La grossesse môlaire, également appelée môle hydatiforme, est une complication rare de la grossesse qui se caractérise par un développement anormal du placenta. Cet article vise à fournir une information détaillée sur la grossesse môlaire, en abordant sa définition, ses symptômes, son diagnostic, son traitement et le suivi post-traitement, notamment en ce qui concerne le taux d'hCG.
Qu'est-ce qu'une Grossesse Môlaire ?
Au moment de la conception, le placenta peut se développer anormalement, entraînant la formation d'une petite tumeur appelée môle. On parle alors de grossesse môlaire ou môle hydatiforme. En France, la fréquence des môles est d’environ 1 pour 1 000 grossesses.
La grossesse môlaire est une complication très rare. Pour une raison inconnue, le placenta se développe anormalement et il en résulte la formation d’une petite tumeur, appelée môle.
Il existe deux types principaux de môles :
- Môle complète : il n’y aura alors jamais d’embryon ou de fœtus. La môle complète dérive de la fécondation d'un ovule anucléé par un ou deux spermatozoïdes haploïdes. Son caryotype est 46,XX (75 % des cas) ou 46,XY (25 % des cas). La môle complète est caractérisée par une hyperplasie du trophoblaste associée à une dégénérescence généralisée des villosités choriales et à une absence de sac amniotique et de tissu embryonnaire.
- Môle partielle : un embryon peut se développer, mais il ne sera pas viable. La môle partielle dérive de la fécondation d'un ovule normal par deux spermatozoïdes ou par un spermatozoïde anormal. Elle est caractérisée par une hyperplasie focale du trophoblaste, une dégénérescence localisée des villosités choriales et un tissu embryonnaire identifiable.
Dans tous les cas, ce type de grossesse ne peut pas se poursuivre.
Lire aussi: Interprétation Taux Bêta-HCG
Diagnostic de la Grossesse Môlaire
Symptômes
Les premiers symptômes d’une grossesse môlaire apparaissent en général au premier trimestre et s’apparentent à ceux d’une grossesse classique. La femme enceinte ressent alors des nausées, des vomissements. Mais, en outre, son ventre est anormalement gonflé et elle perd du sang. Peu à peu, les saignements et la douleur s’intensifient.
Les môles complètes sont asymptomatiques dans 40 % des cas. Le plus souvent, la découverte d'une môle se fait devant une suspicion de fausse couche au cours du premier trimestre, en présence de saignements et de douleurs pelviennes. Les signes cliniques (vomissements, métrorragies, augmentation anormale de la taille de l'utérus et, plus rarement, anémie ou pré-éclampsie) sont plus rarement observés au deuxième trimestre de grossesse grâce à une détection précoce par échographie. L'hyperthyroïdie est exceptionnelle. Les signes cliniques de la môle partielle (métrorragies, vomissements, etc.) sont rares.
Examens
Dans la majorité des cas, la grossesse molaire est rapidement détectée. Après un examen des symptômes, en cas d’utérus anormalement développé, le médecin va prescrire une analyse du taux d’HCG.
À l'échographie, une môle complète peut montrer un aspect classique en « tempête de neige » (zones solides et hyperéchogènes de formes variées, entrecoupées de zones liquidiennes de tailles différentes) qui occupe la totalité de la cavité utérine. Une échographie plus précoce réalisée avant 9 ou 10 semaines de grossesse peut mettre en évidence l'aspect vésiculaire limité du placenta. L'échographie de la môle partielle peut parfois montrer une atteinte vésiculaire focale. La présence de structures embryonnaires sans augmentation de la taille de l'utérus est fréquente.
Le diagnostic de la môle repose sur l'examen histologique du produit de conception. La lecture des résultats par un anatomopathologiste est souvent utile.
Lire aussi: Comprendre le HCG après une fausse couche
Traitement de la Grossesse Môlaire
Une môle ne s’évacue pas naturellement. Le ou la gynécologue procède en général à une aspiration pour l’évacuer. Le traitement des môles repose sur l'évacuation utérine par aspiration, potentiellement sous contrôle échographique. L'évacuation doit être programmée rapidement en raison du risque de complications qui augmente avec l'âge gestationnel.
Suivi Post-Traitement et Taux d'hCG
Mais, il peut rester du tissu môlaire dans l’utérus. Le risque, c’est que ce tissu prolifère de nouveau. Chez 90 % des femmes, ce test devient négatif rapidement et définitivement. En cas de môle hydatiforme partielle, les prises de sang pourront être arrêtées, si le taux est négatif au moins trois semaines de suite. Si la môle ne disparaît pas complètement ou réapparaît ultérieurement, le ou la médecin peut procéder de nouveau à un curetage.
En raison d'une éventuelle progression vers une tumeur trophoblastique gestationnelle (TTG), les taux plasmatiques d'hCG doivent être contrôlés jusqu'à normalisation. Après diagnostic d’une môle hydatiforme partielle ou complète, une interruption médicale de grossesse (IMG) est programmée. Une mesure des taux sanguins est effectuée régulièrement après l’aspiration pour vérifier le taux d’hormone Chorionique Gonadotrope. 10 semaines après l’interruption médicale de grossesse (IMG), le taux est censé revenir à la normale. Des examens supplémentaires permettent de s’assurer que la môle ne s’est pas propagée.
