Les mycoses vaginales sont une affection courante chez les femmes, caractérisées par une infection des organes génitaux due à un champignon, le plus souvent Candida albicans. Bien que généralement bénignes, les mycoses vaginales peuvent devenir un véritable fléau récurrent pour certaines femmes, nécessitant une approche globale et personnalisée pour un traitement efficace et durable.

Comprendre la mycose vaginale

Une mycose vaginale est une infection causée par un champignon, généralement Candida albicans. Elle est à l’origine de pertes vaginales blanchâtres, de démangeaisons et de brûlures au niveau de la vulve. La mycose vaginale ou candidose vulvo-vaginale est l’un des premiers motifs de consultation en gynécologie. C’est une infection très répandue, banale et bénigne. En effet, trois femmes sur quatre présenteront une fois dans leur vie une mycose vaginale.

Causes et facteurs de risque

L’infection survient le plus souvent de façon endogène, liée au développement de candida déjà présents dans le vagin ou sur la peau. Le Candida est naturellement et physiologiquement présent dans l’intestin, et donc dans les voies génitales (vulve et vagin) par contact (toilette, caresse sexuelle). Il s’agit donc d’une infection par ses propres germes, déjà présents dans le corps.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser le développement d’une mycose vaginale :

  • Déséquilibre de la flore vaginale : Le vagin comporte, à l’état normal et pour son équilibre, des germes regroupés sous le terme de « flore de Döderlein ». Cette flore se compose de plusieurs germes, principalement le lactobacillus. La cohabitation bactérienne maintient un milieu acide du vagin (le Ph se situe entre 4 et 5) qui permet la lutte contre l’infection. Une altération de la flore vaginale induit une augmentation du PH et une surcroissance de Candida albicans, provoquant la candidose.
  • Fluctuations hormonales : Un taux élevé d'Œstrogènes peut représenter un facteur de risque de survenue de candidose vaginale. Ainsi, durant le cycle menstruel, la grossesse, au cours d'une thérapie hormonale ou de prise de contraceptifs oestroprogestatifs, le risque de développer une candidose est augmenté. La Ménopause implique quant à elle un déséquilibre de la flore vaginale du fait de l'atrophie de la muqueuse. Les variations hormonales : les candidoses vulvo-vaginales surviennent plus fréquemment pendant la seconde moitié du cycle menstruel et lors du troisième trimestre de la grossesse, après la ménopause la prévalence décroit.
  • Habitudes d’hygiène personnelle : Les habitudes d’hygiène ont un rôle décisif dans l’apparition de mycoses vaginales. Lorsqu'elles sont itératives et agressives, elles peuvent provoquer un déséquilibre de la flore vaginale. Les douches vaginales hors indication médicale ou excessives, l'utilisation de produits d'hygiène chimiques agressifs comme les gels de douche, les savons parfumés ou les lingettes, agissent directement sur le PH de la muqueuse vaginale et altèrent l'équilibre de la flore. De plus, le Candida Albicans fait également partie de la flore intestinale, un lavage inapproprié après les selles peut provoquer le transfert du champignon vers le vagin et provoquer une infection. Il est donc recommandé de se laver et de s'essuyer de l'avant vers l'arrière.
  • Port de vêtements inappropriés : Le port de vêtements serrés et fabriqués à partir de matière synthétique peut aussi être à l'origine d'une infection à Candida albicans. Ces derniers augmentent la transpiration, captent l'humidité et favorisent l'augmentation de la température dans le milieu vaginal. Ces facteurs sont tous propices au développement de mycoses vaginales.
  • Prise de médicaments : La prise d'antibiotique peut favoriser les mycoses car la flore de Doderlein est indispensable au juste équilibre vaginal.
  • Autres facteurs : Le stress favorise l'apparition des mycoses. Cause connue d’infection candidosique, le diabète est une condition particulière.

Symptômes

Chez la femme, il s’agit d’une infection de la vulve et du vagin (vulvo-vaginite) avec pertes blanches assez épaisses et inodores, et démangeaisons s’accompagnant de brûlures locales et de douleurs pendant les rapports sexuels. Ces symptômes sont exacerbés dans les jours qui précèdent les règles. Une mycose vaginale peut se manifester par tous les signes communs d'une infection vaginale, tels que les démangeaisons, les brûlures au niveau de la région vaginale, les irritations vulvaires ou des pertes blanches. Les sécrétions sont généralement épaisses, blanches, pouvant parfois avoir l'odeur de levure. En plus des signes communs, les femmes atteintes de mycoses vaginales peuvent observer une inflammation vulvaire avec des grandes lèvres rouges, enflées et douloureuses.

