Le 21 janvier 2026 marquera le 233e anniversaire de la mort de Louis XVI, un monarque dont le règne fut tragiquement lié à la Révolution française. Né à Versailles le 23 août 1754, Louis Auguste, futur Louis XVI, était le second fils de Louis, dauphin de France, et de Marie-Josèphe de Saxe. Dès sa naissance, il reçut le titre de duc de Berry.

Une Éducation Royale et Précoce

L'enfance de Louis Auguste se déroule dans un contexte particulier. Fils du Dauphin Louis de France et de sa seconde épouse, Marie-Josèphe de Saxe, il est élevé dans une éducation religieuse stricte et formé à des principes conservateurs sous la tutelle du duc de La Vauguyon. Élève studieux, il se passionne pour plusieurs disciplines scientifiques et révèle un talent caché pour la serrurerie.

À sa naissance en 1754 et jusqu’au moment où le jeune prince quitta ses nourrices en 1762, Louis Auguste avec ses frères occupait un logement situé au rez-de-chaussée de l’aile des Princes donnant sur le parterre du Midi. De 1762 à 1768, le jeune Louis fut éduqué par un gouverneur et un précepteur dans l’appartement des Enfants de France au premier étage du château de Versailles, dont la vue ouvrait toujours sur le parterre du Midi. Au décès de son père en 1765, le prince était désormais dauphin et héritier présomptif de la Couronne, mais il fallut encore attendre quelques années avant qu’il ne déménage pour le traditionnel appartement réservé au dauphin. Ainsi, de 1768 jusqu’à la mort de Louis XV en mai 1774, il résida dans ce vaste logement situé dans le corps central du château.

Mariage et Ascension au Trône

Le premier événement marquant de sa vie fut son mariage avec Marie-Antoinette d'Autriche le 16 mai 1770, fille de l'immortelle Marie-Thérèse. Cette union visait à renforcer l'alliance entre la France et l'Autriche. Les festivités qui ont accompagné ce mariage ont été assombries par un accident tragique, coûtant la vie à de nombreux spectateurs, un triste présage des épreuves qui attendaient les jeunes époux.

Le 10 mai 1774, à la mort de Louis XV, Louis XVI monta sur le trône à l'âge de vingt ans. Il hérita d'un royaume en proie à des difficultés financières et sociales croissantes.

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Les Premières Années du Règne : Réformes et Tentatives

Louis XVI, bien intentionné, commença son règne avec des mesures populaires. Il rappela les parlements, abolit certains impôts et supprima la torture judiciaire. Il s'entoura de ministres réformateurs comme Turgot et Malesherbes.

Son premier soin avait été d'appeler au ministère M. de Machault, digne de cet honneur et capable de diriger la jeunesse du monarque dans les circonstances difficiles où se trouvait l'État. Une intrigue de cour l'écarta et mit à sa place le comte de Maurepas, courtisan profond dans l'art de l'intrigue, superficiel dans tout le reste, et dont le grand âge n'avait pu guérir l'incurable frivolité. Trop vieux pour un roi de vingt ans, et qui avait besoin d'être enhardi, il intimida sa jeunesse sans guider son inexpérience.

Cependant, les réformes se heurtèrent à l'opposition des privilégiés et des courtisans. Turgot, partisan fanatique de cette politique matérialiste, qui ne voit dans le gouvernement des peuples que de l'argent, du commerce, du blé et des impôts, fier de se croire le chef d'une secte dont il n'était que l'instrument ; Malesherbes, ami de Turgot, qui avait à la fois des vertus antiques et des opinions nouvelles ; Saint-Germain, élevé dans les minuties de la tactique allemande qui détruisit le plus ferme rempart de la royauté, la maison du roi, dont la bravoure et l'incorruptible fidélité ne pouvaient racheter aux yeux des faiseurs militaires ce qui lui manquait en précision dans les manoeuvres et en rigidité dans la discipline ; Necker enfin, banquier protestant et Genevois, et à ce double titre, imbu de cette politique rétrécie qui veut régler un royaume sur le système dune petite démocratie et les finances d'un grand État comme les registres d'une maison de banque ; qui s'irrite contre toute distinction autre que celle de la fortune, et ne voit dans le dépositaire du pouvoir monarchique que le président d'une assemblée délibérante, ou le chef d'une association commerciale, révocable au gré des actionnaires.

