La chèvre Alpine, reconnue pour son adaptabilité et ses aptitudes laitières, est une race caprine largement répandue dans le monde. Cet article explore en profondeur la production laitière de cette race, en mettant en lumière les facteurs qui l'influencent et les pratiques d'élevage qui permettent d'optimiser ses performances.

Origines et Caractéristiques de la Chèvre Alpine

Avant d’être officiellement baptisée Alpine en 1930, le caprin était appelé “chamoisée des Alpes” et considéré comme une variété de la “race caprine européenne”. Le berceau de la chamoisée est le massif alpin où la chèvre aurait développé ses aptitudes à arpenter les pâturages escarpés inaccessibles aux moutons. En 1911, l’agronome Paul Auguste Diffloth mentionne la Suisse comme le pays ayant joué un rôle décisif dans l'élevage de cette chèvre en pratiquant une sélection orientée sur la conformation et les capacités laitières.

L’Alpine présente la morphologie d'une race laitière : une silhouette très longiligne, des membres solides et les articulations sèches, une poitrine profonde, un bassin large et peu incliné. Les mamelles sont volumineuses et bien attachées, les trayons orientés vers l'avant et sensiblement parallèles, facilitant ainsi la traite mécanique.

La race alpine se caractérise par une robe chamoisée, la plus répandue car fixée dans les troupeaux de la base de sélection. Le ton fauve s’étend de façon relativement homogène sur le corps, avec des pattes et une raie dorsale noires.

Aptitudes et Adaptabilité de la Chèvre Alpine

Une des raisons de son succès repose sur sa forte capacité d'adaptation climatique et géographique. Rustique et résistante, l’Alpine s'est imposée dans les systèmes intensifs de production de lait car elle s’accommode de tous les modes d’élevages, que ce soit en stabulation, dans un espace restreint et clos, couvert ou non. En montagne, elle supporte les écarts de température et ses onglons durs lui permettent d’atteindre des pâturages escarpés qui sont inaccessibles aux moutons ou aux vaches.

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Outre ses capacités d’adaptation uniques, la chèvre est surtout réputée pour ses excellentes aptitudes laitières. En effet, l’Alpine produit en moyenne 886 litres de lait par période de lactation (295 jours environ) quand les meilleures femelles peuvent atteindre 1000 litres par lactation.

Facteurs Influant sur la Production Laitière

Plusieurs facteurs influencent significativement la production laitière de la chèvre Alpine. Parmi ceux-ci, on retrouve :

  • La parité : La production laitière tend à augmenter avec le nombre de lactations, atteignant son maximum entre la 3ème et la 5ème lactation, avant de diminuer progressivement.
  • Le mois de mise bas : Le moment de l'année où la chèvre met bas peut avoir un impact sur sa production laitière, en raison des variations saisonnières de la qualité et de la disponibilité desFourrages.
  • Le poids post-partum : Le poids de la chèvre après la mise bas est un indicateur de sa condition physique et de ses réserves énergétiques, qui influencent directement sa production laitière.
  • L'alimentation : Une alimentation équilibrée et adaptée aux besoins de la chèvre laitière est essentielle pour soutenir une production laitière optimale.
  • La génétique : La sélection génétique joue un rôle crucial dans l'amélioration des performances laitières de la race Alpine.

Une étude menée au Sud Bénin a mis en évidence l'influence significative de la parité, du mois de mise bas et du poids post-partum sur la production laitière journalière de la chèvre Alpine. Les résultats ont indiqué une production laitière journalière moyenne de 0,88 ± 0,42 kg, avec un pic de 1,60 kg au quarantième jour. La production a augmenté avec le poids post-partum ainsi qu’avec la parité (en kg ; rang 1 = 0,730 ± 0,320 ; rang 2 = 0,96 ± 0,300 ; rang 3 = 1,05 ± 0,536 ; rang 4 et plus = 1,13 ± 0,330).

Le Contrôle Laitier : Un Outil Essentiel

Le contrôle laitier est un outil indispensable pour suivre et améliorer les performances laitières des troupeaux de chèvres Alpines. Il permet de collecter des données précises sur la production de lait, sa composition (taux butyreux et taux protéique) et la qualité sanitaire (comptage cellulaire).

