Le Quesnoy, cité du Hainaut, se dresse avec une histoire riche et complexe, marquée par son rôle stratégique et son architecture fortifiée. De ses origines médiévales à sa libération par les Néo-Zélandais en 1918, la ville a été témoin de nombreux événements qui ont façonné son identité.
Origines et Fondation Médiévale
La première mention écrite de Le Quesnoy remonte à 1143. Son nom dérive du latin "Quercitum", signifiant "endroit couvert de chênes", reflétant le paysage originel de la région. Fondée en 1142 par le comte de Hainaut sur une crête de partage des eaux entre deux affluents de l’Escaut, Le Quesnoy est dotée d’un château et de remparts en 1150. La population était peu dense à cette époque, la forêt étant remplie de fauves et difficilement habitable, avec quelques clairières permettant la culture et la vie.
Bauduin IV, comte de Hainaut, entoura Le Quesnoy de fossés et de murailles en 1150 et y construisit un château qui devint le douaire des comtesses de Hainaut. Celles-ci, pour la plupart, venaient s’y fixer et y terminer leur vie. Le château possédait un parc appelé « Bois du Gard ». Investi d’un rôle stratégique, Le Quesnoy devint rapidement un centre dynamique sous la protection des comtes de Hainaut.
En 1184, le comte dut lutter contre une coalition formée par le sire d'Avesnes, le comte de Brabant et son beau-frère le comte de Flandre, et le Hainaut fut ravagé de tous côtés. Sous Bauduin IV puis son fils Bauduin V, la ville se dota de murailles en pierre complétant l’enceinte initiale et de bastions de terre pour contrôler les vallées voisines.
Développement Urbain et Fortifications
Le Quesnoy a connu un développement urbain progressif, influencé par son rôle militaire et commercial. La première enceinte, construite en 1150, était composée de murailles crénelées avec chemin de ronde et ponctuée de tours circulaires, précédée d'un fossé. Le château, carré avec quatre tours d'angle et un donjon central, était également entouré d'un fossé.
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Au pied du château, une place triangulaire accueillait un marché, autour duquel la ville s'est développée. Cette place marquait la jonction entre le pouvoir seigneurial et militaire, et la ville bourgeoise et commerçante. Les grandes voies publiques, reliant Valenciennes, la forêt de Mormal, Mons/Bavay et Cambrai, structuraient l’organisation des rues.
Au XIVe siècle, les remparts sont épaissis et renforcés de tours terrassées pour supporter le poids des machines de guerre. L’enceinte, qui compte une trentaine de tours, fait environ 2 200 m de circonférence. À l’intérieur de ses remparts, la ville continue à se développer. Guillaume IV accorda de nombreux privilèges, dont plusieurs aux arbalétriers du Quesnoy. Le Quesnoy atteignit son apogée de puissance et de renommée.
Transformations et Sièges
À partir de 1533, sous domination espagnole, l'enceinte médiévale est remplacée partiellement par une enceinte moderne. Cinq bastions à orillons carrés sont placés devant les remparts, faisant disparaître la majorité des tours du Moyen Âge. Le tracé des remparts subit des rectifications partielles, et des terrées sont placées derrière les murailles. Une douzaine de tours médiévales sont conservées, encadrant les portes Fauroeulx, Valenciennes et Saint-Martin.
Philippe IV d’Espagne ordonne des réparations entre 1637 et 1643. Les remparts sont restaurés et reçoivent des palissades. Des corps de garde et des ouvrages détachés prennent place dans et devant les portes. Toutes les demi-lunes sont équipées de fraises, de fausse-brayes et de chemins couverts palissadés. Assiégée plusieurs fois par la France et les Pays-Bas, la ville est prise sous Louis XIV en 1654 et rattachée définitivement à la France par le traité des Pyrénées de 1659.
L'Ère Vauban et Modernisation des Fortifications
Après la cession de la ville à la France, les premiers chantiers consistent en une restauration de la place forte. De 1655 à 1658, les frères Talon font réparer les dégâts du siège de 1654. Dès 1659, l’ingénieur La Touche propose un vaste plan de modernisation, mais ce projet n’est pas réalisé, à l’exception de ce qui concerne le bastion royal.
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Vauban intervient à partir de 1668, conservant quatre bastions datant de l’époque de Charles Quint et en construisant quatre nouveaux, régularisant ainsi l’enceinte. Deux bastions sont équipés d’un orillon, et cinq autres sont doublés d’une contregarde, le tout précédé des inondations de tenailles, de demi-lunes, de flèches et d’un chemin-couvert. Le système d’inondation repose sur la demi-lune des Suisses. Les batardeaux et la digue de l’étang d’Aulnoye sont bâtis en 1672. L’étang du Fer à Cheval complète les défenses.
En 1678, Le Quesnoy est intégrée à la première ligne du Pré Carré. En 1698, Vauban dépose un dernier projet de modernisation, critiqué par l’ingénieur Génédot. En 1710, cinq lunettes de terre sont construites afin d’éloigner les assiégeants de la ville. Les Hollandais, qui occupent la ville depuis 1712, réalisent le projet de Vauban et édifient un ouvrage à corne à la porte Fauroeulx ainsi que quelques redoutes.
