour l'environnement et les populations. Les inondations, les ruptures de barrages et la perturbation des cycles naturels de l'eau sont autant de manifestations de cette crise. Cet article explore les causes et les conséquences de la montée des eaux, en mettant en lumière les limites planétaires dépassées et les solutions potentielles pour atténuer ce risque croissant. Il est nécessaire aujourd’hui d’apprendre à vivre avec les inondations et d’ancrer la culture du risque.

Les Inondations: Un Risque Naturel Amplifié

En France, l’inondation est le premier risque dit « naturel » par le nombre de personnes exposées (18,5 millions pour les inondations par débordement de cours d’eau et/ou submersion marine). Les inondations causent d'importants dommages économiques (53 % des indemnisations accordées depuis 1982 par le régime des catastrophes naturelles, soit 7,3 milliards d’euros). Au total, on estime qu’environ 85 % des communes françaises ont au moins un concitoyen résident en zone inondable.

Diversité des Inondations et Causes Multiples

Il existe plusieurs types d’inondations, elles peuvent avoir des causes multiples et parfois se cumuler. De fait, des solutions variées peuvent être mises en place pour atténuer le risque, qui doivent être adaptées à la situation.

Impact du Changement Climatique

L’impact du changement climatique sur ces phénomènes doit être intégré à leur gestion et anticipé. Les perturbations du cycle de l’eau douce sont liées au changement climatique, notamment la hausse des températures et le dérèglement des pluies.

Solutions Fondées sur la Nature

Les solutions fondées sur la nature permettent de réduire le risque d’inondations, avec des bénéfices pour le milieu naturel. À ce titre, la prévention des inondations et la gestion des milieux aquatiques doivent être pensées de concert.

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Les Barrages et le Risque de Rupture

Un barrage est un ouvrage établi en travers du lit d’un cours d’eau, retenant ou pouvant retenir de l’eau. Une rupture de barrage correspond à une destruction partielle ou totale de l’ouvrage et entraîne la formation d’une onde de submersion se traduisant par une élévation brutale du niveau de l’eau à l’aval, voire un gigantesque torrent. Ce type d’événement peut avoir des conséquences catastrophiques pour la population située en aval du barrage. Deux accidents de rupture de barrages sont survenus en France : en 1895, à Bouzey dans les Vosges et en 1959 à Malpasset dans le Var.

Classification des Barrages

Les barrages et digues sont classés selon 3 classes : A, B ou C en vertu du décret 2015-526 du 12 mai 2015. Ce classement dépend de la hauteur de l’ouvrage et du volume retenu. Les barrages les moins importants sont classés C et ont une hauteur minimale de 2 mètres. Les plus importants sont classés A, ils ont une hauteur supérieure ou égale à 20 mètres. Les barrages de classe B sont de hauteur supérieure ou égale à 10 mètres. Les barrages de plus de 20 mètres et de capacité supérieure à 15 millions de m3 sont soumis à un plan particulier d’intervention (PPI). Ce plan précise en cas d’accident sur le barrage, les modalités d’alerte de la population, d’évacuation éventuelle et l’organisation des secours.

Défauts Matériels et Interventions Humaines

Les exploitants de barrages sont soumis à l’obligation de déclaration des événements survenant sur ces ouvrages. La base de données ARIA du BARPI recense 445 événements survenus sur les barrages entre 1992 et fin 2017. 72 % des événements dont les origines sont connues ont pour cause un défaut matériel, 17 % une intervention humaine et les 11 % restant des causes diverses (perte de contrôle du procédé, dangers latents, malveillance, agression externe). Sur l’année 2016, le BARPI a recensé 36 EISH survenus sur des digues (notamment en lien avec la crue du Loing et de la Seine) et sur des barrages.

Les Limites Planétaires: Un Cadre d'Évaluation

Pour évaluer l’impact des activités humaines sur la planète, une équipe internationale de chercheurs a défini le concept des neuf limites planétaires. Ils ont identifié les seuils à ne pas dépasser pour préserver l’équilibre de la nature et maintenir des conditions de vie sur Terre favorables. La vie sur Terre dépend de neuf processus biologiques, physiques et chimiques, identifiés par l’équipe internationale de chercheurs du Stockholm resilience centre (SRC). Ces chercheurs ont établi les seuils à ne pas dépasser pour chacun de ces processus, sous peine de provoquer des modifications brutales et irréversibles à l’équilibre de la nature. Quand une limite planétaire est dépassée, on entre dans une zone « orange » d’augmentation des risques. Un deuxième seuil marque le passage dans une zone « rouge » de risque élevé. Depuis 2024, le Planetary boundaries science Lab publie un rapport annuel sur l’état de l’environnement.

