De nombreuses femmes enceintes, surtout lors d’une première grossesse, s’inquiètent de la possibilité d’avoir un bassin trop étroit pour permettre l’accouchement par voie basse. Le bassin joue un rôle central lors de la grossesse et de l’accouchement, mais il reste souvent méconnu. Cet article vise à informer sur les causes, les solutions et les alternatives en cas d'accouchement par voie basse impossible en raison d'un bassin étroit.

Anatomie et biomécanique du bassin

Le bassin est composé de ligaments et de quatre os : les deux os iliaques (sur les côtés), le sacrum (à l’arrière) et le coccyx (partie postérieure). Pour mieux comprendre son fonctionnement, il est utile de réaliser des rotations des genoux ou de cambrer et de décambrer le dos, en posant les mains à hauteur du bassin pour sentir le mouvement.

Lors de l’accouchement, le passage du bébé dans le bassin se déroule en trois étapes clés :

  1. Franchissement du détroit supérieur : Le détroit supérieur a la forme d’un cœur, ce qui implique que le bébé se positionne en diagonale pour franchir cet espace.
  2. Passage par le détroit moyen :
  3. Passage par le détroit inférieur: Les détroits moyen et inférieur constituent la partie la plus étroite du bassin.

La position du corps de la mère influence l’espace disponible dans le bassin. Une rétroversion du bassin (décambrée) avec les cuisses tournées vers l’extérieur offre plus d’espace au bébé. Le mouvement est donc crucial durant l’accouchement. Le crâne du bébé, au terme de la grossesse, est malléable, ce qui facilite son passage.

Causes d'un bassin étroit et d'un accouchement par voie basse impossible

Plusieurs facteurs peuvent rendre un accouchement par voie basse impossible en raison d'un bassin étroit. Parmi les causes possibles, on retrouve :

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  • Disproportion fœto-pelvienne : Dans certains cas rares, environ 1 femme sur 250 a un bassin très étroit, qui pourrait ne pas laisser à son bébé la place de passer, surtout s’il est plus gros que la moyenne.
  • Malformations du bassin : Des malformations congénitales ou acquises du bassin peuvent réduire l'espace disponible pour le passage du bébé.
  • Présentation du siège : En termes d'accouchement, le plus classique veut que bébé présente sa tête au moment de sa sortie. Cependant, il n'est pas rare de voir bébé assis confortablement au fond du ventre de sa maman le jour de l'accouchement. Dans ce cas, il présente ses fesses lors de l'expulsion.
  • Autres causes : D'autres facteurs tels que des antécédents de fractures du bassin, des tumeurs pelviennes ou des maladies osseuses peuvent également contribuer à un bassin étroit.

Diagnostic et évaluation

Dans certains cas, en fin de grossesse, le professionnel de santé peut conseiller une pelvimétrie (radio ou scanner) pour apprécier les dimensions du bassin. Sans cet examen, il est difficile d’évaluer la taille du bassin, qui n’est pas liée à la largeur des hanches.

Solutions et alternatives

Si un bassin étroit est diagnostiqué, plusieurs options peuvent être envisagées :

Préparation à l'accouchement et mouvements

  • Mouvements et positions : Encourager les mouvements et les changements de position pendant le travail pour optimiser l’espace dans le bassin. La rétroversion du bassin (décambrée) avec les cuisses tournées vers l’extérieur offre plus d’espace au bébé.
  • Préparation physique : Des exercices spécifiques peuvent aider à améliorer la mobilité du bassin et à préparer les muscles du plancher pelvien.

Version par manœuvre externe

Si bébé n'est pas encore en bonne position à la fin du 8ème mois, il va falloir l'aider à se retourner et seul le médecin peut le faire. Mais il convient de noter que pour pouvoir le retourner, il faut que bébé ait la bonne taille et que la quantité du liquide amniotique soit suffisante. Si tel est le cas, le médecin procèdera donc à la version par manœuvre externe. Il s'agit d'une manœuvre manuelle permettant au nourrisson d'adopter la position antérieure.

