Les mycoses vaginales, en particulier après l'ovulation, sont une source d'inconfort importante pour de nombreuses femmes. Cet article vise à explorer les causes, les traitements et les stratégies de prévention de ces infections fongiques.

Introduction

Les vaginites, inflammations du vagin, sont fréquemment dues à des infections ou des irritations. Elles se manifestent souvent par des pertes vaginales, des démangeaisons ou des brûlures de la vulve, un tableau clinique appelé vulvovaginite. Presque toutes les femmes sont touchées au moins une fois dans leur vie. Environ la moitié des vaginites infectieuses sont causées par des champignons microscopiques, les mycoses.

Qu'est-ce qu'une mycose vaginale ?

La mycose vaginale, également connue sous le nom de candidose vaginale, est une infection fongique courante causée par la prolifération excessive de champignons, principalement de la levure Candida albicans, dans le vagin. Ce champignon est normalement présent dans le corps en petites quantités sans provoquer d'infection.

Symptômes courants

Les symptômes courants de la mycose vaginale incluent :

  • Démangeaisons de la vulve et du vagin
  • Brûlures, notamment lors de la miction
  • Irritations
  • Pertes vaginales épaisses et blanches, parfois décrites comme ressemblant à du fromage cottage
  • Rougeur et gonflement des grandes lèvres (dans certains cas)

Causes des mycoses vaginales après l'ovulation

Plusieurs facteurs peuvent favoriser la prolifération de Candida albicans et entraîner une mycose vaginale, particulièrement après l'ovulation.

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Déséquilibre de la flore vaginale

Un déséquilibre de la flore vaginale est une cause principale de la mycose vaginale. La flore vaginale, composée de diverses bactéries, maintient un milieu acide (pH entre 4 et 5) qui empêche la prolifération des champignons. Divers facteurs peuvent perturber cet équilibre.

Variations hormonales

Les variations hormonales jouent un rôle crucial. Les candidoses vulvo-vaginales surviennent plus fréquemment pendant la seconde moitié du cycle menstruel et lors du troisième trimestre de la grossesse. Après la ménopause, la prévalence diminue. Les fluctuations hormonales peuvent influencer l'équilibre de la flore vaginale, favorisant la croissance du Candida. Certaines femmes remarquent l'apparition de symptômes de mycose vaginale suite à l'utilisation d'un ovule antifongique, ce qui peut être une réaction temporaire du corps.

Facteurs favorisant la prolifération de Candida

  • Antibiotiques : La prise d'antibiotiques, y compris pour l'acné, la rosacée ou les cystites à répétition, peut détruire les bonnes bactéries de la flore vaginale, permettant ainsi au Candida de proliférer.
  • Diabète déséquilibré : Un diabète mal contrôlé crée un environnement favorable à la croissance des champignons.
  • Oestrogénothérapie : L'œstrogénothérapie après la ménopause peut augmenter le risque de mycose.
  • Corticothérapie : L'utilisation de corticoïdes, qu'ils soient généraux ou locaux, peut favoriser les candidoses. Les corticoïdes locaux ne doivent jamais être associés au traitement antimycosique.
  • Hygiène excessive : Les douches vaginales et l'utilisation de savons parfumés perturbent la flore vaginale. Il est préférable d'utiliser des produits de lavage intime doux et sans parfum ou de simplement se laver à l'eau tiède, en évitant de ramener des germes de l'anus vers la vulve.
  • Port de vêtements inappropriés : Les sous-vêtements en tissus synthétiques qui emprisonnent l'humidité créent un environnement propice au développement du Candida Albicans.
  • Alimentation déséquilibrée : Un régime alimentaire riche en sucres et acidifiant peut favoriser le développement du Candida, qui se nourrit de sucre.
  • Stress et manque de sommeil : Le stress et le manque de sommeil peuvent affaiblir le système immunitaire et favoriser un déséquilibre de la flore.
  • Stérilet au cuivre : Certaines femmes ne supportent pas le stérilet au cuivre, qui peut provoquer des mycoses à répétition.

Transmission

Il est important de noter que la mycose vaginale n'est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible (IST). Cependant, il est possible de transmettre la levure Candida albicans à un partenaire sexuel, ce qui peut entraîner une infection chez l'homme (balanite). Le partenaire doit être traité même s'il est asymptomatique pour éviter la récidive.

Diagnostic

Le diagnostic d'une mycose vaginale repose généralement sur un simple examen gynécologique. Le médecin peut effectuer un examen avec un spéculum pour observer les lésions et les pertes vaginales. Dans certains cas, un prélèvement vaginal peut être nécessaire pour confirmer le diagnostic et identifier le type de champignon en cause.

Traitements

Le traitement de la mycose vaginale vise à éliminer l'excès de Candida albicans et à soulager les symptômes.

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Antifongiques locaux

Le traitement repose le plus souvent sur l'administration d'un antifongique par voie locale, sous forme d'ovule vaginal ou de crème à appliquer sur la vulve. Les antifongiques les plus couramment utilisés appartiennent à la famille des azolés (clotrimazole, éconazole, fenticonazole, isoconazole, miconazole, sertaconazole, tioconazole). Certains de ces médicaments sont disponibles sans ordonnance.

  • Ovules antifongiques : Ils sont à introduire dans le vagin, idéalement le soir avant le coucher. Selon la sévérité de l'affection, jusqu'à trois ovules peuvent être prescrits sur plusieurs jours.
  • Crèmes antifongiques : Elles sont appliquées sur la vulve pour calmer rapidement l'envie de se gratter. Une application continue pendant au moins une semaine est recommandée pour prévenir toute récidive.

