Le sommeil du nourrisson est rarement un long fleuve tranquille et constitue fréquemment une source de stress pour les parents. Comprendre le fonctionnement du sommeil d’un bébé est essentiel pour dédramatiser la situation et l’accompagner au mieux. Le sommeil est un processus évolutif qui change tout au long de la vie, de la période prénatale jusqu’à la vieillesse.
Comprendre le sommeil du nourrisson
Le sommeil de l’enfant est en construction, depuis la période de gestation. On entend souvent dire que le nourrisson dort environ 20 heures par jour. Cependant, ces 20 heures de sommeil s’organisent sur 24 heures et non pas sur un rythme jour/nuit comme pour les adultes. Physiologiquement, la très grande majorité des bébés n’a pas la capacité de dormir 8 heures d’affilée.
Rythme veille-sommeil et maturation du sommeil
Deux à trois mois sont nécessaires à votre bébé pour mettre en place un rythme de sommeil. Les rythmes veille-sommeil se mettent progressivement en place et c’est tout à fait normal. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir si votre enfant se réveille plusieurs fois pendant la nuit, ces éveils sont normaux. Autour de trois mois, votre bébé commence à réguler son sommeil, mais il faut parfois attendre jusqu’à l’âge de 6-7 mois pour qu’il dorme sans vous réveiller la nuit. Au cours des trois premiers mois, son sommeil est agité, interrompu par de fréquents éveils, mais attendez qu’il soit bien éveillé avant de le prendre dans vos bras. Cette période est parfois difficile, les premières semaines sont fatigantes mais c’est normal. Pas d’inquiétude, une période de maturation cérébrale est nécessaire à votre bébé pour apprendre à dormir tranquillement. Il a besoin de grandir encore un peu.
Particularités du sommeil du bébé
Après avoir passé 9 mois dans le ventre de sa maman, il n’est pas naturel pour lui de se retrouver tout seul : il est entièrement dépendant de vous pour se rassurer. En tant qu’adultes, nous avons la capacité de dire « je suis en train de tomber malade ». Que les symptômes soient visibles ou non, la maladie a donc un impact majeur sur le sommeil de l’enfant. Un bébé peut se réveiller la nuit parce qu’il a faim…et c’est normal ! Rappelons-nous que durant 9 mois, le tout-petit a été nourri en continu via le cordon ombilical. Il ne peut donc pas réorganiser ses besoins instantanément à sa naissance. Et cela vaut autant pour les bébés allaités que pour les bébés nourris au biberon. De plus, gardons également en tête que la taille de l’estomac de l’enfant est très différente de celle de l’adulte.
Causes des difficultés de sommeil
De nombreux bébés ont des difficultés à s'endormir ou à rester endormis pendant leur première année de vie, et parfois au-delà. Les causes de ces difficultés peuvent être variées.
Lire aussi: Alimentation du nourrisson : comprendre
Causes médicales
Chez les bébés, l'allergie aux protéines de lait de vache (APLV) peut entraîner des troubles du sommeil, tout comme le reflux du nourrisson (voir Reflux). Chez les nouveaux-nés, le reflux gastro-œsophagien (RGO), les maladies chroniques, ou même une alimentation excessive le soir, peuvent causer des troubles du sommeil. Les pics de croissance, ce sont des périodes où les besoins des nourrissons sont plus intenses. Cela peut perturber ses nuits, car la position allongée intensifie la douleur.
Facteurs environnementaux et comportementaux
Un bébé qui n’a pas assez mangé peut avoir du mal à s’endormir. Les bébés peuvent être facilement surstimulés par leur environnement, ce qui peut les empêcher de dormir. Si vous constatez que votre bébé est agité ou qu’il pleure beaucoup, cela peut être un signe qu’il est surstimulé. Parfois, les bébés peuvent être tellement fatigués qu’ils ont du mal à s’endormir. Si vous attendez trop longtemps pour mettre votre bébé au lit, il peut être trop fatigué pour s’endormir facilement.
Troubles du sommeil spécifiques
À partir de 9 mois, l’origine des troubles du sommeil est différente. En effet, le sommeil est un moyen d’expression pour votre enfant, c’est un langage qui lui permet d’exprimer ses peurs, ses malaises. Les troubles du sommeil de votre enfant peuvent aussi être la manifestation d’une incompréhension, d’une inquiétude de votre bébé qui ressent des difficultés relationnelles dans votre couple, dans votre famille. Ces troubles sont le plus souvent dus à des difficultés de séparation au moment du coucher. Ils doivent être anticipés et rapidement corrigés car le risque est de tomber dans une relation conflictuelle et complexe au moment du coucher. Ce sont les parents qui décident des règles du coucher et non l’inverse, mais ces derniers doivent veiller à respecter le rythme de l’enfant. Ces troubles peuvent parfois être liés à une phase d’opposition et au désir du petit enfant de s’affirmer. Le conditionnement anormal à l’endormissement est le trouble du sommeil le plus fréquent du jeune enfant : il ne s’endort pas dans sa chambre; il est incapable de s’endormir sans biberon ou sans être allaité, sans être bercé, sans être promené en voiture ou couché contre ses parents, sans leur présence jusqu’à l’endormissement.