En 2024, 732 exploitations ont fourni des résultats de lactations, soit 7 de moins que l’année précédente. Dans le même temps le nombre de brebis avec calcul de lactation baisse également pour atteindre 282 366, soit une baisse de 3 486 (-1,2%) qui confirme la tendance observée l’année précédente en contrôle laitier officiel (CLO). L’effectif moyen par exploitation s’établit désormais à 462 brebis par élevage (+2 brebis par rapport à l’année précédente).

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Les 2 races principales (Alpine et Saanen) représentent 96,9 % du total des lactations prises en compte (+0,2%). Avec 36,9%, la proportion de primipares dans les lactations qualifiées est en légère baisse (- 0,4%), mettant fin à la série de hausses observée depuis 2018 (+0,8% en 2019, +1,7% en 2020, +0,5% en 2021, +0.6 en 2022, +0,7 en 2023).

En 2024, avec une moyenne à 1027 Kg par lactation (+5 Kg), la production par chèvre se situe pour la seconde fois nettement au-dessus la barre des 1000 Kg (1002 Kg en 2022 et 1022 kg en 2023). Dans le même temps la durée de lactation moyenne augmente nettement pour atteindre 337 jours (+5), confortant l’allongement observée depuis plusieurs années (298 jours en 2014). Les taux augmentent nettement en 2024 pour atteindre respectivement 33,8 g/Kg de taux protéique (+0,2) et 37,8 g/Kg de taux butyreux (+0,4).

Ces données sont ensuite utilisées pour évaluer les performances individuelles des animaux, identifier les reproducteurs les plus intéressants et adapter les pratiques d'élevage en conséquence.

Amélioration Génétique de la Race Alpine

Depuis les années soixante-dix, la sélection des chèvres alpines est menée par un organisme dédié, Capgène, en collaboration avec l’Inra et l’Institut de l’Élevage. Ce programme - qui vise à améliorer la production laitière en volume et en qualité - regroupe 1 000 éleveurs et 140 000 chèvres inscrites au contrôle laitier. Le schéma d'amélioration génétique consiste à identifier les meilleures chèvres de la base de sélection (mères à boucs) et de les faire inséminer par les boucs les plus performants. Les mâles issus de ces accouplements sont ensuite testés pour qu’au final, ne soient retenus que les 40 meilleurs reproducteurs.

Nicolas Turpault est exigeant en génétique. Les doses proviennent des meilleurs boucs du catalogue de Capgènes, le centre de sélection. L’ICC des mâles utilisés en 2018 est de 4,9 et l’IMC de 108. élevages de race Alpine. En conformation de mamelle, 72 % des chèvres du Gaec Turpault sont notées 3 quand seulement une sur deux le sont chez les adhérents du centre de sélection.

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Exemple d'Exploitation Performante : Le GAEC Turpault

Avec 1 245 kg de lait par chèvre, le Gaec Turpault se situe largement au-dessus de la moyenne nationale, à 953 kg. Situation d’autant plus remarquable que l’élevage compte un cheptel de 360 chèvres, supérieure à la moyenne qui était de 274 têtes en 2017 dans les Deux-Sèvres.

Aujourd’hui, le troupeau compte 360 chèvres Alpine pour une production moyenne de 1 245 kg de lait à 38,1 g/kg de TB et 33,4 g/kg de TP. Les chèvres du Gaec Turpault font de grandes carrières laitières en général, avec un âge moyen de réforme de 6 ans : la moyenne est de 4,3 ans pour les adhérents du Contrôle Laitier. Avec cette longévité et cette productivité, le Gaec possède 33 des 668 meilleures chèvres inscrites au Contrôle Laitier Français (379 265 chèvres en 2017), à plus de 10 000 kg de lait ou 700 kg de matières utiles. La 2e meilleure chèvre de France appartient au Gaec avec 16 497 kg de lait sur sa carrière. L’élevage compte aussi la championne de France pour la production journalière, avec 6,5 kg de lait par jour de lactation.

Les performances reposent sur une alimentation régulière des chèvres. Un programme valorise cette ration : distribution du Neolysa poudre pendant trois jours par semaine et du minéral Fero Phosphat Protampon sur les trois autres jours. Les chèvres ont aussi à leur disposition un bloc à lécher adapté à leurs besoins, le Neobloc.

Les éleveurs changent les manchons tous les deux ans, « la qualité du lait ne se limite pas aux matières protéiques et matières grasses, nous sommes vigilants sur les cellules ».

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