Pour la grande majorité des femmes, l’ovulation se déroule sans qu’elles s’en rendent compte. Certaines disent, en revanche, qu’elle s’accompagne de douleurs voire de spottings (légers saignements). Mais aucun examen ne peut prouver le lien entre douleur, saignement et ovulation. Il est donc important de comprendre ce dont il s’agit, en rappelant le mécanisme de l’ovulation et les causes possibles de ces symptômes.

Mécanisme de l'ovulation

L’ovaire expulse un ovule qui, en cas de rapport sexuel, pourra être fécondé par un spermatozoïde. Si cette rencontre n’a pas lieu, la muqueuse utérine sera évacuée par les règles. Le cycle menstruel dure 28 jours en moyenne. Il commence au premier jour des règles et prend fin au premier jour des règles suivantes. L’ovulation dure environ 24 heures. Cette période correspond au moment où l'ovule est libéré et prêt à être fécondé. La durée de vie de l’ovule n’est que de 24 heures. Passé ce délai, il meurt, se désagrège et est expulsé lors des menstruations. L’ovulation est l’ultime étape de la période de fécondité, qui est de 5 jours environ. Il est possible de tomber enceinte pendant toute cette période fertile, car les spermatozoïdes peuvent vivre dans le vagin jusqu’à 5 jours, pour les plus vigoureux.

Qu'est-ce que le Spotting d'Ovulation ?

Les saignements qui surviennent au moment de l’ovulation ou plus exactement au milieu du cycle, n’ont en général rien à voir avec les règles qui, elles, sont abondantes. Il s’agit de petits saignements que l’on appelle « spottings ». Ils laissent de petites traces au fond de la culotte et ne sont pas continus. Ils ne durent généralement pas plus de deux jours.

En fait, s’il peut bien y avoir des saignements lors de l’ovulation, il ne s’agit pas vraiment de vrais saignements abondants comme ceux des règles, davantage de tout petits saignements nommés spotting. Il s’agit de pertes de sang très légères, parfois même de traces de sang dans les sécrétions de la glaire cervicale.

Causes Possibles des Spottings d'Ovulation

Le pic d’hormone lutéinisante (ou décharge ovulante) entraîne la rupture du follicule qui contient l’ovocyte mature (qui devient alors corps jaune), et l’expulsion de cet ovocyte mature (ou futur ovule). Il y a par ailleurs, au moment de l’ovulation, un brusque changement hormonal, avec une chute brutale des niveaux d’œstrogènes. Ainsi, il est possible que les petits spottings observés chez certaines femmes lors de l’ovulation résultent de la rupture de petits vaisseaux sanguins au moment de la rupture du follicule, ou d’une infime partie de la muqueuse utérine qui s’évacue du fait du brusque changement hormonal.

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Ces saignements qui surviennent au milieu du cycle peuvent être bénins. Mais toutes les pathologies gynécologiques peuvent se traduire par des saignements. Si les saignements se produisent sur plusieurs cycles d’affilée, il faut consulter.

En dehors du phénomène hormonal entourant l’ovulation, il existe en effet bien d’autres causes possibles de spottings : l’usage de contraceptifs hormonaux (stérilet hormonal, pilule contraceptive, implant…), la présence d’un fibrome utérin ou d’un polype, une grossesse, une petite plaie au niveau du col de l’utérus consécutive à un toucher vaginal ou à un rapport sexuel, ou encore à des pathologies plus graves (adénomyose, cancer de l’endomètre ou de l’utérus, une cervicite ou inflammation du col de l’utérus). Les infections sexuellement transmissibles (IST) peuvent provoquer des saignements légers entre les règles. La chlamydia et la gonorrhée peuvent entre autres causer des spotting, mais sont souvent accompagnées d’autres symptômes comme des pertes vaginales anormales ou des douleurs pelviennes.

A savoir que les causes organiques peuvent se produire lors d’un déséquilibre hormonal. Inversement, les causes hormonales peuvent aussi avoir des causes organiques. Dans la plupart des cas, ce sont les hormones qui provoquent le spotting. Si des spottings se produisent avant les règles, cela peut être dû à une insuffisance lutéale.3 La cause est hormonale. Les symptômes typiques de l’insuffisance lutéale sont une deuxième moitié de cycle raccourcie et des saignements intermenstruels. Le saignement au moment de l’ovulation est un saignement de privation hormonal.