Si malgré cette opération, le taux de l’hormone HCG ne devient pas négatif rapidement, on parle alors de môle invasive ou de choriocarcinome. Les femmes qui présentent cette complication doivent le plus souvent subir une chimiothérapie. Fort heureusement, le taux de guérison de ce type de cancer est proche de 100 %.
Tumeurs Trophoblastiques Gestationnelles (TTG)
Une surveillance biologique des môles est justifiée par leur potentiel évolutif vers une tumeur trophoblastique gestationnelle (TTG) qui concernera 10 à 20 % des môles hydatiformes complètes (MHC) et 0,5% des môles hydatiformes partielles (MHP). Un diagnostic précoce de ces tumeurs trophoblastiques gestationnelles survenant après une môle permettra de débuter rapidement une chimiothérapie la plus simple possible, typiquement par Méthotrexate.
Lire aussi: HCG : Guide complet
Cliniquement, les tumeurs trophoblastiques gestationnelles incluent les môles invasives, les choriocarcinomes, les tumeurs trophoblastiques du site d’implantation (TSI) et les tumeurs trophoblastiques épithélioïdes (TTE). Elles font toujours suite à une grossesse. Les signes révélateurs des tumeurs trophoblastiques gestationnelles sont principalement l’absence de normalisation ou la ré ascension des taux d’hCG après évacuation d’une môle, des métrorragies persistantes inexpliquées à distance d’un avortement spontané ou après une IVG ; le diagnostic est alors fondé sur l’échographie pelvienne et un dosage d’hCG. Très occasionnellement, le diagnostic est suspecté devant des métrorragies inexpliquées dans les semaines ou dans les mois suivant un accouchement normal ou une grossesse ectopique.
Tout diagnostic de tumeur trophoblastique gestationnelle déclenche un bilan d’imagerie complet (Scanner TAP + IRM pelvienne et cérébrale) afin de déterminer l’extension de la maladie. Les môles invasives et les choriocarcinomes sont traités par mono ou polychimiothérapie selon le score FIGO obtenu. Un score ≤ 6 est une indication de traitement par monochimiothérapie alors qu’un score ≥ 7 est une indication de polychimiothérapie. Les tumeurs trophoblastiques du site d’implantation (TSI) et les tumeurs trophoblastiques épithélioïdes (TTE) sont très rares et peu chimiosensibles. La chirurgie seule ou associée à une chimiothérapie en présence de métastases en est le traitement de référence même à un âge très jeune.
Immunothérapie : une avancée récente
Le Pr Benoit You, oncologue aux Hospices Civils de Lyon, a présenté en communication orale au principal congrès mondial de cancérologie de l’ASCO , les résultats d’un essai testant pour la première fois une immunothérapie dans les tumeurs trophoblastiques gestationnelles résistantes à la chimiothérapie. L’étude TROPHIMMUN avait pour objectif d’évaluer l’efficacité du traitement d’une immunothérapie censée activer le système immunitaire (Avelumab, BAVENCIO®) chez les patientes atteintes de tumeurs trophoblastiques en résistance à la mono-chimiothérapie.
Un taux de guérison supérieur à 50% suite au traitement par immunothérapie a été observé. 8 patientes sont vraisemblablement guéries : taux de hCG normalisé, traitement stoppé. Cinq patientes ont pu échapper à la toxicité sévère de la polychimiothérapie grâce à ce nouveau traitement. Une patiente guérie a pu mener à bien une grossesse, à l’issue des traitements.
L’avélumab (BAVENCIO®) est un médicament de type anticorps monoclonal IgG1 ciblant la protéine appelée «PD-L1» («ligand de la protéine de mort programmée 1») impliquée dans la tolérance immunologique des cellules cancéreuses. En France, l’avélumab a son autorisation pour le traitement des carcinomes à cellules de Merkel.
Après l'Évacuation de la Môle Hydatiforme
Après l’évacuation de la môle hydatiforme, les femmes ont des saignements pendant quelques jours. Il est conseillé de ne pas utiliser de tampon pendant cette période. En principe, les règles réapparaissent dans le mois et demi qui suit. Il est tout à fait possible de prendre la pilule après l’évacuation de la môle. Un stérilet peut également être posé dans un délai de 6 semaines après le curetage.
Le pronostic est excellent après évacuation. Le risque principal est la rétention par aspiration incomplète (25 % des cas), qui justifie un contrôle échographique dans les semaines suivant l'aspiration. En fonction de la situation clinique, une deuxième aspiration est nécessaire en cas de rétention (cliché échographique de plus de 17 mm de diamètre antéropostérieur).
Grossesse Future
Enfin, dès que le suivi est terminé, vous pouvez envisager une nouvelle grossesse sereinement. Dans la majorité des cas, la grossesse molaire ne se produit qu’une fois. Le risque d’enchaîner une seconde grossesse molaire est très faible. En cas de grossesse molaire complète, il faut attendre 6 mois après l’ablation de la môle. En cas de grossesse molaire partielle, il faut attendre 3 semaines après l’aspiration de la môle.
tags: #taux #de #hcg #mole #hydatiforme