Les Limites Dépassées

Deux limites en vert ne sont pas franchies : ce sont l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique et l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère. Trois limites sont en orange (limites dépassées, risque croissant) : le changement d’usage des sols, l’utilisation et cycle de l’eau douce, et l’acidification des océans.

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Interdépendance des Limites

Les neuf limites planétaires sont liées entre elles et dépendent les unes des autres. Par exemple, l’acidification des océans est liée au changement climatique : plus il y a de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, plus les océans en absorbent. Par ailleurs, la perte de la biodiversité dépend du changement d’usage des sols. Quand l’agriculture intensive ou les zones bétonnées remplacent les milieux naturels, comme les forêts ou les prairies, beaucoup d’espèces se retrouvent dépourvues d’habitat. Tous ces liens entre les mécanismes du système terrestre sont à prendre en compte pour trouver des solutions efficaces. Les neuf limites ne peuvent pas être considérées comme des problèmes à traiter séparément : il est nécessaire d’agir en prenant en compte l’ensemble des limites planétaires.

Changement Climatique et Concentration de CO2

Depuis la révolution industrielle, les activités humaines ont rejeté une quantité importante de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. La concentration de CO2 dans l’atmosphère est l’un des paramètres permettant de mesurer le changement climatique. La limite a été franchie. En 1850, la concentration de CO2 dans l’atmosphère était de 280 parties par million (ppm). Un autre paramètre pour mesurer le changement climatique est le forçage radiatif. Il s’agit de mesurer l’écart entre la quantité d’énergie qui rentre dans l’atmosphère (à travers les rayons du soleil) et la quantité d’énergie qui ressort vers l’espace.

Perte de Biodiversité

Pour évaluer l’état de la biodiversité, on peut mesurer combien d’espèces sur un million ont disparu en un an. La limite est fixée à 10 extinctions par an sur un million d’espèces. Les causes de la perte de biodiversité sont :

  • Le changement d’utilisation des terres, comme la déforestation, qui réduit les habitats naturels ;
  • L’exploitation directe des espèces, comme la surpêche ou la chasse ;
  • Le changement climatique qui modifie les conditions de vie des espèces. Certaines ne s’adaptent pas à la hausse des températures ;
  • Les pollutions de l’eau, de l’air et des sols qui modifient ou détruisent les milieux naturels ;
  • Les espèces exotiques envahissantes : ce sont des espèces qui perturbent les milieux naturels, car elles y sont introduites par l’Homme, volontairement ou accidentellement.

Perturbation des Cycles de l'Azote et du Phosphore

L’azote et le phosphore sont des éléments indispensables à la croissance des végétaux. Ils sont utilisés massivement comme engrais et se retrouvent dans les eaux usées, ce qui pollue les milieux aquatiques et perturbe les écosystèmes. Cette pollution est notamment à l’origine de la prolifération d’algues vertes, parfois toxiques. Alors que la quantité d’azote rejetée par les activités humaines devrait être inférieure à 62 millions de tonnes par an (Mt/an) à l’échelle mondiale, elle atteint 190 Mt/an en 2023.

Changement d'Usage des Sols et Déforestation

Le changement d’usage des sols s’évalue en comparant la surface des forêts aujourd’hui, par rapport à avant 1700. Pour le bon fonctionnement de la planète, il est nécessaire de conserver 75 % des forêts historiques. Aujourd’hui seules 60 % des forêts d’avant 1700 sont encore des forêts. Entre 2000 et 2018, les principales causes de déforestation à l’échelle mondiale sont l’extension des cultures (50 %) et l’extension des pâturages (38 %). En France, la surface des forêts augmente : elle est passée de 16,2 millions d’hectares (Mha) en 2010 à 17 Mha en 2020. Cependant, la France importe une quantité importante de matières premières agricoles.