Évolution Architecturale et Militaire
Au XIXe siècle, les casernes du château sont reconstruites et des casemates maçonnées ou terrassées sont ajoutées dans les différents ouvrages. Séré de Rivière construit des abris casematés en 1878, suite au reclassement du Quesnoy comme fort d’arrêt. L’ensemble des remparts de Le Quesnoy subsiste. Déclassés définitivement en 1901 et propriété de la commune, ils sont régulièrement entretenus. Pour les défenses hydrauliques, deux des trois bassins existent encore et sont entretenus par un curage périodique.
La construction des casernes s’accompagne de celle d’é… sur son territoire des tuiles gallo-romaines. village date toutefois de 1143. apparaisse aujourd'hui dans le nom même de la commune. une commande d'équipement de moulin hydraulique au XVème siècle, concernent des activités liées à la rivière. surveillant l'écluse et le passage sur la Deûle. une bataille en 1347, et surtout guerres de religion. ils seront rebâtis en 1599. ébéniste local, M. archives au long du XVIIIème siècle. 1815, après Waterloo et la chute de Napoléon 1er. ce qu'il restera jusqu'en 2014. huileries, brasseries, teillages et filatures de lin prospèrent. tonnes, création d'un nouveau pont (basculant) en 1872. à 5328 en 1891.
Le Quesnoy Pendant les Guerres Mondiales
Ville entièrement fortifiée par Vauban, Le Quesnoy est prise par les Allemands dès le 25 août 1914. La Première Guerre Mondiale va briser cet élan ; occupée 4 ans par les Allemands, d'octobre 1914 à octobre 1918, bombardée en conséquence par les Anglais - le front est à quelques kilomètres-, Quesnoy, qui doit ajouter près de 50 civils à ses morts militaires, est détruit à 95% et transformé en désert : la population restante a été évacuée par les Allemands en juin 1917.
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Le Quesnoy est la seule commune du front entièrement libérée par des Néo-Zélandais le 4 novembre 1918. Plutôt que de détruire les fortifications historiques par des tirs d’artillerie, il fut décidé à la place d’utiliser l’infanterie. Couverts par les tirs de mortiers et de mitrailleuses, et protégés par la brume et la fumée projetées par les Royal Engineers, les Néo-Zélandais avancèrent en direction des remparts extérieurs sous le feu des mitrailleuses et des tireurs embusqués ennemis. 93 soldats sont morts dans l’assaut. Le 6 novembre 1918, une cérémonie est organisée durant laquelle le régiment de Wellington enterre avec les honneurs militaires 5 de ses officiers et plusieurs hommes tombés lors des combats pour la libération de la ville.
Malgré un plan de reconstruction ambitieux de l'architecte quesnoysien Edouard Lepercq, autour d'une vaste place, plan exécuté sur quelque dix ans et qui ne sera pas d'ailleurs totalement réalisé, la population reste médiocre : 3500 personnes en 1936. bien sûr quelques morts, ne marque pas beaucoup Quesnoy. développement et retrouve sa population d'avant 1914.
Héritage et Commémoration
Depuis de nombreuses années, la ville du Quesnoy commémore l’Anzac Day, le dimanche le plus proche du 25 avril. Depuis 2014, une cérémonie de l’aube a également lieu à 6h du matin au cimetière néo-zélandais. Elle est organisée par l’ambassade néo-zélandaise, les Forces armées néo-zélandaises et la mairie. Un groupe culturel maori anime cette cérémonie où de nombreuses personnalités sont présentes. Le 4 novembre, une veillée aux flambeaux est organisée pour commémorer la libération de la ville. Les écoles et collège sont également très impliqués dans la transmission de cette histoire. Un livre pour enfants sur l’histoire de la libération du Quesnoy (Le Quesnoy: the story of the town New Zealand saved) est étudié dans les écoles néo-zélandaises.
La cité de Le Quesnoy entretient une étroite relation d’amitié avec la Nouvelle-Zélande. Au cœur de la ville, le Musée Néo-Zélandais de la Libération rend hommage aux soldats néo-zélandais qui ont libéré la ville en 1918 en escaladant les remparts pour ouvrir une nouvelle page d’histoire. Si Le Quesnoy honore la mémoire des soldats néo-zélandais, elle n’oublie pas non plus d’honorer celle des Belges. L’exemple parfait ? Les Jardins de la Paix, inspirés par les cultures belges et néo-zélandaises.
Patrimoine et Culture
Le Quesnoy conserve plusieurs vestiges liés à son essor médiéval. Notons avec satisfaction que le déclassement de la place en 1901 n’a pas été suivi de la destruction de l’espace fortifié. Cette ceinture de remparts est demeurée comme elle était au temps de Louis XIV. Cet ensemble complet de fortifications est unique dans la région et évoque un passé riche de gloire.
Le premier beffroi fut construit en 1583. En 1744 un nouveau beffroi élégant fut érigé. Il fut de nouveau détruit en 1940. Sa reconstruction et la présence d’un carillon constituent pour les quercitains le symbole de la vie de la cité. Il abrite en effet un carillon de 48 cloches qui rythme la journée des Quercitains. Directement contigu au beffroi, l’Hôtel de Ville, imposant et élégant dans sa simplicité, est de 1700.
Le Quesnoy possède deux géants,conservés au premier étage de l’hôtel de ville : Pierrot Bimberlot, créé en 1904, et Maori, créé en 2004.
Plusieurs édifices religieux ont marqué l'histoire de la ville, notamment l'église Notre-Dame de l'Assomption, reconstruite à plusieurs reprises suite à des incendies et des destructions de guerre. La chapelle de l’Hôpital, fleuron de l’architecture gothique en Avesnois, est un édifice emblématique de la ville.
