Le sulprostone est un médicament de la famille des dérivés de la prostaglandine E2. Il est utilisé dans certaines situations obstétricales. Cet article aborde les aspects importants concernant son utilisation, en particulier en relation avec l'allaitement.
Qu'est-ce que le sulprostone ?
Le sulprostone est un dérivé synthétique de la prostaglandine E2 qui agit sélectivement sur l'utérus gravide, à la fois au niveau du col utérin et du myomètre. Il provoque des contractions utérines qui entraînent l'expulsion du contenu utérin. Au niveau du col, il entraîne une dilatation lente, facilitant ou rendant superflue la dilatation mécanique.
Indications du sulprostone
Ce médicament est indiqué dans les cas suivants :
- Atonie utérine hémorragique du post-partum, en traitement de seconde intention.
- Expulsion du contenu utérin lors d'une interruption de grossesse.
- Interruption thérapeutique de grossesse au cours du deuxième trimestre.
Administration et posologie
Le sulprostone est administré par voie intraveineuse en perfusion. La posologie varie en fonction de l'indication et de la réponse clinique de la patiente.
- Atonie utérine hémorragique du post-partum : Administrer le plus tôt possible, à une dose de 1,7 µg par minute (ou 100 µg par heure en administration à la seringue électrique). Le traitement doit être réévalué en l'absence d'amélioration clinique après 30 minutes de perfusion. La dose peut être augmentée jusqu'à 8,3 µg par minute (ou 500 µg par heure en administration à la seringue électrique).
- Expulsion du contenu utérin lors d'une interruption de grossesse ou interruption thérapeutique de grossesse au cours du deuxième trimestre : 1,7 µg par minute (ou 100 µg par heure en administration à la seringue électrique). Le traitement peut être renouvelé dans les 12 à 24 heures si besoin. La durée du traitement ne doit pas dépasser 10 heures.
Il est crucial de respecter le débit de perfusion recommandé et de ne jamais injecter le sulprostone en bolus.
Lire aussi: Comprendre le lien entre règles et allaitement
Contre-indications et précautions d'emploi
NALADOR est contre-indiqué pendant la grossesse.
Des accidents cardiovasculaires graves, parfois mortels, ont été rapportés avec le sulprostone (infarctus du myocarde, arythmie cardiaque mettant en jeu le pronostic vital, choc et arrêt cardiaque). Une surveillance étroite des paramètres cardiorespiratoires et circulatoires est donc nécessaire pendant l'administration. En cas de suspicion de spasme coronarien (douleur thoracique, troubles du rythme, hypotension artérielle importante, collapsus cardiovasculaire, perte de connaissance), un ECG doit être effectué immédiatement.
Des bronchoconstrictions peuvent survenir chez des patientes prédisposées. Comme avec les prostaglandines naturelles, des augmentations de la pression de la circulation pulmonaire (pouvant aller jusqu'à un œdème pulmonaire) peuvent survenir.
Le sulprostone, tout comme l'ocytocine, provoque des contractions utérines. L'administration concomitante de ces deux médicaments est donc contre-indiquée en raison du risque de surstimulation utérine en l'absence de vacuité utérine. L'administration préalable ou concomitante d'une autre prostaglandine avec NALADOR n'est pas recommandée.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ne doivent pas être utilisés simultanément avec le sulprostone.
Lire aussi: Comment choisir un soutien-gorge d'allaitement pas cher ?
Sulprostone et allaitement
Il n'existe pas de données concernant le passage du sulprostone dans le lait maternel. En l'absence de données, il est préférable d'éviter l'allaitement pendant le traitement par sulprostone. Il est important de peser les bénéfices de l'allaitement pour l'enfant par rapport au risque potentiel lié à l'exposition au médicament. Une consultation avec un médecin ou un pharmacien est recommandée pour prendre une décision éclairée.
Effets indésirables possibles
Le tableau ci-dessous répertorie les réactions indésirables selon les classes de systèmes d'organes définies par la base de données MedDRA. La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament.
Bien que les bêta-adrénergiques sympathomimétiques soient généralement le traitement approprié lors de bronchoconstriction, bradycardie et hypertonie de l'utérus, leur utilisation est contrebalancée par le risque potentiel d'œdème pulmonaire chez la femme enceinte.
Informations importantes pour les patientes
- NALADOR contient une substance active, le sulprostone, qui appartient à une famille de médicaments appelés dérivés de la prostaglandine E2. Chez la femme enceinte, NALADOR agit sur le col et le muscle de l’utérus (myomètre).
- Adressez-vous à votre médecin ou pharmacien avant d’utiliser NALADOR 500 microgrammes, lyophilisat pour usage parentéral.
- Quelques cas d’accidents cardio-vasculaires graves parfois mortels (infarctus du myocarde, trouble du rythme cardiaque mettant en jeu votre vie, choc et arrêt cardiaque) ont été rapportés. Si vous ressentez des effets, tels que douleur à la poitrine, troubles du rythme cardiaque, baisse importante ou chute de la tension artérielle, perte de connaissance, provoqués par des contractions des artères coronaires, un électrocardiogramme doit être effectué immédiatement.
- Des difficultés à respirer (bronchoconstriction) peuvent survenir chez des personnes à risque. Comme avec les prostaglandines naturelles, des augmentations de la pression de la circulation pulmonaire (pouvant aller jusqu’à un œdème pulmonaire) peuvent survenir.
- Vous ne devez pas utiliser simultanément des anti-inflammatoires non stéroïdiens (famille de médicaments habituellement utilisés pour traiter la douleur ou les rhumatismes et comportant notamment l’aspirine, l’ibuprofène, le kétoprofène, le diclofénac).
- Tout comme l’ocytocine, le sulprostone provoque des contractions utérines. Ces deux médicaments ne doivent donc pas être utilisés simultanément.
- Si vous êtes traitée pour des saignements importants de l’utérus survenant juste après l’accouchement suite à un relâchement du muscle de l’utérus, NALADOR pourra vous être administré en second lieu après l’ocytocine (voir rubrique « Dans quels cas est-il utilisé ?
- D’une façon générale, il convient au cours de la grossesse ou de l’allaitement de toujours demander l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d’utiliser un médicament.
- Si vous êtes enceinte, un risque potentiel d’œdème pulmonaire est associé à l’utilisation des médicaments généralement appropriés pour traiter les bronchoconstriction, bradycardie et hypertonie de l’utérus (médicaments appelés béta-adrénergiques sympathomimétiques).
- Des accidents cardio-vasculaires graves (potentiellement mortels) ont été rapportés. Ils sont dus à des contractions des artères coronaires pouvant entraîner la survenue d’une crise cardiaque, de troubles du rythme cardiaque mettant en jeu la vie, choc ou arrêt cardiaque.
- En conséquence, il est important de surveiller les paramètres cardiaques et vasculaires : rythme cardiaque lent (bradycardie), troubles du rythme, baisse ou chute de la tension artérielle pouvant s'aggraver fortement (état de choc).
Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien. Ceci s’applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans cette notice. Ne jetez aucun médicament au tout-à-l’égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien d’éliminer les médicaments que vous n’utilisez plus.
Lire aussi: Tétine et allaitement mixte
tags: #nalador #et #allaitement