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Chez l’homme, la candidose se manifeste par une inflammation avec démangeaisons du gland et du prépuce. Dans les cas extrêmes, ces lésions peuvent évoluer vers un phimosis avec écoulement purulent. Chez la femme, l’infection à levures se traduit par une vulvo-vaginite. Chez l’homme, la candidose génitale se traduit par une balanite. Il s’agit d’une inflammation du gland et du prépuce. Elle se caractérise par des vésicules à contenu blanchâtre groupées ou non sur une base plutôt érythémateuse (= rougeurs). Une sensation de démangeaison et de picotement complètent les symptômes.

Diagnostic

Le diagnostic est souvent fait dès l’interrogatoire médical. Les analyses et examens complémentaires, effectués suite à un prélèvement, ne sont pas indispensables au diagnostic, mais permettent de confirmer celui-ci. L'examen médical : La démarche diagnostique d'une mycose vaginale commence d'abord avec un interrogatoire et une anamnèse détaillée où le médecin cherche à connaitre les symptômes ressentis, leur mode de début, leur intensité, ainsi que toute notion de prise médicamenteuse préalable à l'épisode infectieux. Ensuite, le médecin procède à un examen gynécologique minutieux, où il inspecte la région vaginale à la recherche de signes accompagnateurs et parfois réalise un prélèvement des pertes vaginales pour exploration. Le frottis vaginal : Attention les prélèvements vaginaux ne doivent pas être confondus avec le frottis cervico-vaginal ou plus communément appelé frottis cervical. Ce dernier permet de prélever des cellules de la région cervico-vaginale afin de dépister un cancer du col de l'utérus. Bien qu'il puisse contribuer à l'identification des mycoses vaginales, mais les prélèvements à l'aide d'un écouvillon des échantillons de pertes vaginales sont plus indiqués. Tests de laboratoire : L'échantillon de pertes vaginales prélevé lors de l'examen clinique est ensuite acheminé au laboratoire pour un examen microscopique direct et une culture fongique. Ces deux examens permettent de confirmer la présence de levures comme le Candida albicans, et de confirmer le diagnostic d'une mycose. L'échantillon de pertes vaginales prélevé lors de l'examen clinique est ensuite acheminé au laboratoire pour un examen microscopique direct et une culture fongique. Ces deux examens permettent de confirmer la présence de levures comme le Candida albicans, et de confirmer le diagnostic d'une mycose.

Importance d'un diagnostic précis

Si une patiente consulte pour des épisodes de candidoses à répétition, il convient de remettre en question le diagnostic. L’interrogatoire vérifie que le symptôme est véritablement un prurit, qu’il est associé à des sensations de brûlures vaginales, qu’il est fluctuant (favorisé par les règles ? les antibiotiques ?), qu’il a été calmé par des traitements antimycosiques antérieurs, et que la patiente a déjà eu au moins une fois un prélèvement mycologique vaginal (PV) et/ou vulvaire (PVu) positif. En effet, des épisodes de prurit peuvent être liés à des dermatoses (psoriasis, lichen scléreux ou plan); des brûlures vulvaires persistantes/récidivantes peuvent correspondre à des épisodes de vaginoses ou à des vulvodynies.

Traitements

Le traitement est la plupart du temps local : ovules, comprimés vaginaux, crèmes ou gels sont efficaces et ont relativement peu d’effets secondaires. Lors de mycose vaginale, le traitement repose habituellement sur des antifongiques sous forme d'ovules ou capsules à introduire dans le vagin. En cas d'atteinte de la vulve, il est recommandé de compléter le traitement vaginal par l'application d'une crème antifongique sur la vulve. Certains de ces médicaments peuvent être achetés sans ordonnance. Les différents antifongiques de la famille des imidazolés actifs sur la levure Candida albicans sont d’efficacité équivalente. Ils sont généralement bien tolérés. Pour éviter les récidives, suivez bien le traitement prescrit par votre médecin pendant la durée préconisée. Dans la majorité des cas, l’évolution sera favorable à la suite du traitement cependant 6-9% des mycoses vaginales seront compliquées, sévères, récidivantes.

Le traitement d’un épisode de mycose vaginale repose le plus souvent sur l’administration d’un antifongique par voie locale (de la famille des azolés : clotrimazole, éconazole, fenticonazole, isoconazole, miconazole, sertaconazole, tioconazole…) sous forme d’ovule vaginal. À savoir ! Les antifongiques à base d’éconazole, de fenticonazole, d’isoconazole et de sertaconazole sont vendus sans ordonnance.

