La contraception est une préoccupation majeure après l'accouchement. Il est naturel de s'interroger sur les différentes options disponibles, surtout si vous allaitez. La pilule contraceptive est une méthode fiable, mais son efficacité (évaluée à 99,7 %) repose sur une prise régulière. Oublier un comprimé, cela peut arriver, et il est essentiel de savoir comment réagir pour éviter une grossesse non désirée.

Reprise de la contraception après l'accouchement

Après l’accouchement, l’ovulation reprend dès le 21e jour, même sans le retour des règles. Il est donc possible de tomber enceinte si vous n’utilisez pas de méthode contraceptive. La contraception post-partum n’est pas nécessaire avant le 21e jour après votre accouchement, car l’ovulation n’a pas encore repris.

Si vous n’allaitez pas, à partir du 21e jour après l’accouchement, il est possible que vous tombiez à nouveau enceinte, même avant le retour de vos règles, d’où l’importance d’une contraception adéquate.

La date de reprise du contraceptif après l’accouchement dépend de la méthode de contraception choisie. Vous pouvez prendre la pilule microprogestative ou demander la pose d’un implant progestatif à partir du 21e jour après l’accouchement. Vous pouvez opter pour la pilule combinée ou oestroprogestative à partir du 42e jour après l’accouchement, à condition que vous n’allaitiez pas. Ce délai peut être raccourci à 21 jours si vous ne présentez pas de facteur de risque thrombo-embolique veineux ni d'autres contre-indications.

Vous pouvez demander la pose d’un stérilet au cuivre ou au lévonorgestrel 4 semaines suivant l’accouchement par voie basse. Cependant, il est possible d’effectuer la pose d’un stérilet au cuivre sans hormone 48 heures après l’accouchement, mais ceci n’est pas d’usage courant. En cas d’accouchement par césarienne, la pose du stérilet s’effectue uniquement après 12 semaines.

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Facteurs à considérer pour le choix de la contraception post-partum

Les contraceptions avant la grossesse et après l’accouchement peuvent être différentes. En effet, à la naissance du bébé, il faut choisir une contraception en fonction de votre profil, en tenant compte de :

  • Les risques de thrombose veineuse ou artérielle ou de phlébite.
  • Les antécédents pathologiques.
  • Les pathologies survenues en cours de grossesse (alitement, diabète gestationnel…).
  • Le choix d’allaitement.

Ces nouveaux paramètres peuvent influer sur les méthodes de contraception idéales. Ainsi, si vous preniez, par exemple une pilule de 3e génération contenant du désogestrel, il se pourrait que vous deviez changer de pilule en raison des risques de thrombo-emboliques. Si vous utilisiez un patch ou un anneau avant la grossesse, ils seraient conseillés uniquement en dernier recours. Il est donc important de consulter votre médecin, gynécologue ou sage-femme pour le choix de la contraception après un accouchement.

Oubli de pilule : que faire ?

La conduite à tenir en cas d'oubli dépend du type de pilule et du délai écoulé depuis l'heure habituelle de la prise.

Identifier le type de pilule

Il existe plusieurs types de pilules :

  • Pilule oestro-progestative à 21 comprimés.
  • Pilule oestro-progestative à 28 comprimés (dont des comprimés sans hormone).
  • Pilule progestative (microprogestative).

En cas de doute, consultez la notice de votre pilule, demandez conseil à votre pharmacien ou consultez le site Choisirsacontraception.fr proposé par Santé publique France.

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Oubli de pilule microprogestative à base de lévonorgestrel

  • Oubli de moins de 3 heures : Prenez immédiatement le comprimé oublié et poursuivez les prises à l'horaire habituel, même si cela revient à prendre deux comprimés durant le même jour. Vous êtes toujours protégée contre une grossesse.
  • Oubli de plus de 3 heures : Prenez immédiatement le comprimé oublié et poursuivez les prises en respectant l'horaire habituel, même si cela revient à prendre deux comprimés le même jour. Utilisez une seconde méthode contraceptive non hormonale (préservatif) pendant les 7 jours suivants. Si un rapport a eu lieu dans les 5 jours précédant l'oubli ou si l'oubli concerne au moins 2 comprimés, prenez une contraception d'urgence (pilule du lendemain).