Louis XVI, naturellement porté à l'économie, commença son règne par des retranchements sur ses dépenses ; réductions qui honorent la modération d'un souverain quand elles ne coûtent à la royauté aucun sacrifice sur ses droits et sa dignité. Il remit au peuple le droit de joyeux avènement ; il établit pour Paris le mont de piété et la caisse d'escompte ; il fit cesser les craintes d'une banqueroute en assurant le payement des rentes sur l'hôtel de ville ; il abolit les corvées, qu'il convertit en impôt pécuniaire, et il abolit aussi dans la Franche-Comté un reste de servitude territoriale, dont n'avaient peut-être jamais entendu parier ceux qui firent de cet affranchissement un texte aux plus emphatiques éloges ; il supprima la torture, ou question judiciaire avant la condamnation à mort, sévérité à peu près tombée en désuétude, mais dont la menace importunait les conspirateurs.

Louis XVI rendit plus tard aux protestants la plénitude des droits civils (1787), en imprimant à leurs mariages un caractère légal : bienfait immense, n'eût-il été qu'un acte de justice, et trop mal reconnu. Enfin, il essaya des administrations provinciales, formées par Necker dans des vues et sur un plan assez peu monarchiques. Cette nouveauté était d'une extrême conséquence : avec l'esprit qui régnait alors, c'était faire un changement de front sous le feu de l'ennemi.

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La Guerre d'Amérique et la Crise Financière

La guerre d'Amérique, bien que victorieuse, aggrava considérablement les finances du royaume. Necker, rappelé au ministère, tenta de redresser la situation par des emprunts, mais sans succès durable.

Le premier événement politique du règne de Louis XVI fut la guerre d'Amérique, guerre que repoussait le coeur droit du monarque. Mais on fit parler l'opinion publique, surtout celle de la capitale, avide de nouveautés et d'émotions ; et la guerre fut décidée. Ce fut une grande faute : il eût fallu laisser l'Angleterre s'épuiser sans soumettre les colonies, ou les épuiser pour les soumettre. Dès lors, il s'élevait entre les deux peuples une haine irréconciliable, que les Anglais tournèrent contre nous, et dont l'équivoque amitié des Américains ne pouvait empêcher ou compenser les effets. Nous fûmes heureux dans cette guerre comme auxiliaires : l'Amérique fut affranchie du joug des Anglais ; mais notre marine et celle de l'Espagne, notre alliée, essuyèrent de grandes pertes.

Après la guerre d'Amérique, la France fut près d'en entreprendre une autre du même genre, en soutenant les patriotes hollandais contre la Prusse et contre leur souverain. Louis XVI avait eu en 1781 son premier fils, et cet événement avait été célébré dans tout le royaume avec beaucoup de joie et de solennité. A Paris, la ville donna un banquet auquel le roi assista avec sa famille. Tous les voeux des Parisiens furent comblés, et l'ivresse de la joie publique fut excessive. C'était le 21 janvier 1782 : onze ans plus tard et le même jour, Louis fut conduit à l'échafaud dans la même ville !

La guerre d'Amérique avait épuisé nos finances, que Necker soutenait à force d'emprunts : il fallait rétablir l'équilibre depuis longtemps dérangé entre les recettes et les dépenses. Les notables furent appelés par Calonne, nouveau ministre des finances, pas plus homme d'Etat que Necker, mais plus homme de cour. Une assemblée de notables se trouvait dans notre histoire plutôt que dans notre constitution ; et ce qui pouvait arriver de plus heureux pour la France, quand elle cherchait des remèdes hors de ses lois, c'était qu'ils fussent inutiles.

La Convocation des États Généraux et le Début de la Révolution

Face à la crise, Louis XVI se résolut à convoquer les États Généraux en 1789, une assemblée des représentants des trois ordres de la société. Cet événement marqua le début de la Révolution française.

