La lithiase urinaire, une affection dont la fréquence ne cesse d'augmenter, peut provoquer des douleurs intenses et des complications urinaires nécessitant parfois une hospitalisation. Cet article vise à informer sur la durée d'hospitalisation typique pour une opération de la colique néphrétique et les facteurs qui l'influencent, ainsi que sur les différentes options de traitement disponibles.

Importance de la prise en charge globale de la lithiase urinaire

La maladie lithiasique est une pathologie très répandue dont la fréquence augmente chaque année. Il est essentiel de prendre en charge la maladie lithiasique de manière globale, au-delà de la simple gestion de la douleur. Cette pathologie est invalidante à plus d’un titre. Aux crises douloureuses imposant en général un arrêt d’activité s’ajoutent le caractère volontiers récidivant de cette maladie et le risque d’altérer sur le long terme le bon fonctionnement des reins. Pour toutes ces raisons, une prise en charge globale est absolument nécessaire, au-delà même de la gestion des douleurs du patient en crise.

Évaluation initiale et examens complémentaires

Il est essentiel de connaître le nombre de calculs présents dans vos reins, leur taille respective et leur localisation exacte. Cette évaluation se fait en général au moyen d’un scanner réalisé avec ou sans injection de produit de contraste. Certains examens ont été préalablement prescrits par votre urologue afin de mieux déterminer le type d’intervention à réaliser.

Facteurs influençant la durée d'hospitalisation

La durée d'hospitalisation liée à un calcul rénal varie selon plusieurs paramètres. La taille du calcul rénal, sa position, le délai de passage du calcul, mais également le traitement choisi sont des facteurs déterminants. En règle générale, une petite lithiase qui s’évacue spontanément ne nécessite qu’une hospitalisation de courte durée, voire parfois aucune.

  • Taille du calcul : Un petit calcul inférieur à 5 mm a souvent un délai de passage court, pouvant disparaître avec un simple traitement médicamenteux. Dans ces cas-là, il n’est pas nécessaire de rester hospitalisé longtemps, mais une surveillance à domicile reste recommandée. Au-delà de 6 mm, la probabilité d’évacuation spontanée diminue nettement. C’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit de calculs coralliformes (grands, avec plusieurs branches), occupant une grande partie du bassinet rénal.
  • Localisation du calcul : Un calcul situé dans le rein n’est habituellement pas du tout douloureux, en revanche, un calcul qui s’engage dans la voie urinaire, sort du rein pour aller vers la vessie peut bloquer le passage des urines du côté concerné, si les urines sont bloquées, la voie urinaire est mise sous tension et c’est ce qui provoque la douleur de la colique néphrétique.
  • Type de traitement : Le choix entre soins conservateurs et traitements chirurgicaux oriente largement la durée du séjour à l’hôpital. Certaines interventions, comme l’urétéroscopie, permettent d’atteindre et de fragmenter les calculs présents dans l’uretère. Pour les lithiases situées au niveau du rein ou difficiles d’accès, une extraction percutanée est privilégiée.

Options de traitement et durée d'hospitalisation associée

Il existe différents types de prise en charge médicale ou chirurgicale pour les calculs rénaux.

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Traitement médical

Le traitement de la colique néphrétique simple est réalisé en ambulatoire sans nécessité d’hospitalisation. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) représentent le traitement de référence. Une modification de vos habitudes alimentaires.

Lithotritie extracorporelle (LEC)

La lithotritie extracorporelle est une procédure médicale non invasive utilisée pour traiter les calculs rénaux ou urétéraux. C’est une méthode extra corporelle, donc non invasive, utilisant des ondes de choc ultrasonores produites par un générateur, et traversant la peau et les tissus mous sans les altérer. Le but est de réduire le calcul en une multitude de fragments qui seront ensuite éliminés avec les urines, par les voies naturelles dans les jours ou les semaines suivant le geste.

Il s’agit habituellement d’une hospitalisation de jour (entrée le matin de la séance, à jeun, et sortie dans l’après-midi). Un ballon rempli d’eau et couvert de gel d’échographie est alors mis au contact de la peau pour permettre aux ondes de chocs de se propager jusqu’au calcul pour le fragmenter.

L’efficacité est en moyenne de 75% pour les calculs situés dans les cavités du rein et mesurant moins de 2 cm. Plusieurs séances peuvent être nécessaires pour fragmenter le calcul. Le principal risque de la LEC est la colique néphrétique liée à l’élimination des fragments du calcul (20%).