Oubli de pilule oestro-progestative ou microprogestative à base de désogestrel

  • Oubli de moins de 12 heures : Prenez immédiatement le comprimé oublié et poursuivez les prises à l'horaire habituel, même si cela revient à prendre deux comprimés durant le même jour. Vous êtes toujours protégée contre une grossesse.
  • Oubli de plus de 12 heures : Prenez immédiatement le comprimé oublié et poursuivez les prises en respectant l'horaire habituel, même si cela revient à prendre deux comprimés le même jour. Utilisez une seconde méthode contraceptive non hormonale (préservatif) pendant les 7 jours suivants. Si un rapport a eu lieu dans les 5 jours précédant l'oubli ou si l'oubli concerne au moins 2 comprimés, prenez une contraception d'urgence (pilule du lendemain).

Que faire de la prochaine plaquette ?

En règle générale, il n'y a pas de changement. Débutez votre nouvelle plaquette comme habituellement. Si la pilule est une oestroprogestative et que l'oubli a été de plus de 12 heures, il est possible que la période de 7 jours avec préservatifs (en plus de la pilule) s'étende au-delà du dernier comprimé actif de la plaquette en cours. Dans ce cas, ne prenez pas les comprimés inactifs et débutez la nouvelle plaquette directement : cela revient donc à enchaîner deux plaquettes.

Test de grossesse

En cas de retard de règles, de règles qui semblent différentes ou d'autres troubles (seins sensibles, nausées, douleurs…), faites un test de grossesse 21 jours après l'oubli. Parlez-en à votre pharmacien, à votre médecin ou rendez-vous dans un centre de planification.

Autres contraceptions possibles après l'accouchement

Après l’accouchement, vous disposez de plusieurs choix de contraception. En accord avec votre médecin, sage-femme ou gynécologue, il est possible de choisir la plus adaptée à votre corps :

  • La pilule œstroprogestative ou combinée : pour les femmes qui n’allaitent pas.
  • L’anneau vaginal et le patch transdermique : en cas d’intolérance aux pilules de 1ère et 2e génération ou d’impossibilité de recourir aux autres méthodes de contraception.
  • La pilule microdosée ou progestative (lévonorgestrel ou désogestrel) : pour les femmes allaitantes.
  • L’implant sous-cutané (à l’étonogestrel) : pour une contraception de longue durée.
  • L’injection d’acétate de médroxyprogestérone : en cas d’impossibilité de recourir à une autre méthode contraceptive.
  • Le dispositif intra-utérin au cuivre ou lévonorgestrel (stérilet) : si le risque d’infection est écarté avant la pose.
  • Méthode barrière (féminin ou masculin) : pour les partenaires assidus et avertis sur le taux d’échec plus élevé par rapport aux méthodes hormonales.
  • Méthode naturelle MAMA : pour les mères qui allaitent exclusivement leur bébé.
  • Méthode de stérilisation (ligature, électrocoagulation, pose d’anneaux) : si vous cherchez une méthode « irréversible ».

Contraception et allaitement

Si vous allaitez, les pilules microprogestatives ou microdosées sont conseillées. Vous pouvez commencer la contraception 21 jours après l’accouchement. Les contraceptions œstroprogestatives sont déconseillées pendant les 6 premiers mois après l’accouchement.

Si vous n’allaitez pas, vous pouvez prendre la pilule œstroprogestative ou combinée qui convient à partir du 42e jour après l’accouchement et la pilule microdosée à partir du 21e jour.

