L'ovulation est un moment clé du cycle menstruel féminin, un processus essentiel à la reproduction. Cet article vise à fournir une explication simple et complète de l'ovulation, en abordant son rôle, son fonctionnement, les signes qui l'accompagnent et les facteurs qui peuvent l'influencer. Comprendre l'ovulation est crucial pour la gestion de la fertilité, que ce soit pour concevoir un enfant ou pour éviter une grossesse.

Qu'est-ce que l'ovulation?

L’ovulation consiste en l’expulsion d’un ovule (ou ovocyte) par un des deux ovaires. Les ovaires sont des glandes de la taille d’une grosse amande, situées dans le petit bassin de part et d’autre et en arrière de l’utérus. Après son expulsion, l’ovule a une durée de vie de 12 à 24 heures. L'ovulation est donc le processus par lequel un ovule mature est libéré par l'un des ovaires, prêt à être fécondé par un spermatozoïde.

L'ovulation dans le cycle menstruel

L’ovulation est un phénomène physiologique faisant partie de tout un mécanisme de préparation du corps féminin à une éventuelle grossesse: le cycle menstruel. Le cycle menstruel commence le premier jour des règles et prend fin au premier jour des règles suivantes. Il est orchestré par la sécrétion de différentes hormones. L’ovulation intervient en moyenne au 14ème jour du cycle si l’on considère qu’il dure théoriquement 28 jours. En réalité, la durée d’un cycle et donc la date d’ovulation est très variable d’une femme à l’autre. Il peut durer de 26 à 32 jours. L’ovulation a lieu de manière certaine 14 jours avant les règles.

Le cycle menstruel est constitué de deux phases, avant et après l’ovulation, pendant lesquelles s’opèrent des changements anatomiques et physiologiques au niveau des follicules ovariens contenant les ovules, de la muqueuse utérine et du mucus sécrété du col de l’utérus (glaire cervicale).

  • Phase folliculaire: La phase folliculaire commence par l’élimination de la muqueuse utérine qui donne lieu aux règles c’est-à-dire à l’écoulement par le vagin d’un mélange de sang, de cellules de la muqueuse utérine, de bactéries et de glaire cervicale. S’ensuit une phase de sélection et de maturation dans l’ovaire d’un follicule contenant un ovocyte pendant les 7 jours suivants. Ce phénomène est sous la dépendance de la FSH, hormone folliculo-stimulante, secrétée par l’hypophyse, petite glande située sous le cerveau. Au départ, plusieurs follicules commencent leur croissance mais seul l’un d’eux mène sa maturation à terme, c’est le follicule dominant. Pendant cette phase, les ovaires secrètent des œstrogènes. Ceci va avoir deux conséquences. La glaire cervicale, mucus sécrété par le col de l’utérus devient plus fluide, translucide, aqueuse, alcaline quelques jours avant l’ovulation. Ce phénomène facilite le passage des spermatozoïdes dans l’utérus s’il y a rapport sexuel. A la fin de cette phase, se produit l’ovulation: le follicule se rompt à la surface de l’un des deux ovaires et libère un ovule dans latrompe de Fallope. Elle est déclenchée par la sécrétion abondante d’une autre hormone produite par l’hypophyse la LH (hormone lutéinisante). Ce phénomène se produit 14 jours avant la date des prochaines règles. L’ovule sera capté par la trompe et pourra y être fécondé par un spermatozoïde, si le couple a eu un ou des rapports sexuels dans les 48 à 72 h qui ont précédé. Tout ceci se passe du 1erau 14e jour en moyenne.
  • Phase lutéale: La partie du follicule restée attachée à l’ovaire après l’expulsion de son ovocyte, appelé corps jaune, produit de la progestérone qui s’associe aux œstrogènes pour maintenir la paroi de l'utérus épaisse et prête à accueillir l’ovule fécondé. Si une grossesse démarre, la cellule œuf qui est en train de se nicher dans l’utérus envoie des signaux hormonaux aux ovaires pour maintenir la sécrétion des hormones et un endomètre épaissi et gorgé de sang.

