L'histoire du conflit israélo-palestinien est intrinsèquement liée à la question du partage de la Palestine, une tentative de résolution qui a finalement échoué. Le 29 novembre 1947, les Nations unies ont pris une décision historique, proposant de diviser la Palestine en deux États, un juif et un arabe. Cette résolution, bien que célèbre, n'a été que partiellement appliquée, donnant naissance à l'État d'Israël mais laissant en suspens la création d'un État palestinien viable.

Les Promesses Contradictoires et les Ambitions Coloniales

Alain Gresh et Dominique Vidal, dans leur ouvrage "Palestine 47, un partage avorté", mettent en lumière les complexités de cette période. Ils rappellent que la Terre sainte avait été "trois fois promise" par les Britanniques pendant la Première Guerre mondiale, à deux souverains arabes rivaux et aux sionistes dans la déclaration Balfour.

Après la Première Guerre mondiale, la Palestine est passée sous mandat britannique. Oublieux des promesses faites aux Arabes et sourd aux aspirations juives, le pouvoir colonial britannique a cherché à conserver sa mainmise stratégique sur la région. Les Britanniques ont finalement saboté les efforts de l'ONU naissante pour résoudre la question de la Palestine.

Le Rôle Décisif des Grandes Puissances

La volonté de Washington et de Moscou, faisant une dernière fois cause commune avant la guerre froide, a été décisive. Gresh et Vidal insistent à juste titre sur la force du soutien soviétique au projet sioniste. Dès mai 1945, Andréi Gromyko avait annoncé la couleur : "Oui au partage." L'URSS et ses alliés ne se sont pas contentés de voter la résolution de novembre. Ils ont laissé partir "leurs juifs" vers la Palestine et ont fourni à Ben Gourion les fusils tchèques de la victoire. Pour Staline, à l'époque, un objectif prime : chasser l'Anglais. Il tenait les juifs progressistes "pour de meilleurs alliés potentiels" au Proche-Orient que "les Arabes retardataires et féodaux". L'URSS sera lente à perdre ses illusions.

La Guerre de 1948-1949 et ses Conséquences

Avant même le départ des Britanniques et la fin du mandat, des combats sont engagés entre les deux parties : les Palestiniens veulent empêcher le partage de la Palestine et la mise en place du plan de l’ONU et les Juifs veulent sécuriser la zone qui leur est attribuée par le plan de partage, ce qui passe par l’expulsion des populations arabes. Les Palestiniens sont encadrés par des partisans du grand mufti de Jérusalem, Hajj Amine al-Husseini et sont aidés par l’Armée de libération arabe, composée de combattants arabes. Quant aux Juifs, mieux préparés sur le plan de l’organisation militaire par leur participation à la Seconde Guerre mondiale au côté des armées britanniques, ils agissent au sein du Stern, de l’Irgoun et de la Haganah. Dans le domaine de l’armement, ils reçoivent en avril 1948 des armes tchécoslovaques.

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Le 15 mai 1948, lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël par David Ben Gourion, afin de soutenir les Palestiniens et par crainte que l’Etat d’Israël ne menace l’équilibre régional, les armées égyptienne, syrienne, irakienne, jordanienne et libanaise déclarent la guerre à Israël.

A la suite des combats, des négociations sont menées à Rhodes. Elles débouchent sur la conclusion de quatre armistices : israélo-égyptien signé le 24 février 1949, israélo-libanais le 23 mars, israélo-jordanien le 3 avril et israélo-syrien le 20 juillet. Ils portent principalement sur des questions territoriales. Sur le plan territorial, Israël, en plus de la partie issue du plan de partage de l’ONU, garde les territoires acquis pendant la guerre, occupant ainsi 78% de la Palestine : Israël se compose alors de la Galilée, de la côte jusqu’à Gaza, de Jérusalem ouest et du Néguev en totalité.

Le bilan humain de la guerre de 1948-1949 est lourd, aussi bien pour les Israéliens que pour les Arabes. Le lourd bilan humain se traduit également par l’exode d’environ 700 000 Palestiniens (les chiffres diffèrent en fonction des sources, allant de 530 000 à 900 000 réfugiés palestiniens), qui se réfugient dans des camps installés dans les Etats arabes voisins, au Liban, en Syrie et en Transjordanie.

La "Nakba" et la Question des Réfugiés

Chaque année, le 15 mai, au lendemain de la proclamation de l'Etat d'Israël, les Palestiniens commémorent la "Nakba", un mot arabe qui signifie "grande catastrophe". Il y a 75 ans, des centaines de milliers de Palestiniens étaient expulsés de leurs terres au lendemain de la proclamation de l'Etat d'Israël, le 14 mai 1948.

Selon Dominique Vidal, journaliste et historien, spécialiste du conflit israélo-palestinien, la "Nakba est le nom qu’ont donné les Palestiniens au fait d’avoir été expulsés en très grand nombre, 800 000 environ, de leurs foyers, durant la guerre qui commence avec le plan de partage, le 29 novembre 1947, et qui finit à l’été 1949 avec les armistices israélo-arabes".

