La ménopause est une étape naturelle dans la vie d'une femme, marquée par l'arrêt des menstruations et une diminution de la production d'hormones par les ovaires. Cette transition peut s'accompagner de divers symptômes, dont la sécheresse vaginale, qui peut affecter considérablement la qualité de vie. Les ovules vaginaux sont une option thérapeutique courante pour atténuer ce symptôme. Cet article explore les indications et l'efficacité des ovules pour la ménopause, en mettant l'accent sur des produits comme Premeno et Physiogine, ainsi que sur d'autres alternatives comme la prastérone (Intrarosa).
Comprendre la ménopause et la sécheresse vaginale
La ménopause est une période de transition importante dans la vie des femmes, marquée par l’arrêt des menstruations et une diminution des hormones produites par les ovaires. Pour certaines, elle se déroule sans heurts ; pour d’autres, elle est accompagnée de signes climatériques, c’est-à-dire des symptômes variés et souvent inconfortables : bouffées de chaleur, troubles du sommeil, douleurs articulaires ou encore sécheresse vaginale.
La sécheresse vaginale, en particulier, est un symptôme courant et inconfortable de la ménopause. Elle est causée par la diminution des niveaux d'œstrogènes, ce qui entraîne un amincissement et un assèchement des tissus vaginaux. Ce manque d’œstrogènes peut entraîner une diminution de l'acide hyaluronique, ce qui diminue l'humidité, l'élasticité et la stabilité tissulaire. Cette diminution entraîne également la modification de la flore vaginale.
Les ovules vaginaux : une solution locale
Les ovules vaginaux sont une forme de médicament insérée dans le vagin pour délivrer des principes actifs directement aux tissus locaux. Ils sont souvent utilisés pour traiter la sécheresse vaginale, car ils peuvent hydrater et lubrifier les tissus, soulageant ainsi l'inconfort.
Premeno : hydratation et protection
Les ovules gynécologiques Premeno sont conçus pour soulager la sécheresse intime tout en réparant et en protégeant la muqueuse vaginale. Ils peuvent être utilisés en cas de sécheresse vaginale liée à différentes causes, ainsi qu’en présence d’altérations ou de lésions des muqueuses. Chaque ovule vaginal contient 5 mg d'acide hyaluronique. L’introduction de l’ovule dans le vagin est facile.
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Premeno est un traitement contre la sécheresse vaginale, y compris pendant et après la ménopause. Les ovules vaginaux sont un traitement préventif des infections vaginales et des mycoses vaginales.
Comment Premeno agit contre la sécheresse vaginale ?
La manque d’œstrogènes peut entrainer une diminution de l'acide hyaluronique, ce qui diminue l'humidité, l'élasticité et la stabilité tissulaire. Cette diminution entraine également la modification de la flore vaginale. Les ovules ont pour action de réhydrater les muqueuses par l'absorption complète de l'ovule.
Utilisation et précautions
Pour le traitement initial, il est conseillé d’introduire un ovule le soir avant le coucher pendant 14 jours consécutifs. Les ovules peuvent s'utiliser pendant les menstruations. L'utilisation des ovules juste avant le rapport n'est pas conseillée car il peut y avoir un excédent de matière et cela peut être peu agréable pendant le rapport. Il est tout à fait possible d'utiliser les ovules en même temps qu'un pessaire.
Bien que la formule des ovules ne contienne pas d'huile et ne soit donc pas incompatible avec les préservatifs, une action mécanique comme un rapport sexuel peu après l'insertion de l'ovule peut interférer avec l'efficacité du produit.
Le risque d'effets indésirables est très faible car les principes actifs sont des substances apparentées à celle du corps humain (acide hyaluronique).