Les inflammations des trompes de Fallope et des ovaires provoquent non seulement du spotting mais aussi de fortes douleurs abdominales pendant le cycle menstruel. Les fibromes sont l’une des causes organiques les plus courantes de saignements intermenstruels.8 Les myomes provoquent des crampes menstruelles dans 95 à 98% des cas, qui se caractérisent par des spotting. Si le saignement intermenstruel est dû à l’endométriose, la cause peut être également organique. Elle s’accompagne souvent de trouble du cycle menstruel. Il n’y a pas que les causes hormonales ou organiques qui peuvent déclencher des saignements intermenstruels. Les rapports sexuels peuvent irriter la muqueuse, autre élément déclencheur du spotting.

Douleurs d'Ovulation (Mittelschmerz)

Certaines femmes ressentent des douleurs dans le bas-ventre au moment de l’ovulation comme des tiraillements ou des picotements. Cela ne se produit pas chez toutes les femmes. La douleur d’ovulation est un signe secondaire de fertilité qui peut confirmer les jours fertiles du cycle menstruel en plus de la température basale et de la glaire cervicale.

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Caractéristiques des douleurs d'ovulation

L’ovulation douloureuse se manifeste par une gêne dans le bas-ventre et peut durer un à plusieurs jours. Certaines femmes arrivent à reconnaître la douleur d’ovulation - parfois du côté gauche ou parfois du côté droit de l’ovaire. Il est rare qu’il soit ressenti des deux côtés en même temps. Chaque femme qui ressent une douleur d’ovulation décrit la douleur d’une manière légèrement différente. En général, elle est clairement ressentie sur le côté gauche ou droit de l’abdomen inférieur. Si la douleur abdominale est ressentie d’un côté particulier, elle coïncide souvent avec le côté où se produit l’ovulation. Le côté peut changer tous les mois.

Les symptômes de la douleur d’ovulation apparaissent autour du moment de l’ovulation, c’est-à-dire jusqu’à quelques jours avant ou peu de temps après. Si on l’associe à un des symptômes de l’ovulation, on peut supposer que la douleur d’ovulation survient environ deux jours avant la hausse de la température basale. 5 Elle se produit souvent en parallèle avec les saignements d’ovulation.

Causes possibles des douleurs d'ovulation

Les causes de l’ovulation douloureuse ne sont pas clairement comprises. Les symptômes de l’ovulation douloureuse peuvent être attribués à une tension capsulaire dans l’ovaire lorsque le follicule se développe rapidement. Les follicules sont des enveloppes contenant chacun un ovule. Le péritoine peut être irrité par le liquide s’échappant du follicule. Après la rupture du follicule, les trompes de Fallope se contractent. Ce faisant, elles aident l’ovule à se déplacer vers l’utérus.

Douleur d'ovulation et période de fertilité

La question de savoir si la douleur d’ovulation indique réellement la période d’ovulation doit être répondue par « Non ». Les raisons en sont que l’on ne peut pas déterminer avec précision la connexion temporelle entre la douleur d’ovulationet la date d’ovulation et que chaque femme éprouve les symptômes différents. Cette analyse ne peut pas fournir une donnée exacte sur le jour de l’ovulation, mais seulement une approximation. La douleur d’ovulation peut tout de même aider à identifier la période de fertilité. Si vous souhaitez tomber enceinte, il est parfaitement logique d’utiliser la douleur d’ovulation comme guide. D’une part, il a été démontré que la douleur est généralement ressentie avant la date d’ovulation. Cependant, les douleurs abdominales de ce type ne doivent pas être considérées comme un symptôme fiable de la contraception, car le moment et l’intensité peuvent varier.

Diagnostic et Quand Consulter

Le spotting est un phénomène courant chez les femmes. Il s’agit d’un saignement vaginal léger qui apparaît en dehors des menstruations. Le terme « spotting » vient de l’anglais « spot » qui signifie « tache », faisant référence à l’aspect des pertes observées. Une femme peut constater un spotting sans que cela n’indique forcément une anomalie ou un trouble.

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Il n’est pas toujours nécessaire de consulter un médecin à cause du spotting, sauf pour la femme enceinte. Cependant, il est recommandé de consulter un gynécologue ou une sage-femme en cas de saignements anormaux. La consultation aura pour but de confirmer que le saignement constaté est du spotting bénin et ne cache pas une cause nécessitant une prise en charge médicale.

Signes d'alerte

Certains signes doivent alerter les femmes qui en souffrent et nécessiter un avis médical :

  • Si les saignements deviennent abondants et/ou réguliers (métrorragies) ;
  • Si les saignements sont suivis d’autres symptômes anormaux (fièvre, douleur, démangeaisons, etc.) ;
  • Si les saignements sont suivis d’une douleur sévère ;
  • Si la femme concernée pense être enceinte ;
  • Si les saignements se poursuivent après la ménopause ;
  • Si la femme saigne après un rapport sexuel.