Accouchement par césarienne

La césarienne est un acte chirurgical qui a lieu au bloc opératoire. Il est réalisé par un obstétricien sous anesthésie locorégionale, péridurale ou générale, en fonction de la situation. Bien souvent, la césarienne est programmée à l’avance dans 4 cas précis :

  • Le bébé ne se présente pas dans le sens normal.
  • La mère possède un bassin trop étroit.
  • Le bébé est trop gros par rapport à l’anatomie de la mère.
  • En cas de grossesse à risque.

Il existe cependant des cas où la césarienne est réalisée en urgence, quand l’accouchement par voie naturelle s’avère impossible ou qu’il y a des signes de souffrance fœtale.

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Préparation à l'accouchement

Pour bien se préparer à l’accouchement, on peut mettre en place un certain nombre de dispositifs pour se sentir plus sereine le jour J. On peut :

  • Participer aux cours de préparation à l’accouchement dès le milieu de la grossesse, dispensés par une sage-femme.
  • Se préparer psychologiquement en dialoguant.
  • Utiliser des techniques de relaxation comme la sophrologie, le yoga, etc.
  • Visiter la maternité pour mieux appréhender les lieux.
  • Penser à l'après naissance : allaitement, chambre de bébé, nom du bébé, etc. etc.

Les étapes de l’accouchement

Les étapes de l’accouchement par voie basse :

  • Le début du travail par voie basse est spontané. Il est marqué par des contractions régulières puis par la rupture de la poche des eaux.
  • La première étape de l’accouchement par voie basse est la dilatation du col. Cette phase peut durer jusqu’à 8 heures. Elle peut durer moins longtemps chez une femme qui a déjà eu un enfant.
  • C’est également le moment où l’on peut soulager les douleurs des contractions grâce à la péridurale.
  • La phase qui suit la dilatation du col est la phase d’expulsion. Il s’agit ni plus ni moins de la naissance du bébé. Cette dernière est courte puisqu’elle dure en moyenne 30 minutes.

Les étapes de l’accouchement par césarienne :

  • La première étape d’une césarienne, lorsque celle-ci est prévue à l’avance, est la préparation au bloc opératoire.
  • Une fois que l’anesthésie est en place, le chirurgien vient réaliser une incision horizontale. Dans des cas exceptionnels, l’incision est verticale.
  • Une fois que le bébé est sorti, il est confié au pédiatre ou à la sage-femme.
  • Ensuite, les différentes épaisseurs de chair coupée sont suturées une à une. Cela peut durer entre 30 minutes et 1 heure.

Complications potentielles

Il est important de noter que même après un accouchement, des complications peuvent survenir.

  • Prolapsus génitaux : Ils résultent de lésions du système de soutien de la filière ano-rectale (muscles, ligaments et aponévroses) qui induisent la perte de ses rapports anatomiques avec les structures fixes du pelvis. Ils surviennent tout particulièrement chez la femme chez qui ils sont notamment la conséquence des accouchements par voie basse, des efforts de poussée itératifs, du vieillissement tissulaire, de la carence hormonale de la ménopause, voire de certains gestes chirurgicaux.
  • Rectocèle : Il s’agit le plus souvent d’une hernie formée par le rectum dans le vagin à travers une cloison recto-vaginale fragile et qui peut être soumise à des contraintes mécaniques parfois importantes.
  • Prolapsus rectal : Il s’agit d’une extériorisation par l’anus du rectum, intéressant tout ou partie de la paroi, qui survient le plus souvent lors de la défécation, lors des poussées abdominales ou plus rarement lors des efforts physiques. En pratique, la paroi du rectum se retourne dans le canal anal.
  • Troubles de la statique antérieure : Ces prolapsus résultent de troubles de la statique antérieure et concernent notamment la vessie et/ou l’utérus. La descente de la vessie se perçoit comme un poids qui fait pression dans le bas du ventre ou comme une « boule » dans le vagin non douloureuse. Elle peut être responsable de pertes d’urines, d’envies impérieuses d’aller aux toilettes et/ou des difficultés à uriner.

Réunion de concertation multidisciplinaire

Pour les troubles de la statique pelvienne, des réunions de concertation multidisciplinaires regroupant proctologues, chirurgiens digestifs, urologues, gynécologues, radiologues et kinésithérapeutes sont organisées pour discuter de manière collégiale les dossiers de pelvi-périnéologie (incontinence anale +/- urinaire, troubles de la statique pelvienne, déchirures périnéales, etc.).

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