La grossesse est une période de changements physiologiques importants pour la femme. Parmi ces changements, certaines femmes peuvent ressentir des problèmes d'oreille bouchée, des acouphènes ou d'autres complications auditives. Cet article explore les causes possibles de ces symptômes, leurs liens avec la grossesse et les solutions disponibles pour les gérer.

Traumatisme sonore et ses effets sur l'oreille

Les traumatismes sonores, qu'ils soient aigus ou chroniques, peuvent entraîner des complications auditives. Un traumatisme sonore aigu résulte d'une exposition soudaine à un bruit intense, comme une explosion ou un coup de feu. Immédiatement après, la personne peut ressentir une sensation d'oreille bouchée ou cotonneuse, accompagnée de sifflements. Un traumatisme sonore chronique, quant à lui, est causé par une exposition prolongée à des sons forts, comme écouter de la musique à un volume élevé ou travailler dans un environnement bruyant. Les symptômes sont similaires à ceux d'un traumatisme aigu.

Un traumatisme sonore est une atteinte de l'oreille interne qui provoque la destruction des cellules sensorielles. Ces cellules, appelées "cellules ciliées", vibrent lorsqu'elles sont exposées à un son. Si le son est trop fort, les cellules ciliées peuvent s'endommager, voire mourir, entraînant une surdité réversible ou irréversible. Une oreille trop exposée à des sons forts vieillit prématurément.

Il est crucial de consulter un ORL en urgence en cas de sifflements ou de bourdonnements dans les oreilles accompagnés d'une sensation d'oreille bouchée, surtout après un événement bruyant comme un concert ou une soirée en boîte de nuit. Un médecin généraliste peut orienter vers un ORL, qui peut prescrire des corticoïdes pour aider à la réparation des cellules sensorielles lésées, ou conseiller un traitement en caisson hyperbare pour oxygéner et réparer les tissus.

Acouphènes pendant la grossesse : Causes et Symptômes

Les acouphènes, définis comme la perception de bruits parasites en l'absence de source sonore externe, sont fréquents pendant la grossesse. Ces bruits peuvent se manifester sous forme de sifflements, tintements ou bourdonnements. Les causes des acouphènes pendant la grossesse sont variées, allant des changements hormonaux aux problèmes cardiovasculaires.

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Changements hormonaux

L'augmentation du taux de progestérone, multiplié par dix durant la grossesse, influence la circulation sanguine et la rétention d'eau. Ces changements peuvent affecter l'oreille interne et favoriser l'apparition d'acouphènes. Bien que ces symptômes puissent être gênants, ils sont généralement temporaires et disparaissent après l'accouchement.

Hypertension artérielle

L'hypertension artérielle est l'une des principales causes d'acouphènes pendant la grossesse. En augmentant la pression sanguine dans les vaisseaux de l'oreille interne, elle peut provoquer des bourdonnements ou des sifflements, souvent accompagnés de maux de tête, vertiges et troubles visuels. On estime que l'hypertension touche environ 5 % des femmes enceintes. Pour certaines, la grossesse révèle pour la première fois des symptômes liés à cette condition. L'hypertension peut parfois passer inaperçue, d'où l'importance d'une surveillance régulière. En cas de symptômes, le repos en position couchée est recommandé et, selon la gravité de la situation, un traitement médical peut être envisagé sous supervision médicale.

Prééclampsie

La prééclampsie, une condition caractérisée par une hypertension artérielle associée à une augmentation des protéines dans les urines, peut également provoquer des acouphènes. Les acouphènes peuvent être l'un des symptômes de cette affection, souvent accompagnés de maux de tête, de troubles visuels et d'œdèmes. La prééclampsie touche environ 5 % des femmes enceintes, en particulier lors d'une première grossesse. Un suivi médical régulier permet de détecter et de gérer cette condition efficacement. Elle se définit par une hypertension artérielle et une perte de protéines dans les urines. Touchant 3 % des femmes enceintes, elle peut provoquer des complications rénales, hépatiques et cérébrales chez la mère, voire un retard de croissance ou une prématurité du bébé.