Autres causes
Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est très fréquemment évoqué chez les nourrissons de moins de six mois, mais les véritables RGO provoquant des troubles du sommeil sont certainement beaucoup plus rares qu’on ne l’imagine. Le plus souvent, le RGO entraîne avant tout des régurgitations. Mais des douleurs peuvent parfois empêcher votre bébé de dormir. L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) peut également entraîner des troubles du sommeil, mais également des signes très variés comme des régurgitations, des signes respiratoires ou de l’eczéma. Souvent associés aux troubles de l’endormissement, ces troubles peuvent en avoir les mêmes causes.
Solutions et conseils pour améliorer le sommeil
En cas de troubles du sommeil chez un enfant, le médecin conseille les parents pour voir comment modifier leur comportement et celui de leur enfant. Un rythme régulier, de jour comme de nuit, est particulièrement important dans la prise en charge des troubles du sommeil chez le nourrisson comme chez l’enfant.
Lire aussi: Astuces Sommeil Bébé
Aménager un environnement propice au sommeil
Un endroit confortable, des objets familiers et votre présence rassurante l’aideront à dormir paisiblement. Habituer l'enfant à s'endormir dans son lit. Si l'opposition au coucher est trop forte, repérer l'heure habituelle d'endormissement et faire coïncider l'heure du coucher avec celle-ci.
Rituels et routines
Quand bébé grandit, les routines l'aident à s’endormir. En répétant tous les soirs les mêmes gestes au moment du coucher, bébé comprend que c’est le moment de dormir et il se prépare au sommeil. Le rituel du coucher est un moment privilégié à ne pas rater afin d’aider votre bébé à s’apaiser.
Interventions parentales
En pratique, lorsque votre bébé ne dort pas, intervenez physiquement auprès de lui : une caresse, le porter vont le rassurer instantanément. Exit toutes les méthodes à l’ancienne qui préconise de laisser pleurer votre bébé ! Il est aujourd’hui scientifiquement prouvé que laisser pleurer un bébé, au moment de l’endormissement, a une action néfaste sur le cerveau. En effet, cela créé un état de stress chez votre tout-petit.
Ajustements pratiques
Si vous êtes à l’aise avec le cododo, installez le lit de votre bébé dans votre chambre. Votre enfant sera instantanément rassuré par votre présence. Votre bébé a des difficultés à s’endormir pendant la journée ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul ! De nombreux parents ont des bébés qui ont du mal à faire une sieste pendant la journée. Lorsque vous êtes deux à vous occuper de votre tout-petit, n’hésitez pas à passer le relai au co-parent ou à vous organisez de telle façon que vous puissiez vous reposer à tour de rôle : une nuit sur deux, en début de nuit/en fin de nuit.
Solutions médicales et alternatives
Deux antihistaminiques (alimémazine et hydroxyzine), qui ont un effet sédatif, peuvent être utilisés dans le traitement des certaines insomnies de l’enfant (insomnies d'endormissement liées à des manifestations anxieuses au coucher). Le traitement doit être de courte durée (pas plus de 2 semaines). Une somnolence ou des difficultés de concentration peuvent être observés le lendemain matin suivant une prise. Des médicaments de phytothérapie, d’homéopathie, des oligoéléments et des sédatifs contenant du brome ont une indication dans les troubles légers du sommeil de l’enfant. L’âge d’utilisation varie en fonction de chaque médicament. Bien que disponibles sans ordonnance, ces médicaments ne devraient jamais être utilisés sans avis médical. La mélatonine est une hormone fabriquée par une région du cerveau (épiphyse ou glande pinéale) pendant la nuit. Elle est proposée dans le cadre particulier des troubles du sommeil chez les enfants atteints de syndrome de Smith-Magenis (une maladie rare) et/ou de troubles du spectre de l'autisme.
Lire aussi: Prévention du rhume chez bébé
Techniques spécifiques
Chez les enfants de 10 à 15 ans, lors de syndrome de retard de phase de sommeil, deux techniques sont parfois proposées pour réadapter progressivement les horaires de coucher et de lever en permettant de retrouver un horaire conventionnel. La luminothérapie (ou photothérapie) consiste à exposer le jeune patient à une lumière blanche sécurisée de forte intensité fournie par une lampe spécifique. La durée du traitement n'est pas codifiée. Utilisée le matin, elle peut être efficace dans le traitement du syndrome de retard de phase. La chronothérapie est une technique comportementale qui peut également être utilisée, seule ou associée à la luminothérapie, comme traitement du syndrome de retard de phase de sommeil. Son principe est de réadapter progressivement les horaires de coucher et de lever en permettant de retrouver un horaire conventionnel. Une fois obtenu, le rythme défini doit être consolidé.