Le rôle des hormones dans l'ovulation

Au cours de la vie embryonnaire d’un fœtus féminin, des ovocytes (ovules) se forment dans les ovaires. A la naissance, l’ensemble du stock est constitué. Une petite fille naît avec 500 000 ovocytes répartis dans ses deux ovaires qui vont en majorité disparaître. Seuls 450 ovocytes arriveront à maturité et seront expulsés. Dans l’ovaire, les ovocytes sont entourés par des follicules, sorte de petits sacs. Chaque mois, plusieurs follicules se préparent à expulser leur ovule mais l’un deux prend le pas sur les autres, c’est le follicule dominant. Il augmente de volume et subit de nombreuses transformations. C’est la maturation. Puis, il libère son ovocyte. Ce phénomène se produit sous l’effet d’hormones sécrétées par l’hypophyse , une petite glande située à la base du cerveau. Appelées gonadotrophines, ces hormones sont la FSH (hormone folliculo-stimulante) et la LH (hormone lutéinisante).

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  • FSH (hormone folliculo-stimulante): La FSH va entraîner la maturation et l’augmentation de volume du follicule.
  • LH (hormone lutéinisante): Une forte sécrétion de LH entraîne, elle, la rupture du follicule et la ponte de l’ovule. Ces taux élevés d'œstrogène déclenchent une augmentation subite d'une autre hormone, appelée hormone lutéinisante (LH). L'ovulation se produit généralement 24 à 36 heures après le pic de LH. C’est la raison pour laquelle le pic de LH est un bon indice de prédiction de la fertilité maximale.

Signes et symptômes de l'ovulation

Bien que certaines femmes ne ressentent aucun signe particulier, d'autres peuvent identifier des indices indiquant l'ovulation.

  • Modifications de la glaire cervicale: Quelques jours avant et pendant l’ovulation, les pertes vaginales sont plus fluides, plus brillantes et plus élastiques que d’habitude. En effet, peu avant l’ovulation, la glaire cervicale , mucus sécrété au niveau du col de l’utérus, devient plus fluide et lâche, sous l’effet des œstrogènes secrétés par les ovaires pendant la maturation du follicule contenant l’ovule. À l’approche de l’ovulation, la glaire cervicale devient transparente et filante. Si vous en mettez entre deux doigts, elle s’étire comme un élastique : cette texture permet le passage des spermatozoïdes au niveau du col de l’utérus.
  • Douleurs abdominales: Le jour où les heures précédant l’ovulation, les femmes peuvent ressentir des crampes au niveau du bas-ventre lorsque l’ovocyte est en cours d’expulsion par l’ovaire. C’est le syndrome ovulatoire, la douleur peut être intense mais brève. Certaines personnes ressentent une douleur soudaine et constante dans le bas de l’abdomen, appelée « mittelschmerz » (de l'allemand « douleur du milieu »). Cette douleur a tendance à être légère, donc si vous êtes à l’agonie ou si la douleur persiste, cela pourrait indiquer un autre problème, comme l’endométriose, et vous devriez consulter un médecin. Si vous êtes attentives aux signaux de votre corps, vous pourrez parfois sentir cette douleur en bas du ventre, à gauche ou à droite, durant la période d’ovulation. Ce n’est pas une douleur forte, plutôt une sorte de pincement ou de crampe momentanée.
  • Changement de la température basale: Autre changement corporel, la température s’élève au-dessus 37° juste après l’ovulation. La température monte de quelques dixièmes de degrés pendant l’ovulation, cette hausse n’est donc pas suffisante pour être ressentie physiquement. Le lendemain de l’ovulation, la température du corps augmente de quelques dixièmes, 0,5 degré en moyenne. Le corps se maintient ensuite à cette température jusqu’aux règles suivantes.
  • Autres signes: Vous pouvez ressentir une douleur sourde dans le dos ou une chute soudaine de votre température lorsque vous ovulez. Autre signe courant : vos pertes peuvent devenir filantes comme du blanc d’œuf cru ou vos seins peuvent être douloureux. Certaines personnes trouvent qu’elles sont également plus sensibles aux goûts et aux odeurs.

Durée de l'ovulation et fenêtre de fertilité

L’ovulation est un événement instantané, qui décrit le moment où un ovule est libéré de l’ovaire. L’ovule vit environ 12 à 24 heures après sa libération, période que l’on appelle parfois le cycle d’ovulation. L'ovule peut uniquement être fécondé au cours des 24 heures suivant l'ovulation. S'il n'est pas fécondé, la muqueuse tapissant l'utérus dégénère (l'ovule disparaît dans le même temps) et vos règles commencent, ainsi une éventuelle grossesse est compromise.

