Introduction
Le 29 novembre 1947, l'Organisation des Nations Unies (ONU) adoptait la résolution 181, un plan de partage de la Palestine mandataire. Cette décision, survenant au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, visait à résoudre les tensions croissantes entre les populations juives et arabes en Palestine. Le plan proposait la création de deux États, un juif et un arabe, avec une zone internationale pour Jérusalem. Cet article explore en profondeur les tenants et aboutissants de ce plan, son contexte historique, ses conséquences immédiates et à long terme, ainsi que les perspectives qu'il a ouvertes et les impasses qu'il a engendrées.
Contexte Historique : Vers un Partage Inévitable
À l'issue de la Première Guerre mondiale, la Palestine, autrefois sous contrôle de l'Empire ottoman, est devenue un mandat britannique. La situation s'est envenimée après la Seconde Guerre mondiale. Le contexte international était favorable à la décolonisation, et la Shoah a rendu indispensable aux yeux de nombreux Juifs la réalisation du rêve sioniste. Les Britanniques, confrontés à une révolte quasi généralisée de la population juive, étaient incapables de maintenir l'ordre et subissaient de violents attentats. Débordé, le Royaume-Uni a fait appel à l'ONU pour régler le problème.
La Montée des Tensions en Palestine
En 1947, la Palestine était au cœur d'une crise aigüe. L'immigration juive s'intensifiait, alimentant les tensions avec la population arabe. Londres tentait de réguler l'immigration par des quotas, mais sans succès. Les attentats se multipliaient, et la région était dans l'impasse. L'ONU, nouvellement créée, est intervenue pour proposer une solution de partage.
Les Forces en Présence
Au moment du plan de partage, la population de la Palestine était composée d'environ 1,2 million d'Arabes et de 600 000 Juifs, ces derniers étant principalement des immigrants européens arrivés pendant la période du mandat. Les sionistes, cherchant à assurer la sécurité du futur État d'Israël, considéraient la continuité et l'expansion territoriales comme des garanties essentielles.
Le Plan de Partage de l'ONU : Détails et Adoption
Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies a voté le plan de partage de la Palestine. Ce plan prévoyait la division de la Palestine mandataire en trois entités : un État juif (sur 56 % du territoire), un État arabe (sur 42 %), et Jérusalem placée sous contrôle international (2 %). La résolution a été adoptée par 33 voix (dont celles des États-Unis, de l'URSS et de la France), avec 13 voix contre et 10 abstentions (dont celle de la Grande-Bretagne).
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Réactions au Plan
Le plan de partage a été accepté par la majorité des organisations sionistes, qui ont célébré la décision avec enthousiasme. Cependant, il a été rejeté par les Arabes, pour qui cette résolution représentait une grande injustice. Le soir même du vote, le Yishouv (la communauté juive en Palestine) a manifesté sa joie dans les rues, tandis que la colère montait parmi les Arabes de Palestine.
La Guerre de 1948 et ses Conséquences
La proclamation de l'État d'Israël le 14 mai 1948 a été immédiatement suivie d'une guerre entre Arabes et Juifs. Les pays arabes voisins ont attaqué le nouvel État, mais les forces israéliennes, bien entraînées et déterminées, ont finalement remporté la victoire en janvier 1949.
L'Expansion Territoriale d'Israël
À l'issue de la guerre, Israël a étendu considérablement son territoire par rapport à ce qui était prévu dans le plan de partage de l'ONU. L'État d'Israël s'étendait désormais sur environ 20 700 km², occupant près de 80 % de l'ancienne Palestine mandataire.
La Nakba : L'Exode Palestinien
Pendant la guerre de 1948, environ 750 000 Palestiniens ont été contraints de fuir leurs foyers, un événement que les Palestiniens appellent la Nakba (la catastrophe). Ces réfugiés se sont installés dans les pays arabes voisins, où ils ont souvent vécu dans des camps de réfugiés dans des conditions précaires. L'exode est devenu un élément central de l'identité palestinienne, marqué par la douleur et la mémoire de la terre d'origine.
L'Immigration Juive Massive
Après la guerre, le gouvernement israélien a mis en place une politique d'immigration juive massive pour assurer le poids démographique du jeune État. Des Juifs du monde entier ont été encouragés à immigrer en Israël, transformant la composition démographique du pays.
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Évolutions Postérieures et Accords de Paix
Après la guerre de 1948, Israël a continué à étendre son territoire lors de la guerre des Six-Jours en 1967, occupant le plateau du Golan syrien, le Sinaï égyptien et Jérusalem-Est. La paix avec l'Égypte en 1979 a abouti à la restitution du Sinaï, mais le Golan a été annexé en 1981.
Les Accords d'Oslo
Les accords signés par Yasser Arafat et Yitzhak Rabin en 1993 ont conduit à une reconnaissance mutuelle entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Ces accords ont jeté les bases d'un processus de paix visant à établir un État palestinien indépendant, mais ce processus a été entravé par des obstacles persistants.
Défis et Perspectives Actuelles
Soixante-dix ans après l'adoption du plan de partage de la Palestine, la situation reste complexe et conflictuelle. Les questions clés en suspens incluent le statut de Jérusalem, le sort des réfugiés palestiniens, les frontières de l'État palestinien et la sécurité d'Israël.
Le Statut de Jérusalem
Jérusalem, ville sainte pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, reste un point de friction majeur. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur État, tandis qu'Israël considère l'ensemble de la ville comme sa capitale indivisible.
Les Réfugiés Palestiniens
La question des réfugiés palestiniens et de leur droit au retour est une autre source de conflit. Les Palestiniens insistent sur le droit des réfugiés à retourner dans leurs foyers, tandis qu'Israël craint que cela ne modifie radicalement la composition démographique du pays.
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Les Frontières et la Sécurité
La délimitation des frontières de l'État palestinien et les garanties de sécurité pour Israël sont également des défis majeurs. Les Palestiniens réclament un État indépendant sur la base des frontières de 1967, avec des échanges de territoires mutuellement acceptables, tandis qu'Israël insiste sur le maintien d'un contrôle militaire sur certaines zones pour assurer sa sécurité.
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