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Les notables proposèrent quelques projets salutaires, mais ils hasardèrent des opinions dangereuses ; et telle était la disposition des esprits, que les opinions furent plus remarquées que les projets. Les notables délibérèrent sans pouvoir conclure, ce qui est toujours dangereux de la part d'une assemblée publique ; et il n'en resta qu'une dispute sur les finances entre Necker et Calonne, à la fin inintelligible pour le public, et peut-être pour eux-mêmes. Le cardinal de Brienne, bel esprit sans vues et sans fermeté, pris au dépourvu pour être ministre, proposa l'impôt du timbre.

Le parlement refusa l'enregistrement, et se déclara incompétent pour ajouter à des impôts, déjà trop onéreux, un impôt nouveau et inusité. C'était demander les états généraux. Ces grandes convocations avaient toujours paru un dernier remède à des maux désespérés, moins par le soulagement que les peuples en obtenaient que par celui qu'ils en espéraient ; car les peuples souffrent bien plus des maux qu'ils craignent que de ceux qu'ils éprouvent. Ainsi, de même que la nature veille à la conservation de son ouvrage, la France, qui avait déjà tant de moyens de force, s'était ménagé dans ses états généraux, comme l'Église dans ses conciles, un moyen de perpétuité.

Ces grandes assemblées légales, mais heureusement rares et jamais périodiques, visitaient de loin en loin les fondements de la société pour arrêter et réparer l'influence destructive du temps et des hommes, et empêcher les fautes de l'administration de devenir des plaies à la constitution. Tel était l'objet de ces convocations solennelles, mal représentées par des historiens qui leur ont demandé compte du bien qu'elles n'étaient pas destinées à faire, et n'ont pas assez considéré les maux qu'elles étaient appelées à prévenir. Avec la succession masculine, elles ont peut-être été la principale cause de la stabilité de la France et de la permanence de ses lois.

En un mot, les états généraux étaient le corps de réserve destiné à venir au secours de la société dans les extrêmes dangers et les besoins extraordinaires, comme la captivité d'un roi, les disputes sur la succession au trône, ou même sa vacance ; et l'histoire en fournit des exemples ; ainsi tout était prévu dans cette constitution si méconnue, et même ce qu'on ne peut pas prévoir. Mais le parlement de Paris avait demandé les états généraux et non l'assemblée nationale, et moins encore l'assemblée constituante. Dès le premier pas, ses intentions et celles de la nation furent trompées. Les notables furent appelés une seconde fois pour déterminer le forme de cette grande convocation ; et le ministre invita tous les écrivains à donner leur avis.

C'était là une bien dangereuse ineptie. Tout à cet égard était réglé depuis longtemps par la sagesse de nos pères qui, ne s'embarrassant pas dans des minuties de nombre total ou respectif, ou de costumes et d'étiquettes, dessinant à grands traits ces majestueuses assemblées, n'y avaient jamais vu que trois ordres, comptant chacun pour une voix, quel que fût le nombre de ses membres, et délibérant à part dans la plénitude de leur liberté et de leur égalité constitutionnelles. Si l'on s'en fût tenu à cette antique et sage simplicité, il est permis de croire, vu la disposition des esprits et le progrès des connaissances en administration, que les états généraux auraient fait un grand bien, ou n'auraient produit aucun mal.

Le parlement de Paris, les princes du sang, dans leur prophétique mémoire au roi, insistèrent pour qu'on suivît les formes usitées aux derniers états généraux de 1614. Mais l'engouement des nouveautés, la vanité de Necker revenu au ministère, l'ignorance des beaux esprits, les intrigues des factieux, en ordonnèrent autrement. Le tiers état fut nommé en nombre double de chacun des deux autres ordres ; mesure inutile, si l'on devait délibérer par ordre, mortelle, si l'on délibérait par tête.