Les spermatozoïdes peuvent rester actifs pendant une période allant jusqu'à cinq jours. La « période de fertilité » totale, si l'on prend en compte la durée de vie des spermatozoïdes et de l'ovule, est d'environ six jours. Les jours du cycle pendant lesquels vous êtes la plus fertile, et avez donc le plus de chances de concevoir si vous avez des relations sexuelles non protégées, correspondent au jour de l'ovulation et au jour qui le précède : ce sont les deux jours de fertilité maximale. Les quelques jours qui précèdent l'ovulation correspondent à des jours à fertilité élevée pendant lesquels vous avez également une chance de concevoir.

Comment détecter l'ovulation?

Plusieurs méthodes permettent de détecter l'ovulation et d'identifier la période de fertilité.

  • Courbe de température: Lorsqu’une femme prend sa température tous les jours du cycle le matin au réveil, avant de se lever, et qu’elle trace une courbe avec ses résultats, elle établit ce qu’on appelle une courbe de température. Celle-ci montre uneélévation de 4/10ème de degrésjuste après l’ovulation. La dernière température la plus basse correspond donc au jour de la ponte ovulatoire. Une seule courbe de température ne permet de prévoir la date de l’ovulation puisqu’on ne la connait qu’à posteriori. Il suffit de prendre tous les matins, au réveil, sa température dite « basale », et ce, avant de poser le pied par terre. En cas de difficulté à démarrer une grossesse, il peut être intéressant d’établir votre courbe de température sur quelques mois (deux ou trois), pour mieux comprendre à quel moment vous avez le plus de chances de tomber enceinte.
  • Tests d'ovulation: Des tests d’ovulation vendus en pharmacie (entre 15 et 45 euros les sept dosages) permettent de repérer soi-même l’ovulation. Dans les 24 à 36 heures avant l’ovulation, l’hypophyse, une petite glande située dans le cerveau secrète une hormone, appelée LH (hormone lutéinisante) qui va permettre de déclencher la ponte. Le test a pour but de détecter le taux de cette hormone qui est présente dans les urines. L’idéal est de faire un test tous les jours précédant l’ovulation. Les tests conventionnels de LH préviennent les couples un jour ou deux avant l'ovulation. Des tests d'ovulation sont proposés en vente libre dans le commerce pour faciliter la mise en route d'une grossesse. Ces tests réagissent avec l'urine pour indiquer les jours où on a le plus de chance de tomber enceinte après un rapport sexuel. Les tests d'ovulation clearblue notamment, sont particulièrement connus mais il en existe d'autres comme ovulatest ou encore Suretest.
  • Test post-coïtal: Un test post-coïtal peut aussi être envisagé. Il s’agit d’un test réalisé en laboratoire après un rapport sexuel entre le 11e et le 12e jour du cycle. Il consiste en un prélèvement de la glaire cervicale pour observer sa qualité et son interaction avec les spermatozoïdes. La glaire cervicale est un mucus sécrété par le col de l’utérus normalement plus fluide juste avant et au moment de l’ovulation pour faciliter le passage des spermatozoïdes dans l’utérus.
  • Échographie pelvienne et dosages hormonaux: Une échographie pelvienne (par voie vaginale) fait maintenant partie du bilan systématique. Des dosages hormonaux, sous forme de prise de sang à des moments précis du cycle, peuvent aussi être demandés par le médecin. Ils évaluent le taux des hormones comme par exemple la FSH, la LH, la progestérone et les œstrogènes.

Facteurs affectant l'ovulation

Plusieurs facteurs peuvent perturber l'ovulation, entraînant des cycles irréguliers ou une absence d'ovulation (anovulation).