Les fragments de calcul s’éliminent par les voies naturelles dans un délai compris entre quelques jours et quelques semaines. Habituellement les urines sont colorées de sang de quelques heures à quelques jours. Les douleurs (habituellement modérées) pouvant survenir correspondent à l’élimination des fragments. Un traitement symptomatique (anti-inflammatoire et anti-spasmodique) pour calmer ces douleurs éventuelles est donc prescrit. On conseille également de boire abondamment pour éliminer les fragments. L’élimination des fragments peut prendre de quelques jours à quelques semaines. Risque d’obstruction de l’uretère par les fragments en cours d’élimination: colique néphrétique.

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Urétéroscopie

L’urétéroscopie est une procédure qui consiste en l’insertion d’un endoscope mince et flexible équipé d’une caméra au bout, appelé urétéroscope, dans les voies urinaires du corps, en particulier dans les uretères et les reins. L’urétéroscopie consiste en l’introduction d’un urétéroscope, souple ou rigide selon la localisation du calcul, par les voies naturelles (par l’urètre).

Cette procédure est réalisée au bloc opératoire sous anesthésie générale. Selon la localisation du calcul, un urétéroscope rigide ou souple est utilisé. Une fois le calcul repéré, il va être fragmenté grâce à une énergie laser (holmium ou thulium fibré) permettant de réduire en débris le calcul et d’extraire tous les fragments grâce à des paniers ou pinces spécifiques. Un ECBU stérile préopératoire est indispensable pour que l’intervention puisse être réalisée.

L’urétéroscopie souple ou rigide est aujourd’hui l’un des traitements les plus utilisés pour les calculs des voies urinaires. Cette chirurgie est réalisée sous anesthésie générale. Elle est particulièrement adaptée aux calculs situés dans l’uretère ou dans les cavités du rein. Après une urétéroscopie, l’hospitalisation ne dépasse souvent pas 24 heures. L’évolution des techniques a permis de banaliser certaines interventions comme l’urétéroscopie en chirurgie ambulatoire. Après une anesthésie générale et le geste chirurgical, le patient retrouve très vite ses repères.

Néphrolithotomie percutanée (NLPC)

La néphrolithotomie percutanée est utilisée pour traiter des calculs rénaux de taille importante, complexes ou situés dans des zones difficiles à atteindre. La néphrolithotomie percutanée (acronyme : NLPC) consiste à introduire directement dans le rein à travers la peau et la paroi abdominale latérale un appareil qui permet de voir et d’opérer une pathologie de la voie urinaire intrarénale.

Elle est plus invasive que les autres méthodes telles que la lithotripsie extracorporelle ou l’urétéroscopie, car elle nécessite la création d’un accès à travers la paroi lombaire, mais elle peut être très efficace pour éliminer ce type de calculs rénaux. Après la procédure, le patient peut ressentir de la douleur et peut nécessiter une hospitalisation pendant une courte période. L’âge, la présence d’une infection, la taille du calcul rénal ou le recours à une extraction percutanée impactent significativement la durée d’hospitalisation. Cette intervention est réalisée pour le traitement des volumineux calculs du rein (> 2 cm), des calculs coralliformes ou complexes, au cours d’une hospitalisation conventionnelle.

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Compte tenu de la complexité de la technique de NLPC, un scanner est généralement réalisé, avant le choix thérapeutique. L’intervention commence en principe par la mise en place d’une sonde dans le rein par les voies naturelles pour assurer le drainage des urines du rein. Le patient est ensuite placé soit à plat ventre, soit sur le dos, selon les possibilités opératoires et les habitudes du chirurgien. Les cavités du rein sont ponctionnées à travers la peau du dos sous contrôle radiographique ou échographique. Puis on crée un trajet (tunnel) d’environ 1 centimètre de diamètre entre la peau et le rein pour pouvoir introduire le matériel d’endoscopie. Le calcul est ensuite extrait en entier ou fragmenté puis enlevé en plusieurs morceaux s’il est trop volumineux. L’intervention se termine en général par la mise en place d’une sonde dans le rein sortant à travers la peau du dos. Dans certains cas, une deuxième exploration du rein, par le même trajet, peut être réalisée dans les jours qui suivent l’opération. Cela permet d’extraire des fragments ou calculs restants. Les sondes assurant le drainage des urines en fin d’intervention sont enlevées dans les premiers jours postopératoires, en l’absence de complication (saignement ou infection). Une fièvre proche de 38°C est fréquemment observée sans pour autant correspondre à une infection. Cependant des prélèvements d’urines et éventuellement de sang peuvent être indiqués. La convalescence dure une dizaine de jours. La reprise d’une activité normale, sans douleur, est possible rapidement. Les activités sportives ne sont pas recommandées avant 3 ou 4 semaines. Il faut être attentif à la couleur des urines pendant la semaine qui suit l’hospitalisation.

