La ménopause, un moment charnière dans la vie d'une femme, signale la fin de sa période de reproduction et s'accompagne de divers symptômes et changements corporels. Généralement associée à la cinquantaine, elle peut parfois survenir plus tôt, modifiant ainsi les projets de vie des femmes concernées. Cet article explore en détail la ménopause, en particulier la possibilité d'ovulation après la ménopause, et les saignements post-ménopausiques.
Définition et causes de la ménopause
La ménopause est définie par l'arrêt des règles pendant plus d'un an, sans cause particulière. Elle survient généralement entre 45 et 55 ans, avec un âge médian de 51 ans. Les ovaires cessent de fonctionner, entraînant une carence en hormones, notamment en œstrogènes, ce qui explique l'arrêt des règles. À partir de ce moment, les femmes ne peuvent plus avoir d'enfants.
On parle de ménopause précoce, ou d'insuffisance ovarienne prématurée (IOP), lorsqu'elle survient avant l'âge de 40 ans. Ce phénomène rare touche 1 à 2 % des femmes et est rarissime avant 30 ans. La femme constate alors qu'elle a peu ou pas de règles et/ou qu'elle n'arrive pas à tomber enceinte, et ressent souvent des symptômes typiques tels que des bouffées de chaleur, de l'irritabilité, des sueurs nocturnes et/ou une sécheresse vaginale.
Le diagnostic de ménopause précoce est posé par une prise de sang montrant un taux peu élevé d'œstradiol associé à un taux élevé de FSH (hormone folliculo-stimulante), sur différents prélèvements espacés de plusieurs semaines. De plus, d'autres tests, génétiques et endocriniens, sont souvent effectués en parallèle pour en identifier la cause.
La ménopause précoce peut avoir plusieurs origines, notamment une anomalie génétique, une maladie auto-immune, un déficit enzymatique, une infection virale, le recours à une chimiothérapie ou radiothérapie, une ablation des deux ovaires, mais parfois aucune cause exacte n'est déterminée.
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Retour des règles : une confusion fréquente
Habituellement, le "retour de règles" désigne les premières règles d'une femme après un accouchement. Ainsi, le terme "retour de règles" est utilisé à tort chez les femmes ménopausées, puisque ce phénomène signifie un arrêt complet et non réversible du fonctionnement des ovaires et donc des menstruations. Si certaines femmes peuvent tout de même parfois présenter des saignements post-ménopausiques, il ne faut alors pas les confondre avec la reprise du cycle ovarien.
Ovulation et grossesse après la ménopause : mythe ou réalité ?
Dans le cadre de la ménopause précoce, il arrive parfois que l'ovulation ne s'arrête pas toujours complètement et que les ovaires recommencent à fonctionner pendant une courte période, permettant alors la libération d'un ovule et rendant une grossesse possible. Un retour temporaire des menstruations est alors observé, mais cette éventualité reste rare. Cette forme de ménopause atteint des femmes encore normalement en âge de procréer, et la problématique de l'infertilité doit être évoquée lors du diagnostic.
Malgré la définition de la ménopause comme l'absence de menstruation pendant une période de plus de 12 mois, l'ovaire peut "re-fonctionner" pendant des périodes courtes après un an d'aménorrhée de ménopause. Par conséquent, une grossesse naturelle ne peut pas avoir lieu pendant cette période, bien qu'une grossesse soit possible pendant la ménopause grâce aux techniques de procréation médicalement assistée.
Saignements post-ménopausiques : causes et solutions
Les saignements post-ménopausiques ne doivent jamais être considérés comme normaux et doivent toujours faire l'objet d'une consultation médicale. Plusieurs causes peuvent être à l'origine de ces saignements :
- Amincissement de la muqueuse utérine ou de la paroi du vagin (syndrome génito-urinaire de la ménopause) : lié à une diminution des sécrétions hormonales œstrogéniques, les parois deviennent fragiles, rendant les saignements plus fréquents.
- Effets secondaires du traitement hormonal : pour pallier les symptômes de la ménopause précoce et en limiter les effets, les femmes suivent souvent des traitements à base d'hormones, en général jusqu'à l'âge de 50 ans. Ce traitement peut être prescrit en continu, mais pas toujours, et peut alors entraîner des règles artificielles (comme sous pilule contraceptive).