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Physiogine : l'apport d'œstriol
PHYSIOGINE 0,5 mg, ovule contiennent de l’œstriol, une hormone féminine naturelle. Contrairement aux autres œstrogènes, l'œstriol agit rapidement. Il se substitue à la perte de production d'œstrogènes. L’œstriol administré localement sous forme de PHYSIOGINE est très bien absorbé comme en témoigne l’élévation rapide des taux sériques d’œstriol. La concentration plasmatique est maximale 1 à 2 heures après l’application puis décroît pour revenir aux valeurs de base en 24 heures. Après administration vaginale de 0,5 mg d’œstriol la Cmax est environ 100 ng/ml, la Cmin environ 25 ng/ml et la Cmoyenne environ 70 ng/ml. Dans une étude clinique, les taux plasmatiques médians mesurés 12 heures après administration, suite à une exposition de 12 semaines de crème d'œstriol, étaient de 8,5 pg / ml (intervalle interquartile [IQR], 3,3-24,3). L’œstriol se lie presque en totalité (90 %) à l’albumine plasmatique. Contrairement à d’autres œstrogènes, l’œstriol se lie très peu à la SHBG (sex hormone binding globulin). L’œstriol, qui est un produit final de dégradation métabolique, est essentiellement excrété dans les urines sous forme conjuguée après 24 heures.
Utilisation et précautions
En cas d'oubli d'une dose: si la dose suivante est à moins de 12 heures prendre la dose manquée immédiatement. Si la prochaine dose est à plus de 12 heures, attendre le moment de la prochaine dose et la prendre à l'heure habituelle. Pour les produits à base d'œstrogènes destinés à une application vaginale, l'exposition systémique à l'œstriol reste proche des valeurs post ménopausiques normales, lorsqu'elles sont administrées deux fois par semaine. Il n'est pas recommandé d'ajouter un progestatif (voir rubrique 4.4). Chez les femmes qui n'utilisent pas de THS ou chez les femmes qui changent de THS continu combiné, le traitement peut être débuté le jour souhaité.
Ce médicament n'est pas indiqué pendant la grossesse. En clinique, à la différence du diéthylstilbestrol, les résultats de nombreuses études épidémiologiques permettent d'écarter à ce jour, un risque malformatif des œstrogènes seuls ou en association en début de grossesse.
Mises en garde et précautions d'emploi
Dans l'indication du traitement des symptômes post-ménopause, le traitement hormonal substitutif (THS) ne doit être instauré que si ces symptômes altèrent la qualité de vie de la patiente. Comme avec tout produit à base d'œstrogènes, une évaluation minutieuse de la balance bénéfice/risque doit être effectuée au moins une fois par an. La THS peut être poursuivie tant que le bénéfice est supérieur au risque encouru.
Avant de débuter ou de recommencer un THS, il est indispensable de recueillir les antécédents médicaux personnels et familiaux de la patiente. Un examen clinique et gynécologique complet (avec examen mammaire et pelvien) doit être pratiqué, en tenant compte des antécédents médicaux de la patiente ainsi que des contre-indications et des mises en garde concernant le traitement. Il est recommandé d'effectuer des examens médicaux réguliers, pendant toute la durée du traitement, dont la nature et la fréquence seront adaptées à chaque femme. Les femmes doivent être informées du type d'anomalies mammaires à signaler à leur médecin ou à leur infirmière (voir « Cancer du sein »).
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Afin de prévenir la stimulation de l'endomètre, la dose journalière ne doit pas dépasser 1 application (0,5 mg d'œstriol) et ne doit pas être utilisée pendant plus que 4 semaines (maximum).
Les risques suivants ont été associés à un THS systémique et s'appliquent dans une moindre mesure aux produits à base d'œstrogènes destinés à une application vaginale dont l'exposition systémique aux œstrogènes reste dans les valeurs normales en post ménopause lorsqu’ils sont administrés 2 fois par semaine.
Les données épidémiologiques issues d’une importante méta-analyse suggèrent l’absence d’augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes n’ayant aucun antécédent de cancer du sein et prenant des oestrogènes par voie vaginale à faible dose.