Examens possibles

Le diagnostic du spotting est principalement basé sur le volume des pertes de sang et le moment où elles surviennent. Plusieurs examens peuvent être prescrits par le médecin, en cas de doute :

  • Dosage sanguin des œstrogènes et de la progestérone ;
  • Test de grossesse (en cas de suspicion de grossesse) ;
  • Examens microbiologiques (frottis vaginal) en cas de suspicion d’infection ;
  • Examens d’imagerie (IRM, échographie, scanner) pour s’assurer du bon fonctionnement d’un stérilet ou pour visualiser l’appareil génital féminin dans le but de détecter une quelconque anomalie ;
  • Biopsie endométriale nécessaire parfois pour évaluer le tissu de la muqueuse utérine.

Traitement et Prise en Charge

Le spotting ne nécessite pas de traitement médical particulier. En effet, le traitement du spotting dépend de sa cause :

  • Grossesse : Une fois la piste de la grossesse extra-utérine écartée, le spotting disparaît spontanément vers la fin du premier trimestre. Dans le cas contraire, des examens complémentaires sont réalisés et un suivi gynécologique minutieux est recommandé ;
  • Contraceptifs hormonaux : Ils sont ajustés ou changés pour réduire la fréquence du spotting ;
  • Préménopause : Le spotting annonce la ménopause et disparaît au fil des mois ;
  • Ménarche : Le spotting disparaît au fil des cycles menstruels ;
  • Infection génitale : Un traitement antibiotique peut être prescrit pour traiter l’infection et limiter les risques de complication ;
  • Médicaments : Si le spotting est causé par un déséquilibre hormonal, le médecin peut prescrire des médicaments pour réguler les hormones.

Dans certains cas graves (fibromes volumineux ou un cancer de l'utérus), une hystérectomie (ablation de l'utérus) peut être nécessaire.

Gestion de la douleur d'ovulation

La douleur d’ovulation est une douleur naturelle et ne nécessite fondamentalement aucun traitement. La douleur d’ovulation est généralement inoffensive pour la santé. Certaines femmes éprouvent de graves douleurs d’ovulation à mi-cycle. Si les symptômes diminuent aussi spontanément qu’ils se sont produits ou s’ils s’affaiblissent à nouveau rapidement, on peut supposer qu’il s’agit de la « douleur d’ovulation régulière ». Le repos et la chaleur, par exemple avec une bouillotte, peuvent vous aider si vous souffrez d’une douleur d’ovulation. Les médicaments et les analgésiques peuvent aussi vous soulager, mais pensez à en discuter avec votre médecin d’abord. Pour une solution plus naturelle, les plantes médicinales qui peuvent être prises sous forme de thé sont également censées avoir un effet régulateur. On recommandera par exemples les Alchémilles ou encore les Potentilles des oies. Pour les femmes qui souffrent de douleurs très intenses, des médicaments tels que les inhibiteurs de l’ovulation (par exemple la pilule) peuvent être considérés comme une forme de thérapie. Les analogues de la GnRH peuvent aussi être utiles, en particulier la Buséréline, la Synréline ou le Décapeptyl. Par conséquent, les femmes qui souhaitent avoir un bébé peuvent prendre des inhibiteurs de prostaglandine pour soulager les douleurs au moment de l’ovulation. Si ces remèdes ne soulagent pas la douleur d’ovulation, le gynécologue doit vérifier s’il n’y a pas un problème.

Prévention

Il n'existe pas de moyen infaillible de prévenir le spotting, car ses causes sont diverses et variées. Cependant, il est possible de prendre certaines mesures afin de réduire le risque de spotting :

  • Maintien d'un poids normal : l'obésité peut perturber l'équilibre hormonal et augmenter le risque de spotting ;
  • Gestion du stress : des techniques de relaxation telles que le yoga, la méditation ou la respiration profonde aident à gérer le stress ;
  • Pratiques sexuelles sans risque : la pratique de rapports sexuels sans risque peut aider à prévenir les infections sexuellement transmissibles à l’origine des spottings ;
  • La consultation régulière avec un gynécologue : elle permet de surveiller la santé reproductive et de détecter tout problème potentiel à un stade précoce.

Conclusion

Le spotting d'ovulation et les douleurs qui l'accompagnent sont des expériences courantes pour de nombreuses femmes. Bien que souvent bénins, il est crucial de comprendre leurs causes potentielles et de savoir quand consulter un professionnel de la santé. Une bonne hygiène de vie, un suivi médical régulier et une écoute attentive de son corps sont essentiels pour gérer ces phénomènes et maintenir une bonne santé reproductive.

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