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Traitement des mycoses récidivantes

Un traitement par comprimés en cas de récidives fréquentes. En cas de candidose vaginale récidivante, le médecin peut prescrire un antifongique (fluconazole) par voie orale. La prise en charge d’un épisode aigu de CVV par le médecin vise à soulager la patiente avec le moins d’inconvénients possibles, tout en obtenant une bonne efficacité microbiologique. Le fluconazole est efficace sur la souche de Candida la plus fréquente, Candida albicans, et sur d’autres types de Candida (parapsilosis et tropicalis). Son efficacité est par contre réduite sur le Candida glabrata (qui représente moins de 5% des CVV en Europe). Le taux de résistance au fluconazole en Europe est extrêmement faible (0,2% selon les données 2010-2011 d’une étude longitudinale actualisée annuellement).

Sur le plan thérapeutique, le fluconazole au long cours est recommandé par les sociétés savantes pour le traitement des CVV récidivantes : une gélule de 150 mg par semaine pendant 3 à 6 mois (11). Le traitement antimycosique est nécessairement prolongé, par voie locale et souvent générale. Dans tous les cas, la vulvite érythémateuse doit être traitée par des crèmes antimycosiques de manière prolongée (au moins 10 jours à chaque poussée ou 3 semaines si les crises deviennent subintrantes). La prescription d’applications répétées d’ovules antimycosiques (toutes les semaines puis tous les mois) a fait la preuve de son efficacité, mais en pratique, le choix des patientes se porte le plus souvent vers un traitement per os, les traitements locaux devenant à long terme souvent irritants et vécus comme très astreignants. Le fluconazole est le traitement général de choix, avec divers protocoles. Le plus classique est la prise hebdomadaire de 150 mg par semaine pendant 6 mois. Ces prises peuvent aussi être diminuées à une dose bimensuelle après 2 mois puis mensuelle. La dose de 150 mg peut être remplacée par une dose de 200 mg. De nouveaux protocoles recommandent 100 mg par jour pendant 3 semaines. A distance, si les mycoses reviennent, une prise mensuelle (souvent au moment des règles) peut être prescrite pour de longues périodes. Il faut informer les patientes d’éventuels effets secondaires hépatiques mais aucune surveillance biologique systématique n’est recommandée. Ce médicament est contre-indiqué pendant la grossesse. En cas de récidives moins fréquentes, 150 mg de fluconazole peuvent être prescrits 3 prises à 3 jours d‘intervalle.

Importance d'une approche globale

Lorsque la mycose revient, malgré l’emploi d’ovules, d’huiles essentielles ou de probiotiques en automédication, c’est qu’il est temps de prendre du recul et de se faire guider. Il m’arrive très fréquemment d’accueillir en consultation des femmes ayant testé mille et une solutions glanées sur Internet. Des protocoles tout faits, parfois contradictoires, souvent incomplets. Mais la vérité, c’est que le traitement efficace est toujours individualisé. Travailler sur la candidose, c’est travailler sur soi, en profondeur. C’est comprendre que l’objectif n’est pas seulement détruire un champignon, mais de restaurer un équilibre écologique global. Cela implique souvent de reconstruire le microbiote intestinal, de réguler les hormones, de soutenir le foie et les émonctoires, de réparer les muqueuses, de lever les blocages émotionnels. Et tout cela prend du temps. Quant aux antifongiques chimiques, ils peuvent offrir un soulagement temporaire, mais sans travail de fond, la récidive est fréquente.

Prévention

Un traitement préventif en cas de prise d’antibiotiques chez les femmes présentant des candidoses fréquentes. Eviter les savons dits de « toilette intime » vendus dans le commerce, dont le pH acide favorise le développement des candidoses ; utilisez plutôt un savon sans parfum à pH neutre (Dermactive® gel intime, Hydralin apaisa®, Saforelle®, Fémina®, Saugella rose®). Mais un véritable savon de Marseille, sans parfum, est idéal.

Plusieurs mesures peuvent être prises pour prévenir les mycoses vaginales :