Les THS systémique sont associés à un risque accru de 1,3 à 3 fois plus élevé d’accidents thromboemboliques veineux (TEV), c’est-à-dire, la thrombose veineuse ou l’embolie pulmonaire. Les patientes souffrant d’états thrombophiliques connus ont un risque accru de TEV et la prise d’un THS peut augmenter ce risque.
Les facteurs de risque généralement reconnus pour le TEV comprennent l’utilisation d’œstrogènes, un âge avancé, une chirurgie majeure, une immobilisation prolongée, l’obésité (IMC> 30kg/m2), une grossesse / post-partum, un lupus érythémateux systémique et un cancer.
Les œstrogènes peuvent provoquer une rétention de liquides.
Au cours d'essais cliniques menés sur le schéma thérapeutique combiné ombitasvir hydraté/paritaprévir hydraté/ritonavir, avec ou sans dasabuvir, les augmentations du taux d'ALAT dépassant par plus de cinq fois la limite normale supérieure) étaient significativement plus fréquentes chez les femmes qui recevaient des médicaments contenant de l'éthinylestradiol. D'autre part, les femmes qui utilisaient une autre forme d'œstrogène que l'éthinylestradiol (par exemple, œstradiol, œstriol ou œstrogènes conjugués) présentaient une augmentation du taux d'ALAT comparable à celles qui ne prenaient aucun œstrogène.
Du fait de l'administration par voie vaginale et de l'absorption systémique minimale, des interactions médicamenteuses cliniquement pertinentes avec PHYSIOGINE 0,5 mg, ovule sont peu probables.
Intrarosa (prastérone) : une alternative hormonale
La prasterone (Intrarosa®), identique à la DHEA humaine est une nouvelle spécialité disponible sous forme d’ovules disponible en France depuis mai 2019. Mise en place dans le vagin, la prasterone est un précurseur inactif qui pénètre dans les cellules vaginales et est converti de manière intracellulaire en petites quantités d’estrogènes et d’androgènes spécifiques aux cellules vaginales. Les effets bénéfiques sur les symptômes et les signes de l’atrophie vulvo-vaginale sont exercés à travers l’activation des récepteurs vaginaux estrogéniques et androgéniques. C’est ce mécanisme qui explique le maintien lors du traitement de l’exposition systémique d’estradiol et de testostérone dans les valeurs normales observées chez la femme ménopausée non traitée9. La posologie est d’un ovule par jour au coucher. Chaque boîte contient 28 ovules et 6 applicateurs.
Efficacité clinique
Après administration intravaginale quotidienne de 0,50% de DHEA pendant 12 semaines, par rapport au début du traitement, le pourcentage de cellules parabasales a diminué de 27,7% par rapport au placebo (p <0,0001), alors que le pourcentage de cellules superficielles a augmenté de 8,44% par rapport au placebo (p <0,0001), le pH vaginal a diminué de 0,66 unité de pH par rapport au placebo (p <0,0001) et la dyspareunie est diminuée de 1,42 unité par rapport au score de gravité de base ou 0,36 unité par rapport au placebo (P 0,0002). Par ailleurs, la sécheresse vaginale modérée à sévère, présente chez 84% des femmes, s’est améliorée à 12 semaines avec 1,44 unité de score de gravité par rapport au niveau initial, ou 0,27 unité par rapport au placebo (P 0,004). Lors de l’évaluation gynécologique, les sécrétions vaginales, l’intégrité épithéliale, l’épaisseur de la surface épithéliale et la couleur de la muqueuse s’est améliorée de 86% à 121% par rapport au placebo (p <0,0001 pour toutes les comparaisons avec le placebo). Il n’y a pas eu de modifications des taux de stéroïdes sanguins circulants. Les seuls effets secondaires notés sont les pertes vaginales dues à la fonte de l’ovule chez environ 6% des femmes. En conclusion, l’administration intravaginale quotidienne de Prasterone à 0,50% (6,5 mg) a montré cliniquement un rapport bénéfices/ risque élevé.
Traitement hormonal de la ménopause (THM)
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est une solution qui peut être envisagée pour améliorer la qualité de vie pendant cette phase et prévenir certaines complications à long terme.