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La méthode MAMA (Allaitement Maternel et Aménorrhée)

Théoriquement, l’allaitement permet de retarder la date de la première ovulation. En effet, la tétée provoque chez la mère la production de prolactine. Cette hormone bloque l’ovulation et empêche de tomber enceinte durant les 6 premiers mois du bébé. Pour une contraception naturelle efficace, il faut utiliser la méthode MAMA c’est-à-dire réunir les conditions suivantes :

  • Allaiter un enfant de moins de 6 mois.
  • Lui donner exclusivement le sein (jour et nuit) à raison de 6 à 10 tétées par jour avec un intervalle maximal de 6 heures entre 2 tétées la nuit et de 4 heures le jour.
  • Ne pas avoir eu de retour de couches.

Cette technique est efficace et naturelle, mais ne convient pas aux femmes qui travaillent. Dès que les tétées sont moins fréquentes ou trop espacées, la contraception n’est plus assurée. Ainsi, vous devez utiliser une autre méthode de contraception :

  • En cas de retour de couches.
  • En cas de tétées moins fréquentes et moins longues.
  • Aux 6 mois du bébé.
  • À la prise du biberon par le bébé.

Pour les mères allaitantes, la pilule microprogestative et l’implant progestatif sont recommandés. Vous pouvez commencer la contraception à partir de 21 jours après l’accouchement. Le stérilet au cuivre peut être posé dans les 48 heures après l’accouchement, en prenant compte les risques d’infection.

Si vous pratiquez l’allaitement mixte, les contraceptifs suivants sont recommandés :

  • DIU - 4 semaines après l’accouchement sauf en cas de césarienne.
  • Pilule microprogestative ou implant progestatif - 3 semaines après l’accouchement.

Dans les deux cas, les pilules œstroprogestatives ne sont pas recommandées au moins pendant les 6 premières semaines d’allaitement, car elles peuvent avoir une incidence sur la production de lait maternel. Si vous allaitez, consultez votre médecin, gynécologue ou sage-femme afin de trouver le moyen de contraception le plus adapté.

Que faire si vous oubliez souvent votre pilule ?

Dans la pratique, les échecs de la contraception orale sont le plus souvent dus aux oublis d’un ou plusieurs comprimés durant le cycle. Une étude indique que les raisons les plus fréquentes sont l’éloignement du domicile, le simple oubli ou le fait d’avoir omis d’acheter une nouvelle boîte. Dans 20 % des cas, l’oubli porte sur plusieurs jours consécutifs, ce qui accroît notablement le risque de grossesse.

Si les oublis de pilules sont fréquents, il existe d'autres méthodes de contraception qui seront peut-être plus adaptées à votre situation personnelle. Discutez-en avec votre médecin.

Interactions médicamenteuses et problèmes digestifs

En cas de diarrhée ou de vomissements répétés, les hormones contenues dans les pilules risquent de ne pas être suffisamment absorbées et l’effet contraceptif peut disparaître. De même, certaines substances peuvent entraîner une diminution des concentrations en hormones dans le sang et conduire à une baisse de l’efficacité de la contraception :

  • Le millepertuis, produit de phytothérapie utilisé dans le traitement des dépressions légères.
  • Les antiépileptiques contenant du phénobarbital, de la phénytoïne, de la carbamazépine ou de la primidone.
  • Les antituberculeux contenant de la rifabutine ou de la rifampicine.
  • Les antifongiques contenant de la griséofluvine.
  • Des antirétroviraux utilisés dans le traitement du sida.

Contraception d'urgence

En cas de rapport sexuel non protégé suite à un oubli de pilule, la contraception d'urgence (pilule du lendemain) peut être envisagée. Elle doit être prise le plus rapidement possible après le rapport à risque pour être efficace. La contraception d’urgence, ou pilule du lendemain, doit être prise au plus près du moment de l’acte sexuel et de l’oubli de la pilule. Plus elle est prise tôt, plus son efficacité est optimale. A partir du 1er janvier 2023, la pilule du lendemain sera gratuite sans ordonnance pour toutes les femmes. En cas de besoin, un contraceptif d'urgence peut être utilisé chez une femme qui allaite : lévonorgestrel (Levosolo®, Norlevo®) ; ulipristal (Ellaone®).

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