La perspective de l'accouchement est une source d'appréhension pour de nombreuses femmes. La peur de la douleur, les complications potentielles et les souvenirs d'accouchements difficiles peuvent susciter angoisses et inquiétudes. Si la mortalité maternelle a considérablement diminué grâce aux progrès de la médecine, elle reste une réalité, soulignant la nécessité d'une prise en charge optimale de la grossesse et de l'accouchement.

Mortalité maternelle : une réalité rare mais préoccupante

En France, bien que rare, le décès maternel survient encore tous les quatre jours, lié à la grossesse, à l'accouchement ou à leurs suites. Entre 2013 et 2015, 262 décès maternels ont été identifiés, soit environ 87 femmes par an. Les causes principales de ces décès sont les maladies cardiovasculaires et les suicides, suivis par l'embolie amniotique et les hémorragies obstétricales.

Une enquête récente de Santé Publique France révèle qu’entre 2016 et 2018, un décès maternel est survenu tous les 4 jours en France d’une cause liée à la grossesse, à l’accouchement ou au post-partum. Plus précisément, durant cette période, 272 décès maternels sont survenus pendant la grossesse ou dans l’année suivant la fin la grossesse. Parmi les principales causes de mortalité maternelle jusqu’à un an, citons les suicides qui occupent désormais la première place (17%) devant les maladies cardiovasculaires (14%). Les maladies cardiovasculaires restent néanmoins la première cause de mortalité au cours des 42 jours après la fin de la grossesse.

Il est crucial de noter que, selon les experts, plus de la moitié de ces décès pourraient être évités grâce à une meilleure prévention, une organisation des soins optimisée et des soins plus adaptés.

Facteurs de risque et inégalités

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés, augmentant le risque de mortalité maternelle :

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  • L'âge de la mère : Les femmes de 35 à 39 ans présentent un risque trois fois plus élevé, et celles de plus de 40 ans, un risque quatre fois plus élevé.
  • L'obésité : Une proportion importante de décès maternels survient chez des femmes obèses.
  • Les vulnérabilités socio-économiques : Les femmes migrantes ou résidant en Île-de-France présentent un risque accru.
  • Le lieu de résidence : Les femmes résidant dans les départements d'outre-mer ont un risque de mortalité maternelle multiplié par quatre par rapport à celles de métropole.

La pré-éclampsie : une complication grave de la grossesse

La pré-éclampsie est une maladie fréquente de la grossesse, touchant environ 1 à 2 % des femmes enceintes en France. Elle est causée par un dysfonctionnement du placenta et se caractérise par une hypertension artérielle et une augmentation de la quantité de protéines dans les urines. Dans 10 % des cas, elle évolue vers une forme sévère.

Dans les cas de pré-éclampsie sévère, une interruption médicale de grossesse (IMG) ou une césarienne peuvent être nécessaires pour protéger la santé de la mère. Les complications de la pré-éclampsie peuvent être graves, incluant l'éclampsie (crise semblable à l'épilepsie et potentiellement mortelle), l'insuffisance rénale aiguë, l'hémorragie cérébrale, le syndrome de HELLP et l'hématome rétro-placentaire.

S’il existe des facteurs de risque comme une grossesse multiple, une première grossesse, un diabète, une hypertension chronique ou des pathologies rénales, les mécanismes de la maladie restent assez obscurs. "Elle est multifactorielle, mais le terrain génétique semble contribuer à hauteur de 50% dans sa survenue" indique l’Inserm. Toutefois, il n’existe à l’heure actuelle aucun moyen de la dépister.

Il est impératif pour chaque femme enceinte et son entourage de connaître les signes d'alerte de la pré-éclampsie : maux de tête, troubles visuels, sifflements auditifs, œdèmes accompagnés d'une prise de poids rapide.

La peur de l'accouchement : une réalité à prendre en compte

La peur de l'accouchement est un sentiment légitime et répandu. Elle peut être liée à la douleur anticipée, aux complications potentielles ou à des expériences traumatisantes vécues par soi-même ou par d'autres.

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Il est important de ne pas minimiser cette peur et de rechercher un accompagnement adapté. Les préparations à l'accouchement, l'accompagnement psychologique et la communication avec l'équipe médicale peuvent aider les femmes à mieux appréhender l'accouchement et à en faire une expérience positive.

Prévention et amélioration des soins

Pour réduire la mortalité maternelle et améliorer la qualité des soins, plusieurs mesures sont essentielles :

  • Un examen médical complet : Il est crucial de réaliser un examen médical non strictement obstétrical de la femme enceinte, en recherchant notamment des antécédents psychiatriques et addictologiques, ainsi qu'une vulnérabilité sociale.
  • Une évaluation des risques : L'évaluation des risques de complications avant la conception et en début de grossesse permet une planification individualisée de la prise en charge.
  • Une meilleure coordination des soins : Une coordination efficace entre les différents professionnels de santé est indispensable pour assurer une prise en charge optimale de la grossesse et de l'accouchement.
  • La formation des professionnels de santé : Il est important de former les professionnels de santé aux spécificités de la prise en charge des femmes enceintes présentant des facteurs de risque ou des complications.
  • L'information des femmes et de leur famille : Il est essentiel d'informer les femmes et leur famille sur les risques liés à la grossesse et à l'accouchement, ainsi que sur les signes d'alerte à surveiller.
  • La recherche : Il est nécessaire de soutenir la recherche sur les causes de la mortalité maternelle et sur les moyens de la prévenir.

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