Cette question fondamentale, objet de toutes les espérances des factieux, de toutes les craintes des gens de bien, et sur laquelle reposaient les plus grands intérêts de la monarchie, fut la première agitée dans cette assemblée des états généraux, qui se réunit à Versailles le 5 mai 1789. L'autorité la plus respectable, celle des voeux exprimés par la généralité des cahiers, derniers soupirs de l'esprit public en France, ne fut pas même écoutée par ces hommes qui se vantaient de ne rien faire que pour les intérêts et par la volonté de la nation. Le tiers état, loin d'être touché du sacrifice que firent les deux premiers ordres en offrant de concourir aux charges publiques, les somma audacieusement de se réunir à lui, et sur leur refus il se déclara constitué en assemblée nationale.

La Monarchie Constitutionnelle et la Chute de la Royauté

Louis XVI, dépassé par les événements, accepta la monarchie constitutionnelle en 1791. Cependant, sa tentative de fuite à Varennes en juin 1791 discrédita définitivement la monarchie.

Ce fut en vain que la noblesse et le clergé réclamèrent et protestèrent contre des actes aussi contraires aux bases de l'ancienne monarchie, et que le roi, après avoir ordonné … L’Insoumission publie un nouvel article de sa rubrique « Nos luttes ont des histoires ». Son but est de porter attention aux processus historiques, analyser et connaitre les faits pour comprendre l’influence des évènements sur notre présent et notre futur. L’Insoumission publie un nouvel article de sa rubrique « Nos luttes ont des histoires ». Le 21 janvier 1793, à 10h22 du matin, l’ex-roi Louis XVI est guillotiné sur la place de la Révolution, aujourd’hui place de la Concorde, à Paris. Ses dernières paroles ont été pour clamer son innocence : « Je meurs innocent des crimes qu’on m’impute. » Il a pourtant bien été condamné à mort pour ces crimes après avoir été « suspendu » de ses fonctions le 10 août 1792. À l’époque, une question se posa d’emblée : selon quelle loi, quel droit, peut-on juger le roi ? Faut-il même le juger ? Ces questions peuvent sembler, a posteriori, sans objet : le roi a été jugé, condamné, exécuté. Or, les débats qu’elles ont soulevés ont profondément divisé la Convention, contribuant à marquer un peu plus l’écart entre les « Girondins » (ou « Brissotins ») et les « Montagnards », ainsi que l’on commence alors à les appeler. Là encore, les débats ont été animés, sur les trente-trois chefs d’accusation qui pèsent sur Louis « Capet » XVI. Enfin, si verdict a rassemblé les députés, la peine et, surtout, son application, a fait l’objet de débats houleux : fallait-il condamner le roi à mort ? et une fois la sentence prononcée, fallait-il l’exécuter ou prononcer un sursis ? Toute l’ambiguïté du procès du roi vient du fait que rien ne prévoit sa tenue, dans l’arsenal législatif du jeune Etat de droit qu’est la plus jeune encore République. Au contraire, la Constitution toujours en vigueur est celle de la monarchie constitutionnelle de 1791 : la nouvelle constitution doit être débattue par l’assemblée élue à cet effet en septembre 1792, la Convention. Le roi a bien été « suspendu » de ses fonctions le 10 août 1792, à la suite de la prise du Palais des Tuileries par les patriotes ; la monarchie a bien été abolie le 21 septembre 1792 par acclamation de la Convention qui se réunit pour la première fois ; la République a bien été décidée, sans proclamation solennelle, ce même jour (voir notre article sur le 21 septembre 1792), mais l’ambiguïté n’est pas levée sur le sort réservé au désormais ex-roi. « Dans nos idées actuelles d’égalité, nous ne voulons voir dans un roi qu’un individu ordinaire, mais un roi n’est point un individu, c’est un être privilégié, un être moral et un corps sacré, un tout à qui une nation compose elle-même pour son propre bonheur une existence toute différente de la sienne. » L’avocat plaide le 26 décembre : « Louis sera donc le seul français pour lequel il n’existera aucune loi ni aucune forme ? Il n’aura ni les droits des citoyens, ni les prérogatives de roi. Il ne jouira ni de son ancienne condition, ni de la nouvelle. Quelle étrange et inconcevable destinée. Cette