La Nouvelle-Zélande, terre de contrastes, offre une perspective unique sur la maternité, oscillant entre le respect des traditions maories et l'intégration des pratiques médicales modernes. Naviguer entre ces deux mondes peut être un défi, mais c'est précisément ce qui rend l'expérience de l'accouchement si particulière dans ce pays.

L'accouchement naturel : une norme culturelle

Pour de nombreuses femmes néo-zélandaises, surnommées affectueusement "kiwis", l'accouchement naturel est plus qu'une simple option ; c'est une évidence culturelle. La grossesse est perçue comme un processus naturel, guidé par la sagesse des sages-femmes, plutôt que comme une condition médicale nécessitant des interventions lourdes. La mère est considérée comme porteuse de la vie et se doit d'être forte.

Jacqui, une femme d'origine maorie, témoigne de cette perception : "Pour nous les 'kiwis', l'accouchement naturel est une évidence." Elle souligne l'importance de choisir une sage-femme qui accompagne la femme tout au long de la grossesse et de planifier ensemble le type d'accouchement désiré : à domicile, en maison de naissance, à l'hôpital, ou dans l'eau. La péridurale est moins courante, et la césarienne est généralement réservée aux complications graves. Accepter une césarienne peut même être perçu par certaines comme un signe de faiblesse.

Le système de santé néo-zélandais reflète cette approche non alarmiste, avec seulement deux échographies généralement proposées pendant la grossesse.

L'importance de l'allaitement

L'allaitement est fortement encouragé en Nouvelle-Zélande, où les femmes qui choisissent de nourrir leur bébé au biberon doivent signer une décharge. On incite beaucoup à donner le sein. Pourtant, paradoxalement, on doit allaiter discrètement, loin du regard des autres. Jacqui exprime son amour pour l'allaitement, décrivant le sentiment de connexion qu'elle ressent avec ses bébés.

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Les traditions maories et la connexion à la terre

Les Maoris, peuple indigène de Nouvelle-Zélande, représentent 14 % de la population totale et jouent un rôle central dans l'identité du pays. Ils apportent avec eux des traditions ancestrales liées à la maternité, qui sont encore pratiquées aujourd'hui.

L'une de ces traditions est la conservation du placenta, appelé "whenua". Comme l'a appris Jacqui, les "whenua" de ses enfants ont été enterrés dans son jardin, un rite appelé "rākau pito" (pito signifiant cordon ombilical). Au-dessus du placenta, un arbre pohutukawa, aux fleurs rouges éclatantes qui fleurissent à Noël, est planté. Les vaisseaux de l'arbre, tels des racines, s'ancrent dans la terre, symbole de la mère chez les Maoris. On dit que l'arbre appartient à l'enfant et qu'il croît grâce à sa force vitale, symbolisant ainsi la connexion profonde de l'enfant avec la terre, sa famille et ses ancêtres. L’huile de coco est un élément essentiel dans les soins infantiles chez les Maoris.

L'approche de la diversification alimentaire et du sommeil

En matière de diversification alimentaire, les pédiatres néo-zélandais recommandent généralement de commencer vers l'âge de 6 mois, mais l'accent est mis sur l'observation du bébé et la prise en compte de ses envies, sans imposer de règles trop strictes. La patate douce est un légume particulièrement populaire, très consommé par les Maoris.

Traditionnellement, il était courant de faire dormir le bébé au milieu du lit parental. Cependant, le gouvernement a lancé une campagne de prévention concernant les dangers d'écrasement ou d'étouffement, incitant les parents à adopter des pratiques de sommeil plus sûres.

L'accouchement : un acte politique et écologique

L'accouchement en Nouvelle-Zélande peut également prendre une dimension politique et écologique. Julie Anne Genter, une députée écologiste, a fait sensation en se rendant à la maternité à vélo pour accoucher, et ce, à deux reprises ! Elle a expliqué sur Instagram qu'elle n'avait pas prévu de prendre le vélo, mais que les contractions n'étaient pas trop sévères au départ et qu'elles se sont intensifiées pendant le trajet. Cette démarche est perçue comme un acte militant en faveur de l'écologie et a été saluée par son parti.