Autres causes

D'autres facteurs peuvent contribuer à l'apparition d'acouphènes pendant la grossesse, tels que :

  • Bouchon de cérumen : Une accumulation de cérumen peut obstruer le conduit auditif et entraîner des bourdonnements.
  • Exposition au bruit : Une exposition prolongée à des niveaux sonores élevés peut endommager l'audition et provoquer des acouphènes.
  • Médicaments ototoxiques : Certains médicaments peuvent affecter l'oreille interne et entraîner des acouphènes.
  • Troubles cardiovasculaires : Des anomalies du système cardiovasculaire peuvent influencer la circulation sanguine vers l'oreille interne.
  • Bruxisme : Le grincement des dents peut provoquer des tensions musculaires affectant l'oreille interne.

Prééclampsie : Une Complication Grave de la Grossesse

La prééclampsie est une maladie liée à la grossesse, dont elle représente une complication sérieuse. En effet, elle met en danger la vie de la mère et du fœtus. Autrefois appelée « toxémie gravidique », elle est due à une malformation des vaisseaux sanguins du placenta. Cette pathologie se caractérise par la présence, chez la femme enceinte :

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  • d'une hypertension artérielle accompagnée d'œdèmes (gonflements) ;
  • d'une perte de protéines dans les urines.

De plus, du fait de ces anomalies placentaires :

  • le fœtus ne reçoit pas suffisamment de nutriments et d'oxygène, et développe un retard de croissance ;
  • la mère peut souffrir de troubles de la coagulation sanguine, ainsi que de lésions au niveau des vaisseaux des reins, du foie et du cerveau (parce que le placenta n'est pas assez oxygéné).

La prééclampsie survient généralement pendant la seconde moitié de la grossesse, à partir de 20 semaines d'aménorrhée (depuis les dernières règles). Son nom provient du fait qu'elle peut conduire à une crise d'éclampsie, phénomène grave se traduisant par des convulsions (comme une crise d'épilepsie). D'autres complications graves se déclarent aussi parfois, et justifient l'hospitalisation de la patiente jusqu'à la naissance du bébé.

Cette affection cesse avec l’accouchement et l'expulsion du placenta. Tous les traitements médicaux mis en œuvre servent à prolonger la grossesse jusqu'à un terme compatible avec la survie du fœtus. Après la naissance de l’enfant, les symptômes s'estompent en quelques jours.

Symptômes de la prééclampsie

La prééclampsie ne provoque pas toujours de symptômes. En revanche, l'hypertension artérielle, systématiquement associée à cette maladie, provoque des œdèmes (gonflements) des mains, des pieds et du visage notamment. Pour confirmer le diagnostic de prééclampsie, une analyse d'urines doit toutefois être réalisée, afin de rechercher la présence de protéines.

Lorsque la prééclampsie est sévère, la patiente peut également ressentir des symptômes tels que :

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  • des maux de tête persistants ;
  • des bourdonnements d'oreille ;
  • la vision de taches noires ou lumineuses qui bougent (comme des mouches volantes) ;
  • une douleur forte juste en dessous des côtes, en particulier du côté droit.

En présence de ces signes, le risque de développer une crise d'éclampsie s’accroît. La crise elle-même se déroule en quatre phases :

  1. Tout d'abord, la patiente « roule des yeux », tandis que les muscles de son visage et de ses mains se contractent légèrement.
  2. Ensuite, pendant environ 30 secondes, ses muscles deviennent rigides. La femme cesse de respirer et peut se mordre la langue en serrant les dents.
  3. La contraction cesse, mais de violents spasmes musculaires se déclenchent. Ce sont les convulsions, qui durent environ 2 minutes.
  4. La dernière phase est un coma qui peut durer quelques minutes à plusieurs heures, et se complique parfois d'un arrêt cardiaque.

