Le don de gamètes, et plus particulièrement le don d'ovocytes, est une solution précieuse pour les personnes confrontées à des problèmes de fertilité. Il permet à des couples hétérosexuels, des femmes seules et des couples de femmes d'avoir un enfant lorsqu'ils ne peuvent pas concevoir naturellement. Cet article explore les statistiques clés du don d'ovocytes en France, les facteurs qui influencent ces chiffres, et les défis auxquels le système est confronté.

Qu'est-ce que le Don de Gamètes ?

Le don de gamètes consiste à donner ses spermatozoïdes (pour les hommes) ou ses ovocytes (pour les femmes) afin de permettre à d’autres personnes de concevoir un enfant. Ce don est gratuit, volontaire et encadré par la loi. Depuis la révision de la loi de bioéthique en 2021, les enfants nés grâce à un don peuvent, à leur majorité, accéder à l’identité et aux informations non identifiantes du donneur ou de la donneuse, s’ils le souhaitent.

Le don est destiné à des personnes qui ne peuvent pas avoir d’enfant pour des raisons médicales, ou parce qu’elles n’ont pas accès à des gamètes viables dans leur couple. Il permet également aux femmes seules ou aux couples de femmes d’avoir recours à la procréation médicalement assistée (PMA), désormais autorisée dans ce cadre.

Statistiques Clés sur le Don d'Ovocytes en France

Le don de gamètes permet chaque année à des milliers de familles de voir naître un enfant. En 2022, environ 1 500 enfants sont nés en France grâce à un don de spermatozoïdes ou d’ovocytes. Un chiffre en hausse.

En 2019, 836 femmes ont fait un don d’ovocytes, permettant la réalisation de près de 2 100 fécondations in vitro et la naissance de plus de 400 enfants. Bien que les femmes soient plus nombreuses à donner leurs gamètes que les hommes, le don d'ovocytes reste un domaine où la demande est forte et les stocks sont tendus.

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En 2022, seulement 836 femmes ont donné leurs ovocytes en France, contre plus de 1 400 donneurs de sperme.

L'Impact de l'Ouverture de la PMA et l'Augmentation de la Demande

L’ouverture de la PMA à un public plus large a provoqué une hausse de plus de 30 % des demandes entre 2021 et 2023, selon l’Agence de la biomédecine. Sans donneurs ni donneuses en nombre suffisant, les délais s’allongent, et les projets de parentalité sont retardés, parfois de plusieurs années.

Avec l'accès à la PMA des couples de lesbiennes et de femmes seules, l'agence estime à 3 500 le nombre de demandes supplémentaires entre septembre et décembre 2021.

Dans la région Centre-Val de Loire, le nombre de demandes de PMA a été multiplié par dix en deux ans. En 2023, le CHU de Tours a réalisé 499 inséminations avec donneur, contre une cinquantaine seulement en 2021.

Les Défis du Don d'Ovocytes

Le don d’ovocytes est particulièrement concerné : plus complexe et engageant, il est aussi deux fois moins fréquent que le don de spermatozoïdes. Le nombre de candidates au don d’ovocytes a fortement baissé depuis 2022, limitant l’accès à la PMA pour de nombreuses femmes.

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Les stocks d'ovocytes sont à "flux tendu". "Quand les donneuses font leur don, il est utilisé très rapidement ensuite, ce qui n'est pas le cas pour les spermatozoïdes", observe l'Agence de la biomédecine auprès de franceinfo.

Ces gamètes étant plus rares et le stock inexistant, le délai d’attente peut aller jusqu’à deux ans en fonction des centres.

Malgré tout, le nombre de donneurs stagne depuis - voire régresse du côté des hommes - et ne suffit "pas à répondre aux besoins des couples infertiles en attente d’un don", déplore l'Agence de la biomédecine.

Le Parcours du Don d'Ovocytes

Le don d’ovocytes s’adresse aux femmes de 18 à 37 ans inclus, également en bonne santé. Le parcours est plus long, car il nécessite une stimulation hormonale pendant une dizaine de jours, suivie d’une ponction des ovocytes sous anesthésie légère. Un suivi médical et des examens approfondis sont réalisés en amont. Comme pour le don de sperme, tout est pris en charge, et un soutien est proposé à chaque étape du parcours.

Après une information préalable, un accord signé et un bilan de santé détaillé, il est procédé à un traitement par injections pour stimuler les ovaires, pendant 10 à 12 jours, dans le but d’obtenir plusieurs ovocytes. Quand les ovocytes sont prêts, le prélèvement est effectué par voie vaginale, sous contrôle échographique.

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Il n’est plus possible pour la donneuse lors du don d’ovocytes de conserver dans le même temps ses ovocytes pour elle-même.

Anonymat et Accès aux Origines

Concernant l’anonymat, celui-ci est strict au moment du don, par contre, l’enfant conçu par assistance médicale à la procréation avec tiers donneur pourra, si il le souhaite, accéder à sa majorité aux données non identifiantes et à l’identité du tiers donneur définies à l’article L. A partir d’août 2022, les personnes qui souhaitent procéder à un don de gamètes consentent au préalable à la communication de ces données et de leur identité.