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La stratégie des autorités israéliennes est protéiforme et prend également la forme d'une "guerre psychologique". La peur des Palestiniens se fonde également sur des massacres, comme celui de Deir Yassin, perpétré par l'Irgoun et le Lehi, dans la nuit du 9 au 10 avril 1948.

Avec la création de l'Etat d'Israël et le renforcement des capacités militaires de la jeune armée juive, cette tactique d'encouragement au départ se mue en stratégie délibérée d'expulsion. Résultat : 300 000 Palestiniens supplémentaires chassés sur les routes de l'exil.

Le 11 décembre 1948, les Nations Unies ont voté une résolution qui affirme "qu'il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers". Le 11 mai 1949, le gouvernement israélien endosse cette résolution lors de la conférence de Lausanne. Le lendemain, Israël est admis comme membre des Nations Unies. Mais depuis, la résolution n'a jamais été respectée.

Les Obstacles à la Paix et les Perspectives d'Avenir

La question du partage de la Palestine reste au cœur du conflit israélo-palestinien. Les frontières issues du plan de partage de l'ONU et des territoires conquis lors de la guerre de 1948-1949 sont toujours contestées. La question du retour des réfugiés palestiniens et celle du statut de Jérusalem restent des obstacles majeurs à la paix.

Certains estiment que la "Nakba" continue, sous une autre forme, avec la dépossession des Palestiniens de leurs terres. L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) dénombre aujourd'hui plus de cinq millions de réfugiés palestiniens.

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Dans ce contexte, la recherche d'une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien reste un impératif. La création d'un État palestinien viable, aux côtés d'Israël, est essentielle pour garantir la paix et la sécurité dans la région.

L'État d'Israël et le Sionisme

Selon une histoire bien connue, l’Etat d’Israël fut créé en 1948 en réponse au génocide nazi. Pourtant, le projet est largement antérieur à la seconde guerre mondiale. Les premières vagues d’immigration juive vers la Palestine datent du XIXe siècle. En novembre 1917, lord Balfour, ministre britannique des affaires étrangères, avait promis l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine. Le sionisme est né à la fin du XIXe siècle dans une Europe où sévit l’antisémitisme. Dans son ouvrage L’Etat des juifs (1896), Theodor Herzl prône la création d’un Etat pour les Juifs.

Le Rôle des Puissances Européennes et le Nationalisme Arabe

La fin de la seconde guerre mondiale voit le déclin des anciennes puissances coloniales française et britannique. Le nationalisme arabe s’organise, mais les Etats arabes rivalisent pour le leadership régional. Le Royaume-Uni s’en remet en 1947 à l’Organisation des Nations unies (ONU) pour trouver une solution. Celle-ci décide l’envoi d’une commission d’enquête en Palestine ; à son retour, elle prônera l’indépendance. Au sein de cette commission, les uns, majoritaires, prônent un partage en deux Etats, l’un juif et l’autre arabe, avec internationalisation de Jérusalem.

Les Conséquences du Découpage de l'Empire Ottoman

Quand on lis les livres d’histoire sur comment l’empire fut depecé on comprends que les Francais et les Anglais ont encouragé les nationalismes( Arabe, Kurde, Armeniens Juif/Sionisme) dans les provinces de l’Empire pour le destabiliser. Afin de se débarresser de leurs ingérences permanentes et liquider les autonomismes locaux, Les jeunes- Turcs au pouvoir depuis 1908 ont utilisé la manière forte et réprimé des populations entières dont les élites politiques Arabes. De plus , les Ottomans appellent au jihad les polutations des colonies francaises( afrique du Nord et Syrie) et anglaises( Egypte, Inde). La suite est connue : l’echec sanglant des Dardanelles, entrée en guerre des Ottomans à coté de l’Allemagne, armistice,accord secret de Sykes-Picot au Proche-Orient, trahison des engagements pris( en premier lieu du droit des peuples à disposer d’eux-m^me)constitution du foyer national juif(Londres veut aussi mettre de son coté la puissance oculte supposée des juifs sur la destinée de la Russie et des USA.

Les anglais n’ont fait que perpetuer cette vielle regle devenue tactique colonialiste DIVISER POUR REGNER aussi bien sur les critères religieux que de nationalité . Rien n’est plus etranger à l’Islam que le nationalisme, importation typique de l’Occident( Michel Aflak le gourou, le théoricien du nationalisme arabe est de culture française,, chretien ; tout comme le grand théoricien du nationalisme turc, Vambéry, était juif) pour dissocier la Umma, la communauté musulmane fondée exclusivent sur la foi. Les anglais furent les inspirateurs de la création de la Ligue Arabe sans doute pour mieux créer 3 bloc ennemis : turc, perse et arabe et peut etre aussi un 4e africain noir.

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