Complications de la prééclampsie

En France, la prééclampsie et ses complications comptent parmi les principales causes de décès maternel et fœtal. Si la maladie se déclare sous une forme sévère à un stade précoce (avant 26 semaines d'aménorrhée), une interruption médicale de grossesse peut être recommandée à la famille.

Outre la crise d'éclampsie, la prééclampsie peut donner lieu à de nombreuses pathologies chez la femme enceinte :

  • L'hématome rétroplacentaire : Il s’agit d’un décollement prématuré du placenta, provoquant un hématome (poche de sang) entre le placenta et l'utérus. Ce phénomène douloureux gêne (voire interrompt) les échanges sanguins entre la mère et le fœtus. Une césarienne doit être pratiquée en urgence.
  • Le syndrome HELLP (Hemolysis, Elevated Liver enzymes and Low Platelets count) : Il associe une destruction des globules rouges, des cellules hépatiques et des plaquettes sanguines. Dans ce cas, une césarienne doit également être réalisée au plus vite.
  • Les autres complications maternelles : Il peut s’agir, par exemple, d’une coagulation du sang dans les petits vaisseaux sanguins (coagulation intravasculaire disséminée), d’une insuffisance rénale aiguë, d’une rupture hémorragique du foie, d’un accident vasculaire cérébral (AVC), d’un œdème aigu du poumon, ou encore d’un décollement de rétine.

Le fœtus peut, lui aussi, souffrir de problèmes liés à la prééclampsie, à savoir :

  • un retard de croissance pendant la grossesse ;
  • une souffrance aiguë lors d'un hématome rétroplacentaire ou d'une crise d'éclampsie ;
  • une prématurité, parfois extrême, et ses conséquences potentielles ;
  • un décès dans 2 à 5 % des cas (soit à cause du manque chronique d'oxygène et de nutriments, soit à la suite d'une complication aiguë).

Prévention et diagnostic de la prééclampsie

La prévention de l'hypertension gravidique et de la prééclampsie réside avant tout dans la surveillance mensuelle de la femme enceinte. Elle consiste à prendre la tension artérielle et à réaliser un test d'urines pour y rechercher la présence de protéines. Ces mesures permettent de commencer un traitement au plus vite si nécessaire.

Une femme qui a déjà présenté une prééclampsie a une chance sur quatre d’en souffrir à nouveau lors d'une nouvelle grossesse. En prévention, son médecin peut lui prescrire de l'aspirine à faible dose, dès la 12e semaine de cette nouvelle grossesse. Attention toutefois : chez les femmes enceintes, l'aspirine doit TOUJOURS être prise sous contrôle médical (et jamais avant la 12e semaine d'aménorrhée).

Enfin, lorsqu'une prééclampsie a été diagnostiquée, la prévention d'une éventuelle crise d'éclampsie consiste à prescrire un traitement antihypertenseur et anticonvulsivant.

Le diagnostic de la prééclampsie est posé chez une patiente enceinte qui souffre à la fois d'hypertension artérielle (tension supérieure à 14/9) et de la présence de protéines dans ses urines.

La prééclampsie est dite « sévère » et justifie une hospitalisation lorsqu'il existe certains signes de gravité, qu'ils soient :

  • physiques (par exemple, une tension artérielle supérieure à 16/11, une aggravation des œdèmes ou une diminution de la quantité d'urine émise) ;
  • biologiques (une augmentation de la quantité de protéines présentes dans les urines, une concentration sanguine d'urée élevée, des signes sanguins de souffrance du foie ou des reins, etc.) ;
  • échographiques (un retard de croissance du fœtus, un volume de liquide amniotique insuffisant, une irrigation sanguine anormale des artères ombilicales ou cérébrales du fœtus, etc.)

Traitements de la prééclampsie

L'hypertension artérielle gravidique et la prééclampsie cessent après l’accouchement.