- Présence d'un polype endométrial : il s'agit d'une excroissance bénigne qui se développe fréquemment au niveau de l'endomètre (paroi de l'utérus) chez les femmes ménopausées. La manifestation principale d'un polype est une hémorragie génitale. Le diagnostic est posé par une hystérographie, c'est-à-dire une observation endoscopique de la cavité utérine.
- Présence d'un fibrome utérin : il s'agit d'une tumeur non cancéreuse hormono-dépendante. Les fibromes ont tendance à disparaître avec la ménopause et l'arrêt des variations hormonales, mais peuvent tout de même subsister, notamment lors de la prise d'un traitement hormonal de substitution. Les fibromes peuvent être asymptomatiques, mais ils sont parfois responsables de saignements vaginaux.
- Cancer de l'endomètre : plus rarement, un cancer de l'endomètre peut se manifester par une hémorragie utérine post-ménopausique. Le diagnostic est établi grâce à une biopsie endométriale.
La solution proposée dépend de la cause du saignement. Si la femme souffre d'un amincissement des parois, la prise du traitement hormonal, notamment à base d'œstrogènes, permet souvent d'améliorer les désagréments. Si la femme présente un ou plusieurs polypes, le traitement proposé sera chirurgical par hystéroscopie. Lors de la présence d'un cancer de l'endomètre, une chirurgie permettant l'ablation de l'utérus ainsi que des deux ovaires et des trompes de Fallope est nécessaire.
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Ainsi, lors de la ménopause précoce, les femmes peuvent présenter des saignements vaginaux qui peuvent être parfois le reflet d'une reprise temporaire du fonctionnement des ovaires, mais plus généralement, ils sont synonymes d'une autre cause : amincissement des parois, cancer ou présence de tumeur non cancéreuse.
Reconnaître les signes de la ménopause
Le premier signe de la ménopause est l'arrêt des règles. Cet arrêt n'est pas brutal : les menstruations deviennent irrégulières. Cette période de transition est appelée la périménopause. Elle dure en général entre deux et quatre ans.
Les signes apparaissent, en grande majorité, dès la période de transition de la périménopause. Ils sont très variables d'une personne à une autre, tant dans leur type qu'en intensité ou en durée. Les symptômes peuvent inclure :
- Symptômes prémenstruels : seins tendus ou sensibles, humeur irritable.
- Symptômes génitaux : sécheresse vaginale et perte d'élasticité du vagin, constatées par la moitié des femmes.
- Symptômes vasomoteurs : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, ressenties dans 70 % des cas.
- Prise de poids : la ménopause peut s'accompagner d'une prise de poids, surtout dans la région abdominale.
- Troubles urinaires.
- Sueurs nocturnes. Elles ont tendance à réveiller la femme.
- Douleurs articulaires.
- Troubles du sommeil.
- Fatigue ou asthénie.
- Pertes de mémoire.
- Troubles de l’humeur avec un caractère irritable.
- Variations pondérales.
Troubles de la sexualité et ménopause
Les changements hormonaux induits par la ménopause et l'inconfort provoqué par la sécheresse vaginale peuvent entraîner une baisse de la libido. L'utilisation d'un lubrifiant, par exemple, peut contribuer à pallier le problème de sécheresse.
Incontestablement, la symptomatologie climatérique (arrêt des règles, bouffées de chaleur…), la carence hormonale de la période ménopausique et la perception de l’âge qui en découle se conjuguent à des facteurs psychologiques (dépression), socio-professionnels, relationnels (conjugaux, familiaux) pour aboutir à des répercussions sur la fonction sexuelle et la qualité de vie.
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Solutions et traitements pour gérer la ménopause
Face à des symptômes désagréables ou gênants, des solutions existent. Il est recommandé d'en discuter avec un professionnel de santé pour choisir celles qui auront le meilleur rapport bénéfice-risque.
- La consommation de produits laitiers et riches en calcium, l'exposition suffisante au soleil (15 à 30 minutes par jour) pour produire la vitamine D, ainsi que l'exercice physique régulier peuvent contribuer à la santé osseuse.
- L'exercice physique est en outre également associé à la réduction du risque de maladies cardiovasculaires et de cancers.
- Des traitements symptomatiques des bouffées de chaleur (phytothérapie, acupuncture, hypnose…) ou de la sécheresse vaginale (hydratants, lubrifiants, voire œstrogènes par voie vaginale) peuvent être utilisés ou prescrits.
- Le traitement hormonal de la ménopause (THM) peut être prescrit lorsque la nature et l'importance des troubles climatériques et du risque osseux de la patiente le justifient.
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