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Le système de santé néo-zélandais : un aperçu

Le système de santé néo-zélandais est un système mixte, composé d'un secteur public et d'un secteur privé. Les citoyens néo-zélandais bénéficient d'un certain nombre de soins gratuits, mais les conditions d'accès varient pour les expatriés en fonction de leur type de visa.

Les expatriés ayant la nationalité britannique, les citoyens australiens (sous certaines conditions) et les détenteurs d'un visa de travail valide pour une période de 2 ans ou plus peuvent s'affilier à la sécurité sociale néo-zélandaise.

Si vous partez en Nouvelle-Zélande avec un visa étudiant, un PVT ou pour un séjour de moins de 2 ans, vous ne pourrez pas bénéficier de la sécurité sociale néo-zélandaise et devrez souscrire une assurance santé privée.

Les soins spécialisés sont gratuits dans le cadre du système de santé publique, mais il peut y avoir des listes d'attente. Si vous souhaitez consulter un spécialiste rapidement, vous pouvez faire appel au secteur privé, mais cela entraînera des frais, sauf si vous avez une assurance maladie privée.

Les soins dentaires ne sont pas couverts par la sécurité sociale, sauf pour les enfants de moins de 18 ans.

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En cas d'urgence médicale, le numéro à composer est le 111.

L'importance de choisir son LMC (Lead Maternity Carer)

La première étape lorsque vous êtes enceinte en Nouvelle-Zélande est de choisir la personne qui vous accompagnera tout au long de votre grossesse, appelée LMC (Lead Maternity Carer). Votre LMC peut être un médecin de famille, une sage-femme ou un obstétricien. Le LMC est responsable de vous fournir des soins de maternité tout au long de votre grossesse, d'être présent lors de l'accouchement et de vous fournir des soins, ainsi qu'à votre bébé, jusqu'à 6 semaines après la naissance.

Si vous avez le statut de résident permanent en Nouvelle-Zélande, le système de santé couvrira vos frais de maternité, sauf si vous choisissez d'accoucher dans le privé.

Les lieux d'accouchement : hôpitaux, cliniques et maisons de naissance

La plupart des accouchements en Nouvelle-Zélande ont lieu dans des cliniques ou des hôpitaux. Les hôpitaux régionaux prennent en charge les naissances normales ainsi que les grossesses et les accouchements compliqués. Les grands hôpitaux disposent d'équipes multidisciplinaires et d'unités de soins intensifs néonatals pour les grossesses à haut risque.

L'avantage des accouchements à l'hôpital est l'accès rapide à des spécialistes en cas de complications et un large éventail d'options de gestion de la douleur. Cependant, les accouchements à l'hôpital peuvent être plus médicalisés, avec des routines et des protocoles spécifiques à suivre.

L'assurance santé en Nouvelle-Zélande : une nécessité pour les non-résidents

Si vous prévoyez de vous expatrier en Nouvelle-Zélande, il est fortement recommandé de souscrire une assurance santé internationale privée. L'adhésion à la sécurité sociale néo-zélandaise est complexe et réservée aux résidents permanents. Une assurance privée vous permettra d'accéder plus facilement à des soins de qualité et de choisir le moment et le lieu de vos traitements.

Jacinda Ardern : un exemple de modernité

Jacinda Ardern, Première ministre de Nouvelle-Zélande, est un exemple de modernité en assumant de front ses responsabilités politiques et sa maternité. Elle est la deuxième Première ministre de l'histoire à donner naissance à un enfant pendant son mandat, après Benazir Bhutto au Pakistan en 1990. Son compagnon, Clarke Gayford, a choisi de devenir père au foyer, illustrant ainsi un partage des rôles qui inspire de nombreux Néo-Zélandais.

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