Naomi Campbell, plus qu'un simple mannequin, est une figure emblématique de la pop culture. Son parcours, depuis une enfance marquée par l'absence de son père jusqu'à son statut de top model mondialement reconnu, témoigne d'une force de caractère et d'une détermination hors du commun. Cet article explore les premières années de sa vie et les débuts de sa carrière, révélant les éléments clés qui ont façonné cette légende de la mode.
Une Enfance Londonienne et des Premiers Pas Artistiques
Naomi Elaine Campbell est née le 22 mai 1970 à Londres. Sa mère, Valerie Morris, est une danseuse de ballet d’origine jamaïcaine. Son père biologique est d’origine chinoise par sa grand-mère paternelle. Naomi n’a jamais rencontré son père, qui a abandonné sa mère avant sa naissance. Elle porte le nom de famille de sa mère et ne connaît pas l’identité de son géniteur, tout au plus sait-elle qu’il est d’origine chinoise. Petite métisse moitié jamaïcaine, Naomi ne mène pas une enfance banale, elle grandit auprès de sa grand-mère, sa danseuse de mère ayant des engagements en Europe. Plus tard, Naomi évoquera à demi-mot la douleur de se sentir abandonnée, trimballée, sans foyer stable.
Suivant les traces de sa mère, elle suit des cours de danse des son plus jeune âge et va intégrer, à 10 ans, l’académie des Arts du théâtre, où elle apprend le ballet. Avant même le démarrage de sa carrière, alors qu’elle suit des cours de danse, elle tourne dès 1978 dans le clip de Bob Marley pour la chanson This is Love. Puis en 1983 dans le clip de Culture Club pour I’ll Tumble 4 Ya. Ces premières expériences artistiques la familiarisent avec le monde du spectacle et révèlent son potentiel devant la caméra.
La Découverte et le Lancement d'une Carrière Fulgurante
En 1985, alors qu’elle a 15 ans, tout bascule : en plein shopping avec des copines, elle est repérée par l’agent de mannequins Beth Boldt. Naomi signe chez Elite et sa carrière s’emballe : très vite, elle cumule les covers, les défilés, se fait adopter par Azzedine Alaïa, qu’elle appelle "papa” (elle n’a jamais connu son véritable père, d’origine asiatique). Elle oublie sa carrière de danseuse, et devient mannequin. Elle va faire sa première couverture pour le Elle britannique, et signe avec Elite.
A 16 ans, elle arrive à Paris et travaille pour le couturier Azzedine Alaïa, à qui elle va s’ attacher et le considérer comme son père. Dès qu’elle débarque à Paris, il l’accueille dans son antre du Marais, la conseille, la surveille aussi, l’empêchant de faire le mur toutes les nuits pour danser aux Bains. Papa Alaïa et la panthère jamaïcaine, quelle alliance détonante! Il dit de Naomi: « Elle est comme un cheval de course. Un pur-sang. Elle possède quelque chose de très spécial. Elle est au-dessus des autres.»
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Sa carrière prend rapidement de l'ampleur, la propulsant sur les podiums et les couvertures des magazines les plus prestigieux. En 1988, Naomi Campbell est devenue la première mannequin noire à faire la couverture de Vogue en France. Un choix évident, visionnaire et… financier, Yves Saint Laurent aurait menacé le journal de boycott publicitaire en cas de refus. Elle se lie d’amitié avec ses collègues de travail, Linda Evangelista la Canadienne et Christy Turlington l’Américaine. Elles forment la sainte «Trinity» de la mode, ce sont les trois mousquetaires des défilés, jamais l’une sans l’autre. Si vous voulez Linda et Christy, prenez Naomi, sinon rien !
L'Ère des Supermodels et l'Ascension d'une Icône
Le succès monte d’un cran quand commence la folie Supermodels, en 1990 : elle fait partie du club des six, réalisant ce strike d’être sur la fameuse photo en noir et blanc de Peter Lindbergh, repérée par George Michael qui décide de les faire toutes chanter à sa place dans le clip de Freedom! 90 - titre qu’elles reprennent sur le podium de Gianni Versace la saison suivante. Inoubliable. Les merveilleuses années 1990, où il y a une telle concordance de talents que cela ressemble à un alignement des planètes. Les meilleurs designers, les copains Alexander McQueen et John Galliano arrivent, Gianni Versace, Marc Jacobs s’installent, les meilleurs photographes, Richard Avedon en fin de carrière, Steven Meisel au début, Herb Ritts et Peter Lindbergh en ascension, et les meilleurs mannequins, Cindy, Linda, Christy, Tatjana, Stephanie et Naomi - le nom de famille est désormais superflu pour identifier celle qui pose comme elle respire -, se croisent au même moment. C’est fantastique. Chaque podium est l’occasion d’un happening.
Sur cette lancée, Naomi donne sa propre version de la synergie en sortant simultanément un livre (Swan), un disque (Baby Woman), des films (dont Girl Six de Spike Lee). Elle est alors partout : dans le clip Erotica de Madonna comme dans son scandaleux livre de photos SEX, dans les séries télé les plus populaires, du Prince de Bel-Air au Cosby Show, en passant par Absolutely Fabulous, devient amie avec Michael Jackson… Ça ne s’arrêtera plus jamais : aujourd’hui encore, Naomi continue à défiler pour les meilleurs créateurs, à poser pour les meilleurs photographes.
Une Personnalité Complexe et Engagée
Au-delà de sa carrière de mannequin, Naomi Campbell est une personnalité complexe et engagée. Elle a été impliquée dans plusieurs causes humanitaires et caritatives. En 1997, elle devient ambassadrice de bonne volonté pour l’Unesco et s’engage pour l’éducation des enfants défavorisés dans le monde. Elle crée l’association Fashion for Relief, qui vient en aide aux enfants sinistrés à la suite de catastrophes naturelles. Elle organise des galas, des collaborations avec de grandes marques, s’implique. Naomi Campbell ne reste pas à se manucurer entre deux défilés. De son passé, elle tire l’envie d’agir.
Elle a également été une voix pour la diversité dans l'industrie de la mode. Dès 1988, elle avait rejoint un groupe militant pour que les mannequins noires touchent le même salaire. Depuis, la diversité a gagné les podiums.
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