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  • Hygiène intime : Oublie les savons parfumés, les douches vaginales internes. Une excellente manière de te laver tout en respectant ta flore est de le faire à main nue (pas de gants ni de fleurs de douche) et à l’eau tiède, toujours d’avant en arrière pour éviter de ramener des germes de l’anus vers la vulve. Sèche toi ensuite délicatement. La non utilisation d’un produit de lavage est souvent le meilleur moyen de laisser ta flore vaginale tranquille.
  • Protections hygiéniques : Un point important concernant les protections hygiéniques. Il peut être intéressant de passer à des protections hygiéniques en tissu lavable pour limiter l’irritation et le risque de perturbation de la flore. Si tu dois utiliser des protections jetables, assure-toi d’en changer très régulièrement pour éviter la macération.
  • Alimentation : C’est dans l’alimentation que le Candida va trouver la force de se développer. Et ce qu’il préfère, c’est le sucre et un terrain acide ! L’idée va donc être de limiter voire d’arrêter ce que le Candida adore et de favoriser ce qu’il déteste. Attention, un changement alimentaire n’est pas une chose facile à faire, mieux vaut parfois se faire accompagner par un naturopathe qui saura te guider progressivement ! les sucres rapides (sodas, sucres industriels, gâteaux en tout genre… mais aussi les jus de fruits industriels) et les produits ultra transformés qui contiennent plein de sucre caché. Les produits riches en levure et moisissures comme le pain, les viennoiseries mais aussi certains fromages, les bières. Les glucides comme les produits céréaliers. Les fruits pendant cette période seront à consommer modérément. Les légumes pour leur apport en fibres et en vitamines. Ils vont venir nourrir les bonnes bactéries de ton microbiote intestinal, l’aidant ainsi à lutter contre l’invasion. Cette alimentation va de plus permettre un meilleur équilibre acide-base, nécessaire dans un programme de prévention des récidives.
  • Gestion du stress et du sommeil : Comme on a pu le voir, de nombreux facteurs impactent le développement d’une mycose vaginale. Le stress va favoriser le développement du Candida Albicans en ayant une influence sur ta flore bactérienne et sur ton système immunitaire. Il est donc important de travailler dessus pour mieux le gérer. Le manque de sommeil ou un sommeil de mauvaise qualité vont créer un terrain favorable à un déséquilibre de la flore.
  • Activité physique : Pratique une activité physique adaptée et régulière. Elle va te permettre d’éliminer les toxines par la transpiration et va booster ton immunité. Si tu n’es pas sportive, une marche rapide d’une demi-heure est une bonne entrée en matière !
  • Probiotiques : Les probiotiques sont des compléments alimentaires qui renferment des milliards de bactéries qui vont venir soutenir ta flore vaginale dans sa lutte contre l’envahisseur. Les probiotiques sous forme vaginale peuvent être pris pendant la crise en même temps que le traitement allopathique, mais aussi en prévention des récidives. On pourra ainsi parler de Gynophilus ou de Médigyne de Saforelle. Les ovules s’introduisent dans le vagin le soir au coucher, afin qu’ils se dissolvent. Si tu as du mal à l’introduire, n’hésite pas à appliquer un peu de gel lubrifiant tout autour pour une meilleure insertion. Les probiotiques à prendre par voie orale peuvent agir selon les souches sur la flore intestinale mais aussi sur la flore vaginale.

Idées reçues sur les mycoses génitales

De nombreuses idées reçues existent au sujet des mycoses génitales.

  • Je suis vierge, je ne peux donc pas avoir de mycose ? Le champignon (candida albicans) est présent à l'état normal dans la cavité buccale et le tube digestif de toutes les femmes, vierges ou non.
  • Je peux attraper une mycose génitale dans les toilettes publiques ? En fait la mycose ne "s'attrape pas" pas puisque l'on est déjà porteur du champignon.
  • La piscine favorise l'apparition des mycoses ?
  • Les mycoses à répétition peuvent me rendre stérile ?
  • Je peux mettre des tampons si j'ai une mycose et mes règles en même temps ?

Le "gut-vagina axis"

De plus en plus de recherches scientifiques récentes pointent en effet l’existence d’un lien étroit, profond et souvent sous-coté entre le microbiote intestinal et le microbiote vaginal. Ce lien, les chercheurs l’ont baptisé le "gut-vagina axis". Le "gut-vagina axis" désigne la communication complexe entre l’intestin et le vagin, orchestrée par différents canaux biologiques : immunitaires, hormonaux, inflammatoires, mais aussi anatomiques. En clair, notre flore intestinale influence en profondeur l’équilibre de notre flore vaginale. D’abord, sur le plan anatomique, le vagin et le rectum sont voisins. Cette proximité favorise les transferts bactériens et fongiques d’une zone à l’autre, notamment chez les femmes. Ensuite, le microbiote intestinal joue un rôle majeur dans la régulation du système immunitaire. Une flore intestinale perturbée (ou "dysbiose") peut entraîner une réponse inflammatoire exagérée ou inefficace, y compris dans la sphère vaginale. Le troisième lien se trouve du côté hormonal. Certaines bactéries intestinales participent activement au métabolisme des œstrogènes via ce qu’on appelle l’estrobolome. Quand cet ensemble de bactéries est déséquilibré, cela peut engendrer une dominance œstrogénique, c’est-à-dire un excès relatif d’œstrogènes non éliminés. Enfin, une dysbiose intestinale chronique peut engendrer une inflammation systémique, notamment via le phénomène d'hyperperméabilité intestinale (leaky gut).

