La grossesse môlaire, également appelée môle hydatiforme, est une complication rare de la grossesse résultant d'une anomalie de la cellule fécondée. En France, sa fréquence est d'environ 1 pour 1 000 grossesses. Il est essentiel de comprendre cette condition pour assurer une prise en charge rapide et appropriée.
Qu'est-ce qu'une Grossesse Molaire ?
Dans une grossesse normale, un embryon se développe conjointement avec le placenta, qui assure le filtre entre la mère et l'enfant. Dans une grossesse môlaire, le placenta se développe de manière anormale, formant une petite tumeur appelée môle. Il existe deux types de grossesses môlaires :
- Môle complète : Il n'y a jamais d'embryon ou de fœtus. Seul le matériel génétique du père est présent, en double.
- Môle partielle : Un embryon peut se développer, mais il n'est pas viable. Le matériel génétique des deux parents est présent, mais il y a une seconde copie de celle du père, conduisant à 69 chromosomes au lieu de 46.
Dans les deux cas, la grossesse ne peut pas se poursuivre.
Causes et Facteurs de Risque
Les causes exactes de la grossesse môlaire restent mal connues. Elles semblent liées à des anomalies dans la fécondation de l'ovule par le spermatozoïde. Un facteur de risque identifié est l'âge de la femme, avec un risque accru chez les femmes très jeunes (avant 20 ans) ou après 45 ans.
La môle complète dérive de la fécondation d'un ovule anucléé par un ou deux spermatozoïdes haploïdes. Son caryotype est 46,XX (75 % des cas) ou 46,XY (25 % des cas). La môle partielle dérive de la fécondation d'un ovule normal par deux spermatozoïdes ou par un spermatozoïde anormal.
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Symptômes et Diagnostic
Les premiers symptômes d'une grossesse môlaire apparaissent généralement au premier trimestre et peuvent ressembler à ceux d'une grossesse normale : nausées, vomissements. Cependant, certains signes peuvent alerter :
- Ventre anormalement gonflé
- Saignements vaginaux
- Symptômes de grossesse très prononcés (nausées, vomissements importants, forte tension mammaire)
Le diagnostic est souvent posé lors de l'échographie du premier trimestre, où l'on peut observer un placenta anormal sans embryon visible dans le cas d'une môle complète. Dans le cas d'une môle partielle, des structures embryonnaires peuvent être présentes sans augmentation de la taille de l'utérus. Le dosage de l'hormone ßhCG est également essentiel, car les taux sont généralement plus élevés que dans une grossesse normale. L'examen histologique du produit de conception après évacuation utérine confirme le diagnostic.
Traitement et Suivi
Le traitement principal de la grossesse môlaire est l'évacuation utérine par aspiration ou curetage, réalisée sous anesthésie générale et contrôle échographique. L'objectif est de retirer tout le contenu de l'utérus. Une échographie pelvienne est réalisée 15 jours après pour vérifier l'absence de rétention môlaire.
Après l'évacuation, un suivi rigoureux est indispensable en raison du risque de transformation en tumeur trophoblastique gestationnelle (TTG). Il est effectué par des dosages réguliers d'hCG (hormone chorionique gonadotrope) jusqu'à normalisation, puis pendant plusieurs mois. La surveillance des hCG doit se poursuivre toutes les semaines jusqu’à normalisation (négativation en dessous du seuil de votre laboratoire) puis pendant encore 2 à 3 semaines afin de la confirmer. Ensuite, la surveillance des hCG se poursuit de façon hebdomadaire jusqu’à normalisation (négativation en dessous du seuil de votre laboratoire) puis pendant 6 mois de façon mensuelle.
- Môle hydatiforme partielle : Les prises de sang pourront être arrêtées, si le taux est négatif au moins trois semaines de suite.
- Si le taux d'hCG ne diminue pas ou augmente : Des examens complémentaires (IRM, TEP SCAN, ECHO…) sont nécessaires pour rechercher une éventuelle TTG.
Si la môle ne disparaît pas complètement ou réapparaît ultérieurement, un nouveau curetage peut être nécessaire. Si malgré cette intervention, le taux d'hCG ne devient pas négatif rapidement, on parle de môle invasive ou de choriocarcinome.
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Tumeurs Trophoblastiques Gestationnelles (TTG)
Les TTG sont des complications rares mais graves de la grossesse môlaire. Elles incluent les môles invasives, les choriocarcinomes, les tumeurs trophoblastiques du site d'implantation (TSI) et les tumeurs trophoblastiques épithélioïdes (TTE). Elles font toujours suite à une grossesse.
Les signes révélateurs des TTG sont principalement l'absence de normalisation ou la ré-ascension des taux d'hCG après évacuation d'une môle, ou des métrorragies persistantes inexpliquées à distance d'un avortement spontané ou après une IVG. Le diagnostic est fondé sur l'échographie pelvienne et le dosage d'hCG. Tout diagnostic de TTG déclenche un bilan d'imagerie complet (Scanner TAP + IRM pelvienne et cérébrale) afin de déterminer l'extension de la maladie.
Le traitement des TTG dépend du type de tumeur et de son étendue. Les môles invasives et les choriocarcinomes sont traités par mono ou polychimiothérapie selon le score FIGO obtenu. Les TSI et les TTE sont très rares et peu chimiosensibles. La chirurgie peut être envisagée, seule ou associée à une chimiothérapie.
Grossesse Après une Môle Hydatiforme
Après l'évacuation d'une môle hydatiforme, il est conseillé d'attendre avant d'envisager une nouvelle grossesse. La durée d'attente recommandée varie selon le type de môle :
- Môle complète : Attendre 6 mois après la normalisation du taux d'hCG.
- Môle partielle : Attendre 3 semaines après un taux d'hCG revenu à zéro.
Cette période d'attente permet de s'assurer qu'aucune tumeur ne se développe. Pendant la période de surveillance, une contraception est obligatoire pour ne pas confondre une nouvelle grossesse avec une récidive. Il est tout à fait possible de prendre la pilule après l'évacuation de la môle. Un stérilet peut également être posé dans un délai de 6 semaines après le curetage.
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Le risque de récidive de môle hydatiforme est très faible (environ 1%).
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