théorie des « deux corps du roi », le corps matériel, mortel, de l’individu et le corps politique, immortel, mystique, symbolisé par la formule « Le roi est mort, vive le roi ! « Il n’y a point de procès à faire. Louis n’est point un accusé, vous n’êtes point des juges ; vous êtes, vous ne pouvez être que des hommes d’État et les représentants de la nation. Vous n’avez point une sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut public à prendre, un acte de Providence nationale à exercer. […] Louis fut roi, et la République est fondée. La victoire et le peuple ont décidé que lui seul était rebelle. Louis ne peut donc être jugé, il est déjà condamné […]. En effet, si Louis peut être encore l’objet d’un procès, Louis peut être absout ; il peut être innocent ; que dis-je ! il est présumé l’être jusqu’à ce qu’il soit jugé. Mais si Louis peut être présumé innocent, que devient la révolution ? […]Un roi dont le nom seul attire le fléau de la guerre sur la nation agitée, ni la prison, ni l’exil ne peuvent rendre son existence indifférente au bonheur public. Je prononce à regret cette fatale vérité… mais Louis doit mourir, parce qu’il faut que la patrie vive. Toutefois, Robespierre n’est pas entendu par la majorité de l’assemblée. Ces questions de forme, essentielles dans un Etat de droit, étant tranchées, même de manière bancale, le roi acceptant le procès tout en contestant sa légitimité, il s’agit de définir les chefs d’accusation sous lesquels le roi comparait. Les accusations portent essentiellement sur les décisions mais aussi les silences et lesomissions du roi de France devenu « Roi des Français ». Ainsi, il lui est reproché (articles 24 à 26) les vetos royaux pour contrer les décrets mettant en accusation les prêtres réfractaires : il s’agit des prêtres qui refusent la constitution civile du clergé qui en faisait, pour faire simple, des fonctionnaires devant prêter serment à la Constitution. Techniquement, le roi est dans son bon droit. Politiquement, cela lui est reproché comme le signe que le roi refuse l’ordre nouveau, et manifeste au contraire son attachement au droit divin dont il serait investi. Beaucoup des chefs d’accusation portent également sur les silences royaux : sont-ils coupables quand le roi ne condamne pas la formation d’une armée des émigrés nobles à Coblence en Allemagne, prête à fondre sur Paris et à rétablir l’ancien régime (chef d’accusation n°15) ? Peut-on bâtir une accusation sur ces non-décisions ? C’est là-dessus que comptent les avocats de Louis XVI, dont le plus précis est de Sèze, qui rejette toute accusation antérieure à la Constitution entrée en vigueur le 3 septembre 1791, alléguant l’irresponsabilité pénale du roi ; il rejette aussi toute accusation pour laquelle le roi n’est pas le seul impliqué et où la responsabilité doit être partagée avec ses ministres. Ainsi, il écarte les accusations liées à la tentative de fuite du roi, arrêté à Varennes, en Meuse, le 21 juin 1791. Or, il est établi qu’il allait rejoindre les armées émigrées pour ensuite marcher sur Paris en monarque absolu. Surtout, le coup de théâtre du procès a été la découverte, dans le palais des Tuileries où logeait la famille royale jusqu’à la journée du 10 août 1792, d’une « armoire de fer » dissimulée dans les boiseries des appartements royaux. Son corps, déposé au Panthéon, en sera retiré en 1794. Plus grave pour le roi, c’est toute une diplomatie parallèle qui est révélée, avec une correspondance nourrie, en particulier, avec l’Empire d’Autriche contre lequel la France est en guerre depuis avril 1792. Rappelons que la reine Marie-Antoinette est la sœur de l’empereur autrichien. La mise au jour du contenu de cette « armoire de fer », le 20 novembre 1792, a eu un double effet. Toutefois, les allégations de l’ancien roi sur la disparition de certaines pièces de l’armoire ne sont pas nécessairement sans fondement : l’ouverture du meuble a été faite par le ministre de l’Intérieur, Roland, en personne et sans témoin. Les « Girondins » sont ainsi nommés car de nombreux députés de ce « groupe » viennent de la région de Bordeaux (comme Vergniaud, Guadet ou Gensonné) ; ils tiennent alors le