Qu'est-ce qu'un THM ?
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) vise à compenser la baisse des hormones produites par les ovaires après la ménopause. Il associe généralement :
- Les œstrogènes, pour atténuer les symptômes comme les bouffées de chaleur et prévenir la perte osseuse.
- La progestérone, indispensable pour protéger l’utérus en cas de prise d’œstrogènes.
Ce traitement n’est prescrit qu’après confirmation de la ménopause (habituellement après un an sans menstruations) et adapté à chaque femme selon ses symptômes, ses antécédents médicaux, et son mode de vie.
Types de THM
Le THM peut être administré de plusieurs façons, selon vos besoins et préférences :
- Voie orale : comprimés à avaler, pratiques et faciles à utiliser.
- Voie transdermique : patchs ou gels à appliquer sur la peau, qui permettent une absorption progressive des hormones et réduisent certains risques (notamment cardiovasculaires).
- Voie vaginale : crèmes, ovules ou anneaux, principalement utilisés pour traiter la sécheresse vaginale et les troubles locaux.
Bénéfices du THM
Le THM peut offrir des améliorations significatives pour de nombreux symptômes liés à la ménopause, tout en jouant un rôle préventif pour certaines maladies.
Sur les signes climatériques immédiats
- Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes : Ce sont les symptômes les plus fréquents et souvent les plus gênants. Le THM apporte généralement un soulagement rapide (parfois en quelques jours).
- Troubles du sommeil : En réduisant les sueurs nocturnes et l’anxiété, le THM favorise un meilleur repos.
- Douleurs articulaires et musculaires : Ces symptômes, souvent méconnus, peuvent être améliorés grâce au THM.
- Sécheresse vaginale et troubles urinaires : Les œstrogènes, notamment par voie locale, permettent de restaurer l’hydratation et l’élasticité des tissus vaginaux.
Sur la santé à long terme
- Prévention de l’ostéoporose : Le traitement hormonal réduit significativement le risque de fractures en cas de perte de densité osseuse.
- Santé cardiovasculaire : S’il est débuté dans les 10 premières années après la ménopause, le THM peut diminuer les risques d’accidents cardiovasculaires, notamment chez les femmes en bonne santé générale.
Contre-indications et risques liés au THM
Le THM est déconseillé dans les cas suivants :
- Cancers hormonodépendants : comme les cancers du sein ou de l’endomètre.
- Antécédents cardiovasculaires graves : infarctus, AVC ou embolies.
- Endométriose sévère : selon les cas, un traitement spécifique peut être envisagé.
- Certaines maladies du foie ou troubles de la coagulation : ces pathologies peuvent être aggravées par les hormones.
Les risques potentiels incluent :
- Cancer du sein : L’augmentation du risque est faible et dépend de plusieurs facteurs, notamment le type de progestatif utilisé, la durée du traitement, et la voie d’administration.
- Maladies cardiovasculaires : Ces risques dépendent du moment où le traitement est initié et de causes sur ajoutées comme le diabète, le tabagisme, certains antécédents familiaux cardiovasculaires…
Effets secondaires possibles
Les effets secondaires sont rares et généralement bénins, mais peuvent inclure :
- Sensibilité mammaire.
- Troubles digestifs légers.
- Rarement, pilosité accrue ou migraines.
Autres options et conseils
Outre les ovules vaginaux et le THM, d'autres options peuvent aider à gérer la sécheresse vaginale et les autres symptômes de la ménopause :
- Hydratants et lubrifiants vaginaux : Utiles pour améliorer la sexualité en cas de sécheresse vaginale.
- Soins lavants doux sans savon : Pour protéger la flore vaginale.
- Exercices de Kegel : Pour renforcer les muscles du plancher pelvien.
- Règles hygiéno-diététiques : Activité physique régulière, arrêt du tabac et de l’alcool, bonne hygiène alimentaire, apport suffisant en calcium et vitamine D.
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