Mise en place d’une sonde urétérale (sonde JJ ou double J)

La mise en place d’une sonde urétérale entre le rein et la vessie (dite sonde « JJ ou double J») peut être nécessaire dans le cadre du traitement. Il s’agit habituellement d’une hospitalisation de jour (entrée le matin de la séance, à jeun, et sortie dans l’après-midi). C’est une méthode extra corporelle, donc non invasive, utilisant des ondes de choc ultrasonores produites par un générateur, et traversant la peau et les tissus mous sans les altérer. Le but est de réduire le calcul en une multitude de fragments qui seront ensuite éliminés avec les urines, par les voies naturelles dans les jours ou les semaines suivant le geste.

La mise en place d’une d’endoprothèse urétérale communément appelé « sonde JJ » ou « sonde double-J » est un procédé chirurgical utilisé pour traiter certaines affections des voies urinaires, principalement en cas d’obstacle au niveau de l’uretère (le canal qui transporte l’urine du rein à la vessie). Il s’agit un tuyau en silicone multiperforé, d’un diamètre de 2-3 mm et mesurant 26-28 cm de long, muni de boucles aux deux extrémités pour le positionner entre le bassinet du rein et la vessie. Son rôle est de maintenir l’uretère ouvert, permettant ainsi le libre l’acheminement de l’urine depuis le rein vers la vessie. L’intervention se déroule généralement sous anesthésie générale ou locale. Initialement, un fil guide semi-rigide est acheminé jusqu’au bassinet du rein en utilisant un cystoscope, traversant successivement l’urètre, l’orifice urétéral, puis l’uretère. Ensuite, les boucles de la sonde JJ sont déployées grâce à la souplesse de la sonde et enfilées sur le fil guide. La sonde est poussée le long du fil guide jusqu’au bassinet. Une fois le fil guide retiré, la sonde retrouve son aspect initiale grâce à sa mémoire de forme : une première boucle se constitue dans le rein et une deuxième dans la vessie.

Complications potentielles et motifs d'hospitalisation prolongée

Certains contextes exigent de garder le patient plusieurs jours sous surveillance. Nausées sévères, troubles digestifs, difficulté d’uriner ou risque d’aggravation infectieuse motivent alors une observation continue. En toute logique, plus l’intervention est lourde, plus le médecin surveille longuement le bon déroulement de la récupération.

Toute intervention comporte un risque de complications, qui peuvent parfois être graves, tenant non seulement à la maladie, mais également à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. - Saignement : assez fréquent mais peu abondant. Chacune de ces complications peut amener le chirurgien à interrompre l’intervention et à modifier la technique opératoire voire même à réaliser une ouverture chirurgicale. Saignement pouvant imposer le prolongement du drainage. Dans de très rares cas une hémorragie peut survenir dans les jours qui suivent le geste. Fistule urinaire : un écoulement peut persister ou apparaître au niveau de l’orifice de la peau dans le dos. Les urines sortent alors directement du rein vers l’extérieur. Un nouveau drainage par sonde interne, type double J, sous anesthésie générale est nécessaire. Hémorragie : elle peut survenir dans le mois qui suit l’opération. Alors que les urines étaient claires elles deviennent franchement rouges. Calcul résiduel : il se peut que des fragments ou calculs n’aient pas pu être extraits.

En cas de fièvre associée, de douleur non calmée par les antalgiques, d’insuffisance rénale aiguë ou de rein unique, le drainage des cavités urinaires est une urgence médico-chirurgicale.

Quand l'hospitalisation est-elle nécessaire ?

Non, l’hospitalisation n’est pas systématique. Si le calcul mesure moins de 5 mm et que la douleur disparaît avec les médicaments, un retour à domicile rapide est envisageable. Une consultation en urologie est prévue pour renouveler les examens sanguins, explorer l’absence de complications et adapter si besoin les traitements.

Les autres motifs d’hospitalisation englobent la colique néphrétique sur un rein unique, l’anurie, ou si la patiente est enceinte.

Prévention de la récidive

La maladie lithiasique urinaire est volontiers récidivante car sous-tendue par des facteurs métaboliques qu’il convient de prévenir. La réalisation d’un bilan biologique et d’une analyse (SPIR) des calculs expulsés ou extraits chirurgicalement est nécessaire, à distance (6 semaines) de toute manifestation symptomatique de la maladie ou intervention chirurgicale.

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