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Perturbation du Cycle de l'Eau Douce

Le cycle naturel de l’eau est la façon dont l’eau circule sur Terre. L’eau des océans, des lacs et des rivières s’évapore grâce à la chaleur du soleil. Les végétaux transpirent également de minuscules gouttelettes qui s’évaporent dans l’air. Toutes ces gouttelettes montent dans l’atmosphère pour former des nuages, et lorsqu’elles sont trop lourdes elles retombent sous forme de pluie, de neige ou de grêle. Une partie de l’eau qui retombe sur Terre s’infiltre dans le sol et alimente les nappes souterraines.

Les perturbations du cycle de l’eau douce sont liées au changement climatique, notamment la hausse des températures et le dérèglement des pluies. Elles sont aussi dues aux activités humaines. Par exemple : les prélèvements d’eau pour l’agriculture, l’industrie et les ménages ou la création d’infrastructures comme les barrages. Les scientifiques évaluent deux indicateurs. L’eau « bleue », c’est-à-dire l’eau des rivières, lacs et nappes souterraines, et l’eau « verte » : la quantité d’eau absorbée par la terre et les végétaux. En septembre 2023, plus de 15 % des sols sur la planète étaient en déficit hydrique, c’est-à-dire que la quantité d’eau qui s’évapore des sols est supérieure à la quantité d’eau qui rentre dans la terre. En France, chaque année la ressource en eau peut devenir problématique, principalement durant l’été.

Introduction de Nouvelles Entités

Cette limite planétaire concerne toutes les substances chimiques ou biologiques rejetées dans la nature qui menacent la santé des humains, des animaux et des écosystèmes. Cette limite se mesure par le pourcentage de produits rejetés dans l’environnement sans test de sécurité adapté. Elle est largement dépassée. Les grands types de pollution en France sont : air, eau, sols, bruit, substances chimiques.

Acidification des Océans

Le CO2 est absorbé par l’océan de deux manières. Il se dissout naturellement dans l’eau à la surface, puis est emporté par les courants vers les profondeurs. Le carbone est aussi absorbé par les phytoplanctons, des algues microscopiques qui font de la photosynthèse : elles captent le CO2 et le transforment en matière organique et en dioxygène (O2) grâce à la lumière du soleil. Mais lorsque le carbone se dissout dans l’eau, les océans deviennent plus acides. Cette acidification affecte plusieurs espèces marines (dont les phytoplanctons) qui ne parviennent plus à constituer leur squelette calcaire, ou leur coquille. En effet, comme les planctons n’arrivent pas à fabriquer leur squelette calcaire, ils sont plus petits et moins nombreux. Or, ces organismes microscopiques sont à la base de la chaine alimentaire, et nourrissent beaucoup d’espèces marines. Autre exemple : les coraux ont du mal à se développer dans un océan acide. Ils sont pourtant un écosystème essentiel dont dépend de nombreux poissons, algues et crustacés.

Appauvrissement de l'Ozone Stratosphérique

L’ozone est un gaz qui se trouve dans une des couches supérieures de l’atmosphère : la stratosphère. Certains gaz, comme les chlorofluorocarbures (CFC), détruisent la couche d’ozone. Les CFC était utilisés notamment pour les climatiseurs, et les réfrigérateurs. Mais en 1987, de nombreux pays ont adopté le protocole de Montréal pour arrêter progressivement l’utilisation de ces substances. En France, les CFC ont été remplacés progressivement par d’autres gaz : les hydrofluorocarbures (HFC).

Augmentation des Aérosols dans l'Atmosphère

Les aérosols sont des particules solides ou liquides en suspension dans l’air. Si certaines de ces particules sont d’origine naturelle, une part croissante provient des activités humaines. Les aérosols affectent le climat, soit en réfléchissant le rayonnement solaire (ils provoquent alors un refroidissement), soit en l’absorbant (ce qui réchauffe l’atmosphère). Les polluants de l’air ont des effets sur la santé, l’environnement et l’économie.

Applications Locales des Limites Planétaires

Le cadre des limites planétaires est avant tout mondial. Il peut cependant être décliné à l’échelle nationale, voire locale. En octobre 2023, dans sa publication « La France face aux neuf limites planétaires », le Commissariat général au développement durable (CGDD) propose deux exemples d’application locale. Un exemple porte sur les produits agroalimentaires d’une entreprise de la grande distribution, l’autre sur le territoire du schéma de cohérence territoriale (SCoT) du Sud-Loire.

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