Derrière une mycose vaginale qui récidive se cachent souvent des causes sous-jacentes qu’il est essentiel d’éclairer. L’une des premières que j’observe en cabinet est le stress chronique. Celui-ci impacte négativement l’axe intestin-cerveau, modifie la composition du microbiote intestinal et affaiblit l’immunité. Une autre cause fréquente est la fameuse dominance œstrogénique. Ce déséquilibre hormonal, que l’on retrouve souvent en cas de syndrome prémenstruel, d’endométriose ou suite à une contraception hormonale, crée un milieu favorable à la candidose. Il faut également mentionner la toxicité du cuivre, que l’on retrouve parfois en excès dans l’organisme (notamment chez les femmes portant un stérilet au cuivre ou ayant pris la pilule contraceptive). Les antibiotiques constituent eux aussi un facteur clé. En altérant la flore intestinale et vaginale, ils suppriment les bactéries protectrices (notamment les Lactobacilles) qui maintiennent Candida sous contrôle. Il faut aussi évoquer les métaux lourds, en particulier le mercure. Ce dernier perturbe fortement le système immunitaire, favorise l’inflammation chronique, et altère l’équilibre du microbiote. Enfin, les biofilms représentent un obstacle redoutable : il s’agit de structures protectrices formées par le Candida lui-même pour se cacher du système immunitaire et résister aux traitements antifongiques. Schéma illustrant les différentes étapes de formation du biofilm par Candida albicans : adhérence, initiation, maturation, puis dispersion. Les biofilms rendent les mycoses vaginales récidivantes beaucoup plus résistantes aux traitements antifongiques.

Conclusion

Les mycoses vaginales résistantes aux ovules peuvent être une source de frustration et d’inconfort important pour les femmes. Il est essentiel de déconstruire l’idée selon laquelle une mycose vaginale n’est qu’un petit dérèglement local et sans conséquence. En explorant les causes racines - qu’elles soient intestinales, hormonales, environnementales ou émotionnelles - et en adoptant une démarche globale et adaptée, il est tout à fait possible de retrouver une santé intime durable. Il faut informer les patientes d’éventuels effets secondaires hépatiques mais aucune surveillance biologique systématique n’est recommandée. Ce médicament est contre-indiqué pendant la grossesse.

L’impact psychosocial des CVV

L’impact psychosocial des CVV n’est plus à démontrer. Dans une étude récente (2) réalisée dans différents pays (Europe, USA) sur plus de 600 patientes atteintes de mycoses récidivantes avec une durée moyenne de récurrence de 6 à 10 jours, la gêne et des douleurs ressenties par ces femmes sont deux fois supérieures à celles de la population générale. Les symptômes d’anxiété et de dépression, évalués à environ 15% dans la population générale française, atteignent pratiquement 60% chez les femmes avec CVVR. Mais face à ces symptômes pourtant typiques de mycose, 1 diagnostic clinique sur 2 est faux. Même si ils sont très évocateurs, les symptômes et l’examen clinique ont une valeur prédictive relativement faible : 35 à 40% seulement des femmes présentant un prurit et un érythème vulvaire ont réellement une CVV (3). De même la valeur prédictive positive du prurit ne dépasse pas 18%, celle des leucorrhées est encore plus basse, et celle de l’observation d’un érythème par le gynécologue n’excède pas 25% (4). La confirmation du diagnostic de CVV repose donc essentiellement sur l’examen bactériologique, avec présence de spores et surtout de filaments mycéliens. Il est essentiel de savoir éviter les pièges d’un diagnostic essentiellement clinique, car en pratique peuvent se présenter un certain nombre de dermatoses dont la symptomatologie (prurit, vulvite) peut faire égarer le diagnostic. Les pièges mycologiques existent également. Le psoriasis peut toucher les muqueuses, et les régions génitales peuvent être le siège de plaques érythémateuses bien délimitées, souvent fissurées, rouges mais indolores ne desquamant pas. La lichénification est retrouvée fréquemment en cas de CVVR, mais également en cas de psoriasis. Hyperplasie épithéliale bénigne, elle peut se produire secondairement à un grattage permanent. L’érythème apparaît symétrique, débordant sur les grandes lèvres, plus cutané que muqueux, souvent fissuré. Parfois se retrouve une desquamation en périphérie, et des petites pustules. La vulvite à streptocoque, connue chez l’enfant, est possible chez l’adulte, notamment en post-ménopause.

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