Régression du sommeil à 4 mois
Votre petit bout de chou dormait enfin mieux et voilà qu'il se réveille plusieurs fois par nuit, fait des siestes courtes ou ne dort que dans vos bras. Ce bouleversement soudain est probablement dû à la régression du sommeil à 4 mois, une étape normale, mais déroutante du développement de bébé.
Qu'est-ce que la régression du sommeil ?
Vers 4 mois, votre bébé traverse une période où son sommeil change naturellement. Il se réveille plus souvent et dort moins profondément. Son rythme biologique et sa production de mélatonine se développent. Il apprend de nouvelles compétences comme rouler et babiller. C'est le passage d'un sommeil de nouveau-né à un sommeil plus mature.
Signes fréquents
- Réveils nocturnes réguliers
- Siestes plus courtes
- Bébé plus grognon ou collant
- Difficulté à s'endormir
- Besoin de plus de tétées la nuit
Durée de cette phase
Généralement entre 2 et 6 semaines, mais cela peut durer plus longtemps si le rythme de sommeil ne se régule pas.
Conseils pour gérer la régression
- Encourager l'auto-apaisement : Donnez à votre bébé une chance de s'endormir par lui-même.
- Créer un rituel du coucher : Avoir un rituel apaisant avant le coucher aide votre bébé à se relaxer et à prendre de bonnes habitudes pour l'avenir.
- Reconnaître les signaux qu'envoie votre enfant : Surveillez les signaux que vous donne votre bébé, comme le fait de se frotter les yeux, d'être grognon ou de bâiller.
- Nourrir bébé avant le coucher : Un bon repas avant le dodo peut aider bébé à passer une nuit plus paisible.
- Faire en sorte que les nuits soient calmes et les journées actives : Créez une ambiance calme le soir et faites profiter votre bébé de la lumière naturelle et jouez avec lui durant la journée.
Troubles spécifiques du sommeil
Cauchemars et terreurs nocturnes
Les cauchemars surviennent en deuxième partie de nuit, ce sont des mauvais rêves que l’enfant peut raconter. Les terreurs nocturnes arrivent toujours dans le premier tiers de la nuit, elles sont dues à un bref réveil lors de la phase de sommeil lent et profond. Votre enfant crie, ne vous reconnaît pas, est agité, transpire, peut prononcer des paroles incohérentes… L’épisode, généralement unique, a un début très brutal et peut durer en général de 1 à 10 minutes. Il convient alors de rester près de lui et attendre qu’il se rendorme.
Somnambulisme
15 à 40 % des enfants ont fait au moins un accès de somnambulisme, mais seulement 1 à 6% sont réellement somnambules (plusieurs accès par mois). Le somnambulisme est surtout fréquent entre 7 et 12 ans et disparaît après la puberté. Le somnambulisme survient, comme les terreurs nocturnes, 1 à 3 heures après l’endormissement, pendant la phase de sommeil lent et profond. En général, un seul accès est constaté pendant la nuit et ne dure pas plus de 10 minutes. Contrairement aux terreurs nocturnes, l’enfant est calme, son visage inexpressif, il a les yeux ouverts et il se lève. Souvent, l’inquiétude réside dans le fait qu’il puisse se faire mal, mais il est capable de descendre des escaliers et d’éviter des objets dans des lieux familiers.
Ronflements et apnées du sommeil
Entre 6 mois et 6 ans, 10% des enfants ronflent. L’apnée du sommeil touche entre 2 et 4% de enfants ; celle-ci est plus fréquente chez les 3- 6 ans. Chez le nouveau-né, une respiration irrégulière et un peu bruyante entrecoupée de courtes pauses respiratoires est normale. En revanche, si votre bébé peine pour respirer ou a un rythme rapide qui vous semble anormal, il faut consulter votre médecin. Chez les bébés nés prématurément ou dans certaines maladies exceptionnelles qui touchent les centres respiratoires du cerveau, l’on peut observer des apnées dites « centrales ».
Quand consulter un professionnel de santé ?
Face à un trouble du sommeil persistant, il est conseillé de consulter le médecin de votre enfant afin qu’il vous aide à réorganiser les rythmes veille-sommeil et les phases de l’endormissement. On parle de trouble du sommeil lorsque le nourrisson ou l’enfant a du mal à s’endormir, ou se réveille la nuit, ou fait des cauchemars toutes les nuits ou plusieurs fois par semaine pendant souvent plusieurs semaines. Normalement, le nourrisson fait des nuits complètes après l’âge de 6-8 mois. Si les réveils nocturnes persistent en dehors des besoins alimentaires - qui peuvent eux-mêmes devenir problématiques s’ils se prolongent - on peut commencer à parler d’un trouble du sommeil. Et pour que ce soit considéré comme tel, ces difficultés doivent durer depuis au moins un mois.
tags: #nourrisson #difficultés #sommeil #causes #solutions