A partir du 1er septembre 2022, les donneurs et donneuses devront consentir à donner accès à leurs données si l'enfant né de ce don le demande. A moins qu'ils ne se manifestent pour donner leur accord, les anciens donneurs verront leurs paillettes détruites.

Campagnes de Sensibilisation et Mobilisation

C’est pourquoi les équipes médicales lancent un appel à la mobilisation. La ville de Tours a été sélectionnée pour participer à l’opération nationale « Faîtes des parents », portée par l’Agence de la biomédecine.

Le budget communication a été multiplié par cinq. L'Agence de la biomédecine a vu grand pour sa dernière campagne d'appel aux dons de spermatozoïdes et d'ovocytes. Des spots vont ainsi être diffusés à la télé, à la radio, au cinéma et sur les réseaux sociaux et des encarts publiés dans la presse écrite et en ligne.

L’Agence de la biomédecine espère récolter plus de dons avec sa campagne, pour davantage de bébés à la clé, elle vise aussi une diversification des origines géographiques des donneurs et des donneuses, dont le profil "ne représente pas suffisamment la société française dans son ensemble".

L'Assistance Médicale à la Procréation (AMP) en Détail

L’assistance médicale à la procréation (AMP), ou procréation médicalement assistée (PMA), consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour favoriser l’obtention d’une grossesse. Elle permet de palier certaines difficultés à concevoir, sans nécessairement traiter la cause de l’infertilité. En France, en 2015, 3,1% des enfants sont nés grâce à une AMP, soit une naissance sur 32 environ.

Techniques d'AMP

Différentes techniques peuvent être proposées aux couples infertiles candidats à l’AMP :

  • L’insémination artificielle: C’est la technique d’AMP la plus simple et la moins coûteuse. Elle consiste à recueillir et préparer le sperme du conjoint ou d’un donneur pour l’injecter directement dans l’utérus de la femme de façon synchronisée avec l’ovulation. Cette pratique représente 37% des tentatives d’AMP, avec environ 54 000 tentatives en 2015 d’après l’Agence de la biomédecine.

  • La Fécondation In Vitro (FIV): Elle représente 63% des tentatives d’AMP. Dans la plupart des cas, les gamètes des deux conjoints sont utilisées. Mais la FIV peut également être réalisée avec un gamète de donneur (spermatozoïde ou ovocyte) lorsque cela s’avère nécessaire. Une première étape consiste à stimuler les follicules par un traitement hormonal avec des doses de FSH exogènes (hormone folliculostimulante) bien plus importantes que celles utilisées en cas d’insémination.

  • La FIV-ICSI (fécondation in vitro avec micro-injection): La fécondation in vitro avec ICSI (pour « intracytoplasmic sperm injection ») représente désormais 67% des FIV. Cette technique consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l’ovocyte. Elle a résolu la grande majorité des problèmes d’infertilité masculine puisque seuls quelques spermatozoïdes mobiles sont nécessaires pour obtenir des embryons.

  • L’accueil d’embryon: Un couple stérile ou à risque de transmission de maladie génétique peut demander à recevoir un embryon congelé issu d’un autre couple.

Chances de Succès de l'AMP

Actuellement, les meilleurs taux de succès, sans don de gamète, sont obtenus après une FIV-ICSI, avec environ 22 naissances en moyenne pour 100 tentatives. Les spécialistes préfèrent souvent parler de chances de grossesse qui indiquent le succès de l’AMP, mais n’aboutissent pas toujours à une naissance (fausses couches, interruptions médicales de grossesse…). Les chances de grossesse varient ainsi en moyenne de 10% à 22% par tentative, en fonction des techniques utilisées.

Le Diagnostic Préimplantatoire

Si l’un des parents présente une maladie génétique d’une extrême gravité, le couple peut demander un diagnostic préimplantatoire afin de savoir si l’enfant est porteur de l’anomalie génétique.

Les Causes de l'Infertilité

Environ 10% de couples infertilesUn couple est considéré comme infertile s’il n’a pas pu concevoir d’enfant après 12 à 24 mois de tentatives sans contraception. Après un an de tentatives sans contraception, 18% à 24% des couples restent sans enfant, selon l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France (Obseff). Après deux ans, 8% à 11% des couples sont toujours en attente d’une grossesse.

Dans environ 15% des cas, cette incapacité est inexpliquée. Dans d’autres cas, elle est liée à une altération de la qualité de sperme chez l’homme (nombre et/ou mobilité des spermatozoïdes), à un trouble de l’ovulation ou encore à un problème de trompes chez la femme. Il s’agit aussi souvent de problèmes de fertilité mixtes, c’est-à-dire concernant les deux membres du couple.

Le recul de l’âge des femmes désirant concevoir un premier enfant est une cause importante d’infertilité et de recours à l’AMP.

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