La famille Souchon est une véritable dynastie d'artistes. Alain Souchon, figure emblématique de la chanson française, célèbre un demi-siècle de carrière. Ses fils, Charles Souchon (Ours) et Pierre Souchon, bien que plus discrets, tracent également leurs propres chemins musicaux. L'histoire de cette famille est une histoire de transmission, de collaboration et d'individualité, où chacun s'exprime à travers la musique.
Une Généalogie d'Artistes
Alain Souchon, né à Casablanca en 1944, a marqué des générations avec ses chansons au ton enfantin comme Allô Maman bobo ou J’ai dix ans, et ses textes plus profonds comme Foule sentimentale. Son alchimie avec Laurent Voulzy a apporté un regard différent qui a su trouver son public. Cet héritage musical se perpétue grâce à ses deux fils, Pierre et Charles, assurant ainsi que le nom Souchon continue d'être associé à la musique.
Pierre Souchon : L'Aîné Collaborateur
Pierre Souchon, né le 11 octobre 1972, a suivi les traces de son père dès le début de sa carrière. En 1993, il collabore à l'album C’est déjà ça. Il s'associe ensuite avec Julien Voulzy, le fils de Laurent, et forment le duo Les Cherche Midi, sortant deux albums : Les Cherche Midi en 1994 et Les Lendemains en 1997. Pierre alterne ensuite les collaborations avec son père et ses projets personnels. En 2004, il sort son premier album solo, Pareil jamais, après avoir aidé Alain Souchon sur Au ras des pâquerettes et juste avant la sortie de La vie Théodore en 2005. Il a également travaillé avec Sandrine Kiberlain, Élie Semoun et Gaël Faure. Son travail est reconnu lorsqu’il cosigne l’album Âme fifties, sacré meilleur album de l’année aux Victoires de la musique 2020.
Charles Souchon (Ours) : Un Artiste en Pleine Lumière
Charles Souchon, né en 1978, a choisi de se faire appeler Ours pour sa carrière musicale. Après des études de graphisme, il réalise plusieurs sites Internet, dont celui de son père. Son premier album, Mi, sort en 2007 et est salué par la critique. Il assure les premières parties de Vanessa Paradis, Zazie et Tryo. En 2009, il collabore avec Lily Allen avant de sortir ses albums El (2011), Pops (2017), Mitsouko (2021) et Le spleen d’une vie splendide (2025). Ours n'a rien à envier à son père, tout en collaborant avec Alain et Pierre Souchon.
La Tournée Familiale : Transmission et Complicité
En 2024, Alain Souchon repart en tournée avec ses fils, Pierre et Ours. Ce spectacle est un moment d'intimité et de transmission, mêlant titres incontournables, perles rares et chansons inédites. Les trois complices revisitent l'ensemble du répertoire d'Alain Souchon, offrant au public un voyage à travers les époques et les émotions.
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Un Spectacle Émouvant et Familial
Lors d'un concert au Casino de Paris, Alain Souchon plaisante avec le public : « Bonsoir, je suis content d’être là ce soir au Casino de Paris. Comme, je n’ai pas trouvé de baby-sitter, je suis venu avec mes deux gars ». Des images familiales en noir et blanc, tournées en caméra super 8, sont diffusées sur les écrans, montrant Souchon faisant lire Rimbaud à ses enfants, ou zoomant sur les petits Pierre et Charles, debout à la table d’un balcon ouvert sur la mer. La nostalgie envahit la salle aux accords de Somerset Maugham.
Le trio interprète des chansons écrites par les deux fils : Les montagnes de Corée par Charles et Pareil jamais par Pierre Souchon. Pendant près de deux heures, le musicien virevolte entre ses deux fils musiciens disposés en ligne sur la scène centrale. Karin Redinger, Sous les jupes des filles, La vie ne vaut rien sont repris en chœur par le public debout. Des moments d’émotions sont partagés sur L’amour à la machine et Foule sentimentale.
L'Amour de la Scène et la Poésie du Quotidien
Alain Souchon, l’œil rieur et la tignasse ébouriffée, semble s’amuser plus que jamais, esquissant quelques pas de danse singuliers. La scène est son terrain de jeu favori, surtout quand il replonge dans son répertoire des années 70 avec des titres forts tels que Poulailler’s song ou Rame. Sous une apparente fragilité, Souchon emmène le public dans une poésie qui fait oublier la laideur du quotidien.
En guise de premier rappel, le public a droit à Le Marin, Quand je serai K.O et J’ai 10 ans, des chansons qui rendent nostalgiques, tristes ou euphoriques.
L'Influence Familiale et le Besoin d'Affirmation
Charles Souchon a attendu 2016 pour collaborer avec son père, car il avait besoin de se prouver qu'il pouvait réussir par lui-même. Son frère et lui ont toujours refusé de participer à des émissions sur les « fils de », ne voulant pas de cette image. Alain Souchon reconnaît que ses fils sont de vrais artistes, très talentueux, et qu'ils ont leur fierté. Il est difficile d'être crédible si les gens pensent que tout a été plus facile.