Pendant la grossesse, en cas d'hypertension artérielle gravidique ou de prééclampsie sans complication, la patiente peut demeurer à son domicile. Elle doit alors rester couchée sur le côté gauche, afin de faciliter l'arrivée du sang au placenta. Elle reçoit également un traitement contre l'hypertension artérielle.

Si la maladie est grave, la patiente est hospitalisée et doit également rester couchée sur le côté gauche. Elle prend un traitement contre l'hypertension artérielle, voire un médicament pour prévenir les convulsions. Jusqu'à la 34e semaine d'aménorrhée, des corticoïdes (dérivés de la cortisone) lui sont également administrés. Ils favorisent la maturation des poumons du fœtus, ce qui est préférable en cas de naissance prématurée.

Une césarienne est réalisée en urgence au moindre symptôme d'aggravation chez la mère ou le fœtus.

Médicaments ototoxiques et leurs effets sur l'audition

Certains traitements médicamenteux peuvent avoir des effets secondaires inattendus, notamment sur l’audition. En effet, environ 130 médicaments sont identifiés comme ototoxiques, c’est-à-dire nocifs pour les oreilles. Les substances actives de certains traitements peuvent endommager les cellules ciliées de l’oreille interne, qui sont responsables de la transmission des vibrations sonores.

L’ototoxicité d’un médicament, c’est-à-dire sa capacité à nuire à l’audition ou à l’équilibre, dépend de plusieurs facteurs :

  • Plus la dose d’un médicament ototoxique est élevée, plus le risque d’endommager l’oreille interne augmente.
  • Les reins jouent un rôle clé dans l’élimination des médicaments.
  • Si des membres de votre famille ont déjà souffert de maladies de l’oreille induites par un médicament ototoxique, cela peut indiquer une sensibilité génétique accrue.
  • Combiner plusieurs traitements ototoxiques, même à faible dose, peut augmenter leur effet nocif sur l’oreille interne.

Avant de commencer un traitement potentiellement ototoxique, il est recommandé de réaliser un bilan auditif. Cela permettra de détecter toute fragilité préexistante, comme des acouphènes, une perte d’audition ou des antécédents de troubles de l’oreille interne. Si vous commencez à ressentir des acouphènes, des vertiges, ou une baisse de l’audition après l’administration d’un médicament, alertez immédiatement votre médecin ou votre pharmacien.

Quand consulter en cas d'acouphènes pendant la grossesse ?

Si les acouphènes sont légers et intermittents, ils peuvent être soulagés par le repos et une bonne hydratation. En revanche, s’ils deviennent persistants, intenses ou s’accompagnent de maux de tête, vertiges ou troubles visuels, il est essentiel de consulter un médecin rapidement. Une prise en charge précoce permet d’écarter toute cause préoccupante et d’adopter les mesures adaptées pour le bien-être de la future maman.

Solutions et conseils pour gérer les acouphènes pendant la grossesse

Plusieurs stratégies peuvent aider à atténuer les acouphènes pendant la grossesse :

  • Adopter un mode de vie sain : S’hydrater régulièrement (au moins 1,5 L d’eau par jour) pour favoriser une bonne circulation sanguine, privilégier une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes et minéraux, pour soutenir le bien-être général et auditif, réduire le stress grâce à des techniques de relaxation comme le yoga prénatal ou la méditation, et se reposer suffisamment, car la fatigue peut accentuer la perception des acouphènes.
  • Utiliser des bruits blancs : Les bruits blancs aident à réduire la perception des acouphènes en créant un fond sonore apaisant.
  • Utiliser des oreillers sonores : Ils diffusent des sons doux et facilitent l’endormissement en diminuant l’impact des acouphènes la nuit.
  • Envisager une thérapie sonore : En habituant progressivement l’oreille aux sons externes, elle peut réduire l’impact des acouphènes à long terme.

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