Introduction
Le putois d'Europe (Mustela putorius), un petit carnivore au corps allongé, est un mammifère de la famille des mustélidés. Son nom, issu du vieux français « put » signifiant « puant », fait référence aux glandes anales qu'il utilise pour marquer son territoire et se défendre en cas de danger. Bien que largement répandu en Europe, y compris en France, le putois est confronté à un déclin de ses populations, ce qui suscite des inquiétudes quant à son statut de conservation.
Description et Comportement
Le putois possède une allure typique des animaux du genre Mustela : un corps et une queue allongés, des pattes paraissant courtes, une tête ovoïde. Son pelage est majoritairement brun chocolat, avec un sous-poil plus clair, généralement jaunâtre, particulièrement visible sur les flancs. La tête est plus claire, presque blanche chez le mâle, avec un masque noir caractéristique depuis la base de la truffe jusqu’aux joues et englobant le pourtour des yeux. Le museau et les lèvres sont toujours de couleur blanche, comme le haut des oreilles. Il existe des variations de couleurs, et certains individus peuvent sembler plus foncés que d’autres, tout comme le masque facial qui peut être plus ou moins marqué.
Solitaire et territorial, le putois fréquente les lisières forestières, les zones humides et les milieux agricoles extensifs. Il est parfaitement adapté à l’exploration de terriers et de tunnels. Son régime alimentaire est varié, incluant des rongeurs (campagnols, surmulots), des lapins de garenne, des oiseaux, des invertébrés et même des amphibiens. Cette alimentation opportuniste fait de lui un régulateur important des populations de rongeurs, ce qui en fait un allié précieux pour l’agriculture.
Répartition Géographique
En dehors de petites populations en Afrique du Nord (Maroc et Algérie), le putois est presque exclusivement présent en Europe. Sa répartition s’étend de la péninsule Ibérique jusqu’à l’Oural, débordant légèrement sur l’Asie au nord-ouest d’Ankara en Turquie. Il est absent de Grèce, des îles méditerranéennes, d’Irlande et d’Islande.
En France, le putois était autrefois présent sur l’ensemble du territoire continental, à l’exception des îles méditerranéennes. Toutefois, sa répartition était relativement homogène sur une grande moitié nord du pays (schématiquement au nord de la Loire). Plus au sud, des lacunes étaient notées depuis l’Aquitaine jusqu’au Massif central. Dans le sud-est, seuls les départements situés le long du sillon rhodanien étaient bien peuplés. Dans la région Rhône-Alpes, le putois a été observé dans les huit départements, mais sa répartition est très inégale, l’altitude étant un facteur limitant.
Lire aussi: Vergetures post-accouchement : Mustela
Menaces et Déclin des Populations
Malgré son potentiel reproductif élevé, le putois d’Europe connaît un déclin préoccupant de ses populations. En France, cette situation a conduit à classer le putois sous le statut de « Quasi-menacée » sur la liste rouge française de l'Union Internationale de la conservation de la nature (UICN) en 2017. Plusieurs facteurs contribuent à ce déclin :
- Destruction et fragmentation des habitats : L’urbanisation, l’intensification de l’agriculture et la destruction des zones humides et du bocage réduisent l’habitat disponible pour le putois et fragmentent ses populations.
- Diminution des proies : La raréfaction du lapin de garenne et d’autres proies importantes, due à la destruction de leurs habitats et à l’utilisation de pesticides, affecte l’alimentation du putois.
- Intoxication : L’utilisation de rodenticides pour lutter contre les rongeurs peut empoisonner indirectement les putois qui consomment ces animaux contaminés.
- Collisions routières : Le putois est fréquemment victime du trafic routier, en particulier dans les zones où ses habitats sont fragmentés par les routes.
- Compétition avec les espèces exotiques envahissantes : Le vison d’Amérique, une espèce introduite pour sa fourrure, concurrence le putois pour les ressources et l’espace.
- Piégeage et chasse : Bien que le putois ne soit plus classé comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD) et que son piégeage soit interdit, il reste chassable dans certaines régions, ce qui contribue à sa mortalité.
- Appauvrissement génétique : La fragmentation des populations entraîne un appauvrissement génétique, ce qui réduit la capacité du putois à s’adapter aux changements environnementaux.
Statut de Conservation et Mesures de Protection
Conscient du déclin du putois d’Europe, plusieurs acteurs se mobilisent pour améliorer son statut de conservation.
- Retrait de la liste des ESOD : En 2021, le putois a été retiré de la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD), ce qui a mis fin à son piégeage légal.
- Demande de protection légale : La Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) demande à l’État français d’inscrire le putois sur la liste des espèces protégées, comme c’est déjà le cas en Suisse, en Italie, au Royaume-Uni et en Catalogne. Cette protection permettrait de mettre en place des mesures concrètes de conservation, telles que l’interdiction de la chasse, la préservation des habitats et la mise en place de suivis scientifiques.
- Plan national de conservation : La SFEPM a élaboré un « Plan national de conservation du putois d’Europe en France » qu’elle a adressé au ministère de l’Écologie. Ce plan propose des actions concrètes pour protéger l’espèce et ses habitats.
- Sensibilisation du public : Des campagnes de sensibilisation, comme la campagne #ZoneSauvage du mouvement On Est Prêt, visent à informer le public sur le rôle écologique du putois et les menaces qui pèsent sur lui.
Préjugés et Réalités Écologiques
Le putois est souvent victime de préjugés et accusé à tort de nuire à la biodiversité. En réalité, comme d’autres prédateurs, il joue un rôle essentiel dans les écosystèmes en régulant les populations de rongeurs et en limitant la propagation des maladies. Les rares cas d’attaques sur les poulaillers ou petits élevages familiaux sont marginaux et peuvent être évités en mettant en place des mesures préventives simples, comme des grillages enterrés et des fermetures nocturnes des trappes.
Il est important de noter que le putois ne transmet aucune maladie à l’Homme ni aux animaux domestiques. Avant d’incriminer les prédateurs, il est essentiel d’analyser les véritables causes de la disparition de certaines espèces, telles que l’artificialisation des sols, l’usage de produits phytosanitaires et la destruction des habitats naturels.
Vers une Cohabitation Apaisée
Le putois s’approche rarement des habitations humaines, ce qui rend la cohabitation relativement simple. En protégeant ses habitats et en mettant en place des mesures préventives pour protéger les élevages, il est possible de favoriser une cohabitation apaisée entre l’Homme et le putois.
Lire aussi: Préparer les Vacances avec Bébé
Lire aussi: Jambes Légères Grossesse : Mustela, ça vaut le coup ?
tags: #mustela #putorius #statut #de #conservation #IUCN