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  • Troubles de l'ovulation: Une absence d’ovulation (anovulation) ou un trouble de l’ovulation (dysvoluation) sont les causes les plus fréquentes d’infertilité féminine. Les médecins parlent de « dysovulation » en cas de retard ou d’absence d’ovulation.
  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK): Le syndrome des ovaires polykystiques touche entre 5 % et 10 % des femmes. Le terme polykystique est un héritage des chercheurs qui ont découvert cette maladie. En réalité, ce ne sont pas des kystes qui se développent sur les ovaires mais des follicules contenant les ovules qui se développent au cours des cycles mais sans jamais arriver à maturité. Ils grossissent sans expulser leurs ovocytes et s’accumulent dans l’ovaire. Cette persistance perturbe la régulation hormonale. Le nom syndrome d’ovaires polykystiques regroupe en fait deux pathologies différentes. L’une n’affecte que les ovaires et ne provoque que des symptômes d’anovulation ou de dysovulation. La seconde s’inscrit dans un syndrome plus global avec un problème hormonal général. Les symptômes sont bien connus mais pas l’origine exacte de la maladie. Un dérèglement de la sécrétion des hormones sexuelles mâles, l’obésité ou la génétique constituent des pistes d’explication mais rien n’a été précisément identifié. La majorité des femmes qui n'ovulent pas et qui ne sont pas enceintes peuvent souffrir du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Le SOPK est une pathologie innée et peut empêcher l'ovulation (la libération d'un ovule) de manière régulière et constante. Ces femmes peuvent également présenter de l'acné à l'âge adulte ou une augmentation de la pilosité au-dessus de la lèvre supérieure ou sous le menton. Sur les échographies, il est possible d'observer de nombreux petits kystes au sein des ovaires ; ils resteront de petite taille.
  • Insuffisance ovarienne: L’insuffisance ovarienne se caractérise par des ovaires qui ne fonctionnent pas. Il n’y a pas d’ovulation ni de règles. L’insuffisance ovarienne secondaire ou précoce est en fait une ménopause précoce. Le nombre de follicules qui dégénèrent pendant un cycle sont plus nombreux que la normale, conduisant à un épuisement plus précoce des réserves d’ovocytes. Les cycles deviennent de plus en plus irréguliers avant l’âge de 40 ans jusqu’à la disparation complète de l’ovulation. Comme les follicules n’expulsent plus d’ovocytes, les œstrogènes et la progestérone ne sont plus produits. L’origine de l’insuffisance ovarienne n’est pas non plus connue de manière certaine. La prise en charge consiste d’une part à donner un traitement hormonal de substitution pour diminuer les symptômes de la ménopause.
  • Hyperprolactinémie: Pendant la grossesse, une hormone, la prolactine, est produite par l’hypophyse, une glande à la base du cerveau, pour participer au développement de la glande mammaire en vue de l’allaitement. La production anormale de cette hormone peut être due à certains médicaments comme les neuroleptiques ou la morphine. L’arrêt des médicaments permet alors un retour à la normale. D'autres pathologies pouvant empêcher l'ovulation comprennent un mauvais fonctionnement de la thyroïde (hypothyroïdie), une production élevée de prolactine (hyperprolactinémie) ; des troubles de l'ovulation peuvent également être observés au cours de la période précédant la ménopause (périménopause).
  • Ovulation tardive: Quand l’ovulation survient après le 21ème jour du cycle, on parle d’ovulation tardive. Elle peuvent aussi accompagner une affection assez courante : le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou des anomalies du fonctionnement de la thyroïde. Enfin ça peut être tout simplement la conséquence d’un gros stress ou d’un coup de fatigue.
  • Autres facteurs: Il arrive parfois que certaines femmes n'ovulent pas tous les mois, et cela peut être dû à plusieurs raisons. Si vos cycles durent généralement plus de 35 jours, il est possible que vous n'ovuliez pas régulièrement, voire que vous n'ovuliez pas du tout.

Traitements pour les troubles de l'ovulation

Les traitements ont pour but de rétablir une ovulation normale. Ils peuvent être médicamenteux ou chirurgicaux et agissent à différents niveaux.

  • Médicaments: Le citrate de clomifène est en général le premier traitement prescrit. Ce médicament sous forme de comprimés stimule la sécrétion des hormones FSH et LH qui provoquent la maturation du follicule et l’expulsion de l’ovocyte. S’il n’y a pas de résultat au niveau de l’ovulation, l’injection directe de FSH et LH par piqûres en sous cutané est envisagée.
  • Drilling ovarien: Le drilling ovarien consiste à percer une dizaine de petits trous de quelques millimètres à la surface de chaque ovaire grâce à un instrument délivrant un courant électrique. C’est une opération réalisée sous anesthésie générale par cœlioscopie, c’est-à-dire que le chirurgien va introduire une caméra et ses instruments par une petite incision au niveau du col de l’utérus.
  • Maturation in vitro (MIV): L’induction de l’ovulation peut être très mal supportée ou dangereuse pour certaines patientes. Dans ce cas, la maturation in vitro (MIV) peut être indiquée. Les follicules ne sont pas stimulés pour activer leur maturation mais prélevés non matures pour terminer leur croissance in vitro. Sous anesthésie, une aiguille est introduite par le vagin jusqu’aux ovaires pour ponctionner une vingtaine de follicules non matures. L’opérationindolore et ne provoquant pas de saignements est en général bien supportée. Les ovocytes contenus dans les follicules sont ensuite transférés dans une petite boîte qui contient exactement les éléments indispensables à leur maturation comme dans des conditions physiologiques: hormones, facteurs de croissance et sérum de la mère.

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