gouvernement avec des ministres comme Rolland, Clavière ou le mathématicien Monge. Les « Montagnards » sont ainsi dénommés, non car ils viendraient de quelque région montagneuse mais parce qu’ils siègent sur les plus hauts gradins de l’assemblée. Chaque groupe remporte ses succès, essuie ses échecs. Ainsi, comme le résume Jean-Clément Martin, le fait que le procès ait lieu marque un « échec à la Montagne ». Comme on l’a vu, Robespierre ne voulait pas de procès mais la mort du roi. En effet, afin de repousser l’éventualité d’une exécution capitale de l’ex-roi, les Girondins tentent plusieurs manœuvres. D’abord, ils proposent l’appel au peuple, c’est-à-dire dire une sorte de référendum, dont ne sait pas trop comment il aurait été possible sans diviser inutilement la nation dans un contexte de périls imminents, comme le souligne Robespierre : « Exposer l’Etat à ces dangers, dans la crise d’un gouvernement qui doit naître, à l’approche des ennemis ligués contre nous, qu’est-ce autre chose que vouloir nous ramener à la royauté par l’anarchie et la discorde ? « Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d’attentats contre la sûreté nationale ? Y aura-t-il appel à la nation de la sentence rendue ? Quelle sera la peine infligée à Louis ? À la première question, les députés votent très massivement « oui » le 15 janvier (691 sur 749 présents, pas une voix contre) : la pression populaire a sans doute joué sur les plus indécis, trois sections populaires de Paris s’étant déclarées en état d’insurrection, malgré les appels à la modération de Robespierre. Le 16 janvier, le vote sur la peine infligée au roi divise davantage : elle est votée par 387 voix pour, contre 334 députés qui se prononcent en faveur d’un emprisonnement ou de la mort conditionnelle. Mais un dernier recours est tenté par les Girondins avec un appel à voter un sursis à l’exécution. Après de longs débats, il est rejeté par 380 voix contre 310 et 59 refus de vote, le 20 janvier 1793. Le roi se voit refuser un délai de trois jours avant exécution. En exécutant le roi, la jeune République fait souffler un vent d’effroi sur les monarchies européennes. Surtout, cela rend impossible tout retour en arrière tant dans la politique intérieure que vis-à-vis des monarchies européennes. Le corps mystique du roi a été nié par les conditions même du procès où le « citoyen Capet » comparaissait. Le frère du défunt roi, comte de Provence, émigré en Allemagne, se proclame « lieutenant général du Royaume » en attendant que son neveu le « roi » soit en mesure de gouverner - ce ne sera jamais le cas puisqu’il meurt très jeune, en 1795, d’une tuberculose aggravée d’une péritonite. Quant à la vie politique sous la République, elle est désormais marquée par l’opposition de plus en plus violente entre les Girondins et les Montagnards. Les premiers, au pouvoir, sont accusés d’avoir voulu sauver le roi. « L’exécution de Louis XVI rendait en effet impossible la politique d’atermoiements que la Gironde avait jusque-là pratiquée. […] Les Girondins, en s’acharnant à sauver le roi entendaient circonscrire le conflit avec l’Europe. Ils penchaient ainsi, consciemment ou non, vers le compromis avec l’aristocratie. « Nous voilà lancés, les chemins sont rompus derrière nous, il faut aller de l’avant, bon gré, mal gré, et c’est à présent surtout que l’on peut dire : vivre libre ou mourir.

Le Procès et l'Exécution

Accusé de trahison, Louis XVI fut jugé par la Convention nationale. Le 21 janvier 1793, il fut guillotiné sur la place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde) à Paris.

A 10h20, sur la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde), Louis Capet, 39 ans, ancien roi de France, est guillotiné. Emprisonné aux Tuileries avec sa famille depuis le mois d'août 1792, il est condamné à la peine de mort par le tribunal révolutionnaire. La Convention l'accuse d'être un traître envers la Nation. Ses dernières paroles : "Français, je meurs innocent ; je pardonne à mes ennemis ; je désire que ma mort soit…". Mais la fin de ses mots sera occultée par la roulement de tambour annonçant son exécution.

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