Introduction
Cet article explore la circulation internationale des cellules souches embryonnaires humaines (CSEH), en se concentrant sur le cas spécifique de la lignée I6, développée en Israël et importée en France. Cette analyse met en lumière la manière dont les politiques et les pratiques nationales en matière de reproduction influencent la production, la gestion et la circulation de ces cellules. L'étude s'appuie sur une approche interdisciplinaire, combinant les perspectives des sciences sociales et des sciences de la vie, pour examiner comment les biobanques transforment la signification reproductive des cellules lors de leur passage de la fécondation in vitro (FIV) à la science des cellules souches, et d'un pays à l'autre.
Contexte et Enjeux de la Recherche sur les CSEH
En 2007, un article de la revue Stem Cells a ouvert la voie au premier essai clinique français utilisant des CSEH pour traiter des cœurs infarcis. Cet essai, lancé en 2014, a été perçu comme l'aboutissement d'une "ambition nationale" conciliant excellence scientifique et préoccupations bioéthiques, dans un pays où la recherche sur les CSEH a longtemps été interdite et reste un sujet de débat sensible. Cependant, il est crucial de noter que ces cellules ne sont pas génériques ; elles appartiennent à des lignées spécifiques, comme la lignée I6 développée en Israël. Cette collaboration scientifique internationale complexifie le discours national français.
Les "Histoires Repronationales" et la Circulation des Cellules
À travers la circulation des lignées cellulaires, les "histoires repronationales" mettent en évidence l'interdépendance entre les identités nationales et les politiques de reproduction. Ces histoires sont centrales dans l'émergence de la médecine régénérative, suggérant que les lignées de CSEH circulant à l'international ne sont pas entièrement détachées de leurs origines locales et de leurs contextes reproductifs. Cet article, fruit d'une collaboration entre chercheurs en sciences sociales et en sciences de la vie, souligne que même lorsque les matériaux scientifiques sont dissociés des contextes de reproduction, ils demeurent liés aux représentations de la reproduction au niveau national.
Les Quatre Passages de la Lignée I6
L'analyse se concentre sur quatre passages clés qui constituent la coproduction de la lignée I6, grâce à sa circulation à travers des biobanques :
L'absence de cellules en France (2005) : Au début du projet français de différentiation cardiaque des CSEH, en 2005, la recherche sur les CSEH était autorisée dans des circonstances exceptionnelles, mais il n'existait pas de biobanque en France. Le cadre réglementaire national privilégiait la reproduction par rapport à la science fondamentale, réglementant cette dernière en fonction de l'encadrement de la procréation médicalement assistée (PMA).
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La présence de biobanques d'embryons surnuméraires en Israël : Israël disposait de nombreuses biobanques d'embryons surnuméraires issus de FIV, créant une interface poussée entre la FIV et les cellules souches.
La création de la banque de cellules souches I6 en Israël : La lignée cellulaire I6 a été stockée dans un centre de recherche israélien, en lien étroit avec des réseaux scientifiques internationaux fournissant les ressources et l'expertise nécessaires aux innovations technologiques.
L'importation et la mise en banque en France : La lignée I6 a été importée et mise en banque dans un laboratoire français de sciences fondamentales. En traversant les frontières entre Israël et la France, les cellules sont "nationalisées" à travers la réglementation française afférente aux biobanques.
La Dissociation et la Réidentification des Cellules
La lignée des cellules souches embryonnaires humaines est une entité très dissociée de l'embryon dont elle est issue. L'embryon conçu par FIV est pris dans un réseau dense impliquant la reproduction, les liens familiaux et des controverses sociales. Un processus progressif de purification transforme l'embryon en un objet scientifique et anonyme.
Un processus institutionnel de déconnexion et de réidentification accompagne la dérivation des cellules I6. Ces dernières ont été détachées de l'embryon originel grâce à un don anonyme à la recherche, une dérivation en une lignée cellulaire et l'attribution d'un nouveau nom. L'anonymisation de l'embryon et la désignation de la lignée cellulaire par la lettre "I" (pour Israël) et un numéro (pour la sixième lignée produite) confirment cette dissociation.
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La Signification Multiple du "Passage"
Le mot "passage" a plusieurs significations. En biologie, il désigne le processus de multiplication des cellules en les transférant de boîte en boîte de culture. Ce processus est essentiel pour le développement des CSEH. En ce qui concerne la lignée I6, ce processus a commencé en Israël après la dérivation de la lignée à partir de l'embryon, et s'est poursuivi en France après leur transfert. Les cellules peuvent ainsi accroître leur durée de vie, être multipliées à des fins de stockage et devenir disponibles pour des usages multiples.
La Procréation Médicalement Assistée (PMA) et l'espoir grâce aux ultrasons
Des scientifiques ont fait pareil, mais avec des spermatozoïdes un peu trop mous du genou. Leur technique? Balancer des ultrasons pour les secouer un peu, rapporte New Atlas.
L'étude, publiée dans la revue Science Advances, affirme que la motilité -l'aptitude à effectuer des mouvements spontanés ou réactionnels- des spermatozoïdes léthargiques a été augmentée drastiquement, jusqu'à 266%. Alors évidemment, faire écouter de la musique très fort aux testicules des patients ne suffit pas pour le moment. Les chercheurs de l'université Monash en Australie ont établi une méthode un peu plus rigoureuse, en isolant des spermatozoïdes individuels dans des micro-gouttelettes et en les exposant à des rafales de 20 secondes d'ultrasons de 40 MHz.
Des spermatozoïdes jusqu'alors totalement immobiles ont été «réanimés» par les ultrasons, 59% d'entre eux se remettant en mouvement. La motilité passait de 64% à 90% après le traitement.
«Cette recherche […] apporte un nouvel espoir aux hommes présentant des défauts graves de qualité du sperme», a déclaré Luk Rombauts, directeur de la recherche clinique chez Monash IVF, entreprise australienne consacrée à la recherche sur la fécondation in vitro (FIV).
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«L'approche novatrice utilisant la stimulation par ultrasons permet d'augmenter le mouvement des spermatozoïdes de plus de 250%. Cela ouvre de nouvelles options de traitement, en particulier pour les hommes produisant des spermatozoïdes dont le mouvement de nage est inhabituel. Chez ces hommes, il est difficile de distinguer les spermatozoïdes morts des immobiles», conclut Luk Rombauts.
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