Il est important de suivre les instructions du médecin ou du pharmacien et de respecter la durée du traitement, même si les symptômes disparaissent rapidement.

Antifongiques oraux

En cas de candidose vaginale récidivante ou sévère, le médecin peut prescrire un antifongique par voie orale, tel que le fluconazole. Le fluconazole est le traitement général de choix, avec divers protocoles possibles :

  • Prise hebdomadaire de 150 mg par semaine pendant 6 mois, pouvant être diminuée à une dose bimensuelle après 2 mois puis mensuelle.
  • Dose de 100 mg par jour pendant 3 semaines.
  • En cas de récidives moins fréquentes, 150 mg de fluconazole peuvent être prescrits en 3 prises à 3 jours d'intervalle.

Il faut informer les patientes d’éventuels effets secondaires hépatiques, bien qu'aucune surveillance biologique systématique ne soit recommandée. Ce médicament est contre-indiqué pendant la grossesse.

Probiotiques

Les pré et probiotiques par voie locale et/ou générale sont un bon complément thérapeutique. Ils aident à restaurer l'équilibre de la flore vaginale en favorisant la croissance des bonnes bactéries. Les probiotiques sous forme vaginale peuvent être pris pendant la crise en même temps que le traitement allopathique, mais aussi en prévention des récidives. On peut utiliser des ovules tels que Gynophilus ou Médigyne de Saforelle. Les probiotiques à prendre par voie orale peuvent agir sur la flore intestinale et vaginale.

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Traitements naturels

Plusieurs approches naturelles peuvent aider à prévenir et à traiter les mycoses vaginales :

  • Alimentation : Limiter la consommation de sucres rapides, de produits riches en levure et moisissures, et de glucides. Favoriser les légumes pour leur apport en fibres et en vitamines, qui nourrissent les bonnes bactéries du microbiote intestinal.
  • Plantes : Certaines plantes peuvent booster l'immunité (Echinacée) ou agir comme antifongiques (Alchémille, Réglisse). L'Extrait de Pépins de Pamplemousse est un antibiotique naturel qui peut aider à désinfecter la sphère intestinale.
  • Huiles essentielles : L'huile essentielle d'origan compact peut être utilisée en interne pour assainir la flore intestinale. L'huile essentielle de Palmarosa ou de Tea Tree peut être appliquée localement, diluée dans une huile végétale. Il est préférable de consulter un spécialiste pour bien utiliser les huiles essentielles et de ne jamais appliquer d'huiles essentielles pures sur la zone génitale.
  • Produits de la ruche : La Propolis est un puissant anti-fongique, à prendre sous forme pure en respectant la posologie.
  • Bains de siège froids : Des bains de siège froids pendant 15 minutes peuvent limiter les démangeaisons. On peut mélanger 100ml d’eau froide avec une cuillère à café d’hydrolat de Tea Tree.

Prévention

La meilleure façon de traiter la mycose vaginale est de prévenir son apparition.

Hygiène de vie

  • Alimentation équilibrée : Adopter un régime alimentaire pauvre en sucres et en aliments transformés.
  • Gestion du stress : Travailler sur la gestion du stress pour limiter son impact sur la flore bactérienne et le système immunitaire.
  • Sommeil de qualité : Veiller à avoir un sommeil suffisant et de bonne qualité.
  • Activité physique régulière : Pratiquer une activité physique adaptée et régulière pour éliminer les toxines et booster l'immunité.

Hygiène intime

  • Éviter les douches vaginales : Elles perturbent la flore vaginale.
  • Utiliser des produits de lavage doux : Préférer des produits spécifiques pour l'hygiène intime, sans parfum et au pH neutre. Un simple savon de Marseille sans parfum peut être idéal.
  • Porter des sous-vêtements en coton : Éviter les sous-vêtements en tissus synthétiques qui emprisonnent l'humidité.
  • Changer régulièrement les protections hygiéniques : Assurer-vous de changer très régulièrement de protections hygiéniques pendant les règles pour éviter la macération. Il peut être intéressant de passer à des protections hygiéniques en tissu lavable pour limiter l’irritation et le risque de perturbation de la flore.
  • Éviter les produits irritants : Éviter l'utilisation de savons parfumés, de déodorants intimes et de lingettes parfumées.

Autres mesures

  • Probiotiques : Faire des cures de probiotiques pour renforcer la flore vaginale.
  • Traitement du partenaire : En cas de mycoses récidivantes, il peut être nécessaire de traiter également le partenaire, même s'il ne présente pas de symptômes.
  • Surveillance hormonale : En cas de déséquilibre hormonal, consulter un professionnel de la santé pour un suivi adapté.

Quand consulter un professionnel de la santé ?

Il est recommandé de consulter un professionnel de la santé dans les cas suivants :

  • Première infection vaginale : Pour confirmer le diagnostic et exclure d'autres causes possibles.
  • Symptômes persistants ou récidivants : Si les symptômes ne s'améliorent pas après le traitement ou si les mycoses se répètent fréquemment.
  • Grossesse : Pour adapter le traitement et éviter les risques pour le bébé.
  • Doute sur le diagnostic : En cas de doute sur la nature de l'infection ou si les symptômes sont différents de ceux d'une mycose habituelle.
  • Apparition de symptômes inhabituels : Si vous ressentez d'autres effets indésirables moins courants suite à l'utilisation d'ovules antifongiques, cela peut être le signe d'autres problèmes de santé ou d'une réaction allergique.

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