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Pierre Souchon estime qu'avoir baigné dans une ambiance artistique a aidé dans sa carrière. Quand il avait 7 ou 8 ans, son père le laissait venir à ses concerts le week-end. Charles Souchon n'a jamais vu son père se lever à 7 heures pour aller au bureau, et il n'a jamais eu à rendre de comptes à un patron. Pour lui, être chanteur signifiait voyager de ville en ville pour entendre des gens applaudir.
Un Père Présent, Malgré les Absences
Alain Souchon a essayé de ne pas trop influencer ses enfants, mais il les a prévenus que c'était un métier à risques. Il compartimentait les choses : d'un côté, sa vie d'artiste, de l'autre, sa vie de famille. Quand il revenait à la maison, il aimait manger du Babybel, construire des cabanes, mais il ne parlait pas trop de musique. En revanche, il y avait une bibliothèque, et il voulait qu'on lise des livres.
Alain Souchon a raté trois fois son bac, et la réussite de ses enfants dans leurs études était primordiale pour lui. Il n'a pas beaucoup écrit sur ses enfants dans ses chansons, car il n'a pas trop envie d'exposer sa vie privée dans ses morceaux.
La Complicité d'une Famille Unie
Les fils d'Alain Souchon sont admiratifs de leur maman Françoise. Alain Souchon et Françoise ont entamé une relation en 1969 et se sont mariés en novembre 1971. Leur premier enfant, Pierre, est né un an après. Le cadet, Charles, est arrivé en 1978. Alain Souchon a déclaré que sa femme l'a beaucoup aidé parce que c'est une intellectuelle, une fille qui a fait des études supérieures de biologie, alors que lui n'avait pas le bac.
Alain Souchon est un grand-père attentionné. Il est très proche de ses deux fils et de ses petits-enfants. Il reconnaît qu'il n'a pas toujours été un père très présent pour ses enfants, car il était sur les routes et ne pensait qu'à lui, ses chansons, son travail.
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Ours : L'Échappée Belle et le Spleen d'une Vie Sublime
Charles Souchon, alias Ours, a publié son cinquième album, Le Spleen d’une vie sublime. Composé de onze titres, cet album est un joli objet s’imposant dans une veine artisanale laissant une légère mélancolie d’enfant sorti de sa sieste ou d’une courte période d’hibernation. Le timbre, légèrement froissé, témoigne en toute humilité de tendres inquiétudes, joliment troussées.
Inspirations et Influences
L'idée du titre Le Spleen d’une vie sublime est venue à Charles Souchon en observant ses parents. Il perçoit parfois un petit sourire teinté de mélancolie quand ils évoquent le passé. Il a aussi pu ressentir ce genre de petit coup de mou lors de son passage à la quarantaine. Il mesure la chance qu’il a eue de vivre une telle enfance et une telle adolescence tout en sachant qu’elles ne reviendront pas.
Charles Souchon a été influencé par Mathieu Boogaerts dans la manière qu'il a de produire ses mélodies dans un minimalisme en lignes claires. Il essaie d’en mettre un minimum dans ses orchestrations afin qu’elles puissent respirer.
Processus Créatif
Longtemps, les textes venaient en même temps que les musiques. Pour cet album, Charles Souchon a pris une résolution ferme et définitive : « Non, les mots sont chefs : ce sont eux qui font la loi ! » Tant qu’il n’avait pas un angle de texte, il se refusait à composer la moindre note.
En plus d’être musicien, Charles Souchon est graphiste. Cette formation aux arts visuels l'aide à construire ses morceaux.
Un Duo Émotionnel avec son Père
Charles Souchon ne pensait pas inviter son père sur le disque. Ça fait dix ans qu’il refuse tous les sujets, toutes les émissions, toutes les photos avec lui pour ne pas donner l’impression d’être dans ses pattes. Puis, ils ont fait Le Soldat rose et la fabrique de jouets (2017) ensemble et participé à la musique du film Ouvert la nuit d’Édouard Baer (2016). Ça s’est tellement bien passé qu’ils ont fait le disque de leur père, Âmes fifties (2019), Pierre et lui.
La chanson À quoi tu penses ? était à l’origine prévue pour leur tournée commune : ils se disaient que ça serait bien qu’ils aient un morceau à eux. Mais son père a tellement de tubes dans sa setlist qu’ils n’ont jamais pu la jouer.
Un Regard sur le Monde
Charles Souchon écrit sur le monde qui l'entoure. Il a été choqué par l’attaque du 7 octobre et toutes ces vieilles idées que ce conflit a réveillées. Il ne voulait pas être dans les poncifs, mais il a un enfant et ça l’inquiète, ce retour de l’antisémitisme dans nos sociétés.
Dans Pipo, il dresse l’inventaire de tous les mensonges connus, du greenwashing à Harvey Weinstein.
La Musique comme Lien Social
Les chansons réunissent. Charles Souchon évoque cette idée dans Le Carnaval de Dunkerque. Il a été marqué par ces festivités où toutes les couleurs se mélangent et où l’instituteur parle avec le maire ou le médecin de la ville.
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