Les myorelaxants sont des médicaments utilisés pour détendre les muscles, souvent prescrits pour soulager les maux de dos, les contractures musculaires, le torticolis et les douleurs lombaires. Toutefois, leur utilisation, notamment pendant l'allaitement, suscite des interrogations en raison des risques potentiels pour le nourrisson. Cet article vise à fournir des informations claires et structurées sur l'utilisation des myorelaxants pendant l'allaitement, en tenant compte des données scientifiques disponibles et des recommandations médicales.

Qu'est-ce qu'un myorelaxant ?

Un myorelaxant est un médicament qui agit sur les muscles pour réduire leur tonicité. Il est utilisé pour traiter les contractures musculaires et soulager les douleurs associées, telles que les douleurs lombaires ou dorsales. Certains myorelaxants sont disponibles sans ordonnance, tandis que d'autres nécessitent une prescription médicale en raison de leur dosage plus élevé et de la fréquence potentielle des effets secondaires.

Risques et contre-indications des myorelaxants

La prise de myorelaxants n'est pas sans risque et présente certaines contre-indications. Les principales contre-indications sont la grossesse et l'allaitement. Les effets secondaires courants incluent des troubles digestifs (diarrhées, nausées), une somnolence et des douleurs abdominales. Ils peuvent également aggraver les ronflements et les troubles neurologiques comme l'épilepsie.

Thiocolchicoside : un myorelaxant à considérer avec prudence

Le thiocolchicoside est un myorelaxant couramment prescrit. Il est un analogue soufré de synthèse d'un glucoside naturel du colchique. Il agit en réduisant la contracture d'origine centrale, en diminuant la résistance passive du muscle à l'étirement et en réduisant ou effaçant la contracture résiduelle. Son mode d'action pharmacologique est lié à une action agoniste sur les récepteurs glycinergiques situés principalement au niveau du tronc cérébral et de la moelle épinière.

Composition et dosage

La dose recommandée et maximale de thiocolchicoside est de 8 mg toutes les 12 heures, soit 16 mg par jour.

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Précautions d'emploi et contre-indications

Chez les patients épileptiques ou à risque de convulsions, il est recommandé d’évaluer attentivement le rapport bénéfice-risque avant d'utiliser le thiocolchicoside et de renforcer la surveillance clinique. Des cas d’atteintes hépatiques, parfois graves (hépatites fulminantes), ont été rapportés, particulièrement chez les patients prenant concomitamment des AINS ou du paracétamol.

Le thiocolchicoside est contre-indiqué chez les femmes et les hommes en âge de procréer qui n’utilisent pas de contraception efficace. Il est également contre-indiqué pendant la grossesse et l'allaitement.

Risque génotoxique

Des études précliniques ont montré que l’un des métabolites du thiocolchicoside (SL59.0955) induit de l’aneuploïdie (un nombre anormal de chromosomes dans les cellules après division cellulaire) à des concentrations proches de celles observées chez l’homme exposé à des doses de 8 mg deux fois par jour par voie orale. L’aneuploïdie est considérée comme un facteur de risque de tératogenèse, d’embryo/foetotoxicité, d’avortement spontané et d’altération de la fertilité chez l’homme, ainsi qu’un facteur de risque potentiel de cancer.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) rappelle le caractère génotoxique du thiocolchicoside et a émis de nouvelles recommandations de prescription.

Pharmacocinétique

Après administration orale, le thiocolchicoside est métabolisé en aglycone 3-déméthyl-thiocolchicine (SL59.0955), puis en SL18.0740, qui possède une activité pharmacologique équipotente à celle du thiocolchicoside. L'excrétion se fait principalement dans les fèces (79 %) et dans l'urine (20 %).

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Myorelaxant et allaitement : que faire ?

Compte tenu des risques potentiels pour le nourrisson, l'utilisation de myorelaxants, en particulier le thiocolchicoside, est généralement déconseillée pendant l'allaitement.

Alternatives et recommandations

  1. Consulter un médecin : Il est essentiel de consulter un médecin avant de prendre un myorelaxant pendant l'allaitement. Le médecin pourra évaluer la situation individuelle, prendre en compte les antécédents médicaux et les besoins spécifiques, et proposer des alternatives plus sûres.
  2. Alternatives médicamenteuses : Dans certains cas, des alternatives médicamenteuses peuvent être envisagées. Par exemple, le méthonocarbamol (Lumirelax) est parfois considéré comme une option, bien qu'il soit classé risque 1 sur certains sites spécialisés. Il est crucial de discuter de ces options avec un professionnel de santé.
  3. Traitements non médicamenteux : Des traitements non médicamenteux peuvent également être efficaces pour soulager les douleurs musculaires. La kinésithérapie, les massages (avec des crèmes myorelaxantes locales comme le Décontractyl, en évitant la zone des seins), l'application de chaleur ou de froid, et les exercices d'étirement peuvent apporter un soulagement significatif.
  4. Adapter les tétées : Si la prise de myorelaxant est absolument nécessaire, il peut être envisagé d'adapter les tétées pour minimiser l'exposition du bébé. Par exemple, prendre le médicament après la dernière tétée du soir pour permettre une élimination maximale pendant la nuit. Cependant, cette approche doit être validée par un médecin.
  5. Surveillance des effets indésirables : Si un myorelaxant est prescrit pendant l'allaitement, il est important de surveiller attentivement le bébé pour détecter tout signe d'effets indésirables, tels que des diarrhées, une somnolence excessive ou des changements de comportement.

Témoignages et situations particulières

Certaines femmes peuvent se trouver dans des situations où la douleur est intense et nécessite un traitement rapide. Par exemple, une mère souffrant d'un lumbago sévère avec deux jeunes enfants à charge peut ressentir le besoin de prendre un myorelaxant pour pouvoir continuer à s'occuper de ses enfants. Dans de tels cas, il est crucial de peser les bénéfices potentiels du traitement par rapport aux risques pour le bébé et de discuter ouvertement des options avec un médecin.

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